Blogorama

Connectez vous

Nom
Pass oublié ?
 
Juillet 2009
L M M J V S D
« Juin  
  1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31  
Dernieres critiques

  • Connexion

RSS

Les chroniques de Gabnec

- LE PURGATOIRE - LE FILM

;)

« Le Purgatoire » est enfin achevé, une belle aventure de deux mois s’arrête donc là. Et je suis très heureux de vous le présenter car comme dit sur l’article du teaser, je suis très content du résultat.

Rappel de l’histoire : Sur cinq adolescents à avoir été séquestrés et retrouvés dans un appartement, seulement deux sont capables de parler et raconter ce qu’il s’est passé à une personne cherchant à résoudre ce mystère. Une chose est sûr personne n’est innocent…

Pour vous faciliter le téléchargement nous avons mis 4 liens à votre disposition, dont un Torrent. En plus de cela la taille du fichier n’est pas excessive pour un court métrage, au contraire (190 MO).

Donc voilà, bon téléchargement, bon film ! Et Place à vos réactions positives ou négatives. :)

Lien Megaupload

Lien Rar Host

Lien Gigasize

Lien Torrent

- Le prestige - De Christopher Nolan

;)

La prétention ne souffre d’aucune limite, où quand un jeune tâcheron s’ouvre les portes du chemin prohibé de la critique soignée et pense en l’occurrence qu’il peut y parvenir. Sans le sentir, il s’enfonce comme Venise, mais rien n’arrêtera sa bêtise. Le premier album de MC Solaar dans les oreilles, il essaie tant bien que mal - bien que cela soit très mal - d’enrichir sans le pourrir son texte. C’est en fait un test, inutile de surcroît car nous savons tous qu’il n’y parviendra pas. Mais avec son entêtement le jeune garçon espère pousser jusqu’à l’admiration, le lecteur déboussolé, qui, dans un geste d’humanité, s’efforce, à lire cette chronique à la suffisance maladroite et si précoce.

Un nouveau prénom suivi d’un nom à retenir, et cette fois-ci, définitivement, il s’agit ici de Christopher Nolan. Metteur en scène, fortement remarqué avec son « Memento » (nominé aux Oscars), électrochoc cinématographique, destiné à être culte avant l’heure (malgré de minimes imperfections narratives). Il étoffera encore, ses plus que brillants débuts, avec un polar à la classe éternelle nommé « Insomnia ». Ce génie daltonien (véridique) assommera par la suite, d’un coup de maillet redoutable, ses détracteurs, avec « Batman begins », accroissant remarquablement son style visuel pour servir au mieux son protagoniste, ce qui en fait aujourd’hui, indéniablement, l’un des meilleurs films de super-héros. En attendant, avec impatience sa suite : « The Dark Knight », Nolan fait une « pause » et nous offre sa nouvelle perle qu’il pourrait ajouter à un collier, je le prédis, bientôt très lourd…

Quel bel exercice de style, maîtrisé, bien huilé, fuyant la futilité pour mieux l’exploiter afin de mieux berner ce qui marche le mieux. Ridiculisant le spectateur borné, n’étant présent les ¾ du temps pour discerner le « twist » final, attendant ce coup de théâtre comme le final d’un bal. Il observe, s’impatiente, s’énerve face à cette œuvre narrativement provocante. On croit avoir percé le mystère, espérant remonter la pente mais Christopher Nolan s’amuse à éparpiller du savon partout, pour qu’on s’use la gueule par terre tel des loques rampantes sexagénaires. Croisons les doigts nous y parviendrons si on y croit encore, pas à bout de souffle, mais d’effort, on souffre. Car l’art du « Prestige » ou son prestige n’est pas dû à un hasard chanceux et se plait à nous faire cogiter pour ensuite nous abandonner tandis que la vérité s’étend et nous attend sous nos yeux. Le réalisateur sème indices et évidences aux quatre coins de l’écran. Ce qui pousse le spectateur au vice psychologique n’éprouvant plus d’indulgence, le poing serré, son attention baisse d’un cran. C’est à ce moment précis que le film choisi de nous montrer de façon flagrante, les incohérences (qui n’en sont pas) qui pourraient le trahir. Mais nous pantins que nous sommes, sommes trop perdus pour le sentir. Réfléchir ? A quoi bon ? « Le prestige » est prétentieux et con. Plus aucun doute, Nolan a semé le doute, dans l’esprit douteux d’observateurs doutant sur la qualité douteuse de l’œuvre qu’il regarde. Dès lors le spectateur éteint le moteur (pour ceux qui l’ont allumé) de son cerveau, alors que le réalisateur affiche puis brûle les clichés au flambeau. Il s’en faut de peu pour que ces béotiens jettent définitivement l’éponge. « La vie est un songe » dixit Calderon, « Le prestige » en est un de songe. A la fin de la séance, finalement plus que conquis, le douteux y replongent son esprit, la béatitude le ronge, son ex-attitude le dérange, sa naïveté l’étrangle. Ne doutons pas qu’il est en fait légèrement masochiste, heureux de s’être fait avoir, bien loin du temps où cela ne pouvait que lui déplaire, il félicite le savoir faire.

Néanmoins, qu’est-ce qui provoque cette réussite arrogante ? Annihilant les loques qui persistent de manière fracassante à dire que Christopher Nolan est surestimé, le clavier bien placé, les mains nettoyées, passons à l’argumentation sans artifice ni immondice… vous ne m’avez tout de même pas cru ? Mouahahahah ! Nolanou (oui nous sommes intimes), il aime filmer de façon à ce que les situations que ressentent les personnages nous hantent et ce quelque soit notre âge. Exemple : Les noyades pour « Le prestige » mais aussi le montage de « Memento » et les effets de fatigues dans « Insomnia ». La manipulation est permanente, notre interprétation est sans cesse en pente, on s’en blesse (intrigue de « Memento » - tour de magie « Le prestige »). Il développe les faiblesses de ses protagonistes avec un tel maniérisme qu’il provoque un orgasme cérébral, tout en évitant certains sarcasmes que redoutent les douteux. Il semble adorer cela, en les insérant dans des passages où ils se retrouvent quelque peu perdus pour ne pas dire paumés, il les rend donc troublant, jouant avec l’espoir, ce n’est ni blanc ni noir. C’est gris, et cela ne s’arrange point au fur et à mesure que l’histoire va de plus en plus loin, ou plonge dans de plus grandes profondeurs, et ce, malgré la longueur, ceux qui doutent ne se soucient plus de l’heure.

Mais cela est la thématique, vous l’aurez remarqué : sombre. Mais nombres des qualités de ce prestige viennent également de la technique. Le cadre semble être millimètré, et ce même lors des séquences filmées à l’épaule, la caméra bougeante, on dénote un acharnement total. Superficiel ou démentiel ? Les plans sont soignés dans une reconstitution cherchant la perfection, proche d’être trouvée. La photographie du chef opérateur - le cœur visuel des œuvres de Nolan à savoir Wally Pfister – ne part dans aucun excès de couleur, afin de servir au mieux l’aspect, l’ambiance, l’atmosphère de cette sphère faite de pellicules. Elle contraste chaque pièce, extérieur, objet qui reculent inversés à l’arrière de la rétine puis de nouveau dans la bonne position les images en disent long. Aidée par une musique discrète mais qui jamais ne se répète avec des thèmes sans cesse différents. Finissant sur une chanson mystique ouvrant le générique fermant cette œuvre magique. Monté de manière minutieuse, le douteux trouvera cependant la structure douteuse. Car Nolan et son acolyte (Lee Smith) font bien exprès de nous semer, ainsi les flash-back arrivent et attaquent sans nous prévenir, vont même jusqu'à mentir et ne donnent aucun indice pour que nous puissions constater qu’il s’agit là d’une situation passée.

« Le prestige » c’est également rudement bien interprété, les acteurs peu importe leurs navets antérieurs, font ce qu’ils savent faire de mieux, ils nous subjuguent et interprètent parfaitement leur personnage, tout en étant favorisés par le montage. Car comme j’ai pu vous l’écrire dans un français proche du pire, le dernier film du metteur en scène de « Memento », c’est surtout une étude détaillée des protagonistes. Peu importe s’ils sont secondaires, un acteur de renom menant une forte distribution s’en occupe, et la direction des interprètes se prête de manière parfaite à un résultat d’esthète. Du duo tonitruant et schizophrénique Christian Bale – Hugh Jackman, aux seconds couteaux tranchants Scarlett Johansson (bien moins fade que dans « The Island »), Michael Caine (nettement plus complexe qu’à l’accoutumé), David Bowie et Andy Serkis (succulents). C’est donc une autre brique qui parachève un mur éternellement prestigieux.

Ainsi vous l’aurez compris, malgré ces lignes maladroites, C’est est une œuvre adroite, qui parait par moment superflue mais en fait maîtrisée de bout en bout. J’ai beau chercher en toute objectivité - bien qu’une opinion met en avant la subjectivité – et je suis désolé mais je ne lui trouve pas de réels défauts. Injustement boudé par le public à sa sortie, espérons que le temps réglera ce litige, car regardez « Le prestige » c’est infiniment mieux que cette pige…

- Horror Tales - De Thibault Turcas

;)

Fellation : n. f. Pratique sexuelle consistant à exciter avec la bouche le sexe de l’homme… hum… donc ici tu remplaces le « sexuelle » par « écrite », « la bouche » par « une chronique » et « sexe de l’homme » par « nouveau court-métrage de Tib », et tu obtiens donc par conséquent une jouissance pelliculaire (bien que ce soit en numérique) que seul le mec qui a un pseudo à torcher des éléphants et qui n’a aucun talent concret (se masturber avec l’oreille droite ça compte ?) peut provoquer. Bah oui, c’est une « critique » de Gabnec, des conneries tu vas en ramasser à la pelle comme des phrases sans sens. (Il ne se répéterait pas un peu là le Gab…) Ta gueule ! Donc voilà laissez moi vous construire la plus belle « Chupa Chups » de tout les temps.

« Horror Tales » narre l’histoire de deux adolescents sans rapport découvrent parallèlement un masque et un gant, appartenant tout les deux à des tueurs légendaires ayant maudit ces objets lors de leur mort. Curieux, les deux enfilent leurs découvertes et se retrouvent en proie à des instincts meurtriers et sanguinaires, en dignes successeurs de Jason et Freddy. C'était sans compter l'arrivée d'un troisième personnage visiblement préparé à exterminer les deux tueurs.

Bah ouais, hein ! Le pitch est très con mais bon c’est un film d’horreur en même temps, il ne faut pas trop en demander non plus… (réflexion gratuite, je sais et je vous …). Rappelons les anciens courts du bougre, « FTD » (illisible), « The Hell » (anodin), « Fever » (étoile filante), et « Rencontre Mortelle » (saboté par mon crétin de double). Bilan, bah on attend le film ultime, quoi. Celui qui concentre tout les éléments qui alimentent l’esprit de Tib, quoi. Après le test sanglant du poulet, on veut l’éjaculation d’hémoglobine perpétuelle, quoi. En d’autre terme, je crois qu’on veut un putain de film gore amateur, quoi. Et dites-le vous bien, il y ait presque parvenu, de peu, hein, quoi. En tout cas on peut le dire, à partir d’aujourd’hui le cinéma amateur de « Blogorama » franchit un cap, celui de l’ambition visuelle.

Et cela se confirme dès le début par deux (trop) longs plans séquences statiques, au ras du sol. Les plans originaux s’enchaînent dans ce film, tout comme les morceaux de musiques, en utilisation massive (sans que cela soit péjoratif), souvent rock ou heavy, ils donnent un impact puissant aux scènes et ne les desservent pas bien au contraire. Je pense particulièrement à la découverte des artéfacts, le massacre dans le jardin ou l’épilogue final (jouissif). La photographie est elle aussi prise en compte cette fois-ci, avec ce léger filtre rougeâtre élégamment placé lors des monologues de Freddy. Ce qui est d’autant plus intéressant c’est de voir, qu’ « Horror Tales » est un court-métrage très dense malgré son maigre scénario. De ce fait, le film n’est pas radin en scènes de démonstrations d’exécutions malsaines. Et on voit bien qu’on est dans de l’amateur, quand on voit qu’une séquence ou un bambin se fait massacrer de manière tout à fait gratuite et stupide soit tout de même passer sans la moindre censure. Intéressant de voir aussi, comment « Horror Tales » applique tous les clichés du cinéma de genre et en joue (le face à face très serrée entre le meurtrier et sa victime – le doigt relâché ensanglanté – le crie strident féminin – le « Vous ne m’avez même pas dit votre nom »). Avec tant de naïveté presque revendiquée le nouveau court-métrage de Thibault Turcas ne cherche pas la révolution, mais la détente et chez le spectateur le plaisir coupable à la vue de ce massacre débilement assumé dans le jardin.

Mais pour y parvenir, il faut néanmoins une légère réussite technique (même dans de l’amateur), et ça « Horror Tales » l’a (pas tout le temps mais souvent). Le sang est particulièrement réussit, en même temps c’est du vrai (oui Tib séquestre des immigrés du Burkina-faso et les taillade par la suite pour ses besoins personnels, piouff je suis heureux que cette nouvelle éclate enfin au grand jour). Les plans statiques, les mouvements de caméra, le contraste des couleurs sont d’une lisibilité presque parfaite et les dialogues s’écoutent et s’assimilent sans problème (on est loin de « FTD »). Les jets de sang, les blessures, les bruitages scabreux, les dégueulis d’hémoglobine de porc sont royalement de la partie et enterrent tout ce qui a pu être fait sur « Fever ». On retiendra parmi les plus réussis l’explosion de cervelle, le tranchage de gorge, le coup de fusil à pompe dans l’ascenseur ou encore le découpage de bras. Mention spéciale aussi à la scène de malédiction, irrésistible grâce à sa vulnérabilité frôlant toujours le ridicule mais n’y tombe jamais et nous laisse pantois de reconnaissance tellement cela paraissait casse-gueule.

Pour ce qui est du casting on y voit un Ivan Le Jan tonitruant, qui s’éclate et nous éclate à jouer un Freddy teenager. Charles Turcas délivre là, sa meilleure performance, sobre, il ne révolutionne rien mais assure une sacrée justesse. Matthieu Cantat, s’en sort également fort bien dans son rôle habituel de cascadeur. Quant à Thibault il nous amuse dans son caméo sanguinaire. En revanche une paire de baffe est amplement méritée pour la petite amie inexpressive est horripilante, de même pour le frère de Jason qui peut passer tout les castings de sitcoms françaises, il peut en être sûr, il est tellement mauvais qu’il sera pris.

Malheureusement les quelques défauts d’ « Horror Tales » ne s’arrêtent pas à deux « interprètes ». Si la réalisation est certes soignée et plus qu’appréciable les ¾ du temps, il arrive parfois qu’elle use de plans séquences beaucoup trop long (l’interminable descente des escaliers) et qu’elle ne favorise pas toujours ses effets gores, en ce qui concerne plus particulièrement les impactes, des angles de caméra auraient pu être utiliser pour camoufler de meilleure façon le côté amateur. Ensuite comme dit précédemment, le scénario, malgré le fait qu’il arrive à réunir trois personnages emblématiques sans dénaturer le mythe, il reste sacrément faiblard et n’est finalement qu’un prétexte pour mettre en image des meurtres plus sanglants les uns que les autres. Il se permet même de sacrifier le personnage d’Ash (pourtant bien joué) en quelques bribes de scènes.

Cependant, ne boudons pas notre plaisir, « Horror Tales » reste réussit en tant que court-métrage amateur de genre. Car le nouveau film de Thibault Turcas c’est plus classe que « FTD », ça se remarque plus que « The Hell », c’est plus cool que « Fever » et c’est moins prise de tête que « Rencontre Mortelle ». En fait c’est tout simplement son meilleur film.

Alors elle était bonne cette « Chupa chups » ? Non ? En même temps je suce très mal….

- N'attendez pas d'excuses - Le film

;)

Voilà le moment fatidique est enfin arrivé, "N'attendez pas d'excuses" est désormais en ligne. Vous trouverez ci-dessous deux liens pour télécharger le film. Un en très haute qualité (pour les chanceux qui arriveront à le télécharger car on a testé hier avec Tib et c'est pas gagné...)et un autre où la qualité est carrément divisée par deux (mais très facile d'accès).

Rappel de l'histoire : Ils avaient tout prévus pour passer une soirée agréable entre potes. Tout sauf une chose: la vengeance d'un des leurs. Tuant petit à petit les rescapés, ils vont devoir s'entraider pour trouver le coupable avant qu'il ne soit trop tard...

Film(basse qualité)

Film (haute qualité) pour ce lien allez, au milieu de la page et cliquez sur la bannière bleu « Click here to download », ça parait stupide de le dire mais croyez moi il n’est pas évident que vous l’ayez sur votre page.

Voili, voilou, bon film (du moins je l'espère) et place à vos remarques bonnes ou mauvaises ! :D

- Hip-Hop is dead -

;)

En attendant sa critique lyrique du « Prestige », dont il accouche très lourdement, Gabnec ferme la parenthèse cinématographique pour une ouvrir une petite sur la musique. Ne sachant comment le dire autrement, troublant, il écrit une chronique ou plutôt rédige son opinion sur le Hip-Hop de maintenant. Pour une fois sans artifice, il pose honnêtement ses sentiments.

Le titre du dixième album de Nas est plus qu’équivoque, phrase symbolique néanmoins proche d’être véridique. Lançant de manière anodine une rose noire sur la tombe de ce mouvement musical naît quelque part dans New York dans les années 80. Trouvant son âge d’or dans le premier segment de la dernière décennie du vingtième siècle. Choyé par des 2pac, B.I.G. Notorious, Dr. Dre, Nasir Jones et bien d’autres. Il s’entretenait, se perfectionnait ; sous estimé mais il s’en masturbait car trop honnête et authentique pour être mis à terre par les « haters » crachant dessus comme s’il s’agissait de la peste. S’il empeste c’est parce qu’il s’est nourrit de la haine du ghetto américain, en revanche il n’a jamais cessé d’essayer de se diversifier afin de satisfaire et rendre fiers ses groupies toujours sur le pied de guerre.Vous l’aurez compris, je parle du rap dit « US », pas la peine d’évoquer le rap français, la popularité de « Skyrock » l’a tué.

Mais qu’est-ce qui tue le rap anglophone ? Sa variétisation ? Ses clichés ? Son « Rap Buiseness » (ou « Rap shit ») ? Le gangsta rap ? 50 cent (remarque gratuite mais non insensée) ? La liste me parait bonne… ce qui est certain, c’est que le mouvement « G-Unit » n’y est point pour rien. Car au fond, c’est quoi ce « blaze » désarticulé ? A l’origine c’était un groupe de mauvais rappeurs (ok), c’est devenu un label (ok bis), puis une ligne de fringues (pourquoi pas), une marque de sexe toys (hein ?), ça a dérivé en produits dérivés sur consoles (au point où on en est…), en éditeur littéraire (mouarff) et bien d’autres effets commerciaux magnifiquement inutiles. Et le rap dans tout ça ? Les trois quarts des rappeurs ne cherchent plus qu’à amasser de la thune, il n’y a qu’à écouter « The massacre » pour s’en convaincre. Les thèmes de cet album ? Sexe, guns, bling bling, sexe, guns et bling bling. Ces idiots se lancent des « beefs » comme des coups marketing. Enchaînant “diss” sur “diss”, le tout en oubliant l’essence de l’art.

Mais est-ce pire qu’appeler un album qui sert de best-of « Curtain Call », littéralement « fermeture du rideau » et un an plus tard sortir un disque qui a pour nom « The re-up » ? Est-ce irrespectueux d’annoncer qu’il est possible qu’on prenne sa retraite artistique (histoire de booster les ventes du dernier CD ?) et nier en bloque ces mêmes paroles les mois qui suivent ? Bref, est-ce qu’une personne qui aurait fait cela, serait injurieuse ? Est-ce qu’elle se foutrait pas un peu de notre face de pigeon au porte-monnaie extensible. Où alors, cette personne ne savait tout simplement plus où elle en était. Il y a sûrement un peu des deux, on est déboussolé par les drames consécutifs qui nous arrivent, néanmoins, on ne perd pas le nord, on sait toujours comment ramener des épinards. De toute façon Eminem, ne pouvait pas s’arrêter après un album comme « Encore ». Le mythe n’aurait été point parfait, après trois classiques (« The Slim Shady LP » – « The Marshall Mathers LP » – « The Eminem Show »), sa carrière ne pouvait se clôturer sur une œuvre qui divise autant les fans, certains allant même jusqu’à dire qu’il est mort. En tout cas, certainement pas au niveau des ventes, « Encore » malgré une légère déception à quand même dépasser les 4 millions de galettes vendues au pays de l’oncle Sam, son best-of (avec seulement trois inédits) a presque atteint la barre des 3 millions (toujours aux states). Quant à « The re-up » une mixtape remixée au dernier moment en album, il se retrouve second des charts, faisant légèrement chier les autres concurrents. Cette compilation a pour but majeur de présenter les nouveaux petits de Shady/Aftermath, et aussi de rappeler au monde du hip-hop que le psychopathe blondinet rode encore dans les parages. Pas un véritable album donc, pas un seul depuis « Encore ». Mais un rappel, une annonce pour dire (pour la énième fois) que Eminem is Back.

Depuis le dernier réel opus, il y eu, tout de même quelques « tracks » inédites : « When I’m gone » (très belle), « Fack » (dégueulasse), « Shake that feat. Nate Dogg » (inutile) et « Smack that feat. Akon » (nullissime). Bref, le Slim s’éparpille et « The re-up » est un moyen de vérifier sa forme avant son nouvel vrai album qui ne serait tarder (on l’espère). Et avec des « tracks » comme « Jimmy Crack Corn » (malheureusement gâchée sur la fin par un Fifty à côté de la plaque) et surtout « No apologies » (chef d’œuvre), cela ne fait plus aucun doute, Marshall Mathers est un immense MC (si on oublie l’album posthume de 2pac qu’il a produit) et un putain de parolier. Et j’en suis certains son cinquième LP sous "Aftermath" sera le classique des classiques, comme Nas avec « Illmatic », 2pac avec « The 7th day therory » ou Dr.Dre avec « The Chronic ». En parlant de lui combien attendent « Detox », en préparation depuis trois ans déjà, il devrait se présenter comme le messie si seulement…

Si seulement Fifty et sa clique ne posaient pas dessus. Des petites putes tels que Lloyd Banks, Tony Yayo ou encore Young Buck risquent de flinguer l’album hip-hop le plus attendu de tout les temps. The Game a bien eu raison de se tirer de ce groupe infâme au « G » qui bégaye. D’ailleurs son deuxième « LP », est de loin meilleur à son premier « The documentary », sympathique mais trop formaté par un cahier des charges insipide donné par « G-unit ». Quoiqu’il en soit, « le gibier » est l’avenir de la West Coast, Snoop et sa « Doggy Dogg’s car » sont passés derrière. Quant à P.Diddy même si « Press Play » n’est nullement désagréable à écouter, il parvient à prouver avec succès qu’il est inintéressant artistiquement parlant. Pourquoi ? Tout simplement parce que les textes ne sont pas de lui, de même pour les productions et les artistes invités chantent presque plus que lui sur l’album. Nas, lui, ne faiblit pas, préparant son onzième CD pour cette année après un dixième proche du chef d’œuvre (qui sait ? avec le temps…). Son ancien ennemi maintenant collègue, Jay-Z, reste homogène et même s’il ne surprend plus, il propose toujours des albums de qualité. Il y a aussi les groupes qui assurent quoiqu’il advienne (Cypress Hill – The roots…), les quelques autres (Busta – Mobb Deep – Method et Red – Kanye West…) défendent corps et âmes, les mots comme armes, cet art tandis que d’autres font des passages éclairs (Ah ce J-Five quel gangster…).

Donc non, le Hip-Hop n’est pas mort, Nas tire juste la sirène d’alarme, car malade, ce dernier stagne dangereusement et s’approche du coma. Il lui faut donc un excellent docteur. So Dre… Hurry up !

- Domino - De Tony Scott

;)

Dans un fracas de mots alignés sans le moindre sens apparent – regardez de plus près vous verrez qu’en fait… il n’y a toujours aucune signification à cette bouillabaisse lexicalement indigeste – le petit Gabnec après avoir percé son dernier bouton d’acné quelques mois auparavant, pousse (à la manière des problèmes cutanés) son art « biactol » encore plus loin (dans cette flore qui pullule, juvénile et boutonneuse) , car être aussi mauvais à ce niveau, c’est du talent, entendons nous bien sur ce point (noir ?) là. Chronique désincarnée et rouge sang (les bobos, les bobos…) en perspective.

Après avoir fait de gros nanars aussi plaisants qu’énervants (« Top Gun » - « Jour de tonnerre » - « Le flic de Berverly Hills 2 » - « Le fan »), quelques films cultes (« Les prédateurs » - « Le dernier Samaritain » - « True Romance »), d’excellents divertissements (« USS Alabama » - « Ennemi d’état ») et deux chefs d’œuvre (« Spy Game » - « Man on fire »). L’entertainer désaxé et décomplexé de la famille Scott maintenant désapprouvé pour cause d’effets stylistiques jugés inutiles et gavant en guise de mise en scène, nous revient plus libéré que jamais avec son treizième long-métrage, le bien nommé « Domino ». Inutile de vous dire que si vous n’avez pas supporté la réalisation sous mescaline de la vengeance de Denzel Washington à un point tel qu’il vous a été nécessaire de vous repasser en boucle « Un homme d’exception » pour vous remettre d’aplomb, il n’est donc pas obligatoire de vous faire du mal, passez votre chemin, continuez votre route car « Domino » risque bel et bien de vous achever et là même un bon Chris Colombus ne vous sera d’aucun secours (ou alors choisissez « Angel-A » mais les effets secondaires peuvent être terribles. Il est fort probable par exemple, que par la suite, vous confondriez votre ange gardien avec une femme flic, qui a pour petit ami un inspecteur, qui a pour ami un chauffeur de taxi qui roule en 406…).

A l’écriture, le précoce Richard Kelly - nettement moins bordélique que son réalisateur et pourtant… – apprécié de (presque) tous depuis son excellent « Donnie Darko ». Cette tête d’enfant de cœur à l’intérieur si talentueuse, livre un script atypique, tout sauf linéaire, complètement anarchique, un foutoir sans nom tel des pièces de puzzle qu’un gamin de sept automnes voudrait placer avec rage et détermination dans des endroits qui ne conviennent pas et qui après casse tout, car pas content, il est. Voyez-vous, avec un pitch de base des plus simplistes voire même des plus anodins pour un film apparemment d’« action », le réalisateur de « Southland tales » trouve rien de mieux à faire que de nous le transformer en satire moderne de la patrie de ce bon vieux George en évoquant les problèmes sociaux aux USA (à travers une famille black où la grand-mère a vingt-huit balais), de la guerre en Afghanistan (à travers un chauffeur de bus explosif), du pouvoir gigantesque et satanique de la télévision (à travers un producteur truculent), de la reconversion après une série à succès (à travers deux has been joyeux) et j’en passe et des meilleurs. Bref, vu de loin, ça à l’air banal et de plus près c’est l’un des objets filmiques les plus étranges que le cinéma nous ait donné ces dernières années. Au final, on se rend vite compte que la réalisation de Tony Scott était celle qu’il fallait pour « Domino », donc que le script justifie la mise en scène chaotique.

Car si « Man on fire » était un film où la réalisation était soignée et appliquée avec de temps à autres des effets de styles qui donnaient hargne et rage à l’ensemble. Dans l’O.B.N.I. du jour il y a quelques fois des plans soignés et appliqués au milieu d’une mise en scène stylistiques et shooté à la mescaline sous un fond d’héroïne, le tout sous un cadrage très serré, donnant à l’ensemble un esprit frappadingue. Et pourtant il le sait l’oncle Tony que ça va lui faire plus d’ennemis que d’amis. Il le sait si bien que 97% des critiques vont le descendre et que les ¾ des spectateurs vont le boycotter (s’il revient dans les pattes de Jerry ce n’est pas pour rien…). Il est bien lucide le bonhomme, c’est juste qu’il s’en masturbe royalement, et nous offre son (sûrement dernier) trip ultime. Une sorte d’ange démoniaque, habite les six caméras présentent sur le tournage. Plusieurs prototypes de prises de vues, pour plusieurs points de vues. Comme le dit si bien Richard Kelly, on regarde un film où Tony Scott tient la télécommande, et zappe fréquemment (et éternellement) de personnages, de situations, de pellicules, de lumières ou même de découpages, et le tout dans la même séquence. Allant jusqu’à rembobiner une scène pour en faire une autre. Complète déstructuration de la narration, si bien tenté qu’il y en ait une particulièrement définie. Le réalisateur de « True Romance » atomise volontairement les kilomètres de négatifs, tombés dans un pot de peintures multicolores. L’ensemble en devient donc si abstrait… le frère de Ridley ferait-il une tentative désespérée, d’être le Salvador Dali du septième art (on peut aisément lui refourguer Amanda Lear) ? Le Dadaïsme semble être la véritable inspiration de « Domino ». Pourquoi ? Car c’est carrément n’importe quoi ! Un vrai bordel, où comment s’arracher un cheveu, le découper avec une scie en quatre parts égales, et tenter de le recoller avec un tube « UHU ». En réalité, on adule « Domino » pour les mêmes raisons qui poussent certains à le gerber. Moi, j’adore (comme 2,6 % des spectateurs) !

Et dans cette débâcle cinématographique, tentent de s’illustrer, des interprètes, qui veulent interpréter ce pourquoi ils sont payés. Chose non aisée, dans cet univers graphique, osé, pervers et stylistique. Parfois proche de la confession métaphorique mais qui ne confesse jamais ses actions car trop hystérique dans la forme comme dans le fond. Ce qui est trop hors normes pour tout spectateurs, qui se refusent à la mutilation cérébrale, qui quittent la salle avant l’heure en trouvant cela normal (Gabnec total freestyle). Il suffit, analysons (hum…) ce que nous appelons communément le casting. Il faut le dire il est proprement hallucinant, varié et donc plus que plaisant à observer dans les bribes de négatifs qui lui sont consacrés. Commençons par la belle, la douce Keira Knightley, héroïne d’un film sous amphétamine. Qui est elle aussi traumatisée par cette expérience (ne me dites pas qu’ « Orgueils et préjugés » n’est qu’un pur hasard). Elle ne crève pas l’écran, non, elle mange le spectateur la plupart du temps masculin. Elle est la preuve vivante pour les filles que sans sein on n’est pas forcément rien. Bref, avec son teint de voix savoureux, son joli minois, son charme irrésistible et son sourire ravageur, elle se fabrique automatiquement un charisme indéniable. C’est facile comme arguments. Oui et alors ? Tout de suite moins glamour, la gueule esquintée par la boxe puis rafistolée par le bistouri de ce cher Mickey Rourke, figure emblématique d’un cinéma « Old School ». Une époque où pour lui tout roule, longue traversée du désert par la suite, s’en suit un retour en dynamite. Il justifie à lui seul le visionnage, impressionnant, émanant une sorte de classe éternelle qui rappelle celle qui se dégageait déjà dans le chef d’œuvre de Michael Cimino, « L’année du dragon ». Rourke parait indispensable au trip de Tony Scott. Place au grand inconnu de la bande, Edgar Ramirez, qui assure une prestation plus que correcte sans non plus briller, il est le plus en retrait du trio. Néanmoins son regard bestial, son interprétation impulsif et touchante font pencher la balance indiscutablement du bon côté. Et quoi de mieux pour entourer ce triptyque, que cette avalanche d’acteurs qui marie à merveille truculence et cynisme. Lucy Liu en avocate insupportable, au regard agaçant d’arrogance ; Mena Suvari irrésistible en attaché du producteur démoniaque et hilarant qu’est Christopher Walken ; Rizwan Abbasi, chauffeur dans l’émission pour la libération de l’Afghanistan, surnommé Alf car il a mangé un chat autrefois (voyez-vous l’hommage flagrant à la série cultissime avec le chien Melmalkien ?) ; Jacqueline Bisset « so classe… » ; le duo comique de Beverly Hills, Ian Ziering et Brian Austin Green, se foutant ouvertement de leur propre personnage, puisque jouant leur propre rôle, proprement caricaturé. Jerry Springer qui a tout de même la scène la plus drôlement absurde du métrage. Et Tom Waits en tant que prêcheur paumé, flingue et bible on le suppose pornographique (comme les films que matte Ed) à la main. Auteur d’une prophétie qui n’a peut-être rien à foutre là mais qui entraîne « Domino » bien au-delà que ce l’on pouvait imaginer, donnant à l’œuvre une profondeur insoupçonnée.

Cette surface non palpable entraîne donc par conséquent un flot de séquences cultes qui ont pour simple but d’arracher le globe oculaire. On pourrait par exemple citer le passage d’arrachage de bras (droit ?) au fusil à pompe (tellement plus pratique), ou encore le lap dance de Domino (détente verticale de l’entrejambe plus que probable), le trip à la mescaline, le générique jouissif du début et bien entendu le final du film rappelant ceux de « True Romance » et « Ennemi d’état » (quiproquos entre plusieurs clans ce qui amène une fusillade épileptique). Le tout sous un montage psychédélique, il aura fallu trois monteurs pour y parvenir. William Goldenberg (« Heat » - « Miami Vice »), Tony Ciccone (Mission impossible 2) et Christian Wagner (« Man on fire » - « Spy Game » - « The Island »). Une bande son qui passe en revue tout les genres musicaux, de Tom Jones à Xbizit, de Macy Gray à Tom Waits. En parfait adéquation avec le film donc.

L’article prend fin, et « Domino » perdure, plus détesté qu’aimé, mais vaillamment défendu par le fan que je suis (sic.). Ce long-métrage est sûrement le plus expérimental qu’Hollywood nous ait sorti depuis longtemps. Alternant et s’accordant sans complexe avec les genres (et les nombres ?), il souligne la volonté d’un homme, d’innover en permanence, afin d’accrocher la reconnaissance ultime de ses groupies. Hilarant, virevoltant, passionnant, jouissif et le plus surprenant : touchant. Tony Scott est définitivement un artiste très baroque, qu’en dirait Molière et Corneille ?

- Rencontre mortelle - Le film

Voici enfin venu le moment que vous attendiez tous chers bloggeurs. Oubliez "The Prestige", "Borat" ou autres daubes infâmes qui sortent demain. Mais lancez vous dans "Rencontre Mortelle" film que Tib et moi-même avons réalisé. Donc plus un mot, place au spectacle et à vos critiques. :D

;)

Film

- Mémoires de nos pères - De Clint Eastwood

;)

Certaines choses ne s’expliqueront jamais, comme le fait qu’une personne n’ayant pas vu « Mystic River », n’ayant pas aimé « Million dollar baby », ayant comme père spirituel Simon West et ayant comme film de chevet l’avant dernière bouse d’Oliver Stone, se voit octroyé le fait de critiquer le dernier Clint Eastwood, « Mémoires de nos pères ». En fait c’est bien simple, la flemmardise légendaire de Tib s’est occupée de rendre cette chose impossible, possible. « Ouais bah écoute Gab’, tu t’occupes de la critique moi personnellement ça me casse les génitoires de la faire, OK ? » dit ce petit sobriquet à l’innocent inculte qu’est le rédacteur en chef de Ciné-Max. (Soupir…)

Première chose surprenante de ce « Mémoires de nos pères » est la scène d’introduction, en l’occurrence notre cow-boy-boxeur a repris la première scène du Soldat Ryan. Bon je veux bien que Stevenou soit le producteur mais de là à récupérer la séquence d’ouverture de ce chef d’œuvre, c’est tout bonnement impossible. Alors je me lève de mon siège en direction du projectionniste et lui lance ces paroles méprisantes : « Hey béotien ! Tu t’es légèrement trompé de bobine, non ? C’est Il faut sauver le soldat Ryan que t’es en train de nous foutre connard ! ». Sans ouvrir la bouche mais avec un majeur droitement levé il me fait signe de m’asseoir, ce que je fis perplexe et troublé. C’est après coup que je me suis rendu compte de ma bévue, c’était bien le nouveau Eastwood et non le bijou de Spielberg qui m’était présenté, je me disais aussi que Tom Hanks ressemblait fortement à Ryan Phillippe. Peu importe cette scène est pathétique, car en plus d’être un plagiat elle est ratée et inutile. Imaginez un vieux rabougri qui gueule idiotement « Où est-il ? Où est-il ? » - l’envie de placer un « Dans ton cul je valide ! » était prenante je l’avoue – étalé dans les escaliers, le tout sous la plus académique des réalisations (qui s’améliora par la suite) et un éclairage bleuté nullissime (qui s’améliora par la suite bis repitita). Donc oui, au bout de deux minutes de film on prédit une œuvre ratée.

Et pourtant, la suite nous prend directement aux tripes. Une mise en place remarquable s’étend devant nous, qui nous remémore quelque peu celle de « La ligne rouge ». Clint Eastwood prend le temps de montrer l’ambiance autour de ces hommes avec qu’ils ne débarquent, néanmoins il le fait sans effet « actor’s studio », pas d’acteurs s’étouffant de peur, d’hurlement, de larme ou de prière. Non, c’est à des regards monolithiques auquel nous devons faire face ou bien l’insouciance d’un Jamie Bell, cependant tout cela cache une inquiétude évidente. Un point de vue original et plaisant de part sa subtilité. En revanche il est dommage de voir que le réalisateur de « Million dollar baby » ne nous épargne malheureusement pas quelques flash-back inutiles, où Ryan Phillippe cherche mais en vain, en pleine nuit, un de ses camarades disparu. Néanmoins d’autres seront plus percutants, comme la reconstitution de la scène du drapeau dans un immense stade. Toujours est-il que sur les côtes d’Iwo Jima, dans les bateaux, malgré le calme apparent, la tension est palpable, les visages sont limites transparents et le malaise est complet. A cet instant précis, avant tout images « chocs », le film prend toute une ampleur dramatique qu’il perdra malheureusement par la suite en versant trop dans le pathétique consensuel. Le metteur en scène capture chaque expression discrète de ses personnages avec une aisance presque déconcertante. Une mise en place intime donc (si on excepte les quelques changements temporels souvent bruyants), si bien que l’on peine à deviner que dans peu de temps ce sera l’enfer sur terre, et c’est bien là le génie de « Mémoires de nos pères » : Réussir à nous faire presque oublier la bonne demi-heure de scènes de guerres dans un flots de séquences « pansements » (plus ou moins réussies).

Cependant le fait que l’on puisse réussir à les mettre de côté, n’enlève en rien leur brio, mention spéciale pour le premier assaut qui dure près d’une vingtaine de minutes. L’ampleur est énorme, les plans (numériques) des dizaines de bateaux arrivants sur la plage sont effarants, on se surprend d’ailleurs à penser aux milles vaisseaux dans « Troie » bien que la qualité chez Eastwood est quelque peu différente voire tout simplement supérieur. Une fois arrivé sur terre, aucun coup de feu, les soldats américains ont le temps de se préparer, et aucune salve japonaise ne se fait remarquer. Cela offre une attente cruelle et sadique, reculant jusqu’au dernier moment le premier échange de balles, surtout que les quelques flash-back guerriers nous présentaient des effets sonores explosifs digne de la terreur de chaque coup de feu ou explosion que l’on ressent dans « Munich ». Une ligne s’avance, les soldats asiatiques camouflés se préparent, la tension est à son comble, c’en est presque insoutenable. Les premiers tirs viennent clore cette horreur pour en démarrer une autre. Dès lors sous une sublime photographie grisâtre (l’oscar est quasiment assuré) se tient l’une des plus grandes batailles que nous ayons pu voir au septième art, on sent bien la patte de Steven Spielberg d’ailleurs. La comparaison avec « Il faut sauver le soldat Ryan » est malheureusement inévitable mais elle n’ira pas trop loin, tant l’aspect graphique est différent (de part sa couleur entre autre). De deux, l’ampleur visuelle de celle d’Eastwood « écrase » celle du réalisateur de « Amistad », et bien que certains cadavres ou opérations sur places glacent le sang, la bataille de Normandie capture et conserve un aspect horrifique que celle de « Mémoires de nos pères » peine à avoir lors des échanges de salves impressionnants. Cela n’empêche, ces scènes sont de vraies leçons de cinéma et d’excellentes bases pour la suite du film malheureusement plus tangible.

En effet cette seconde partie est ce que l’on pourrait appeler le « segment malade » de « Mémoires de nos pères ». Et Paul Haggis n’y est pas pour rien. Du moins tout ce qui touche à l’enquête autour du drapeau est fort passionnant, et captive tout du long, faite d’outils narratifs originaux et stylés elle témoigne de notre plus grand intérêt. En revanche, dès que nous passons à la partie repentance de nos « héros » le mat blesse avant de carrément se casser la gueule dans un épilogue de dix minutes foireux avec le fils de Ryan Phillippe. Ces séquences d’ « auto-flagélation » tombent tout simplement dans les plus simples clichés, n’évolueront jamais en rien, afin de présenter encore et toujours les mêmes situations et sentiments, ce qui inévitablement entraîne un fait : on se fait chier. Et c’est bien là que se situe le principal reproche que l’on puisse faire au dernier Clint Eastwood, si encore le rythme ou l’intensité dramatique étaient tenus, mais non, ce n’est pas le cas. Il nous reste les quelques retours poignants sur Iwo Jima, où John « Doc » Bradley tente sans réussite et à de nombreuses reprises de soigner ces camarades touchés sur la plage. Plus que tangible en fin de compte, cette deuxième partie est presque ratée.

Si un acteur devait se référer à ce segment, ce serait sans aucune hésitation Adam Beach à savoir Ira Hayes, il y campe le rôle d’un indien, si naïf et au regard si agaçant de culpabilité que le postulat de tête à claque lui est décerné sans grande difficulté. Mais c’est heureusement la seule fausse note de cet excellent casting (qualité certaine du film outre sa technique). Celui qui s’en tire le mieux est Ryan Phillippe sobre et discret comme le demande son rôle tout en réussissant à transmettre toutes les émotions que véhicule son personnage. Jesse Bradford s’en tire également avec les honneurs, volontairement antipathique au début (à l’équivalent de sa fiancée) il nous devient fort sympathique et touchant par la suite. S’en suit après une palette de seconds couteaux parfaite : Paul Walker (qui ne fait que passer mais reste irréprochable et appelle à de bons prochains rôles), Jamie Bell (qui commence un peu à jouer toujours la même chose, peu importe ça lui va comme un gant), Barry Pepper (éternel second rôle de qualité) et bien d’autres, trop nombreux pour êtres cités, toujours est-il qu’ils font parti des bonnes bases de « Mémoires de nos pères »…

Que retenir donc en souvenir de ce film ? A la sortie du cinéma, les sentiments sont on ne peut plus confus et s’entrechoquent. On ne regrette pas d’avoir accepté un nouveau Clint Eastwood, loin de là, mais un goût amer d’inégalité nous racle le fond de la gorge et c’est bien dommage car le potentiel était énorme.

- Encore - D'Eminem

Eminem avant « Encore » c’est trois albums de rap US qui ont révolutionné (non le mot n’est pas trop fort) le genre. Revendiquant à chaque fois son côté non « gangsta », Em’ c’est l’opposé du rappeur de base, vous ne le verrez jamais faire (sérieusement) son pacha devant une armada de nanas nues, dans sa voiture à la Snoop Doggy Dogg, faisant tourner son gros collier autour du coup. Ce rappeur contient trois personnages dont un qu’on aimerait bien voir disparaître. Le premier étant Marshall Mathers : la personne civile au passé difficile, garçon timide et sympathique (ex : Marshall Mathers, Rock Bottom, Stan...). Le second est le fameux Slim Shady : alter ego de Marshall Mathers, on pourrait même dire son opposé. Personnage vicieux et pervers qui se moque du monde entier et même de Marshall. Une sorte d'anti-Super Héro. C'est aussi une critique de la société américaine (ex : My Name Is, Criminal, The real slim Shady, Without Me...). Et le dernier est Eminem : le show man, celui qui est perçu par le monde entier. On peut dire qu'Eminem regroupe les deux autres personnages.

Après ce petit récapitulatif parlons de l’album « Encore » quatrième et pour l’instant dernier du rappeur aux cheveux peroxydés. L’histoire commence par une track d’introduction « Curtains up » à la production parfaite (c’est le rituel d’Eminem une intro-un tube à chaque début d’album). On y entend les rideaux de la scène se lever, le public réclamant l’artiste, Eminem saluer ses camarades back-stage. La tension monte pendant 50 secondes jusqu'à la percussion du beat, on est déjà sur « Evil deeds », une énorme chanson aussi bien niveau lyrics qu’instru et Eminem qui change de flow à chaque couplet c’est quelque chose ^^. Sans avoir le temps de dire ouf on enchaîne sur « Never enough » à la production efficace de Dr.Dre, le refrain chanté par Nate Dogg ça a de la gueule et même Fifty semble talentueux sur ce morceaux un chouia trop court. Suivent ensuite dans un rythme effréné mais parfait « Yellow brick road » (Eminem s’excusant de certains de ses anciens propos, avec un flow toujours aussi travaillé où les mots sortent avec une grande fluidité), « Like toy soldiers » (magnifique track montrant la stupidité de nombreux beefs et l’acharnement ridicule de certains gangstas, avec comme refrain un son samplé venant de « Toy soldiers ») et « Mosh » (Chanson virulente à l’encontre de George W. Bush, au flow volontairement très saccadé et au beat accrocheur made in Dre, une tuerie sans aucun doute). Déjà six chansons et cet album a pour l’instant tout pour devenir un classique du genre. Si seulement...

Si seulement Marshall ne s’était pas livré à certaines expériences aux résultats plutôt contestables. Si j’aime bien la chanson qui suit « Puke » (le titre est assez évocateur…), on va assister à une dégringolade, en l’occurrence c’est le retour de Slim Shady que l’on avait pas encore entendu jusque là et qui arrive tout frais avec « My first single ». C’est là que les ennuies commencent, si techniquement Em’ est incroyable niveau flow, la chanson est tout simplement insupportable, notamment à cause du beat moulin à café et au refrain scato. Si les nombreux sketches étaient hilarant dans les anciens LP celui qui arrive après le retour raté de Shady n’a pas la même portée bien que sympathique. Suit un petit délire « Rain man » qu’il faut réécouter maintes fois avant de ne pouvoir l’apprécier à sa juste valeur, comme quoi Slim Shady ça peut être bien quand il ne tourne pas en rond dans ses propos… Passons sous silence la track qui suit « Big Weenie » qui bien que pas mauvaise dans l’absolue est assez consternante quand on sait ce qu’aurait pu faire Em’ avec un beat à la hauteur du sujet. Le sketch suivant, assez décevant, introduit une chanson toute aussi décevante « Just lose it ». Eminem a toujours un titre phare pour ses albums à savoir les très efficaces « My name is » (The Slim Shady LP), « The real slim shady » (The Marshall Mathers LP) et « Without me » (The Eminem Show »). Sauf que là et c’est peut-être pour ça que cet album a eu moins de succès que les autres, “Just lose it” est tout sauf efficace, on dirait une carricature des titres cités plus haut et le personnage de Shady peut devenir très répétitif si non bien maîtrisé.

Mais car Eminem est Eminem, l’avion « Encore » va cesser de piquer du nez. Retour au bon son, avec l’ovni « Ass like that » chanson hilarante ou Eminem prend une sorte d’accent oriental en se moquant gentiment du R’N’B’. Suit « Spend some time », au rythme lent mais enivrant le tout accompagné par des featurings de grandes qualités. Mais le véritable crève-cœur de cet album est « Mockingbird » chanson destinée à sa fille ou s’allient technique, émotion, sincérité, piano mélancolique samplé par un beat de qualité. Cette track nous montre jusqu’ou peut aller le rap d’Eminem niveau intensité, énormément de rappeurs (tous ?) eux sont incapables d’aller aussi loin. Suivront « Crazy in love » (Chanson sympathique où Em’ parle de ses relations difficiles avec les filles), « One shot 2 shot » (Pas mal mais D12 nous avait habitués à mieux). Jusqu’au thème de fermeture « Encore », avec les rappeurs vedettes de Shady/Aftermath à leur meilleur niveaux. Les trois tracks sur le CD bonus valent le détour et rattrapent les frasques qu’il y a eu en milieu de parcours.

Le principal défaut d’ « Encore » ne vient pas de la technique bien au contraire, Eminem à un véritable flow de psychopathe sur cet opus, on sent vraiment du travail sur « My first single » (le deuxième couplet est une véritable démonstration qu’aucun rappeur ne pourrait égaler) mais à trop se prendre le chou sur son flow et ses productions, Em’ en oublie la rage qui l’habitait sur ses précédents LP. « Encore » a quelques tueries mais a surtout des chansons « seulement » bonnes, le tout semble beaucoup plus plat que dans « The Eminem Show » par exemple. Mais bien qu’il soit le moins bon de sa discographie, c’est un excellent album de rap voire un excellent album tout court. Si un jour Eminem réussie à associer la rage d’un « Marshall Mathers LP » et la technique d’ « Encore »… Oh My God le messie du rap aura un nom !

- Pirates des Caraïbes 2 : Le secret du coffre maudit - De Gore Verbinski

;)

Rock on baby ! Levez l’encre moussaillons, laissez passer le tâcheron et surtout apportez la camisole ! Depuis qu’il est revenu de la séance, le bougre s’est acheté une cargaison de rhum (c’est un minimum pour visionner le nouveau Simon West), se trimballe en botte anglaise, se coiffe à la Bob Marley et collectionne les preuves d’achats des films de Jean-Pierre Mocky. Là il s’atèle à la critique tout en rendant hommage à ses chanteurs préférés. AU SECOURS !!!

Souvenez-vous l’été 2003, alors que le soulèvement des machines débutait, donnant naissance au jugement dernier – afin qu’une boite de production reprenne de l’air avant de replonger pour l’éternité -. Le monde, lui, n’en avait strictement rien à foutre, trop omnibulé par un pirate funambule vivant dans sa bulle. Les Caraïbes comme terre d’accueille, un quatuor d’acteurs détonnant, un metteur en scène qui a du savoir faire au service d’un producteur (ou fossoyeur) qui sait y faire. Résultat, « Pirates des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl » fut le rafraîchissement idéal dans une période estivale infernale que les petits vieux ont eu tort de snober (par la suite « Nostalgie » enregistra ses plus faibles taux d’écoute). Tant de bonnes circonstances donc pour relancer la machine. « Et c’est parti ! » (Nadiya si tu me lis). Eté 2006, le second volet sort, verdict : Il rassure, il s’assume, il assure ! « Yeah ! Yeah ! Yeah ! » (Usher I love you !).

Le début souffre pourtant d’une mise en place laborieuse, Elizabeth Swann seule sous la pluie attendant son homme au mariage. Celui-ci sera d’ailleurs annulé, le couple arrêté et condamné à mort, pour avoir aidé le Capitaine Jack Sparrow à s’échapper. Suit ensuite un nouveau Lord véreux et ambitieux qui propose un marché à l’ancien forgeron : Retrouver le compas magique du pirate le plus farfelu des Caraïbes, en échange de ça lui et ce qui devait être sa femme seront à nouveaux libres. Un commencement assez poussif qui ne prend son envol qu’à partir de la première apparition (hilarante) de Sparrow, scène qui annonce parfaitement la couleur du film. Le flibustier alcoolique doit quant à lui payer sa dette au maléfique Davy Jones et trouver une clé et un coffre (maudit) avec l’aide de son compas… Dès lors « Pirates des Caraïbes et le secret du coffre maudit » part en total « Freestyle » et ce pour notre plus grand plaisir. Le second volet c’est l’action et l’humour loufoque du premier mais puissance mille ! On prend les mêmes et on recommence mais en plus grand. Thème que la critique ne tolère pas tellement, reprochant au film en général d’être trop calibré divertissement familiale, avec des personnages stéréotypés, des scènes d’actions certes impressionnantes mais répondants au cahier des charges de Jerry… Il faudrait peut-être leur expliquer que ce long-métrage, n’est pas un film d’auteur et n’est là que dans l’unique but de nous divertir (et tirer notre argent). Alors non seulement il le fait, mais il le fait extrêmement bien. « Pirates des Caraïbes » c’est le « Bad Boys 2 » (en mieux filmé) des mers. Deux neurones suffisent pour suivre l’histoire, c’est con comme un balais mais non de Dieu que c’est extra ! Bon sang que l’on s’éclate. Libre à eux ou à vous si vous le voulez de snober ce délire visuel de deux heures et vingt minutes, car oui « Le secret du coffre maudit) est mieux que le premier et oui on a envie de voir la suite Christophe Narbonne !

A la barre de cette attraction filmique, Gore Verbinski, bon faiseur, « Yes-man » sympathique et auteur à ses heures perdues (« The Weather Man »). Il gagne ici en souplesse côté réalisation. Cette dernière qui fut dans le premier épisode timide mais soignée, prend là de l’ampleur en favorisant beaucoup les enchaînements de plans larges, de travellings aériens latéraux et quelques fois les ruptures de mouvement de la caméra (pour souvent nous permettre d’analyser le ridicule de la situation). Avouons cependant que la mise en scène bien qu’épique en apparence reste tout à fait impersonnelle. Aucun réel parti pris surprenant, elle reste juste au service de scènes d’actions assez originales et très funs, favorisant également (et évidement) le personnage de Johnny Depp. On félicitera par contre la photographie très luxuriante et beaucoup plus colorée que celle du premier (le passage chez l’île des cannibales en est l’exemple le plus éloquent). Soupoudré d’une masse d’effets numériques pour le moins convaincante, allant du plutôt réussi (le Kraken) au parfaitement réalisé (Davy Jones et le « Hollandais Volant » émergeant). Ils accompagnent le film sans nous faire atteindre l’overdose (à l’inverse de « Star Wars III »). Le montage, lui, frôle l’hystérie tellement le rythme est soutenu dans la dernière heure faite de rebondissements commandée par un scénario privilégiant le dynamisme et la franche-rigolade. On regrettera les dix premières minutes brouillonnes, un jeu avec des dès complètement incompréhensible (offrant une séquence involontairement ridicule) et la volonté finale incohérente de nos protagonistes néanmoins elle donne un cliffhanger des plus jouissifs. Pour clore cette partie technique, évoquons le score d’Hans Zimmer, il reprend bien sûr le thème (décrié mais pourtant plaisant) de son poulain Klaus Badelt. Rien de bien neuf donc si ce n’est une utilisation plus massive de percussions. Conclusion « Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit » montre un travail technique sérieux et réjouissant, faisant honneur à son statut de grand divertissement à regarder en famille.

En ce qui concerne le casting, on retrouve un Johnny Depp complètement dézingué, allumé, hilarant et savoureux. On découvre un Jack des plus «salaud », mentant comme il respire, un pirate sans amour propre, ne pensant qu’à sa seule survie (excepté une sorte de sursaut de bonne volonté lors de l’attaque ultime du Kraken) et pourtant on l’aime, on l’adore même. Le second homme du film est un acteur que j’ai beaucoup défendu et que j’ai apprécié dans certaine de ses prestations. Mais là, il signe sa plus mauvaise interprétation, voire la plus honteuse jamais vu pour un acteur de ce « calibre » si je puis dire. Vous l’aurez compris il s’agit d’Orlando Bloom, et cette fois-ci je donne raison à ses détracteurs, il est lamentable, ne parait pas du tout naturel, ne dégage aucune émotion, il flingue à lui tout seul la relation qu’il a avec son père. Par chance Will Turner se fait vite éclipser par Sparrow et ne porte presque pas préjudice au film. Sa compagne (dans le film) est elle aussi un peu évincée, même si elle prend du galon dans ce second épisode. Mais heureusement, chacune de ses apparitions est un régal, avec son teint de voix savoureux, son joli minois, son charme irrésistible et son sourire ravageur. Créant de ce fait une espèce de charisme indéniable… De toute façon Keira « Elle me contrôle et guide mes pats… » (M.P. j’te like too much !). Le nouveau Lord, lui, laisse indifférent, méchant de passage, prétexte pour cette suite et assez fadement interprété. En revanche Davy Jones, combinaison entre un excellent acteur et une prouesse technique de la part d’I.L.M. est un « Bad guy des mers » impressionnant et digne successeur de Barbossa. Les autres personnages secondaires (dont Noamie Harris) amusent tout en restant dans leurs stéréotypes.

Autre grande réussite de ce long-métrage c’est ce délicieux cocktail d’humour loufoque et de scènes d’actions cartoonesques. Mention spéciale pour le passage chez les cannibales : Sparrow mordant une fois de plus en grand manitou, une course sous forme d’escalade dans des boules constituées d’os humains (oui, il faut imaginer), le capitaine pris dans une brochette de fruits (oui, il faut encore imaginer). Les scènes avec le Kraken, renversantes (oh oh !) ! La séquence dans le dernier tiers dans le petit îlot avec le coffre est un pur régale, Keira poursuivant les deux pirates abrutis du 1, se battant en même temps contre des crustacés ambulants et passant ses nerfs (dans une scène écroulante) en jetant des pierres sur le combat entre le Commodore, Will et Jack qui livre une bataille aussi onirique que comique. Outre ses instants d’adrénaline on se souviendra longtemps de Depp naviguant dans un cercueil avec un os de jambe ou choisissant ses chapeaux lors d’une bagarre générale à Tortuga (la scène la plus poilante du film) et d’autres situations tordantes à l’image de ce personnage.

En fin de compte « Pirates des Caraïbes 2 » s’avère être l’un des meilleurs divertissements qui nous a été donné de voir en été. On regrettera juste un Orlando Bloom en mode « couille-lisse », un début fouillis et quelques maladresses. Mais le résultat est là : frais, joyeux, festif épique, déjanté et surtout…

SPOILER

Barbossa’s back !!!

FIN SPOILER


- Kingdom of heaven (Director's cut) - De Ridley Scott

;)

Chronique tout en sobriété pour le rédacteur en chef farfelu de Ciné-Max. Le temps d’une critique fini les blagues vaseuses, les délires schizophréniques, les phrases qui ne veulent rien dire écrites en rimes et autres facéties récurrentes chez l’auteur. Malgré le fait qu’il tienne sa plume avec ses pieds, il va tâcher d’être sérieux, juste le temps d’une critique, juste pour honorer la dernière œuvre en date de Ridley Scott. Un classicisme choisi pour respecter le cinéaste fortement adulé par le petit Gabnec. Qui sait ? Un hommage rendu par un autiste ça peut toujours être intéressant…

La désillusion fut grande en mai 2005, Ridley Scott l’illustre metteur en scène de « Blade Runner », esthète, créateur d’univers et d’ambiances, celui qui a remis sur pied le cinéma épique, pris la réalisation d’un film de ce genre qui avait pour espace temps « les croisades ». La vision de cet auteur, le contexte et l’ampleur du projet laissaient présager le meilleur, ses fans furent longtemps en ébullition, impatients de voir ce qui devait être pour eux le nouveau chef d’œuvre du cinéaste britannique. Au final : frustration, insatisfaction et incompréhension. Le résultat s’avère bancal, non mauvais mais intolérable après tant d’attente et d’espoir. Cause principale des lamentations, une durée beaucoup trop courte pour une œuvre de cette envergure. Conséquences, « Kingdom of heaven » nage parfois en non-sens complet, n’est malheureusement que très peu crédible, contient des personnages secondaires dont on se demande la réelle teneur, ne montre aucun enjeux, ne procure quasiment aucune émotion vive (excepté la mort du roi Badouin) et ne maîtrise tout simplement pas son sujet. Peu de temps après l’exploitation en salle, nous apprenons qu’un autre montage plus long sera disponible en DVD. Simple version longue ou véritable « Director’s cut » qui nous permettra de juger le film à sa juste valeur ? Les nouvelles nous annoncent la seconde proposition, cette version est sortie, dure trois bonnes heures, pour cinquante minutes de pellicules en plus. Faisons preuve de clémence, donnons lui une seconde chance surtout que techniquement le film c’était quelque chose. So Ridley Unleash hell !

« Kingdom of heaven » débute par une sublime ouverture de deux minutes à la manière des
grandes œuvres épiques comme « Ben-Hur », sous la très belle partition d’Harry Gregson Williams. Le ton nous ait donné, cette « director’s cut » fera visiblement passer la version cinéma pour un simple résumé. Le rythme on le devine sera lent, la première partie ainsi, n’a strictement rien à voir avec celle présentée en salle, nous passons beaucoup plus de temps à travers ce village français pittoresque, nous apprenons que le prêtre qui sera tué plus tard et en fait le frère de Balian. On découvre un flash-back où Orlando Bloom est avec sa femme enceinte, la joie du couple n’est pas difficile à deviner, le deuil de l’acteur anglais parait donc beaucoup plus intense après une telle image. Liam Neeson, lui, se remémore sa première rencontre avec la mère de Balian, scène qui nous ait montré de façon très poétique. La nostalgie et la tristesse gagnent le lieu, quand Godefroy annonce son lien de parenté avec le forgeron, ce n’est plus de manière aussi direct, c’est avec pudeur et timidité, d’ailleurs il ne dit plus clairement « I’m your father », non il le fait comprendre par des insinuations que Balian retient avec un certain respect malgré un regard très sombre. On apprend également que le protagoniste fut auparavant machiniste et a déjà participé à des batailles, ses talents dans le dernier segment du film ne viennent donc plus de nulle part. En seulement vingt minutes « Kingdom of heaven » écrase les trois quarts des critiques qui lui ont été faites. La vie et l’ambiance de l’époque sont montrées avec plus d’approfondissements cette fois-ci, que ce soit à travers un simple plan rajouté ou une scène inédite, le film prend de l’authenticité et rappelle parfois mais avec beaucoup plus d’esthétisme et dans un style complètement différent « Braveheart » de Mel Gibson. L’attitude de Balian dans cette première partie prend ici tout son sens, son meurtre ne parait plus tomber comme un cheveux sur la soupe, tout les moments où il s’est retenu, calmé et contrôlé contre des humiliations morales comme l’atteste la provocation de son frère lancée avec mépris « Tu tends toujours l’autre joue. ». Tout cela explose contre une personne de son propre sang et le conduit au crime.

Que reste-t-il donc à Balian pour rester au village, une fois son fils décédé, sa moitié suicidée et son meurtre effectué ? L’offre de son père, lui semble être un refuge, Jérusalem une terre d’accueille pour laver ses « pêchés ». Le personnage qu’interprète Orlando Bloom tient là, une réelle consistance mystique, ce qui le rend très intéressant dans cette première partie. Par la suite, il deviendra (volontairement ?) anecdotique. « Victime » d’un « message » omniprésent et d’une succession de seconds rôles intriguant, l’acteur anglais souvent critiqué comme étant inexpressif se voit rapidement éclipsé pour revenir déterminé dans le dernier segment du film. Une interprétation bancale pour un personnage difficile à cerner. S’il est évident qu’il ne faut pas voir en lui un leader charismatique, les interrogations persistent sur son jeu tant désapprouvé. Les groupies y voient un sex-symbol noyé dans un film qu’elles trouveront manifestement nul. Les détracteurs (ou peut-être pas) le jugeront aussi intense et émouvant que la vache Margueritte. D’autres y percevront un personnage joué à la façon de Charlie Sheen dans « Platoon », témoin d’un voyage, d’une expérience, ne prenant conscience de son importance qu’à la fin. Et le grand public y verra un acteur dans un film « d’épées qui bougent » de plus. Le but n’est pas de dire si Orlando Bloom joue bien ou non dans « Kingdom of heaven » mais de saisir le rôle de Balian dans cette histoire. Car sincèrement qu’aurait apporté un acteur différent et soi-disant meilleur ? La réponse n’est pas évidente, tout est une question de perception.

Après donc une première heure de présentation captivante (comportant une sous intrigue supplémentaire), nous arrivons dans le deuxième tiers du film qui à lui également son lot de nouveautés. A l’inverse de « Gladiator », le dernier Ridley Scott ne tourne pas autour de trois personnages épaulés par des rôles secondaires. Non, il y a bien la presque dix personnes qui font tourner principalement le long métrage, viennent ensuite les quelques autres qui deviennent des quasi-figurants. Et contrairement à « La chute du faucon noir » ces protagonistes méritent un sérieux développement. D’où l’insuffisance évidente des deux heures et dix minutes de la version sortie en salle. L’histoire d’amour entre Balian et Sybille prend ainsi une autre dimension, le personnage d’Eva Green devient d’ailleurs très fascinant et touchant en particulier grâce à l’ajout d’un personnage : Son fils. Un jeune enfant de moins d’une dizaine d’années pris entre l’affrontement moral de ses parents et surtout atteint d’une maladie maudite, la même que son oncle : La lèpre. La manière dont le cinéaste britannique nous l’apprend est excellemment construite car subtile, encore une fois, personne ne dira qu’il est lépreux. Ainsi sa pauvre mère désemparée par cette triste nouvelle qui arrive peu de temps après le couronnement du bambin, se refuse à ce qu’il souffre comme a souffert son frère. Dans un signe de désespoir, elle abrégera l’aggravement de la maladie du jeune garçon qui fut un court temps roi de Jérusalem. Une sous intrigue additionnelle qui renforce le côté psychologique du rôle d’Eva Green et bouleverse le film au niveau de l’émotion. Guy de Lusignan, le père (Martin Csokas) peu attristé par cette mort, y voit un moyen inévitable d’accéder au trône, chose qu’il convoite tant. Personnage charismatique qui gagne d’ailleurs en complexité grâce notamment à l’ajout en fin de film de son affrontement à l’épée avec Orlando Bloom (sublimement mis en scène mais on y reviendra). Scène qui montre le dernier sursaut d’orgueil d’un homme qui a tout perdu. Son acolyte, Brendon Gleeson reste le même personnage à l’interprétation presque caricaturale certes, mais tellement jouissive. Jeremy Irons (Tibérias) se voit lui plus profond, on découvre avec plus de détails que c’est un grand soutien moral pour Sybille. Rajoutons aussi que son choix final ne nous paraît plus du tout hasardeux au vu de la tournure des évènements. Saladin est toujours cet homme sincère, émouvant et agissant parfois de sang froid (lorsqu’il exécute Renaud – séquence d’ailleurs bien plus appuyée dans cette version -). Comme le personnage d’Edward Norton qui a néanmoins un côté énigmatique à ajouter. Au terme de cette deuxième heure, les enjeux sont nettement mieux soulignés et prennent toute leur ampleur. En prenant son temps « Kingdom of heaven » n’est plus un simple divertissement intelligent mais maladroit. Il devient captivant, enivrant et impose le respect, celui que Ridley Scott méritait. Et ce, avant que l’assaut final nous ait été présenté dans une dernière heure épique et impressionnante.

Egalement servi par un scénario habile qui traite un sujet pourtant très « casse-gueule » : La religion. « Kingdom of heaven » à travers de simples détails appelle à une tolérance mutuelle et dénonce les stupidités fanatiques. Que ce soit un musulman qui pense gagner une bataille sans ravitaillement, sans point d’eau et avec des hommes fatigués juste parce que Dieu serait avec eux. Ou des templiers massacrant, ceux qu’ils appellent les « infidèles » car soi-disant le tout puissant le voudrait. Ces supercheries sont ouvertement dénoncées tout comme le respect régnant entre Saladin et le roi Badouin. Ces derniers sont d’ailleurs l’essence même du message que Scott veut transmettre. Quand Saladin après la prise de Jérusalem replace une croix tombée durant le bombardement ou les maintes répliques sages de Norton appelant à la paix. Tout cela ne fait que renforcer une idée de tolérance qui habite le film. Bien que certaines choses gênent un peu (Balian seul survivant du naufrage et quelques dialogues trop démonstratifs ou parfois « cul-cul la praline »). Le script est malin, bien structuré et ambitieux.

Mais « Kingdom of heaven » ne serait pas le même sans tout le génie technique qui l’entoure. Ridley Scott a du se régaler à préparer ses plans d’une beauté inouïe. Ce film est clairement l’apologie du talent visuel du réalisateur d’ « Alien ». Quasiment chaque cadre est un tableau avec différentes tonalités de couleurs parfaitement utilisées ce qui fait de la photographie de ce long-métrage une pure merveille. Ajoutons à cela des incrustations numériques très réalistes et parfaitement mariés avec une réalisation virtuose dans l’assaut final. Une mise en scène qui prend son apogée lors du combat à l’épée Balian/Guy. Chaque coup de fer est tétanisant, le bruit métallique qui en ressort amplifie le côté tranchant de l’objet (on est bien loin du duel Achille/Hector dans « Troie »). Combat exquisément chorégraphié, commençant dans une écurie finissant dans une salle emplie de bouts de tissus pendants, le jeux de lumière et le découpage vif sont ahurissants. Ridley Scott nous offre le meilleur duel à l’épée qu’il nous ait été donné de voir. Pour clore ce triomphe technique la bande originale (bien que reprenant certains morceaux d’anciens scores) est grandement inspirée et grandie la portée émotionnelle de ce récit épique.

La seconde fut donc la bonne, après avoir vu cette director’s cut la version précédente est une énorme aberration. Si l’on déplore quelques défauts minimes, le film médiéval de Scott avec des personnages aussi variés que très bien utilisés et interprétés, son sans faute technique et son rythme enivrant est certainement l’une de ses plus belles œuvres. Une chose est sûr : Le temps fera son affaire.

Longue vie au roi !

- Harry Potter et la coupe de feu - De Mike Newell

;)

En quatre mois il est devenu, le fléau, celui dont on redoute chaque nouvelle chronique, où les envolées lyriques ne s’expliquent que pour les quelques lecteurs utopiques qui ne savent pas que qui se frotte aux critiques de Gabnec s’y pique, en se votrant sur la rythmique des phrases, ses articles c’est comme le périphérique, c’est bouché de partout, c’est censé être pratique mais ça ne l’est pas du tout. C’est comme les sermons de ta mère, tu crois que c’est fini alors que ça ne vient que de commencer. Bref, l’autiste vient de commettre un énième attentat rédactionnel, ton objectif est de tout lire comme un grand, pendant ce temps, lui essaie de mettre les petits pots dans les grands…

Etant grand fan du quatrième volet de la saga littéraire de J.K.K. Rowling, cet « Harry Potter », a suscité quelques mois avant sa sortie, une vive attente de ma part. Traquant fiévreusement sur le Net les news, les trailers, les photos, les extraits et d’autres éléments pour le moins non imaginable. J’assemblais ce qui pouvait pour moi être un « chef d’œuvre », chose qui fut vite avortée une fois informé de la durée du film, honteusement courte pour un roman aussi dense que l’est celui de « La coupe de feu ». Autre point négatif, aucun des trois films n’a pour l’instant était tout simplement bon. Les deux premiers sont fidèles aux livres mais vraiment indigestes autant sur le plan visuel que narratif. En ce qui concerne le troisième volet que nous qualifierons d’ « essaie artistique », cela à beau être intéressant au niveau de l’esthétique, ça reste une catastrophe sans nom au niveau de l’adaptation. En fin de compte c’est une plus une attente masochiste qu’autre chose qui m’habitait. Vu en novembre dernier j’en suis sorti satisfait et frustré, revu il y a quelques jours en DVD j’en suis ressorti satisfait et frustré (Il est quand même trop fort ce Gabnec !).

On passe à travers le logo Warner sous le thème musical principal du film, un serpent sort d’un trou qui lui sort de nulle part, la caméra suit le chemin de l’animal de manière ardue et limpide (Tu ne critiques pas un film de ton père, tu peux donc faire des phrases sensées). La scène d’introduction se veut donc sombre, le meurtre effectué de sang froid par celui-dont-ne-doit-prononcer-le-nom annonce la couleur, c'est-à-dire une adaptation effrayante pour un gamin d’une décennie et gentillette pour un fan de la première heure. Après cet incipit plus ou moins sympathique, nous aurons le droit à un bon quart d’heure de foutoir scénaristique. C’est un fait, du réveil d’Harry Potter à l’arrivée à Poudlard l’histoire est un bordel sans nom. Harry se retrouve chez Ron on ne sait trop comment, Hermione vient d’arriver on ne sait trop comment. On assiste pantois aux préparatifs d’une coupe du monde (?) de Quidditch à laquelle nous n’aurons pas le droit d’assister. Hop hop hop, trente secondes plus tard c’est l’attaque des Mangemorts qui survient dans le camp après le match. On comprend rien, aucune transition entre les scènes, c’est monté à la hache et la frustration est garantie. Un lecteur peut aisément s’en sortir dans ce bazar intergalactique tout en enfonçant ses petits doigts dans son fauteuil tellement il est énervé par tant de coupes drastiques mais un non-initié doit se demander où est ce qu’il a bien pu atterrir.

Nous voici peu de temps après à la présentation des trois écoles à Poudlard. C’est à ce moment précis que l’on peut enfin respirer, on commence à saisir dans quel sens veut continuer le metteur en scène et son scénariste. Tout ce qui ne touche pas directement le protagoniste est enlevé, tout ce qui pourrait ralentir le rythme du film est inabordable. Le cahier des charges déborde de partout, il faut entasser plus de six cents pages en même pas deux heures vingts de film, on n’a donc pas de temps à perdre ! Attention, Inspiration ! On est reparti ! Ici on se concentre sur ce qui touche Harry, son acné invisible, ses hormones qui explosent, ses premiers gros mots (il aura attendu l’âge de quatorze ans…), sa première engueulade avec son meilleur ami, son premier râteau et bien d’autres joyeusetés de l’adolescence ! Le scénariste aura aussi compris qu’on se foutait éperdument des cours à Poudlard, donc là sont gardés seuls ceux qui ont une réelle importance. Et puis pas le temps d’en parler, on est pressé bon Dieu ! Vite, vite bordel ! On a trois taches, un bal de nöel, le retour de tu-sais-qui et son affrontement final avec le binoclard à caser et on en est à déjà une heure de film ! (L’utilisation du mot « spoiler » empêcherait au lecteur n’ayant pas vu le film…) Ta gueule !

Ni une, ni deux nous voilà projetés dans la première tâche, celle avec le méchant dragon, situé dans une arène. Et s’il y a bien un passage où le film surpasse le livre c’est précisément là. La scène prend un souffle épique, une chose que l’on ne connaissait pas chez Harry Potter au cinéma. Nous avons le droit à une véritable course-poursuite au dessus des toits de l’école des sorciers, entre envolées spectaculaires et chutes vertigineuses, cette séquence riche en adrénaline mérite que l’on s’intéresse un minimum à ce quatrième opus (le seul bémol de cette tache reste le dragon décevant visuellement). En ce qui concerne la seconde épreuve que l’on peut qualifier aussi de réussie, avec cet univers verdâtre donné aux fonds marins du lac qui est d’un très bel effet. Notre protagoniste ou plutôt son double virtuel (dans les plans larges) s’aventure dans cette faune sauvage et luxuriante, où la profondeur semble illimitée. Cette tache nous offre donc de très beaux plans aquatiques et permet de se détacher de l’univers de base de la saga « Harry Potter ». Ce tournoi s’achève de manière plus mitigée avec l’épreuve du « Labyrinthe » qui n’a de ressemblance avec celle du livre que le concept de départ, à savoir nos quatre champions dans un labyrinthe (Oh !) qui doivent trouver le trophée du vainqueur. Fans du livre, oubliez les énigmes, les « Scrouts à pétards », le sol qui prend la place du ciel etc. Dans cette tâche ils doivent simplement éviter les buissons qui se déplacent, ce qui est vraiment beaucoup trop simpliste… Néanmoins, l’aspect claustrophobique et brumeux, le thème de la solitude et des virements de caractères, le tout esthétisé par une photo renversante (dans cette scène), suffisent à finalement nous satisfaire. Mais ce que l’on préfère, c’est lorsque que Poudlard se transforme en véritable campus, la magie en plus, entre les deux premières épreuves. Pendant vingt minutes nous rigolerons souvent et de bon cœur, face aux multiples déboires de ses adolescents à l’approche du bal de noël, une période où le film fleure bon l’humour anglais et est habité d’une certaine modernité en ce qui concerne le caractère des élèves.

Diantre ! Avec tout cela, j’en oublie de parler des acteurs, de l’interprétation de ceux-ci. On commence par le trio de tête et comme je suis quelqu’un de très galant je ferai Miss Watson en dernier. Pour ce qui est du héros myope ou hypermétrope, une chose est sûr ses yeux ne sont pas emmétropes (Mouahahah), c’est convainquant dans l’ensemble, on n’aimera pas son regard d’abruti lorsqu’il regarde Cho mais on appréciera son jeu plus authentique, crédible avec même une once de charisme. Rupert Grint lui, s’affirme comme le meilleur des trois, amusant (Soyons fous !) hilarant, touchant, toujours juste, il compose là un jeu très rafraîchissant et mature. Voyons maintenant Emma Watson, si elle avait une légère tendance à avoir une tête à claque dans les premiers épisodes, là, elle est à baffer tout du long. Car cette douce et chère « actrice » surjoue avec la délicatesse d’un cachalot, c’est simple elle est à vomir du début à la fin, insupportable, une vraie catastrophe, si les autres progressent, elle régressent fortement et le niveau n’était déjà pas très haut. Vient ensuite un Michael Gambon qui nous interprète un Dumbledore qui n’a strictement rien à voir avec celui de Rowling, cela ne serait pas si dérangeant s’il n’était pas si ridicule et si mal sapé. Brendan Gleeson est un Maugrey Fol - Œil en parfaite équation à ce que nous pouvions imaginer en lisant les écrits de la britannique, de même pour Miranda Richardson qui est avec Maggie Smith la plus proche de son personnage. Les autres acteurs quant à eux nous fournissent un jeu similaire à celui dans des anciens épisodes (ce qui n’est pas forcément péjoratif). Mais parlons de la véritable attente de cet « Harry Potter », Ralph Fiennes à savoir le redoutable Lord Voldemort, si visuellement le personnage est très réussi, l’interprétation du comédien est très tangible. Elle peut-être ainsi aussi fascinante que complètement à coté de la plaque. L’acteur joue bien, perçoit certains détails de son personnage, son analyse est d’ailleurs intéressante, mais en gesticulant comme un cabri affolé au lien de jouer tout en retenu comme le veut la nature de Voldemort, il détruit par moment et automatiquement tout le coté terrifiant de celui-ci. C’est dommage quand on voit la qualité et la classe qu’il peut avoir par moment.

Techniquement ce n’est pas le nirvana mais cela reste tout de même plaisant, la réalisation est soignée sans être non plus exaltante au même titre que la photographie. Le montage passé un foutoir d’une demi-heure s’avère bien dosé rythmiquement, la bande originale elle, est très belle et parfois puissante (le thème de l’école de Durmstrang). En fait ce que l’on regrettera chez « Harry Potter et la coupe de feu » au-delà de ses défauts de fabrications, c’est le fait que ce soit une immense machine à fric qui veut se promouvoir aux yeux de tous (ce qui explique la longueur) et donc laisse au placard la noirceur et profondeur des livres de J.K.K. Rowling.

- Tomb Raider : Lara Croft - De Simon West

;)

Il faut voir des merdes afin d’apprécier les bijoux du cinéma, pour les critiques c’est la même chose. Il te faut lire une critique vomitive pour ensuite apprécier une bonne plume. Celle qui va suivre est de la première catégorie, tu vas devoir la parcourir, après ne t’inquiète pas tu pourras te refaire une santé avec les articles de Romain Le Vern (c’était plus fort que moi). Ce qui est dessous est un style contrecarré, en contre-plongée, contreplaqué en deux mots contre nature. Bien sûr ces quelques indications te mettent la puce à l’oreille. Qui est l’illettré des blogs ? Qui a un style tellement lourd, poussif et inutile qu'il n’en est plus un ? Qui se croit intelligent en faisant des introductions en italique à chaque chronique ? La réponse tu la connais, il a un pseudonyme à torcher les éléphants. C’est ? C’est ? Gabi !

Alors que s’apprête à sortir le nouveau chef d’œuvre de Dady Simon « Terreur sur la ligne » et que le projet orgasmique de « Jurassic Park 4 » est en route, beaucoup de gens oublient son dernier bijou sorti en 2001. J’ai nommé « Lara Croft : Tomb Raider ». Premier constat papa est d’une logique affolante, alors qu’il aurait pu changer le nom de son œuvre, il garde le même titre que celle vidéo ludique. De ce fait les fans du jeu ne pouvaient se tromper de film en allant au cinéma. Et ouais ! Pas bête le bonhomme ! L’adaptation du personnage infographique commence donc sans fausse note. On voit Lara la tête à l’endroit mais attention, la caméra tourne et on se rend compte qu’elle est en fait à l’envers se tenant à une corde, dans un temple, oh ! De plus un monstre robotique s’apprête à la tuer, et là nous avons tout simplement droit au premier moment de bravoure du film. Carrément ahurissant, Lara tape des saltos, glisse, cours, saute et tire, tire et tire, elle tire beaucoup. Mon père encore une fois fait preuve d’une logique implacable. Pour montrer que son héroïne court, il filme d’abord les pieds qui marchent vite mais alors très vite, ensuite il tourne un plan d’ensemble où la madame semble galoper. Cette réalisation (logique encore une fois) est adoptée dans tout les cas de figures. Quand Croft saute, la caméra part en hauteur ; quand elle glisse la caméra effectue un travelling latéral ; quand elle se retourne la caméra fait de même. Bref, la réalisation de Simon suit le mouvement de l’action avec une classe stupéfiante du début à la fin. A noter une petite surprise fort sympathique dans cette première scène, alors que tout le monde pensait que nous nous trouvions dans un temple (moi y compris), l’illustre metteur en scène de « Con air » (au titre assez évocateur) nous a bien roulé dans la farine, nous avons là un twist scénaristique époustouflant, sauf qu’il se trouve dès les cinq premières minutes du film ! Sensationnel ! En fait le temple en question n’est autre qu’un centre d’entraînement… intéressant, non ?

Vous l’aurez compris, le début est annonciateur de ce qui va passer dans la suite de la meilleure adaptation de jeu vidéo qui existe à ce jour. Mais que ce serait ce chef d’œuvre (oui vous avez bien lu) sans un scénario hors pair, sans faille, où l’originalité rime avec efficacité ; où le plaisir suit le désir ; où l’apothéose n’a d’yeux que pour l’overdose d’idées singulières et chères en rebondissements haletants. Jugez plutôt une organisation mystérieuse nommé les « Illuminati » s’est lancée à la recherche d’une horloge dont la clé ouvre les portes du temps et de l’Espace. Celle-ci est un triangle sacré. La puissance de celui-ci atteindrait son summum lorsque trois planètes s'aligneront dans le ciel en une éclipse totale qui survient une fois tous les cinq milles ans. Lara ne dispose que de deux jours pour résoudre l’énigme du triangle magique et ainsi sauver le monde. Imaginez que cela a du demander un grand travail d’écriture de la part des trois scénaristes. Il a fallu trouver des éléments capitaux, tels que le début, le milieu et le dernier qui n’est pas des moindres LA fin. Et ouais ! Y’a pas marqué « con » non plus sur son front à dady Simon. Allant de surprise en surprise Papa effectue là ce que beaucoup de blockbusters comme « Le village » de M. Night Shyalaman n’arrive décidément pas à faire. Le spectateur est cloué à son siège essayant de chercher ce que Lara elle aussi, cherche. Et s’il commence à se lasser de cette enquête (phénomène rarissime) les blagues de Noah Taylor sont présentent pour le divertir et lui changer les idées. Ainsi vous remarquez que tout est prévu, une fois de plus rien n’est laissé au hasard.

Vous avez sûrement entendu comme moi et avec le même dédain que « Tom Raider » n’était autre qu’un ersatz d’ « Indiana Jones ». Alors là je dis non ! Il faut rendre à César ce qui appartient à César. C’est la saga de ce tâcheron de Steven qui ressemble au chef d’œuvre de mon papa, et non l’inverse ! Je veux bien être gentil cinq minutes mais j’ai mes limites. Par conséquent, je n’ai pas peur d’avouer que le film de Simon West est ce qui est arrivé de mieux au film d’aventure. Car rares sont les œuvres de ce genre à obtenir des scènes d’actions d’une fraîcheur équivalente. La caméra comme toujours, est tenue, elle n’est que très rarement laissée à côté. Les cadreurs prennent bien soin de filmer ce qu’il se passe, une marque de professionnalisme que je ne retrouve que chez dady. On y observe le même perfectionnisme pour le montage, Simon épaulé par son monteur le connu et reconnu Glen Scantlebury, font bien attention à assembler les scènes dans l’ordre chronologique, coupant avec précautions les passages où l’on entend « ACTION ! ». Ce qui permet bien entendu au spectateur de ne point être déconcentré par ces détails pour le moins disgracieux. La photographie elle, s’adapte parfaitement au climat tempérique représentant les scènes. Quand il est chaud, elle est chaude ; quand il est froid, elle est froide et quand il est tempéré… elle est bien sûr tempérée. Inutile de vous dire que le sens de la logique et le professionnalisme ont fait la carte de fabrique de Simon West.

Tout cela me ferait presque oublier les dialogues, sublimes, de ce bijou cosmique. Ils sont souvent pleins de sens, de vérités et de dénonciations. Exemple on parle de l’Egypte à Lara que répond-t-elle ? - « Encore l’Egypte ! Il n’y a que des pyramides et du sable. » - Avouons que cela est fort osé de la part de mon père, qui ne va pas se faire des amis au pays du soleil levant. En même temps n’a-t-il pas raison ? Si bien sûr et il s’en contrefout que ça choque ou non. Preuve qu’il ne fait pas dans le politiquement correct et ça, c’est tout à son honneur. Autre exemple, Noah Taylor sort de sa caravane (Raphi si tu me lis !) et lance – Hum, c’est quoi cette puanteur ? – et Croft rétorque – L’air pur. - … n’est-il pas évident que le metteur en scène veut dénoncer là, la pollution qui sévit sur notre chère planète ? Car oui Simon ne fait pas qu’œuvrer pour le cinéma, il œuvre aussi pour la nature, Greenpeace, les baleines, les cachalots, Guy Carlier, les otaries, les gens désaltérés et desséchés, Armande Altaï, les vaches, Christine Bravo et j’en passe… Ce n’est pas tout il y a également bien sûr des pointes d’humour dans les répliques de « Lara Croft : Tomb Raider ». Où d’autres phrases qui nous permettent de mieux cerner les personnages. Nous nous rappellerons longtemps de cette séquence aux paroles dantesques entre Daniel Craig (avant qu’il ne devienne mauvais) et Angelina Jolie (qui elle a su rester une grande actrice exceptée dans « Alexandre »). Ce dialogue est si merveilleux que je ne ferai pas l’affront de vous le remémorer (tout simplement parce que je ne m’en souviens plus).

Voilà je pense avoir dit tout ce que j’avais sur le cœur, bien qu’il reste tant de choses sur lesquelles nous pourrions disserter des heures, tellement ce film est riche. Je n’ai pas parlé des acteurs mais il y en n’a nul besoin tellement ils sont géniaux. Malheureusement l’œuvre de Simon West n’a su trouver un réel public, les spectateurs l’ayant injustement et cruellement boudé à sa sortie en salle. Il y a des mystères qui ne s’expliquent pas car ils sont eux-mêmes inexplicables. Je pense qu’aucun long-métrage n’a vécu pareil injustice depuis, si ce n’est peut-être l’incompris « Catwoman » de notre cher réalisateur français Pitof, maintenant rédacteur pour ciné live (la prospérité). Je vais vous laisser sur ce proverbe Westien :

La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu'elle dure

- MI : 3 - De J.J. Abrams

;)

Gabnec votre mission si toutefois vous l’acceptez est de placer dans votre critique de « Mission Impossible 3 » les mots qui suivent : « pastèque », « ratatouille », « Marc Oliver Fogiel », « Freedent », « King Kong », « Gilbert Montagné », « Zidane » et pour finir « pléonasme » ou « euphémisme » au choix cependant il serait préférable de mettre les deux. Voilà c’est à peu près tout, ah oui j’oubliais. Regardez quand même dans le dictionnaire la définition des deux derniers mots à insérer, histoire que vous sachiez ce que vous écrivez (pour une fois).

J’ai bien évidemment accepté cette mission rédactionnelle avant de voir le film depuis que je l’ai vu, eh bien - les propos déplacés de la suite de cette phrase se sont tout bonnement autodétruits cinq secondes après la rédaction de l’article -

Le point de départ de « Mission Impossible 3 » est assez mitigé. Une scène d’ouverture plutôt sombre et tendue, on y voit Philip Seymour Hoffman poser un compte à rebours haletant à un Tom Cruise complètement désemparé et le cerveau visiblement en ratatouille (moyennement amené celui-là, soyons clément, one pwoint !). La séquence se clôt d’une façon très troublante et annonce clairement la couleur de ce film qui semble beaucoup plus mature que celui de John Woo et ses colombes… Il est donc bien dommage que la partie qui suit le générique soit nettement moins réussie. Elle a certes sa raison d’être, à savoir nous montrer qu’Ethan s’est rangé depuis afin d’obtenir une vie familiale paisible (et qu’il sait aussi lire sur les lèvres). Rien n’y fait ce passage est beaucoup trop gnan-gnan et banal pour plaire. Mais heureusement le sourire ravageur de Michelle Monaghan parvient presque à justifier ces cinq minutes de quasi néant platement filmées par un J.J Abrams qui se rattrapera par la suite en stoppant rapidement cette avalanche de mièvreries. Un instant plus tard Hunt est rappelé, dix minutes après le début de la séance, c’est officiel, il repart au casse-pipe !

Sans atteindre les prouesses scénaristiques presque incompréhensibles mais tellement jouissives du premier épisode signé Brian De Palma, ce troisième opus livre un récit sans temps mort, mais sans réinventer le genre non plus. Nous aurons droit tout de même droit à quelques surprises bien senties, comme la mort dès les vingt premières minutes d’un membre important du casting. Les rebondissements sont aussi bien trouvés, le dénouement final – pléonasme – l’illustre parfaitement (Pwoint !) et l’adversaire du scientologue est de taille. On regrettera toutefois un faux suspense, sur une scène qui sonne faux, où il faut croire - Gabnec le roi des assonances – (Non c’était euphémisme qu’il fallait placer try again…) que Tom Cruise est mort. La séquence est bien longue pour rien, car Ô grande surprise la star est bel et bien vivante. Là où cet épisode rejoint le second, réside dans le but principal à savoir sauver la femme qu’il aime. Facile, déjà vu me direz-vous, c’est pas faux (T’es en mode Perceval ?), mais avouons que l’esprit plus sombre de « Mission impossible 3 » rend l’ensemble malgré tout rudement efficace. Il en résulte ainsi un très bon film d’action.

Vous l’aurez donc compris J.J. Abrams nous livre une double ration de sensations fortes. Mais (et oui il y en a un) la première séquence d’adrénaline est ratée en plus d’être trop longue. Pourquoi me direz-vous (Non on s’en branle, place tes mots !), tout simplement parce que le créateur d’ « Alias » se prend pour Paul Greengrass. Sauf que le réalisateur de « Vol 93 » lui il maîtrise le style épileptique et nerveux à la limite du brouillon alors que J.J. pas du tout. Résultat dans la scène ça explose, ça flingue, ça fait une course d’hélicoptères à travers un champ d’éoliennes, dommage qu’on ne puisse pas en profiter un chouia. Bon je critique cependant les autres scènes d’actions sont exceptionnelles et vraiment funs. Qu’il s’agit d’une scène magistrale sur le pont de Miami, d’Ethan qui fait de la « balançoire » entre deux buildings chinois ou encore le même dans un numéro de parachute incontrôlé ; le spectateur reste éblouit devant cette attraction no-limite parfaitement mise en scène cette fois-ci.

Cela ferait presque oublier que cette « mission » est un objet filmique taillé sur mesure pour sa vedette Tom-Tom le scientologue (Où est le problème ?) et au passage brillant acteur. Maintenant son personnage ne fait plus de salto arrière en recoiffant simultanément ses cheveux si fins, pour finir par un sourire mielleux face-caméra. Non dans « MI – 3 » Ethan il ouvre un frigo – sûrement pour y prendre un peu de pastèque – (Mon Dieu… no pwoint), il ne contrôle pas toujours tout, il semble souvent hésitant même parfois impulsif. Car en 2006 la mode appartient aux « humains » et non au cyborg beau gosse qui réussit à faire sauter un gun d’un simple coup de pied dans le sol (C’est sûr que ce n’est pas ton cas…). Blague à part on reste bien satisfait de voir la star de « Mission Impossible » revenir à un personnage plus « réel ». Certes il écrase les autres acteurs, il est dans toutes les scènes ou presque, cependant on n’arrive pas à lui en vouloir, si encore il jouait mal on pourrait, mais là c’est tout bonnement impossible. C’est un régal de le voir en fonctionnaire italien, ou se ramasser la face contre une voiture suite à une explosion ou encore faire le grand saut du haut d’un building chinois – King Kong a en revanche plus de classe dans le registre « chute » - (Les imbéciles grandissent sans qu’on ne les arrose …).

Bien qu’omniprésent il laisse parfois place à des seconds rôles au choix plus ou moins sympathique. Ving Rhames nous balance des punchlines bien connues mais agréables. Philip Seymour Hoffman est délicieusement odieux en parfait bad guy au sourire sadique semblable à celui de Marc Oliver Fogiel avec des dents aussi blanches que celles d’une pub pour « freedent » et muni d’un crâne bien plus chevelu que celui de Zidane (Tu as beau être intelligent, tu passes la plupart de ton temps à être un imbécile…mais c’est pas mal five pwoints !). Billy Crudup reste cependant lui assez pâle au même titre que Maggie Q qui ne sert à rien. Jonathan Rhys-Meyers bien que bon semble prisonnier d’un personnage beaucoup trop « maigre » pour son talent. Simon Pegg lui est hilarant dans la scène et demie qui lui est consacrée (Avoue t’en chies pour placer Gilbert Montagné). Suivent derrière Laurence Fishburne (correct), Michelle Monaghan (no comment) et Keri Russell en étoile filante.

Techniquement passé la poursuite en hélicoptère qui semble filmée par un Gilbert Montagné sous amphétamines - où était-ce Steevy Wonders (One pwoint) ? - c’est précis, le montage et la réalisation sont survoltés, les thèmes musicaux sont bien posés on regrettera tout de même la basse énormissime de la chanson phare du second opus, jouée par Limp Bizkit (comme quoi quand ils veulent, ils peuvent) à noter que le titre pour « MI : 3 » de Kanye West est comment dire lamentable.

Pour finir est-ce que le film d’Abrams surpasse celui de John Woo ? En effet il est légèrement - ceci est un euphémisme – moins cartoonesque (Last pwoint !), bien que l’on regrette quand même les moments d’anthologies et naïfs de « MI : 2 ». Meilleur que l’épisode de Brian De Palma ? Il est encore trop tôt pour répondre, car celui du réalisateur de « Scarface » a extraordinairement bien vieilli. En sera-t-il de même pour « Mission Impossible 3 » ? L’avenir nous le dira, en tout cas j’ai réussi ma mission avec brio (Ceci est plus que discutable).

Note de la mission : 7/10

- V for Vendetta - De James MacTeigue

;)

Tremblez jeunes lecteurs, il est de retour après avoir effectué cent soixante-quinze fautes pour être précis à la dictée de Bernard Pivot, le rédacteur en chef de ciné-max s’offre la chronique de « V for Vendetta ». Etant à la critique ce que David Pujadas est au Journal télévisé, attendez-vous à un autre attentat à la si fine fibre artistique du journalisme cinématographique. La mauvaise foi est là, la plume est cassée et il vient de louper la rediffusion de « Tomb Raider », autant vous le dire il est de mauvais poil…

Nous étions craintifs à l’approche de ce « V for Vendetta », écrit par les frères Wachowski et accessoirement réalisé par James MacTeigue. Si nous nous doutions que nous n’aurions pas le droit au chef d’œuvre, le sujet fort intéressant et aussi la jolie Natalie… nécessitaient toute notre attention à la veille de sa sortie. Mais qu’en est-il vraiment ? Un délire « Matrixien » (mon Dieu que je n’aime pas dire ça) ? Non, pas du tout. Un film d’action pour « djeunz » amateur de Simon West (Papa !) ? Encore moins. Bah alors c’est bon ?! Disons que le résultat est plutôt mitigé mais non moins attachant.

Et pourtant au début c’était mal parti, une scène d’introduction médiévale assez kitch qui semble sortie d’un mauvais téléfilm. Suivie de la première apparition de « V » qui nous laisse craindre le pire, premièrement à cause de sa situation plus cliché tu meurs (Evey en passe de se faire violer dans une ruelle sombre mais le chevalier masqué arrive à la rescousse) et du monologue incompréhensible (rappelant certains de « Matrix ») que nous tape le protagoniste à la suite de son brillant effort, remarquons tout de même que le choix des mots (tout en « V ») est assez remarquable. Cependant rassurons-nous, le film évitera de nombreux stéréotypes (mais pas tous) et les dialogues pompeux.

Premier constat de « V for Vendetta » c’est qu’il est bavard, très bavard. Mais cela ne veut pas dire chiant. Les Wachowski ont des choses à dire et ils les disent bien. L’action se fait ainsi rare dans le film (absente ?), pourtant l’ennui ne pointe que rarement le bout de son nez. On est dedans, captivé et avouons-le, c’est plutôt bien fait. Les acteurs y sont quand même pour beaucoup. Si le dictateur (John Hurt) tombe dans la caricature la plus totale, Natalie Portman et Hugo Weaving apportent une vraie bouffée d’oxygène à l’adaptation du comics d’Alan Moore. La première est d’une justesse exemplaire, son interprétation atteint d’ailleurs son paroxysme lors de son incarcération, la jeune actrice américaine est tout simplement bluffante (bien que son talent n’a jamais était remis en cause). Le second étonne par son charisme malgré le fait qu’il soit « emprisonné » par un masque, il va même jusqu’à apporter une touche d’humanité à son rôle en le rendant souvent ironique et n’hésitant pas à montrer les maintes failles de son personnage aux apparences invincibles. Nous regretterons par contre la révélation amoureuse à la fin, complètement à côté de la plaque. Les autres rôles secondaires ne sont qu’un moteur à l’histoire, sans non plus être grotesques. Ils sont bien présentés, parfois développés (le flic Finch), mais ils ne sortent jamais de leur quasi transparence, et ce pour ne pas ralentir le rythme du film quelque fois tangible. Un mal nécessaire donc.

En revanche, le vrai problème de « V for Vendetta » réside dans ses séquences d’actions. Malgré une ambiance sonore qui ne fait pas dans la dentelle mais excellente. Elles sont d’une part rarissimes et la plupart du temps d’une banalité désarmante, bref sans grand intérêt. La seule qui réussisse à se démarquer et procurer quelque peu de plaisir est la dernière offensive de « V ». Nettement plus travaillée que les autres, sympathique et assez concentrée en hémoglobine. Attention rien de gore, ni de choquant bien sûr, mais ça surprend de voir un peu de sang librement lâché par rapport à la retenue évidente dans le reste du film. Néanmoins même si cela ne gâche pas réellement l’oeuvre de James MacTeigue (le sujet du film étant le plus important), une vraie scène d’action, construite, originale et surprenante (je ne parle pas de quelques petits combats galériens) aurait été la bienvenue…

Mais la nouvelle collaboration des deux frères (officiellement seulement à l’écriture) n’est pas avare de beaux plans et tout simplement de belles scènes qui méritent amplement notre affection. Ainsi l’entraînement contre la peur de Natalie Portman en plus d’être une belle pirouette scénaristique s’avère prenant et assez dur. Cependant il est vrai que c’est assez discutable dans le fond. Le monologue de Finch sous la musique de Dario Marianelli « The Dominoes Fall » est un grand moment de cinéma. La première explosion est sublime, surprenante et extraordinairement bien amenée. Par contre elle est écrasée par le feu d’artifice final. Et cette foule de masque… magnifique !

Techniquement c’est assez rigoureux sans être exaltant. La réalisation n’est certes pas révolutionnaire mais reste soignée et agréable quand elle ne se livre pas à quelques ralentis inutiles et profondément lourds. La photographie sombre (de plus en plus fréquente à Hollywood) est relativement classique mais néanmoins efficace. Juste pour titiller un chouia, il est bon de noter que certains plans font un peu « Matrixiens » (je n’aime vraiment pas dire ça…). Pour revenir à l’aspect technique général, le montage est dynamique sans pour autant empêcher quelques scènes longuettes (la lecture de la lettre en cellule entre autre). En ce qui concerne le score du film, il y a de très bonnes envolées, dont « The Dominoes Fall » (citée précédemment). Le reste bien que pas mauvais manque cruellement de personnalité comme l’œuvre elle-même. Les créateurs de « Matrix » livrent certes un scénario de qualité mais où est la patte de James MacTeigue ? Quelle est-elle ? On l’ignore car nous ne le connaissons pas. Dans ce sens « V for Vendetta » est un film propre, bien fait mais c’est malheureusement tout.

La véritable force de ce film est qu’il n’est pas didactique. « V for Vendetta » ne nous baratine pas avec un message qui livre une morale politiquement correcte que nous devrions adopter en sortant du cinéma. Non, il crée juste une ambiance singulière avec des personnages qui ont des convictions particulières. Les actions de « V » nous ne sont pas montrées comme bonnes ou mauvaises. On peut y adhérer comme les vomir car trop radicales. Ainsi les auteurs respectent la façon de penser du spectateur, et ça, en plus d’être honorable, c’est un fait rare de nos jours.

Pour conclure, « V for Vendetta », c’est un film bourré de défauts mais sympathique. C’est intelligent, bien écrit, bien interprétées et le propos n’est pas assommant. Cependant un metteur en scène avec une identité artistique propre aurait rendu l’ensemble moins basique…