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| Octobre 2008 | ||||||
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Captivity de Roland Joffé
Résumé : un célèbre top model est enlevé un soir par un sadique qui l’enferme dans un sous-sol. Le kidnappeur a l’air bien décidé à s’amuser un maximum avec sa victime…
Le mec qui a réalisé Mission et Vatel à la barre d’un thriller horrifique ? En voilà une idée bizarre et alléchante… Et en plus, l’héroïne du film est la charmante Elisha Cuthbert ? N’en jetez pas plus, je suis preneur ! Très franchement, trois raisons m’ont poussé à aller voir Captivity : une très belle affiche, la curiosité, et la perspective d’admirer Elisha Cuthbert. Certes le scénario semblait plus que limité, mais qu’importe. Et au final, j’ai vraiment passé un bon moment.

Passons tout d’abord sur le principal point faible du métrage : son manque d’originalité. Impossible de ne pas penser à Saw et autre Hostel à la vision du résultat final. Mais la grande force du film est aussi de ne pas chercher à se faire passer pour ce qu’il n’est pas, de ne pas « péter plus haut que son cul ». Certes, on a droit à un mini-twist, mais celui-ci est tellement prévisible que Joffé ne s’y attarde que très peu, conscient que le public habituel de ce genre de productions l’aura senti venir des lieux à la ronde. Le réalisateur reste donc finalement très humble dans sa démarche, respectant totalement son sujet : le film s’appelle Captivity, et donc il sera question d’une jeune fille enfermée, point barre. L’unité de lieu est donc primordiale et est respectée du début à la fin. A peine aura-t-on le temps de faire connaissance avec l’héroïne qu’elle sera promptement enlevée au bout de cinq minutes de métrage. Et finalement, l’enchaînement rapide des événements et le point de vue unique (du moins jusqu’au twist) permet de faire monter la tension. Car on finit par s’y attacher à cette jeune fille un brin superficielle, et on a envie qu’elle s’en sorte, surtout au vu des épreuves psychologiques qu’elle endure. Et nous arrivons au deuxième point positif du film : son côté sadique avec son héroïne. La belle passe véritablement par un vrai calvaire sans que l’on connaisse les motivations de son tortionnaire. Certaines tortures sont particulièrement inventives, comme la caisse qui se remplit de sable ou le cocktail peu ragoûtant (et dont je tairai la composition) que la jeune fille est forcée d’ingérer. L’interprétation est elle aussi au diapason, Elisha Cuthbert en tête, à la fois fragile et résistante malgré ce qu’elle endure. Au vu de sa filmographie, je commence à croire que la belle aime se faire torturer…
Bref, Joffé accomplit un travail soigné sans jamais prendre le spectateur pour un idiot et en restant conscient qu’il ne s’agit pas d’un grand film mais bien d’un tour de grand huit. Et c’est finalement tout ce qu’on lui demande…
Note : 7/10
Résumé : Après les trois garçons (pas pleins d’avenir) du premier épisode, c’est cette fois-ci au tour de trois jeunes filles de tomber dans les mailles du filet de la mystérieuse organisation, pendant que leurs tortionnaires se prépare à les accueillir…
Il y a quelques semaines, je me suis revu le premier Hostel, et je dois avouer que je l’ai trouvé beaucoup plus glauque et dérangeant que lors de mon premier visionnage. Je plaçais donc de grands espoirs dans cette suite, tout en étant quelque peu inquiet à l’idée d’être encore plus mal à l’aise. Malheureusement, même si ce deuxième chapitre est loin d’être honteux, il ne tient pas non plus toutes ses promesses. Car il faut l’avouer, Hostel 2 est peut-être le film le plus roublard d’Eli Roth.

Par où commencer ? Ah oui, on nous promettait déjà une suite directe du premier film. Moui, c’est pas faux, mais franchement, l’élimination du seul survivant du premier en moins de 10 minutes, j’appelle pas ça une suite directe, j’appelle ça une réutilisation du principe des slashers style Vendredi 13.
Ensuite, on nous a promis qu’on en apprendrait plus sur la fameuse organisation et son fonctionnement. Alors on apprend que le tout est basé sur un système d’enchères pour avoir le droit de choisir sa victime. On s’en serait pas douté… Mis à part ça ? Ben on voit qui est le grand chef, et puis c’est tout. On ne sait même pas comment les clients sont « recrutés », ce qui quand même était le point le plus intéressant. Tout juste apprend-on que ceux qui ne vont pas au bout de leur tâche sont éliminés.
Autre point qui risque d’en fâcher plus d’un, et je pense notamment à tous ceux qui ont trouvé la première partie du film précédent trop longue (je n’en fais pas partie), ici l’intrigue met encore plus de temps à se mettre en place. Certes, cela permet de s’attacher aux personnages et de souffrir pour eux (le premier opus utilisait brillamment cette technique), mais le gros problème c’est que finalement la partie censée être insoutenable (la torture des héroïnes) est vraiment bâclée. On ne ressent finalement que peu l’horreur viscérale du premier, peut-être parce que Roth a ici donné un visage humain aux tortionnaires. Cet état de fait est d’ailleurs flagrant lors de la première mise à mort. Cette scène très graphique, largement inspirée de la légende de la comtesse Elisabeth Bathory, est très dure, entre autres parce que la meurtrière est une inconnue. On ne sait rien d’elle, ce qui la rend terrifiante et imprévisible. Au contraire, les deux autres clients sont largement introduits dans le début du film et du coup on n’est pas surpris par leur attitude ou par leur revirement tellement classique (le type super motivé finit par craquer et le type suiveur et timide est un vrai psychopathe, comme c’est original !).
Mais malgré tous ces défauts, ce deuxième chapitre se suit avec plaisir, car Roth n’est tout de même pas un manche. Les acteurs sont convaincants, et le film va loin dans les tabous (exécution d’un enfant), le sexe (on voit plusieurs pénis à l’écran, et ici les femmes aiment le sexe, étonnant pour un film américain !) ou la violence (ça tranche pas mal). En plus, les références au premier épisode sont nombreuses et savoureuses (la photo avec les deux rabatteuses du premier et celle de celui-ci, ou l’amélioration du système de sécurité suite à la fuite de Paxton…). Bref, on ne s’ennuie pas mais par rapport à l’attente générée, on était en droit d’espérer plus…
Note : 6.5/10
Il ne vous est jamais arrivé de repenser à toutes les salles de ciné que vous avez fréquentées depuis votre plus tendre enfance ? Ces pièces obscures et pourtant accueillantes, dont les écrans ont vu défiler des centaines d’aventures, de drames, d’histoires d’amour, dont les sièges ont accueilli des milliers de personnes, tantôt émues, passionnées et emportées par le spectacle se déroulant sous leurs yeux, ou tantôt prises d’un ennui mortel ou d’un désintérêt total pour ces vies factices… Pour moi, les souvenirs les plus marquants que j’ai des innombrables films que j’ai visionnés sont autant tributaires des œuvres en elles-mêmes que des lieux dans lesquels je les ai découvertes. Je vous propose donc un voyage dans mon passé, dans ces lieux si particuliers qui ont bercé ma vie de cinéphile et qui continuent encore et toujours à m’emplir de bonheur…

De la première salle de ciné que j’ai fréquentée, je n’ai aucun souvenir. De cette première séance non plus, d’ailleurs. Selon ma mère, j’avais 3 ans et le film était le premier chef d’œuvre de Walt Disney, Blanche Neige et les sept Nains. Il parait aussi que j’ai passé beaucoup de temps dans les toilettes du ciné, effrayé que j’étais par la méchante reine… Après ont suivi un certain nombre de séances, principalement des Disney, dans un ciné de quartier à Lyon dont le nom et l’emplacement me sont sortis de l’esprit. En réalité, mes premiers souvenirs réels d’une salle en particulier doivent dater du moment où nous avons commencé à fréquenter le cinéma Les Alizés, à Bron, ville dans laquelle nous avons déménagé à la naissance de mon premier frère. Les Alizés, c’est le cinéma de quartier classique : deux salles, des horaires changeant pratiquement tous les jours, des films divers et variés, et surtout les fameuses photos de promo des films à l’affiche fièrement placardées à l’entrée du cinéma. Des clichés qui me faisaient rêver, me laissant imaginer les merveilles que recelaient les films en question… Les Alizés, c’était aussi le passage obligé au distributeur de bonbons lors des séances en famille, où mes frères et moi voulions évidemment toujours des paquets différents… Cette salle m’a permis de découvrir des films qui ont forgé ma cinéphilie : SOS Fantômes 2, Indiana Jones et la dernière Croisade, découvert avec ma grand-mère qui a été aussi traumatisée que moi par la mort affreuse du bad guy, Taram et le Chaudron magique, vu avec mon père et qui m’a profondément marqué de par sa noirceur étonnante pour un Disney, Last Action Hero, Entretien avec un Vampire… Les années ont passé, l’adolescence est arrivée, mais Les Alizés est resté ma salle de prédilection, étant proche du lycée et nous permettant à mes amis et moi de nous faire des séances le soir après les cours ou le mercredi après-midi lorsque nous n’avions pas cours… Et puis cette salle a aussi été le lieu privilégié de mes premiers émois amoureux, durant une séance du film Les Virtuoses au cours de laquelle l’amour de ma vie m’a tétanisé, moi qui étais si timide, en glissant sa main dans la mienne…

Mais l’adolescence, c’est aussi le moment où mon horizon s’est élargi, grâce à cette merveilleuse invention que sont les transports en commun. Avec cette émancipation, à moi les cinémas du centre-ville de Lyon, mon préféré à cette époque restant le Pathé, rue de la République. La taille et la démesure des salles m’ont marqué à jamais. J’ai pu y découvrir des perles telles que Starship Troopers, Dark City (certainement une de mes séances les plus marquantes, je me souviens être reste bouche bée devant les images hallucinantes qui défilaient sur l’écran), ou bien Scream (premier film interdit aux moins de 16 ans que j’ai pu voir au cinéma). Le Pathé a aussi servi de cadre à l’une des meilleures nuits cinéphiliques de mon existence : la nuit Bloody Heinz Horror Show. Imaginez donc une salle remplie de fous de cinéma d’horreur déchaînés, pour 3 heures de projection d’extraits de films cultes, de courts-métrages et de clips déjantés, avec des animations dans la salle-même, et en guise de cerise sur le gâteau, la projection exceptionnelle du Braindead de Peter Jackson… Une nuit d’autant plus exceptionnelle que l’opération n’a pas été renouvelée l’année suivante.
Dans les salles du centre-ville que j’ai assidûment fréquentées, il y a aussi eu les 8 Nefs, sorte de croisement entre le multiplexe et la salle de quartier. Caché dans une petite rue entre deux sex-shops, les 8 Nefs proposait des tarifs très attractifs pour les étudiants et lycéens, bien-sûr avec des salles de moins bonne qualité que celles du Pathé, mais vu le prix, on n’allait pas se plaindre. Et puis les 8 Nefs a en son sein une salle bien particulière qu’avec des amis nous avions surnommée la « salle cave à vin ». Pour y accéder, il faut descendre un escalier de pierre en colimaçon et lorsque l’on débarque, la surprise est de taille : la salle est plus longue que large et les murs sont en pierres de taille, le plafond en forme de voûte. Une salle étonnante avec une ambiance bien particulière dans laquelle j’ai vu deux films : le très sympa Relic de Peter Hyams et le fun Psycho Beach Party…

Et puis un jour, un nouveau multiplexe a été construit à Lyon, au cœur de la Cité Internationale : l’UGC Ciné Cité. Quatorze salles, un confort excellent et surtout un emplacement un peu à l’écart qui empêche la prolifération des insupportables bandes de jeunes qui mettent le boxon pendant les films. Je me souviens très bien du premier film que j’ai découvert là-bas, puisqu’à cause du relatif isolement du cinéma, le trajet pour s’y rendre en bus avec mes potes a été une petite épopée. Le film en question, c’était Alien Resurrection de Jean-Pierre Jeunet. Et si le film ne m’a pas totalement convaincu (mon préféré restant l’opus de David Fincher), la salle, elle, a immédiatement remporté mon adhésion. Du coup, même si je ne pouvais pas encore trop m’y rendre régulièrement, je me débrouillais pour passer là-bas toutes mes fêtes du ciné, à l’abri des queues phénoménales du centre-ville. Et lorsque j’ai enfin eu un véhicule, j’ai investi dans un abonnement UGC Illimité qui m’a permis de me gaver de cinéma pendant de nombreuses années, le plus souvent accompagné de ma chère et tendre, voire de mes amis. Le nirvana a été atteint il y a deux ans lorsque la Direction du cinéma a annoncé qu’afin de coller pleinement à la vocation cosmopolite de la Cité Internationale, le multiplexe n’allait plus passer que des films en VOST. Un vrai bonheur, surtout que la salle est à la fois très commerciale (avec diffusion des derniers blockbusters) mais promeut aussi une certaine ouverture d’esprit en diffusant des films moins connus ou plus exotiques (même si ce n’est parfois que pour une semaine)… Et puis ce ciné m’a permis d’assister à un certain nombre d’avant-premières, de voir en chair et en os certaines de mes idoles (Les Robin des Bois et Alain Chabat pour RRRrrr, David Cronenberg et Viggo Mortensen pour A History of Violence, Antoine de Caunes pour l’excellent Monsieur N., Jet Li pour Danny the Dog), le point culminant ayant été ma rencontre avec Alexandre Aja à l’occasion de l’avant-première de son remake de La Colline a des Yeux, rencontre dont je vous ai déjà parlé auparavant.
Mais qui dit carte UGC Illimitée dit aussi nombreuses autres salles à découvrir, surtout que Lyon a compté jusqu'à cinq cinémas UGC. Personnellement, je préférais éviter les deux UGC Part-Dieu, vieilles salles datant des années 70, ne diffusant que des films en VF, et fréquentées par des racailles (du genre je téléphone pendant le film, j’emmène mon pack de 6, je rigole aux moments dramatiques…). Je n’allais dans ces salles que lorsque certains films d’horreur que je voulais voir ne passaient que là-bas (qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sa passion !). Néanmoins, je garde des souvenirs assez émus de certaines séances dans ces cinémas (Ainsi va la Vie, Mary a tout Prix, Tigre et Dragon) parce que j’étais accompagné d’une certaine demoiselle qui va bientôt devenir ma femme… Et puis il y avait aussi l’UGC Comoedia, site historique de Lyon, avec sa grande salle à balcon, ses films en VO… Malheureusement, il a fermé il y a quelques années, n’étant pas assez rentable. J’ai tout de même eu le temps d’y découvrir mon premier Park Chan Wook avant qu’il ne soit à la mode (Sympathy for Mister Vengeance), Dark Water de Hideo Nakata ou bien encore Bienvenue a Collinwood… Il parait que ce cinéma a été racheté par deux passionnés qui l’ont rouvert il y a quelques mois…

Voilà pour ce petit tour d’horizon non exhaustif de ces salles qui ont bercé ma cinéphilie. Bien-sûr j’en ai zappé un certain nombre, mais j’espère vous avoir donné envie de repenser de votre côté à ces endroits magiques, lieux de plaisir tellement particuliers et je vous remercie de m’avoir lu si vous êtes parvenus jusque-là…
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait de critique spéciale nanar, faute de matériau adéquat. Et finalement, ça me manquait presque. Heureusement pour moi, un grand vide vient d’être comblé grâce à cet inénarrable morceau de péloche qu’est Le Repaire du Ver blanc, tourné en 1990 par Ken Russell. Alors de quoi ça parle ? Le film commence en nous présentant l’un des héros, un jeune étudiant en archéologie qui s’amuse à faire des trous dans le jardin de la pension de famille dans laquelle il loge. Pas génial comme attitude, mais ça n’a pas l’air de déranger les deux soeurs qui tiennent la pension en question (qui d’ailleurs n’a pas d’autre pensionnaire). Notre vigoureux héros, à force de creuser, finit par trouver un crâne de bestiole non identifiée, probablement un dinosaure. Et là, le spectateur attentif et un tant soit peu intelligent se dira « Mais non, c’est un crâne de ver blanc géant, ils le disent dans le titre ». Et bien non, détrompez-vous, mes amis ! Car il n’est point question de vers ici mais bien de serpents ! En effet, le traducteur du titre devait soit être bourré soit ne pas avoir vu le film, car il n’y a ici pas l’ombre d’un ver (en fait, on me signale que le film est tiré d'un livre de Bram Stoker portant ce titre...). Mais revenons à nos moutons.

Le film démarre donc de façon plutôt classique, arrivant même presque à faire illusion pendant un quart d’heure, malgré des dialogues assez stupides il faut bien l’avouer. Mais le spectateur indulgent que je suis a tenté en premier lieu de se convaincre que si le tout n’est pas génial c’est à cause d’un doublage français plutôt exécrable, tous les doubleurs en faisant des tonnes et surjouant avec enthousiasme. Et puis quand même, il y a Hugh Grant dans le film, alors c’est un gage de qualité (un minimum). Mais c’est alors qu’entre en scène la méchante du film (brrrr !), l’affreuse Lady Sylvia Marsh, incarnée avec un peu trop de conviction par l’hypnotique Amanda Donohoe. Et là, il devient difficile de tout mettre sur le dos du doublage, tant la vilaine se la joue « Regardez, je suis une femme fatale, vénéneuse et dangereuse », enchaînant les monologues ridicules pour bien nous faire comprendre à quel point elle est démoniaque. Et en plus, elle tue même un scout en le mordant sur le pénis, si c’est pas le summum du vice, ça ! Et c’est à partir de ce moment-là que le film bascule définitivement dans le domaine du nanar, pour la plus grande joie de l’amateur.
Pour résumer brièvement, l’affreuse Lady Sylvia est la dernière prêtresse d’un culte païen datant de l’empire romain voué au dieu Dioninae (ou Dioniné, enfin un truc comme ça, quoi). Et évidemment, elle veut ramener ce dieu sur terre, surtout qu’il a été autrefois vaincu par l’ancêtre de Lord James d’Ampton (Hugh Grant). Et pour ça, elle a besoin de sacrifier une vierge (logique). Heureusement pour elle, la jeune Eve Trent (une des deux tenancières de la pension de famille) est toujours pucelle (comme c’est pratique !). Enfin bon, sauf qu’a priori les scénaristes se sont un peu embrouillés, et la Lady ne sait pas trop ce qu’elle veut, vu qu’au début elle parait se contenter d’un pauvre scout qui passait par là pour réveiller son dieu. D’ailleurs on finit par s’y perdre un peu, puisque le spectateur possédant un tant soit peu de cervelle aura deviné très vite que le dieu en question c’est le crâne trouvé lors des fouilles. Sauf que ben en fait non pas trop, vu que dans la scène de sacrifice finale, il y a bien un vrai serpent géant et que le pauvre crâne ne sert qu’à décorer. Mais là je m’emballe un peu, parce qu’il se passe quand même plein de choses avant ce climax décisif.

Tout d’abord, les héros font des rêves prémonitoires. Oui, ben c’est plutôt logique dans ce genre de film, me direz-vous. Sauf que les rêves en question sont plutôt du genre cochon. La pauvre Eve rêve qu’elle est crucifiée et prête à être sacrifiée par des nonnes ( ?), mais à ce moment des soldats romains débarquent et violent tout le monde (re ?). Quant à ce cher Hugh Grant, cette histoire de serpent l’a tellement émoustillé qu’il rêve qu’il est à bord d’un avion, encadré par les trois femmes du film déguisées en hôtesses de l’air (avec bas et portes-jarretelles) et que celles-ci finissent par faire du catch pour son plus grand plaisir. Quel coquin ce Hugh !

Une fois que la jeune Eve se fait enlever par la méchante, les héros décident de la récupérer (normal). Et c’est alors qu’arrive une des meilleures scènes du film. Pour attirer la vilaine duchesse hors de chez elle, Lord d’Ampton a la fabuleuse idée de disposer des hauts-parleurs géants sur le toit de son château (enfin, des hauts-parleurs normaux sur la maquette du château) et de diffuser en boucle de la musique de charmeurs de serpents. Evidemment, ça marche et la méchante sort de son panier à serpent (!) pour se diriger vers l’origine du son, non sans se déhancher de façon ridicule pour faire le serpent… Culte, je vous dis !

Mais comme elle finit par voler le disque en question (oh la vilaine !), le second héros (mais si, vous savez, l’archéologue amateur) est obligé de tenter de charmer les gens-serpents (parce qu’entre-temps la vilaine en a contaminé d’autres) avec… une cornemuse ! Ah oui, j’ai oublié de vous dire que ça se passe en Ecosse ! Notre fringuant héros s’amène donc en kilt (parce que non Monsieur, on ne peut pas jouer de la cornemuse si on n'a pas toute la tenue) et arrive à charmer un des sbires de la méchante et à l’éliminer. Ensuite, il jette une mangouste dans le château pour repérer le chemin à suivre, mais se fait choper par Lady Sylvia qui avait utilisé la protection ultime : les boules quies !

C’est alors qu’arrive le grand final, dans son magnifique décor de carton-pâte, au cours duquel la méchante, armée d'un énorme gode-ceinture (non, vous ne rêvez pas!) tente de sacrifier la jolie Eve (mais en lui laissant ses sous-vêtements, quand même) à son pote le serpent. Bien sûr, grâce à notre ami le joueur de cornemuse, la belle sera sauvée, la méchante boulottée et le serpent bouffera une grenade. Et le plus drôle c’est que pendant ce temps, le beau Hugh est en train de crapahuter dans des grottes avec un gaz toxique et une équipe de gros bras pour tenter d’éliminer la bestiole, ce qui ne servira finalement à rien du tout…
Le film se terminera sur une fin ouverte, puisque le pauvre archéologue apprendra au téléphone que l’antivenin qu’il s’est injecté pour se protéger de la morsure de la Lady n’est en fait efficace que sur les piqûres d’insectes !
Une ultime pirouette qui achève de placer le film dans le haut du panier de ma liste de nanars à découvrir !
Je tiens à préciser que toutes les images de cet article sont tirées de l'excellent site Nanarland dont je ne peux que recommander l'article sur ce film.
Après une seconde saison exceptionnelle, largement supérieure à la première et qui se terminait sur un cliffhanger des plus alléchants, la saison 3 était attendue avec pas mal d’impatience. Les deux derniers épisodes de la saison précédente commençaient enfin à livrer certaines clés, tout en préservant suffisamment de zones d’ombre pour pouvoir alimenter la suite sans trop frustrer le spectateur. On ne pouvait qu’espérer que la saison 3 allait continuer sur cette lancée. Malheureusement, cette nouvelle fournée s’avère plutôt décevante à plusieurs égards…
Les créateurs de la série l’avaient promis, cette saison serait celle des « Autres ». On en apprend donc beaucoup plus sur les mystérieux occupants de l’île, d’où ils viennent, ce qu’ils font (en partie), comment ils sont organisés. Bref, de nombreuses informations sont délivrées, même si pour la plupart elles s’avèrent au final plutôt peu fondamentales. En fait, le gros problème, c’est que chaque nouvelle révélation apporte avec elle dix nouvelles questions. Ainsi on apprend que les Autres sont des employés d’une mystérieuse compagnie, mais on ne connaît toujours pas leur but, surtout qu’ils semblent être dirigés par un leader littéralement invisible, un certain Jacob. Bref, même si on progresse un peu dans la connaissance de cette mystérieuse communauté, les scénaristes se gardent bien de révéler la moindre information vraiment cruciale.

Et il en est de même pour toute la saison. Tout juste obtient-on quelques os à ronger, comme la raison de la paralysie de Locke (pas trop tôt) ou l’identité de l’escroc qui a arnaqué les parents de Sawyer (gros retournement plutôt pas mal trouvé pour le coup). Bref, on piétine pas mal et certains arcs précédemment abordés sont purement abandonnés (la balise déclenchée en fin de saison 2 par l’explosion du bunker, ou la statue à 4 orteils). Malgré tout, certains autres points noirs sont éclaircis, notamment la raison de l’enlèvement de Claire. La seule vraie avancée c’est que cette fois le show bascule ouvertement dans le fantastique sans faire miroiter une quelconque explication rationnelle aux événements survenant sur l’île. Une prise de position franche mais qu’on espère ne pas être seulement un moyen de se débarrasser d’arcs gênants…
Alors on se dit que les scénaristes vont se rattraper sur le développement des personnages. Mais là encore, on piétine sérieusement. Locke fait son Locke (je pense qu’à ma pomme et je suis obsédé par l’île), Sawyer joue le méchant quand même sympa, Kate ne sait toujours pas qui choisir et Jack joue au leader qui fait confiance à tout le monde. Seuls deux des anciens personnages ont vraiment droit à un vrai traitement : Charlie et Desmond. Le premier reprend de l’importance lorsqu’il apprend qu’il a une épée de Damocles pendue au-dessus de la tête et finira par accepter son destin dans un final émouvant (mais aussi un peu stupide, au vu de sa réaction). Le deuxième se taille la part du lion avec un des meilleurs épisodes de la série, le déchirant Flashes before your Eyes (3x08). Un épisode très émouvant et très sadique envers le personnage, puisque suite à l’explosion du bunker, il sera renvoyé dans le passé et obligé de revivre sa rupture avec l’amour de sa vie, pour le bien de l’humanité. Un épisode très fort représentant ce que la série peut proposer de mieux.
Pour trouver des personnages intéressants, il faut se tourner vers les nouveaux venus. Tout d’abord Ben, le leader des Autres (qui s’est présenté dans la saison précédente sous le pseudonyme d’Henry Gale), incarné par un Michael Emerson totalement habité. Un personnage passionnant, aussi détestable que pitoyable dans sa volonté de garder tout le monde sur l’île. Il y a ensuite Juliet, incarnée par la charmante Elizabeth Mitchell au regard hypnotique. Un personnage ambigu qui apporte pas mal de fraîcheur et de suspense au show.
Ainsi, malgré un rythme assez soutenu, cette saison déçoit par son manque de rigueur. Pour le coup on a vraiment l’impression que les scénaristes tentent de rallonger la sauce artificiellement et se perdent dans leurs multiples intrigues. Mais le final plutôt surprenant relance quelque peu l’intérêt et l’annonce du nombre de saisons restant (3 saisons de 16 épisodes) permettent d’espérer un rattrapage l’année prochaine. En tout cas, moi j’y crois…
Note : 6.5/10
Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent de Tim Story
Résumé : En pleine préparation du mariage de Reed Richards et de Sue Storm, les 4 Fantastiques apprennent que de curieux dérèglements climatiques se produisent à la surface de la planète. Ils découvrent que le Surfer d’Argent vient de débarquer sur Terre, préparant le terrain pour l’arrivée de son maître, Galactus, le dévoreur de planètes. Et comme si cela ne suffisait pas, le Docteur Fatalis a été réveillé par l’arrivée du Surfer…

Personnellement, je n’attendais pas vraiment grand-chose de cette deuxième aventure des 4 Fantastiques. Le premier volet était certes sympathique, mais pas franchement transcendant et rapidement oublié. En fait, seule la perspective de voir le Surfer d’Argent en action me motivait quelque peu à voir cette suite…
Au final, le film est légèrement en dessous du premier. La formule reste la même : un côté kitsch assez prononcé (les costumes de la Chose et du Docteur Fatalis sont toujours aussi ridicules) contrebalancé par un humour constant (sauf que là les blagues font un peu moins mouche). Mais le problème vient de l’ampleur de l’histoire à raconter et de la menace qui pèse sur la Terre. Parce que raconter l’arrivée du Surfer d’Argent et de Galactus, ce n’est pas rien, et c’est peut-être un peu trop pour les frêles épaules de Tim Story. Le réalisateur tente bien de faire basculer le film vers un côté plus sombre dans sa deuxième moitié, mais on a du mal à y croire. D’abord parce que tout semble trop facile. Johnny se fait laminer par le Surfer, et puis en 10 minutes Reed comprend comment battre l’alien, et invente une machine destinée à cet usage. Ensuite, on traverse la moitié de la planète en moins de 3h et on emballe le tout. Bref, si la super intelligence de Reed Richards peut passer dans la BD, ici on a du mal à avaler la pilule. Alors on se dit qu’on va se rattraper sur les personnages, mais là non plus, ce n’est pas vraiment convainquant. Entre un mariage dont tout le monde se contrefout (les principaux concernés en premier, voir la scène finale), les déboires amoureux de Johnny (« oh oui, moi aussi j’aimerais trouver l’amuuuur ! ») ou les problèmes de la Chose (ah ben non, en fait le personnage est encore moins développé). En plus, on nous assène une fois de plus le message de Spider-Man (« de grands pouvoirs…bla bla bla »). Alors on attend les scènes d’action et les moments de bravoures. Mais là encore, on ne change pas la formule du premier. Outre la poursuite entre la Torche et le Surfer que tout le monde a vu 50 fois dans la bande-annonce, on a un sauvetage de grande roue (wow, trop la classe !) et une petite poursuite/baston à la fin. Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et comme les SFX ne sont pas super top non plus, mis à part un Surfer très crédible et un Galactus pas mal (on a de la chance, on évite le gros bonhomme qui vient manger la planète), on se dit que décidément, le film manque sacrément d’ambition.
Mais curieusement, le tout passe correctement, même si on se dit qu’on aurait pu avoir tellement mieux, avec un peu plus de couilles…
Note : 5/10
Résumé : L’avenir est plus qu’incertain... Depuis que le cruel chef de la compagnie des Indes a pris le contrôle de Davy Jones et de son Hollandais Volant, il utilise le mythique bateau pour éliminer sans pitié les pirates. La seule chance de cette confrérie est de rompre une ancienne malédiction ayant emprisonné la déesse Calypso dans un corps humain. Mais pour cela, ils ont besoin de Jack Sparrow, malheureusement emporté par le Kraken…

Bon, vous le savez déjà tous, je trouve les deux premiers volets de Pirates des Caraïbes exécrables. Le premier est niais, long et mou, avec un Johnny Depp en roue libre absolument insupportable, et le second a les mêmes défauts auxquels s’ajoutent des scènes d’action filmées avec les pieds et des incohérences monstrueuses. Donc évidemment, pour moi la sortie du troisième opus était plus un non-événement qu’autre chose, surtout au vu des premières critiques. Mais la bande-annonce alléchante et l’envie de tout de même connaître la fin de l’histoire m’ont finalement poussé à aller me faire un avis par moi-même (malgré quelques déboires à cause de salles blindées). Et là, ça me fait presque mal de l’avouer, mais j’ai plutôt bien aimé ce qui m’était proposé… Je n’arrive toujours pas à comprendre, mais ce dernier opus est très sympa, à croire que Verbinski a tenté de corriger les erreurs faites sur les deux premiers. Certes, tout n’est pas parfait, mais l’évolution est sacrément palpable et fait plaisir à voir.
Déjà, le film s’ouvre sur une scène d’une noirceur peu commune, avec les exécutions en chaîne des pirates, dont un enfant. Un prologue magnifique et mélancolique qui met immédiatement dans le bain. Et la suite ne déçoit (presque) pas. Le film comporte beaucoup moins d’humour lourdingue que les deux autres et arrive même à faire rire parfois, sans ridiculiser son sujet ou ses personnages, et ça c’est franchement un énorme progrès.
Peut-être aussi que le film est meilleur parce que les personnages sont mieux exploités et que Johnny Depp apparaît moins. Déjà, la première demi-heure pendant laquelle il est totalement absent est une vraie bouffée d’oxygène, permettant enfin de se concentrer sur d’autres personnages, notamment celui de Barbossa, que personnellement j’ai toujours trouvé plus sympathique que J’ack Sparrow et ses mimiques insupportables. Donc deuxième bon point : moins de Sparrow, plus de Barbossa. Plus de Will Turner et d’Elisabeth Swan aussi, qui acquièrent enfin un vrai statut et ne servent plus seulement de faire-valoir à Jack Sparrow. On croit enfin à leur histoire d’amour et la scène du mariage en plein combat ajoute une dose de romantisme épique comme on n'en a plus vu depuis longtemps. Et le final en demi-teinte fera presque verser une larme au spectateur.
Troisième amélioration : un meilleur rythme. Là où les deux premiers films traînaient lamentablement en longueur au milieu à coups de dialogues lénifiants et inutiles, celui-ci préfère les retournements de situation incessants, tout le monde trahaïssant tout le monde. Cette valse des trahisons n’est d’ailleurs pas sans évoquer les westerns de Sergio Leone, que Verbinski cite d’ailleurs ouvertement lors de la scène de rencontre avant la bataille finale. On croirait les personnages prêts pour un duel aux colts, et la musique, très proche de celle d’Et pour quelques Dollars de plus, ne fait que renforcer cette impression.
Quatrième bon point : Verbinski a enfin appris à filmer des scènes d’action. Que ce soit la bataille à Singapour du début ou la phénoménale bataille navale finale, il y a un fossé hallucinant entre ce que l’on voit ici à l’écran et la minable baston sur la roue à aube du deuxième film. C’est à se demander si on a bien le même réalisateur aux commandes. Pour en revenir à la bataille finale, c’est vraiment un morceau de bravoure totalement jouissif, et possédant pour une fois un vrai souffle épique. On tremble pour les personnages, on rit, on est soufflé par ce qui se passe, bref, on ressent quelque chose.
Bon, bien entendu, tout n’est pas parfait. Le scénario est pratiquement décalqué sur celui du Retour du Jedi (comme celui du 2 l’était sur celui de L’Empire contre-attaque), le climax sur la libération de Calypso est un énorme flop (Verbinski tentant de nous faire un remake de L’Attaque de la Femme de 50 Pieds), la confrérie des pirates ne sert finalement strictement à rien (vu qu’en fait seuls deux bateaux sont impliqués dans la bataille finale), Chow Yun-Fat est sous exploité, Depp est toujours agaçant (mais il se retient quand même pas mal) et on ne sait pas où est passé le Kraken (à moins que ça soit la grosse baleine échouée qu’ils trouvent à un moment, mais j’avoue que j’ai pas compris les dialogues à ce moment-là).
Reste que malgré ces quelques défauts, ce troisième épisode arrive enfin à atteindre son but : divertir le spectateur sans l’ennuyer et sans le prendre pour un con pendant presque trois heures.
Note : 7/10
Résumé : De retour d’une fête de famille, un jeune couple en instance de divorce se retrouve en panne de voiture au milieu de nulle part après avoir pris un raccourci hasardeux. Ils n’ont pas d’autre choix que de passer la nuit dans le seul motel du coin en espérant pouvoir faire réparer leur véhicule le lendemain matin. Manque de bol, leur chambre est truffée de caméras cachées prêtes à filmer leurs meurtres pour un réseau de snuff…

Avec Vacancy, Nimrod Antal (inconnu au bataillon pour ma part) signe un film classique à tous les points de vue : classique dans son déroulement, dans ses personnages (le couple en instance de divorce suite à la perte de leur enfant), dans sa façon de filmer. Donc bien évidemment, l’amateur éclairé n’aura absolument aucun mal à deviner le déroulement des événements, tant le tout a déjà été vu et revu. Mais alors, quel est l’intérêt du film, me direz-vous ? A vrai dire, même si le film est extrêmement classique, il faut avouer qu’il est plutôt efficace et rondement mené. La première partie, entre autres, jusqu’à ce que le couple réussisse à sortir de la chambre, est assez tendue, grâce à une utilisation savante du huis clos et des zones d’ombre de la chambre. En effet, avant de trucider leurs victimes, les agresseurs prennent le temps de les effrayer, en tapant bruyamment sur la porte ou sur les murs, en les laissant regarder les vidéos des meurtres de leurs précédentes victimes… Bref, la sauce monte bien, même si la suite déçoit un peu, tombant dans les clichés : la femme passe son temps à pleurer et à hurler (pauvre Kate Beckinsale, encore une fois sous-exploitée…), on a droit à l’habituel cliché du flic venu patrouiller qui se fait trucider en tentant de sauver les héros. Seule réjouissance au tableau, la mort présumée de l’un des deux personnages 10 minutes avant la fin, malheureusement flinguée par un happy-end à gerber et pas crédible du tout.
En bref, on passe un assez bon moment, mais il est clair que de par son sujet ultra rebattu et sa fin niaise, le film ne restera pas dans les annales…
Note : 6/10
Résumé : Cela fait maintenant 8 ans que la femme d’Alexandre, Margot, a été sauvagement assassinée par un tueur en série. Le coupable a été arrêté et condamné, mais Alexandre ne s’en est toujours pas remis, rompant le contact avec sa famille et ses amis. Mais le passé refait brutalement surface lorsque le jour du huitième anniversaire de la mort de Margot, Alexandre reçoit un email semblant provenir de la défunte. Alexandre va alors se lancer dans une quête éperdue pour découvrir la vérité et peut-être retrouver celle qu’il aime…

Hasard des programmations, c’est au moment où le dernier film de Guillaume Canet sort en DVD en France qu’il débarque au Royaume-Uni. Ça tombe bien, les films français sont rares ici et celui-ci me tentait particulièrement lors de sa sortie… Après un premier film très réussi (le caustique Mon Idole), Guillaume Canet repasse donc derrière la caméra pour mettre en scène un thriller adapté d’un roman d’Harlan Cobden, un des nouveaux maîtres américains du suspens. A première vue, on pouvait se demander si la transposition d’un roman américain en France serait crédible, mais force est de constater que le tout passe parfaitement bien. Guillaume Canet impose sans effort un rythme typique du thriller américain, mais sans sacrifier les personnages pour autant. Ainsi, le film prend son temps, et ce qu’il perd un peu en rythme (il aurait peut-être fallu dégraisser un peu de 15-20 minutes), il le gagne en profondeur psychologique. L’histoire d’amour est ainsi parfaitement crédible (ce qui est rare dans ce genre de films) et on ne peut s’empêcher de vouloir que notre héros arrive au bout de sa quête. Il suffit de voir la scène du cybercafé, renforcée par l’interprétation impeccable de Cluzet et la magnifique chanson « With or without you » de U2 pour se convaincre de la réussite du réalisateur. Le casting est lui aussi au diapason, porté par un François Cluzet touchant et pugnace, secondé par le gratin du cinéma français. Berléand joue à son habitude le flic désabusé mais fouineur, mais il le fait toujours aussi bien, Kristin Scott-Thomas illumine l’écran à chacune de ses apparitions, Dussolier impose son charisme tranquille, et Canet s’est réservé un rôle très court mais central dans la résolution de l’énigme.
On pourra à la limite chipoter sur certaines petites incohérences dans l’histoire, deux-trois points peu crédibles, mais on ne va pas bouder son plaisir devant ce vrai bon thriller à la française, beaucoup plus convaincant qu’un certain Les rivières pourpres.
Note : 8/10
Résumé : Lorsque leur vieil ami Reuben est victime d’une attaque cardiaque après s’être fait rouler par le magnat hôtelier Willie Bank, la bande d’Ocean se réunit de nouveau. Leur but : ruiner la soirée de lancement du nouvel hôtel-casino de Bank pour venger leur ami…

On le sait, depuis quelques années, Steven Soderbergh navigue entre les grosses productions hollywoodiennes et les projets plus intimes et expérimentaux, les studios lui laissant le champ libre grâce au succès des premiers. La série des Ocean fait partie de la première catégorie. C’est ainsi qu’après un premier opus classe et au casting hallucinant, un deuxième épisode au casting toujours aussi alléchant mais au scénario portnawak et qui se foutait ouvertement de la gueule du spectateur (cf le twist final), Soderbergh nous refait une troisième fois le coup du casse du siècle.
Et c’est encore une fois une vengeance qui sert de déclencheur à l’intrigue. Après le casse pour se venger du type qui a piqué la copine du héros, le casse pour éviter de se faire latter par le même type qui aimerait bien se venger de l’humiliation subite, voici le casse pour se venger du type qui a fait du mal au copain (mais cette fois c’est pas le même type). En l’occurrence, ce coup-ci, le méchant n’est pas Terry Benedicte (toujours joué par Andy Garcia), mais Willie Bank, un autre vilain propriétaire de casino, campé visiblement avec beaucoup de plaisir par un Al Pacino qui cabotine à mort (mais dans le bon sens). Et d’ailleurs, ce cher Al finit par éclipser totalement ses partenaires, qui ont l’air légèrement fatigués de se retrouver encore là, Clooney en particulier. Certes, tous les acteurs dispensent leur dose de classe avec professionnalisme, mais on a l’impression que le charme n’opère plus, que la magie n’est plus là. Peut-être parce que Julia Roberts et Catherine Zeta-Jones ont passé leur tour, ce qui peut bien évidemment influer sur le moral des troupes…
Mais malgré ce léger essoufflement, le film reste un blockbuster haut de gamme, sans toutefois trop se mouiller. Soderbergh a bien retenu la leçon du précédent épisode et est cette fois armé d’un scénario qui tient la route et évite la plupart du temps les retournements de situation foireux pour réussir à sortir les personnages du pétrin. L’intrigue, très linéaire, se rapproche beaucoup de celle du premier épisode, même si ici le plan est beaucoup plus ambitieux et original. Car il ne s’agit pas tant de dérober son argent au vilain Willie Bank que de ternir sa réputation, en faisant gagner le plus de joueurs possible, ou en l’empêchant d’obtenir la distinction tant convoitée des cinq diamants pour son hôtel. L’équipe ne s’attaque donc pas à un « simple » coffre-fort, mais aux jeux du casino eux-mêmes afin de ruiner Bank. Toute la première partie du film est donc consacrée à la préparation du plan, et la dernière demi-heure à son exécution, moment jouissif s’il en est.
Autre point positif, l’utilisation des différents membres de l’équipe est beaucoup plus équilibrée, chacun héritant de son morceau de bravoure. D’ailleurs, les membres secondaires deviennent ici plus intéressants que les personnages de Clooney et Pitt qui font plus de la figuration qu’autre chose. On retiendra particulièrement un très marrant passage de Casey Affleck au Mexique ou bien une scène de séduction hilarante entre Matt Damon (affublé d’un affreux nez crochu) et une Ellen Barkin déchaînée.
Bref, si on sent que le soufflé commence à retomber, Ocean’s 13 est un divertissement tout à fait fréquentable, beaucoup plus convainquant que son exécrable prédécesseur…
Note : 7/10
Alors voilà, je viens de me regarder les 4 premiers épisodes de la nouvelle série de Tim Minear (Firefly, Angel) qui a malheureusement été une fois de plus interrompue par la chaîne Fox. Pourtant la série débutait vraiment bien, avec un pitch prometteur (une course de voiture secrète et illégale à travers les Etats-Unis), de bons acteurs (Nathan Fillion entre autres) et une réalisation plus qu'efficace. Le pilote était hallucinant de maîtrise, présentant une dizaine de personnages différents, tout en étant chargé en courses-poursuites en tous genres, sublimées par une réalisation fluide et dynamique. Bref, un modèle du genre. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi la série n'a pas marché, les 3 épisodes suivants étant tout aussi passionnants que le pilote. J'attends donc le 4 juillet avec impatience, puisque Fox va diffuser ce jour-là les 2 derniers épisodes du show.

En tout cas, un gros bouh pour cette chaîne et toutes les autres qui se permettent d'annuler des séries en si peu de temps, tuant dans l'oeuf de nombreuses perles télévisuelles, comme Firefly ou Harsh Realm.
La saison 5 avait promis beaucoup, à la fois au niveau du développement des personnages (Lex qui commençait enfin à vraiment partir du côté obscur, Lana lassée des secrets de Clark qui décidait de rejoindre Lex…) qu’au niveau des intrigues (apparition de Brainiac, de Zod, d’Aquaman, présentation de la zone fantôme). L’haletant cliffhanger de fin de saison ajoutait une énorme pierre à l’édifice et donnait furieusement envie de découvrir la nouvelle saison. Avec Lex possédé par Zod et Clark banni dans la zone fantôme, le tout saupoudré d’une atmosphère de fin du monde, on pouvait s’attendre à une saison 6 riche en émotions et en nouveautés. Et en effet, cette saison remplit son cahier des charges, ou du moins en partie…
Le début de la saison est en effet assez mauvais, le show se fourvoyant dans ses travers habituels : méchants surpuissants expédiés en deux kicks par Clark, intrigues complexes résolues en trois coups de cuillère à pot, facilités scénaristiques agaçantes (Chloé et son sempiternel Google qui lui permet de tout faire : accéder à des sites ultraprotégés, analyser n’importe quel ADN extraterrestre…), bref, le « syndrôme Smallville » (oui, c’est moi qui l’ai inventé) dans toute sa splendeur…

Le premier épisode de la saison est à cet égard particulièrement frustrant. En gros, on nous sort un « tiens, y’a une sortie de secours à la zone fantôme, c’est pratique, hein » pour ramener Clark, et bien évidemment il trouve un artefact surpuissant qui lui permet de réexpédier Zod en cinq secondes de là où il vient, et l’âme de Lex qui était censée avoir été consumée lors de la prise de possession de son corps ne l’a pas été. En clair, un épisode très énervant et de mauvaise augure pour la suite. Une suite qui repart aux bases de la série, avec le meteorfreak de la semaine, ce qui commence légèrement à lasser. Heureusement, les scénaristes ont la bonne idée d’introduire de nouveaux personnages de la galaxie DC, comme Jimmy Olsen (qui a le même âge que Clark, ce qui n’est pas top logique, mais passons) et surtout Oliver Queen, alias Green Arrow. Un personnage intéressant, très proche de Batman (il s’agit aussi d’un milliardaire qui se prend pour un justicier avec plein de gadgets) et qui s’avère moins lisse et mou que Clark. Le point culminant de cette sous-intrigue est atteint vers le milieu de saison, dans le génial épisode Justice, peut-être le meilleur épisode de la série, montrant la formation d’un début de Justice League, composée de Clark, Green Arrow, Flash, Aquaman et le Cyborg. Un épisode qui tient enfin toutes ses promesses, avec des actes héroïques variés, de bonnes bastons et une bonne exploitation de tous les personnages. Un vrai bonheur. En dehors de cet épisode, on notera aussi un amusant épisode en noir et blanc, hommage aux films noirs des années 30, dans lequel les acteurs s’amusent visiblement comme des petits fous.

Mais c’est à partir du milieu de saison que celle-ci prend enfin vraiment son envol, présentant deux intrigues principales ambitieuses : le basculement définitif de Lex du côté obscur (celui-ci tentant de se créer une super-armée en utilisant l’ADN des meteorfreaks) et la capture/élimination des prisonniers échappés de la zone fantôme en même temps que Clark. Cette deuxième intrigue passera néanmoins un peu au second plan, tant cette saison est centrée sur Lex Luthor (ce qui est loin d’être un mal). Celui-ci, malgré l’amour de Lana, devient en effet ici de plus en plus le génie du mal absolu, n’ayant aucun respect pour les lois ou la vie humaine. Bref, on s’approche définitivement de la nemesis de Clark.
La relation Clark/Lana prend elle aussi un tout nouvel essor suite à la rupture entre les deux personnages et à l’emménagement de Lana chez Lex. Un bon moyen d’accentuer les tensions entre les deux ennemis. Et puis au bout de 5 ans et demi, Lana découvre enfin le secret de Clark, ce qui laisse augurer de nouveaux bouleversements pour la saison 7.
Une saison 7 qui sera paraît-il la dernière de Michael Rosenbaum, et devrait sacrer définitivement Lex génie du mal. Le cliffhanger de fin de saison est quant à lui correct même si moins enthousiasmant que le précédent, tentant de nous faire croire à la mort de plusieurs personnages, sans vraiment convaincre.
Au final, une saison en demi-teinte, qui montre un show en train de s’essouffler par certains côtés, gangrené par ses énervants tics, mais qui sait aussi retrouver l’intérêt des spectateurs en se rapprochant de plus en plus de la mythologie de Superman telle qu’on la connaît.
Note : 7/10
Les Rivières pourpres 2 - Les Anges de l'Apocalypse d’Olivier Dahan
Extrait de conversation entre Luc Besson et Olivier Dahan, avant le tournage des Rivières pourpres 2.
« - Salut mon p’tit Olivier, je t’en prie, assied-toi.
- Merci M. Besson.
- Appelle-moi Luc. Bon, alors voilà. Si je t’ai fait venir aujourd’hui, c’est que j’ai un projet à te proposer. J’aimerais que tu réalises la suite des Rivières pourpres. Qu’est-ce que tu en penses ?
- Euh, merci beaucoup, M. Bess… Luc, mais j’ai une question : comment faire une suite au film de Kassovitz alors que l’intrigue est bouclée, et que tous les méchants sont morts ?
- Mais t’inquiète pas pour ça, je t’ai pondu un scénar du tonnerre, j’avais plein de supers idées. Je t’explique en deux mots, mais pas besoin de me dire que je suis génial : ça va être l’histoire de nazis allemands déguisés en moines et qui assassinent des gens déguisés en apôtres. C’est pas mortel ça ?
- Euh oui, peut-être, mais je vois pas trop le rapport avec Les Rivières pourpres…
- Te fais pas de mouron pour ça. On va faire le même déroulement que pour le premier : deux enquêtes différentes qui se rejoignent, avec d’un côté le vieux briscard et de l’autre le jeune chien fou qui fait du karaté. Reno a déjà signé, de toute façon il signe pour tout et n’importe quoi en ce moment, mais par contre Cassel était pas chaud, alors j’ai embauché le p’tit Magimel pour le remplacer. En plus c’est tout bénef, il est encore jeune et coûte pas trop cher. Alors, ça te dit ?
- Ouais, pourquoi pas. Mais vous avez pas peur que les gens trouvent ça bizarre comme histoire ? Et puis le coup des méchants allemands, vous l’avez déjà fait dans Taxi…
- Ouais, ok, mais t’inquiète, on va noyer le poisson avec des super scènes d’action. Parce que je t’ai pas dit le meilleur : en fait, les moines, ils pratiquent les arts martiaux et ils sont presque invincibles, comme ça ça rajoute à l’ambiance mystérieuse et ça peut faire des cascades de ouf.
- Wow, cool, mais comment vous allez justifier ça dans le scénario ?
- Facile, on n’aura qu’à dire qu’ils prennent une drogue indétectable qui les empêche de ressentir la douleur. En plus, j’ai déjà réussi à débaucher Christopher Lee pour jouer le chef des méchants.
- Christopher Lee ?! Mais il est pas Allemand.
- Je sais bien, mais c’est pas grave, il a besoin de fric. Il a déjà claqué toute la tune amassée sur Le Seigneur des Anneaux. Et puis tu sais bien que le public auquel je m’adresse n’y connaît rien de toute façon.
- Ok, bon et sinon, qu’est-ce que vous attendez de moi exactement ?
- Et bien c’est simple, mon petit Olivier. Tu m’emballes ça correctement, que ça soit bien joli et que ça fasse américain. T’as qu’à recopier ce qu’a fait Kassovitz… Alors, tu signes ?
- Oui, je suis partant, Luc. »

Je caricature bien évidemment, mais au vu de la chose, je me demande si je suis si loin de la réalité que ça, tellement ce film est navrant de stupidité. Il est beau, et plutôt pas mal réalisé, mais vraiment débile. Comme d’habitude chez Besson, les flics sont des arriérés mentaux, les raccourcis scénaristiques sont légion (du genre les héros attendent les 20 dernières minutes du film pour enfin enquêter dans le monastère du début, alors qu’il est clair que les moines tueurs viennent de là), et les blagues racistes et xénophobes pullulent (évidemment, les Allemands sont tous des nazis, surtout les membres du gouvernement). Bref, on ne change (malheureusement) pas une formule qui marche…
Note : 3/10 (pour les belles images)
Résumé : en vacances au Brésil, un groupe de touristes découvrent une plage magnifique à l’écart des coins connus. Après une soirée particulièrement arrosée, le réveil est plus que brutal : ils ont été drogués et on leur a volé toutes leurs possessions. Mais malheureusement pour eux, ce n’est que le début du cauchemar.

Anciennement baptisé Turistas, le nouveau film de John Stockwell (Bleu d’Enfer) hante la toile depuis un petit moment, avec une bande-annonce assez alléchante. Mais le résultat final est loin de réussir à satisfaire son audience. On sent que Hostel est passé par là il y a peu, tant le traitement et le déroulement de l’intrigue sont similaires : des touristes découvrent un coin de paradis grâce un sympathique autochtone, mais le tout s’avère être un piège vicieux… La première partie présente donc les personnages d’une façon plutôt efficace et sans trop de temps morts. On s’attache assez facilement à ce groupe de jeunes gens, même si on devine très vite qui va survivre et qui va y passer… Mais le film commence à se gâter lorsqu’arrive la deuxième partie. Le réalisateur met beaucoup trop de temps pour arriver au cœur du sujet, visiblement plus intéressé par les magnifiques décors naturels que par le rythme de son film. Il faudra donc attendre une heure avant de rentrer dans le cœur du sujet, ce qui est assez fâcheux pour les spectateurs venus chercher des sensations fortes. La dernière partie s’avère heureusement plutôt prenante, avec comme clou du spectacle une scène bien dégueu de prélèvement d’organes sur une victime à moitié consciente.
Mais là où le bât blesse vraiment c’est dans les nombreux faux raccords du métrage (les personnages changent de couleur de maillot de bain d’un plan à l’autre, toute une scène est consacrée au fait qu’une des filles a perdu son haut de maillot et pourtant elle passe tout le reste du film avec un maillot entier…) et surtout un montage totalement foireux. Le plus significatif à ce niveau reste la poursuite finale, et notamment tout le passage sous l’eau (soit dit en passant magnifiquement photographié) : c’est bien simple, on ne comprend rien à ce que font les personnages, certains disparaissent pour réapparaître cinq minutes plus tard comme si de rien n’était, bref, c’est un chaos phénoménal…
En clair, Paradise Lost aurait pu être un sympathique petit film d’horreur mais ne réussit jamais à transcender un sujet en or…
Note : 4/10
Résumé : Fraîchement embauchée en tant que traductrice dans une multinationale japonaise, Amélie est aux anges. Elle a en effet toujours rêvé de revenir dans ce pays où elle a passé les cinq premières années de sa vie. Mais elle ne va pas tarder à s’apercevoir que s’adapter aux méthodes de travail japonaises n’est pas si facile pour une occidentale…

Stupeur et Tremblements est l’adaptation, par le réalisateur du Cousin, d’un roman d’Amélie Nothomb. Personnellement, je n’ai pas encore lu le roman (mais cela ne saurait tarder), mais j’ai énormément apprécié ce film, une comédie acide sur les différences culturelles. On pense souvent à l’univers kafkaien du Brazil de Terry Gilliam, avec ces protocoles stricts et incompréhensibles à respecter, la hiérarchie assommante, ou bien cette scène où l’héroïne doit vérifier des notes de frais et se perd dans ces nombres diaboliques…
Mais ici, pas question de tomber dans la noirceur, tout est léger et prétexte à une réflexion ironique sur l’impossibilité de s’adapter à un mode de pensée différent. Sylvie Testud apporte son air faussement ahuri à cette héroïne qui descend de plus en plus dans la hiérarchie. La voix-off, qui est souvent un procédé assez lourd, permet ici de souligner l’ironie des situations et aide le spectateur à comprendre l’acharnement d’Amélie à s’accrocher à cet emploi malgré les humiliations diverses et variées qu’elle subit. Bref, avec ce film, Alain Corneau signe une comédie fraîche et intelligente, rythmée et passionnante. On aimerait que toutes les comédies françaises soit de cet acabit…
Note : 8/10
Après les Américains avec les fameux Masters of Horror, et dans une moindre mesure les Français avec Sable Noir, c’est aujourd’hui au tour des Espagnols de créer une anthologie de l’horreur réunissant les plus grands talents locaux. Comme leurs prédécesseurs américains, les réalisateurs ont eu toute latitude pour le scénario et la réalisation de leur film, avec un budget limité mais suffisant. Et il faut avouer que le résultat fait plaisir à voir…

A louer de Jaume Balaguero
Résumé : Un jeune couple en quête d’un nouveau logement s’apprête à visiter un appartement dans un quartier assez minable. D’abord plus qu’hésitants à la vue de l’environnement et de l’immeuble, ils se décident à faire au moins un tour du propriétaire, notamment à cause de l’insistance de la représentante de l’agence. Mais ils ne tardent pas à s’apercevoir que quelque chose ne tourne pas rond dans l’immeuble et se retrouvent enfermés dans un appartement…

Après le très beau Fragile, dont la carrière a malheureusement été sabordée par une diffusion confidentielle, et avant l’expérimental Rec, le jeune prodige du cinéma d’horreur ibérique (et du cinéma tout court) s’accorde une petite récréation en réalisant ce A louer de très bonne facture.
L’histoire est simple et directe, mais Balaguero l’exploite parfaitement au cours d’un huis-clos sous haute tension. On est très vite happé par un sentiment de claustrophobie provoqué d’une part par l’inquiétante femme de l’agence beaucoup trop prévenante, et par le décor tout simplement impressionnant. Une fois les premiers éléments inquiétants mis en place (le mari retrouve une paire de baskets lui appartenant dans l’appartement, la femme trouve une photo d’eux), le film démarre sur les chapeaux de roues pour ne plus faire redescendre la pression. Et c’est là que le fan de Balaguero s'étonne. En effet, on est habitué au style posé et épuré du réalisateur et là, la réalisation et le montage se font plus agressifs, plus hystériques. Attention, il n’est tout de même pas question ici de montage clipesque à la Michael Bay, mais il faut reconnaître que le style de Balaguero est ici différent, ce qui colle parfaitement à l’histoire. Le réalisateur utilise même le gore, notamment dans une scène d’affrontement très flippante et très sanglante. Bref, on ne voit pas le temps passer et on reste tendu tout le long de ce petit morceau de bravoure qui fait plaisir, jusqu'à un final des plus pessimistes…
Note : 9/10
Résumé : Juan et Sonia forment un couple parfaitement heureux : ils s’aiment, ont un bébé adorable et en plus ils viennent d’acheter à bas prix une grande et belle demeure. Mais les choses commencent à moins bien aller lorsque Juan fait l’acquisition d’un moniteur pour surveiller leur fils pendant la nuit. Sur l’écran de celui-ci, il voit apparaître un homme assis à côté du berceau. C’est le début d’une lente et inexorable descente aux enfers…

Alex de la Iglesia est plus connu pour ses comédies grinçantes que pour ses réalisations horrifiques. Pourtant, Le Jour de la Bête et Perdita Durango comportaient quelques bonnes scènes de trouille et prouvaient que le réalisateur du Crime Farpait pouvait aussi être à l’aise dans le registre horrifique. Et cette Chambre du Fils vient confirmer sans l’ombre d’un doute cette hypothèse.
Débutant comme une classique histoire de maison hantée (des appareils de communication enregistrent des phénomènes invisibles), La Chambre du Fils s’attache avant tout à montrer la perte de repères d’un homme normal devant l’inexpliqué. Juan sombre petit à petit dans la paranoïa et la peur, finissant par mettre en danger sa femme et son fils. Si le point de départ est des plus banals, la suite l’est beaucoup moins, puisque la solution du mystère n’est pas une basique histoire de fantômes et va chercher du côté de la physique quantique et des réalités parallèles. Une bonne idée qui rajoute au stress géneré par l’épisode, puisque du coup on ne sait pas trop à quoi s’attendre, alors que les histoires de maisons hantées ont généralement un canevas assez classique. On peut juste regretter quelques intrigues parallèles qui ne servent pas vraiment (la vieille avec sa radio) et parasitent un peu le film. La mise en scène exemplaire de de la Iglesia et le décor renforcent le sentiment d’angoisse, notamment grâce à la mise en parallèle de la « réalité » et de ce que voit Juan à travers la camera. Des scènes très intenses et qui à elles seules valent le détour. On notera aussi une scène de meurtre particulièrement sadique et graphique, éclat de violence horrible au milieu d’un suspense parfaitement maîtrisé de bout en bout. Chapeau bas.
Note : 8/10
Résumé : Dans les années 70, une jeune infirmière, Gloria, en difficultés financières, s’installe avec sa fille chez une de ses collègues de travail, Ana. Ana est obstétricienne et demande à Gloria de l’aider dans son cabinet en échange de son hospitalité. Ana ne tarde pas à lui avouer qu’elle est aussi une « faiseuse d’anges », pratiquant des avortements en secret. Mais les problèmes surviennent lorsque Gloria tombe enceinte, surtout que la vieille maison et sa propriétaire recèlent de nombreux secrets…

Grand réalisateur de films dans les années 70, Narciso Ibanez Serrador, le créateur du show, réalise ici un épisode très réussi une fois de plus. Néanmoins, ceux qui s’attendent à de l’horreur pure et dure seront peut-être quelque peu déçus, puisqu’il s’agit ici plus d’un drame que d’une histoire d’horreur. Malgré tout, l’épisode délivre une ambiance pesante de bout en bout et entraîne le spectateur dans une spirale de folie qui met vraiment mal à l’aise. Serrador s’amuse à multiplier les fausses pistes et les points de vue sur les événements, se jouant du spectateur dont les nerfs sont mis à rude épreuve. La réalisation est classique et élégante, tout en étant parfaitement adaptée au sujet, utilisant par exemple des plans à la première personne du plus bel effet et faisant monter le trouillomètre sans jamais jouer des effets faciles. La musique entêtante participe grandement à la réussite de cet opus qui se permet d’aborder de nombreux sujets épineux en Espagne, tels le lesbianisme ou l’avortement, tout en critiquant ouvertement l’influence néfaste de l’Eglise sur la liberté des femmes.
Mais au delà du côté flippant et engagé, il s’agit surtout du portrait poignant de deux femmes écorchées par la vie. Un film qui arrive à la fois à faire peur, émouvoir et faire réfléchir. On n’en demandait pas tant et pourtant…
Note : 9/10
Résumé : Noël 1985. Cinq amis vivant dans un village de la Costa Brava découvrent une femme habillée en Père Noël tombée au fond d’un trou dans la forêt. Ils ne tardent pas à apprendre qu’il s’agit d’une femme recherchée par la police, et décident de la garder dans son trou, « juste pour voir ». Une décision qui aura de fâcheuses conséquences…
Paco Plaza, ami de longue date de Jaume Balaguero, et réalisateur du très bon Les Enfants d’Abraham, nous raconte ici une histoire cruelle sur l’enfance. En effet, ici les méchants de l’histoire ne sont pas ceux que l’on croit, du moins au début. Les cinq enfants héros de l’histoire se révèlent en effet sadiques et sans pitié, pires que les adultes. Plaza fait d’ailleurs le choix judicieux de placer le film à leur hauteur : on ne verra jamais leurs parents, et lorsque des personnages adultes font leur apparition (mis à part la femme dans le trou), on ne verra jamais leur visage, la caméra restant au niveau des jeunes héros.
Le film est aussi un hommage cinéphilique à tout un pan de culture populaire, à tous ces films ringards que l’on adore s’enfiler lorsqu’on est gosse, à l’image de cette Invasion des Zombies, série Z bricolée avec trois bouts de ficelle et dont les (faux) extraits illustrent la progression de l’histoire. Les références aux années 80, certainement un âge d’or pour Plaza, sont multiples, comme les films de Karaté Kid, les talkie-walkies énormes, ou bien la fin du métrage, très certainement inspirée des Goonies de Richard Donner.
Reste que le tout est un peu trop fouilli pour pleinement convaincre : on passe du thriller psychologique au slasher, puis on bascule carrément dans le fantastique pur lors d’un final poétique mais un peu too much (quoiqu’on peut apprécier le jusqu’au boutisme de Plaza).
Un petit film sympathique mais quelque peu handicapé par l’enthousiasme débordant de son auteur…
Note : 6.5/10
Résumé : Alors que sa femme vient de se suicider, Tomas reçoit une carte de tarot lourde de signification pour lui. Cette carte le ramène quelques 40 ans en arrière, alors qu’il n’était qu’un adolescent. Rongé par les remords suite à un événement s’étant produit à cette époque, il décide de revenir dans le village de son enfance pour tenter d’exorciser ses démons, quitte à se perdre en eux…
Mateo Gil, le réalisateur de ce segment, est peut-être un des moins connus du lot. Et pourtant, lorsque l’on fouille dans sa biographie, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un très proche ami d’Alejandro Amenabar, pour qui il a écrit les scénarii de Tesis, Ouvre les Yeux et Mar Adentro. Pas n’importe qui donc.
Et on retrouve bien sa patte dans cette histoire d’amour tragique ne comportant finalement que très peu de fantastique. D’ailleurs, on ne sait jamais si le spectre du titre existe vraiment. Tous les événements présentés ne pourraient finalement être que les hallucinations d’un vieil homme fatigué et rongé par la culpabilité, que le suicide de sa femme a fait basculer dans la folie…
Donc Spectre doit plutôt se voir comme une histoire d’amour tragique car interdite, entre un adolescent et une femme de 15 ans son aînée. Un film élégant, porté par les magnifiques images de l’Espagne ensoleillée et l’envoûtante musique de Zacarias M. de la Riva. Le contexte de l’Espagne des années 60 permet aussi à Gil de critiquer ouvertement l’obscurantisme qui régnait à cette époque à cause de la religion, une femme célibataire vivant à l’écart étant obligatoirement une traînée. Bref, malgré un scénario finalement peu original et un rythme assez lent, Spectre envoûte et ne laisse pas indifférent…
Note : 7/10
Résumé : Estrella est une enfant introvertie qui passe son temps à lire et à regarder des films d’horreur lorsque sa mère n’est pas là. Son père est décédé lorsqu’elle était très jeune et ce manque affectif la pousse à s’inventer des amis imaginaires tirés des nombreux films qu’elle visionne. Un jour, elle rencontre un étrange vampire qui, à la différence de ses autres amis, semble bien réel…
Réalisateur du primé Box 507 (que personnellement je n’ai pas vu), Enrique Urbizu conclue cette excellente première fournée avec un conte étrange sur l’enfance. En fin connaisseur et amoureux du cinéma d’horreur (et de ses pires séries Z), Urbizu bâtit une histoire où la réalité et l’imaginaire se côtoient de façon assez cocasse. Il est notamment très marrant de voir le célèbre Leatherface de Massacre à la Tronçonneuse en gros nounours protecteur, ou Nosferatu et Mr Hyde en anges gardiens des plus décalés. Il est juste dommage que le film prenne autant de temps à développer une histoire somme toute assez basique (on devine qui est le nouvel ami d’Estrella assez vite), subissant du coup une sévère perte de rythme au bout de 20 minutes, avant que la machine ne reparte vers la fin. Les figures mythiques du cinéma d’horreur sont aussi trop peu exploitées, même si leur présence fait plaisir. Enfin, dernier point négatif, le twist final est assez mauvais et le film aurait gagné à zapper cet ultime effet de style.
Note : 6/10
Série événement de la saison 2006-2007, Heroes a débarqué sans prévenir et a réussi à conquérir rapidement une large part d’audience, devenant même la série la plus téléchargée en France, au grand dam de TF1 qui s’est empressée de l’acheter (bien fait pour eux, ça leur apprendra à diffuser les séries n’importe comment). Alors après une première saison de 23 épisodes, le show est-il réellement à la hauteur du buzz généré ? Pas totalement mais presque, serais-je tenté de dire…

Heroes raconte comment des personnes de milieux et de pays totalement différents (enfin, y’a un Japonais et le reste c’est des Américains) se découvrent un jour des super-pouvoirs. Et il semblerait que toutes ces personnes aient un rôle à jouer dans un drame à venir, l’explosion d’une bombe nucléaire en plein New York.
La première grande qualité de Heroes, c’est de posséder un rythme trépidant et d’accrocher le spectateur dès les premières images pour ne plus le lâcher jusqu’au bout, même si scénaristiquement parlant la saison tourne un peu en rond à partir du 11-12ème épisode. En effet, à partir de ce point et environ jusqu’au 18ème épisode, l’intrigue tourne en rond et peine à avancer, ne faisant que ressasser des éléments déjà posés auparavant. Heureusement, le tout repart en fin de saison pour un final explosif. Alors qu’est-ce qui fait que l’on reste accroché malgré ce ventre mou ? Premièrement, les personnages, nombreux et fouillés, qui émaillent le show. Il y en a en effet pour tous les goûts : la cheerleader invincible, le black passe-muraille, le flic qui lit dans les pensées, le politicien capable de voler… Tous ces personnages sont décrits avec soin et évoluent grandement au cours de la saison, remportant l’adhésion grâce à des interprètes soigneusement choisis. Ainsi, les têtes connues côtoient les débutants sans que le niveau général n’en pâtisse. On a par exemple plaisir à retrouver Ali Larter (l’héroïne du premier Destination Finale) en strip teaseuse subissant un dédoublement de personnalité dangereux, le génial Adrian Pasdar (inoubliable Profit dans la série éponyme) dans le rôle d’un politicien tiraillé entre le Bien et le Mal, ou encore Clea duVall (The Faculty, Carnivale) et même Malcolm McDowell dans le rôle d’un des grands méchants. Bref, un casting hétéroclite mais excellent, dominé par le génial Masi Oka dans le rôle de Hiro, définitivement le personnage le plus attachant du show.

Ensuite, le grand intérêt de la série, c’est d’enfin découvrir un show dédié aux super héros mais sans le côté irréaliste. On est plus proche du génial Incassable de Shyamalan que de Loïs et Clark. Mais les auteurs, en bons fans de comic books, n’en oublient pas pour autant les morceaux de bravoure et les affrontements dantesques, qui viennent régulièrement ponctuer la série, les personnages utilisant fréquemment leurs pouvoirs. Un bon équilibre entre réalisme et fantastique. Et comme la ressemblance avec les X-Men est parfois assez flagrante, on a même droit à un cameo de Stan Lee, une façon pour les auteurs de reconnaître une bonne fois pour toutes leur filiation. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la série est assez sombre, avec des passages bien sanglants, et présente un bad guy extrêmement charismatique en la personne de Sylar, certainement un des meilleurs méchants de série ayant jamais été créés.
Enfin, si le fond est soigné, la forme l’est tout autant, le show n’ayant rien à envier à certaines réussites du genre au ciné. La photographie est magnifique, les effets spéciaux crédibles et la réalisation dynamique.
Au final donc, malgré une sévère baisse de régime en milieu de saison, ce premier volume de Heroes est très réussi et le final donne bien envie de découvrir le tome 2 à venir. Et on peut aussi remercier les auteurs de proposer une histoire bouclée pour chaque saison, ce qui permet de ne pas trop frustrer le spectateur (même si la fin du dernier épisode relance le show dans une nouvelle direction).
Note : 7.5/10
Le Secret de Terabithia de Gabor Csupo
Résumé : Seul garçon d’une famille de 5 enfants, Jesse est un jeune garçon rêveur, qui n’aime rien tant que dessiner. En tant que fils d’une famille assez pauvre, il est le souffre-douleur des gros durs de sa classe, et n’a pas d’amis. Jusqu’au jour où la jeune et pétillante Leslie emménage avec ses parents dans la maison voisine. C’est le début d’une amitié profonde au cours de laquelle Leslie lui apprendra à libérer son imagination…

A la vision de la bande-annonce de ce film, on avait l’impression qu’il s’agissait d’un sous-Narnia, enfants têtes à claques et créatures merveilleuses à l’appui. Et vu comme Le Monde de Narnia était gonflant, j’ai bien failli zapper ce film, ce qui aurait été une grave erreur. Heureusement, des échos positifs m’ont poussé à tenter le coup et le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai vraiment bien fait, tant ce film est une petite merveille. Car finalement, le côté fantastique mis en avant dans la bande-annonce n’est que peu présent, les créatures fantastiques n’étant que des inventions des deux enfants au cours de leurs jeux. Le film n’est pas du tout une énième production d’héroic fantasy pour mioches, mais au contraire une belle histoire d’amitié, très intelligemment écrite et parfaitement interprétée par deux jeunes acteurs épatants (Josh Hutcherson et Anna Sophia Robb). Pour une fois, on n’a pas l’impression d’assister à un film pour gosses écrit par des adultes ne comprenant absolument rien aux enfants. Ici, tout paraît vrai, concret, et personnellement, le film m’a rappelé de nombreux souvenirs d’enfance. Pas besoin de longs discours explicatifs pour comprendre ce qui passe par la tête des héros, un simple regard du jeune Josh Hutcherson à son père distant (le toujours excellent Robert Patrick) nous fait comprendre sa détresse et son besoin de reconnaissance paternelle. Une séance de peinture dans la famille de Leslie suffit à montrer une famille dans laquelle il fait bon vivre. Bref, le réalisateur parvient en quelques scènes à nous rendre ces personnages proches, à nous faire comprendre leurs doutes, leurs joies, sans prendre l’audience par la main et surtout sans l’infantiliser, ce qui est extrêmement rare dans ce genre de productions. Alors certes, l’histoire n’est pas très recherchée et certains personnages sont légèrement caricaturaux (la grosse brute de la classe, la prof de chant trop géniale…) mais le reste du film est tellement fin et intelligent qu’on aurait tort de s’en priver. Surtout que le métrage se permet un virage d’une noirceur surprenante aux deux tiers, qui achève de l’élever à un niveau supérieur de la production actuelle.
Note : 8.5/10
Résumé : Lucas et Clémentine vivent une vie tranquille dans leur maison isolée près de Budapest. Bien sûr, l’intégration dans ce pays étranger est parfois un peu difficile, mais dans l’ensemble ils s’en sortent bien. Cependant, une nuit ils sont réveillés par des bruits à l’extérieur de la maison. C’est le début d’un terrifiant cauchemar pour ce jeune couple sans histoires…

Autant l’avouer tout de suite, je n’attendais pas grand-chose de ce Ils, vendu comme un dérivé de Blair Witch par le distributeur, certainement à cause de l’utilisation de la DV et du fait qu’une partie de l’intrigue se passe dans les bois. Cependant (et heureusement), ce premier film de Xavier Palud et David Moreau ne ressemble que très peu à son soi-disant modèle, ne serait-ce que parce que Ils arrive par moment à vraiment effrayer le spectateur. Bien sûr tout n’est pas parfait dans le film, loin de là, mais les réalisateurs arrivent à instiller un vrai climat inquiétant, renforcé par le fait de ne rien savoir des mystérieux agresseurs et de leurs motivations. Jusqu’à la toute fin, leur visage ne sera pas dévoilé et on n’apprendra ce qui se passe vraiment que dans un dernier acte des plus éprouvants, où l’utilisation de la DV prouve tout son intérêt. En effet, la course-poursuite finale dans les tunnels est vraiment terrifiante, surtout compte tenu de l’identité des agresseurs qu’on peine à qualifier d’humains. Les derniers plans du film, sobres mais grinçants contribuent à laisser une impression durable de malaise dans l’esprit du spectateur. Une petite réussite qui donne envie de suivre de près la carrière des deux réalisateurs…
Note : 7/10
Résumé : Secrets d'Etat, convictions sincères, foules exaltées, train de vie royal, journalistes inquisiteurs, disparitions suspectes : les coulisses du pouvoir ou la vie quotidienne d'un Président. Entre l'amour d'un père pour sa fille et les contradictions d'un chef d'Etat, que reste-il d'essentiel quand on a le pouvoir suprême ?

Voilà un film que j’aurais bien du mal à critiquer. En effet, il me parait très difficile de parler d’un film qui finalement n’a ni queue ni tête. Alors je vais tenter de faire court. Donc c’est l’histoire de Albert Dupontel qui est président de la république. Bon, jusque-là, ça va. Alors on se dit que ça va être un film sur les arcanes du pouvoir et comment le pouvoir corrompt. Oui mais non, en fait pas tout à fait, parce qu’il y a le personnage de Jérémie Renier, en jeune idéaliste qui sort avec la fille du président du titre. D’ailleurs il ne tarde pas à être intégré à l’équipe du président, comme ça, sur un coup de baguette magique. Alors le film tourne au thriller politique, avec secrets d’Etat bien enfouis que la jeune recrue tente de mettre à jour. Mais comme finalement ça a déjà été fait 50 fois par les Américains, on revient finalement au truc du pouvoir qui corrompt, c’est plus porteur. En clair, le film est un gros foutoir, sans véritable histoire ni structure narrative. On passe d’une saynète à une autre sans trop de lien, et on atteint même le summum du ridicule avec ce discours super naze du président avant un concert pour annuler la dette de l’Afrique (!?). Dupontel fait ce qu’il peut dans la sobriété mais malheureusement ne colle pas du tout au rôle, Jérémie Renier est aussi expressif qu’une carpe et le spectateur se demande tout du long si oui ou non il va finir par y avoir une histoire dans ce film. Jusqu’au final abrupt, genre :
« - oula, ça fait déjà une heure et demie, faudrait peut-être arrêter le film
- oui, mais on n'a pas de fin, et puis on n'a pas résolu la moitié des intrigues.
- c’est pas grave, coupe, de toute façon tout le monde s’en fout. »
En clair, Lionel Delplanque nous refait le coup de Promenons-nous dans les Bois : des belles images (il a au moins ce mérite) pour habiller du vide…
Note : 2/10
Découvrir un nouveau film de David Fincher, c’est pour moi toujours un événement, tant le bonhomme ne m’a jamais déçu (bah oui, même Panic Room je l’adore). Alors évidemment, quand j’ai appris qu’il allait mettre en scène une nouvelle histoire de tueur en série après son fabuleux Seven, je me suis tout de suite réjoui. Les premières bandes-annonces m’ont pas mal intrigué, le film ne ressemblant pas à ce à quoi tout le monde s’attendait : un rythme assez lent et posé a priori, pas d’effets de caméras démentiels, bref des trailers à la fois intrigants et inquiétants. Fincher aurait-il abandonné son amour des belles images pour signer un film plat et trop classique ?
Que nenni, Zodiac est finalement une claque, un grand morceau de péloche passionnant de bout en bout et qui nous permet d’admirer un auteur capable de se réinventer tout en restant dans la continuité de ses films précédents. Autopsie d’un quasi-chef d’œuvre…

Le film démarre de façon classique sur le premier meurtre perpétré par le Zodiac, un tueur insaisissable qui a terrorisé la Californie durant les années 70. Un meurtre brutal et sadique, le tueur n’hésitant pas à revenir sur ses pas pour achever sa besogne. Une ouverture choc (mais pas choquante) qui donne tout de suite le ton du film : un polar sombre et extrêmement documenté mais avec des touches d’humour étonnantes. Car en effet, Fincher a poussé le souci du détail à l’excès (on pense d'ailleurs souvent au génial JFK d'Oliver Stone): on est épaté par la chronologie minutieuse du film et sa densité. Mais le plus épatant, c’est que l’on n’est absolument jamais perdu. Sur 2h40 de projection, tous les détails comptent à un moment ou à un autre, mais ils sont amenés avec finesse et discrétion tout en marquant le spectateur qui s’en souviendra par la suite. Malgré ses trois personnages principaux, la complexité de l’enquête (qui fait appel à plusieurs départements et comtés), on ne se demande absolument jamais « Mais qui c’est celui-là ? » ou « Mais pourquoi ils vont là ? ». Tout est d’une limpidité exemplaire, et sans utilisation de flashbacks. Un vrai tour de force narratif qui a dû certainement demander une préparation draconienne et des heures de montage (pas étonnant que la sortie ait été tant de fois repoussée).
Mais si cette histoire se révèle passionnante, ce n’est finalement que parce que l’on s’attache énormément aux personnages. Et là on pointe du doigt une des grandes qualités de Fincher, que l’on a souvent tendance à passer sous silence. Oui, Fincher est un esthète de la caméra, mais c’est aussi un directeur d’acteurs formidable. Il suffit de voir comment le monolythique Michael Douglas parvient à nous émouvoir dans The Game ou comment on tremble pour la belle Jodie Foster dans Panic Room, ou bien encore à quel point on adore puis déteste Brad Pitt dans Fight Club pour s’en convaincre. Et ici, le talent du réalisateur dans ce domaine éclate enfin au grand jour, sans être occulté par les prouesses de sa caméra (même si le film est loin d’être mal réalisé). Les acteurs sont tous parfaits, du trio de tête aux seconds rôles (quel plaisir de retrouver Anthony Edwards depuis la mort de son personnage dans Urgences !). Robert Downey Jr compose comme souvent à la perfection un personnage haut en couleurs de journaliste opportuniste, mais ce sont sans conteste Mark Ruffalo et le toujours génial Jake Gyllenhaal qui remportent le morceau. Le premier se glisse parfaitement dans la peau de ce flic consumé de l’intérieur par sa quête et l’impossibilité d’arrêter celui qu’il croit être le tueur. Le deuxième est génial en jeune homme gentil et effacé qui finira aussi par se laisser dévorer par son obsession autour de cette affaire. C’est d’ailleurs lui qui relancera le film juste avant que celui-ci ne s’essouffle, dans un dernier tiers surprenant au cours duquel son personnage presque invisible bouffe littéralement l’écran.

Mais si ce film est beaucoup plus axé sur l’intrigue et les personnages, et si la réalisation est plus classique et moins tape à l’œil que d’habitude, Fincher n’en délaisse pas pour autant son amour de la belle image. Que ce soit lors d’une scène de meurtre au bord d’un magnifique lac ensoleillé ou au cours d’un massacre gratuit de nuit dans un taxi, Le film est magnifique du début à la fin et la réalisation est toujours au service de l’intrigue. On retiendra tout particulièrement une scène extrêmement tendue dans un sous-sol au cours de laquelle Gyllenhaal se retrouve avec un inquiétant informateur. Mais surtout, on retiendra l’un des derniers plans du film, une scène simple, sans paroles mais pourtant totalement tétanisante, au cours de laquelle le jeune cartooniste joué par Gyllenhaal se rend dans le magasin où travail le suspect principal pour enfin le regarder dans les yeux et confirmer qu’il a bien le véritable tueur en face de lui. Une scène d’une simplicité et d’une limpidité qui confine au génie, portée par deux acteurs exceptionnels.
C’est ça aussi, la magie du cinéma…
Note : 9.5/10
Résumé : Le virus de la rage qui a ravagé pratiquement toute la population du Royaume-Uni a fini par disparaître lorsque les infectés sont morts de faim. Les Etats-Unis ont envoyé une mission de reconnaissance pour vérifier qu’il était possible de repeupler le pays. 28 semaines après le début de l’épidémie, les premiers « colons » vivent retranchés dans un quartier de Londres en attendant que le reste du pays soit nettoyé. Tous pensent que le pire est derrière eux, mais malheureusement, c’est loin d’être le cas…

Deuxième collaboration entre le réalisateur Danny Boyle et l’auteur Alex Garland, 28 Jours plus tard avait constitué une excellente surprise, à la fois film d’horreur prenant et réflexion pessimiste sur l’humanité. Le succès du film a bien évidemment entraîné la mise en chantier d’une suite, mais sans l’équipe initiale. Exit donc les héros du premier film, exit Danny Boyle et exit Alex Garland. Cependant, les producteurs n’ont pas voulu confier la réalisation de cette suite à n’importe qui. C’est donc au jeune mais talentueux Juan Carlos Fresnadillo, déjà réalisateur d’un excellent Intacto, que revient l’honneur de mettre en image la deuxième étape de l’épidémie.
Le film commence en plein milieu de l’épidémie, nous présentant un petit groupe de survivants retranchés dans une maison isolée dans la campagne anglaise : un couple d’une quarantaine d’années, Don (Robert Carlyle) et Alice (Catherine McCormack), un couple de personnes âgées, une jeune femme enceinte et un homme d’environ 30 ans. Ce petit groupe survit cloîtré dans la maison, et Fresnadillo nous les introduit de façon concise mais efficace, présentant chaque personnage en quelques plans. On se doute qu’ils vont être les héros du film, sauf que… Sauf qu’une attaque violente d’infectés renverse très rapidement la donne. Les personnages se font massacrer un par un, dans une attaque d’une violence inouïe, telle que Don est obligé de fuir en abandonnant lâchement sa femme. En quelques minutes le décor est planté : cette suite sera plus violente, plus hargneuse et surtout plus imprévisible que le premier film. Une intro choc qui met tout de suite dans le bain et donne furieusement envie de voir la suite, qui lui sera malheureusement quelque peu inférieure.

L’histoire reprend ensuite au bout des 28 semaines évoquées par le titre. Les enfants de Don, Sally et Jacob, qui par chance étaient en voyage scolaire au moment de l’épidémie, rejoignent leur père pour tenter de reprendre une vie « normale ». Le quartier où les survivants habitent est protégé par l’armée américaine et normalement, tout le monde est en sécurité. L’astuce trouvée par le scénariste pour relancer l’épidémie est d’ailleurs plutôt bien trouvée et pour une fois assez logique, faisant appel à un « patient zéro » ayant développé une immunité au virus, mais étant porteur quand même. Et une fois l’épidémie repartie, le film fonce à cent à l’heure, pour ne plus s’arrêter jusqu’à l’épilogue d'une grande noirceur, rappelant celui de L'Armée des Morts de Zack Snyder. Les attaques des infectés sont nombreuses et très sanglantes (beaucoup plus que dans le précédent film), le montage cut est pour une fois utilisé à bon escient et renforce le sentiment de folie sauvage qui imprègne le métrage. Malheureusement, ce que le film gagne en efficacité et en tension par rapport au premier, il le perd quelque peu en développement des personnages, quelque peu ternes. De même, on est loin du bilan acerbe de l’humanité que dressait la dernière partie du film de Boyle. On a juste droit à une petite critique de l’armée américaine qui une fois que la situation lui échappe tue tout le monde sans distinction.
Par contre, au niveau action et horreur, on en a pour son argent. Les infectés sont réellement terrifiants et imprévisibles, et on sent bien que n’importe qui peut être contaminé n’importe quand. La tension est constante, même si certaines scènes sont légèrement too much (la scène où les personnages s’enferment dans une voiture pour se protéger des armes chimiques, mouais…) ou délirantes (entre autres une utilisation bien particulière d’un hélicoptère). Mais les rebondissements et autres retournements de situation sont nombreux (difficile de deviner qui va s’en sortir mis à part les deux gamins) et on ne voit pas le temps passer.

Au niveau des acteurs, on a plaisir à retrouver Robert Carlyle et Catherine McCormack, même si leurs rôles respectifs auraient mérités d’être plus développés. La mimi Rose Byrne, déjà à l’affiche de Sunshine de… Danny Boyle, s’en sort très bien et rend son personnage de femme forte attachant. Harold Perrineau, échappé de Lost, interprète un pilote d’hélicoptère sympathique, et Jeremy Renner, qu’on a pu voir notamment dans Les Seigneurs de Dogtown, campe avec conviction le rôle du sniper Doyle, déserteur ayant décidé d’aider les survivants au lieu de les massacrer.
La réalisation de Fresnadillo est quant à elle adaptée aux différentes scènes : agressive et en mouvement lors des scènes d’attaque (mais cela peut déplaire), calme et contemplative lors des scènes intimes. Je retiendrai particulièrement deux scènes : une des scènes de l’intro voyant Robert Carlyle s’enfuir dans un champ alors qu’un panoramique nous dévoile les infectés à sa poursuite, et une excellente scène au cours de laquelle un sniper américain observe à travers la lunette de son fusil des tranches de vies dans les immeubles voisins. Deux scènes qui démontrent sans problème l’aisance de ce jeune réalisateur qui devrait continuer à faire parler de lui. Espérons juste que la prochaine fois il ait un script légèrement plus recherché pour exercer ses talents.
28 Semaines plus tard est donc une bonne séquelle, bigger and louder, mais qui manque juste un peu d’ambition pour arriver à la hauteur de son aîné…
Note : 7/10
Il semblerait que depuis quelques années l'Amérique Latine, et notamment le Mexique, soit l'un des continents vers lesquels il faille se tourner en matière de cinéma. Ces pays frontaliers des Etats-Unis nous ont en effet offert une tripotée de bons acteurs (Salma Hayek) et de bons réalisateurs (Guillermo del Toro, Alejandro Gonzalez Inarritu ou bien encore Alfonso Cuaron). C'est donc maintenant au tour de l'Argentine de faire une entrée fracassante dans le monde des séries TV, tentant de concurrencer les Américains. Epitafios est le premier jalon de cette conquête du petit écran. Epitafios est une histoire de tueur en série en 13 épisodes, mais qui n’a heureusement rien à voir avec les séries de l’été de TF1 du genre Zodiaque. L’histoire suit les traces de Renzo, un ancien flic qui a quitté les forces de l’ordre suite à une erreur ayant entraîné la mort de quatre étudiants. Malheureusement pour lui, cinq ans après le drame, un tueur fait surface, apparemment bien décidé à punir toutes les personnes qu’il estime coupables dans cet affreux incident. Sa marque de fabrique est d’envoyer à la police des dessins de pierres tombales avec les épitaphes de ses prochaines victimes. Renzo va devoir reprendre du service bien malgré lui pour empêcher cet ange vengeur d’accomplir son sinistre dessein et surtout pour ne pas figurer au nombre des victimes.

On le voit, le canevas de base de cette mini-série est des plus classiques, et la suite le sera tout autant : flic torturé, tueur sadique et supérieurement intelligent, commissaire n’approuvant pas les méthodes du héros, bref, Epitafios navigue en terrain connu, et c’est peut-être de là que vient sa plus grande faiblesse. A cause de personnages principaux trop caricaturaux et de personnages secondaires trop peu développés et au rôle accessoire ne servant qu’à faire progresser l’intrigue, la série souffre de sa linéarité. Et si on ajoute à cela un rythme en dents de scie (le début est assez prenant, mais un énorme ventre mou se crée en milieu de saison, pour repartir dans les deux derniers épisodes), on obtient finalement une série qui pêche par manque d’originalité. En plus, le spectateur a toujours 3 trains d’avance sur les héros qui semblent franchement dépassés par les événements, du début à la fin. On en vient à se demander si la police d'Argentine est compétente…
Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. La photographie est particulièrement soignée et retranscrit une ambiance oppressante, particulièrement dans les scènes de meurtres. Des meurtres d’ailleurs originaux et mis en scènes avec sadisme et raffinement. Les acteurs s’en sortent pour la plupart avec les honneurs (malgré un doublage français catastrophique) mais peinent un peu à rendre leurs personnages attachants. Dommage, car le premier épisode est particulièrement bien écrit, tendu et passionnant, les scénaristes n’hésitant pas à sacrifier un des personnages principaux au terme de ce pilote de haute volée. Et si on ajoute à cela un final particulièrement retors, jusquauboutiste et sans concession, on ne peut que regretter que le reste de la série ne soit pas du même niveau. Mais malgré ces défauts, le show se regarde sans déplaisir et on espère que le prochain essai sera totalement transformé…
Note : 5/10