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Le fourre-tout de Geouf

Coup de Coeur: Children of Men d'Alfonso Cuaron

A peine quelques semaines après Severance, voici que débarque un nouveau coup de cœur du Geouf. Mais là, rien à voir, car Children of Men n’est pas seulement un grand film, c’est tout simplement un vrai uppercut.
Après avoir réalisé le meilleur volet de la saga Harry Potter, Alfonso Cuaron nous revient donc avec ce récit d’anticipation à hauteur d’homme. L’histoire ? En 2027, la Terre n’est plus qu’un immense chaos suite à une mystérieuse perte de fertilité des femmes. Depuis 18 ans, aucun bébé n’est né sur la planète, ce qui a balayé petit à petit tout espoir du cœur des humains. Theo (Clive Owen) est l’un des zombies survivants, qui partage son temps entre un travail qu’il déteste et les conversations avec son ami Jasper (Michael Caine). Jusqu’au jour où son ex femme le contacte pour lui demander de l’aider à protéger une jeune fille qui pourrait être le dernier espoir de l’humanité…

Ce qui frappe d’emblée lorsque le film commence, c’est son réalisme hallucinant. Tout d’abord grâce au parti-pris de Cuaron de placer son récit à hauteur d’homme. Dès l’instant où Clive Owen entre en scène, la caméra le suit et ne le lâchera plus jusqu’à la dernière seconde. On a rarement (jamais ?) vu un film aussi proche de son personnage principal. C’est bien simple, tout le métrage est construit depuis le point de vue de Theo. Le spectateur en sait donc autant que lui sur les événements, quitte à être aussi perdu que lui. Ce procédé renforce d’autant plus l’empathie envers le personnage et permet une immersion totale dans l’univers recréé sous nos yeux. Et c’est là qu’intervient le deuxième élément magistral du métrage. On a déjà pu le constater dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, Cuaron a le souci du détail, de cette petite chose a priori insignifiante qui va faire que l’on va adhérer à l’univers créé à l’écran. Et c’est encore plus vrai ici puisque le film fourmille de détails visuels, bribes de conversations, et autres petites touches qui font qu’il est impossible de ne pas croire à ce qu'il se passe à l’écran. Et si on ajoute à cela la réalisation exemplaire de Cuaron, on obtient un des films les plus prenants et immersifs de ces dernières années (même Vol 93 ne m’a pas fait cet effet).
Cuaron a ici choisi d’utiliser un style quasi-documentaire, caméra à l’épaule, afin de mieux coller aux basques de son anti héros. Mais là où Greengrass en faisait parfois trop, quitte à rendre son métrage brouillon, Cuaron maîtrise parfaitement sa réalisation et l’utilisation de ce principe. Il nous livre des scènes absolument époustouflantes de réalisme, dont deux se détachent particulièrement du lot. Dans la première, la voiture dans laquelle se trouvent Clive Owen, Julianne Moore et des membres du mouvement de résistance créé par Moore se fait attaquer en pleine forêt par une bande de sauvages. La caméra se place alors à l’intérieur de la voiture et suit l’action en live sans aucune interruption pendant pratiquement 10 minutes. Un morceau de bravoure hallucinant de maîtrise (malgré la frénésie de la scène et l’exiguïté de la voiture, on n’est jamais perdu) et d’intensité qui se conclue de façon imprévisible et dramatique. Et ce n’est que la première demi-heure du film…
Le deuxième moment exceptionnel est la dernière demi-heure du métrage, terrifiante de réalisme, au cours de laquelle Theo et sa jeune protégée doivent traverser une ville servant de camp de réfugiés alors que les balles fusent de toutes parts. La réalisation est encore magistrale et place le spectateur directement au centre du conflit qui se déroule sous ses yeux. C’est bien simple, on croirait voir un reportage de guerre filmé en live. Du très grand cinéma…

Mais passons un peu à l’histoire et à l’ambiance générale. Ce qui est très étonnant, c’est à quel point l’humour est présent. Car même si l’histoire du film n’est pas gaie, Cuaron a la bonne idée de glisser quelques touches d’humour au cours du film, comme par exemple les joints à la framboise de Michael Caine ou tout le running gag sur les chaussures de Clive Owen. Des passages légers qui permettent de contrebalancer la noirceur ambiante, sans pour autant dénaturer l’ambiance du film. Des passages qui permettent aussi de s’attacher d’autant plus aux personnages, même les plus secondaires. Quant à l’histoire elle-même, il s’agit plus du voyage initiatique d’un homme qui retrouve une raison de vivre que d’un grand film d’anticipation avec un gentil héros qui combat le vilain gouvernement autoritaire et finit par le renverser. Le film suit le personnage de Theo de son éveil, jusqu’à la fin de sa quête, point barre. On ne saura pas si le monde sera sauvé par le bébé, et finalement, ce n’est pas si grave car là n’est pas l’intérêt du métrage. En se plaçant à hauteur d’homme, Cuaron a fait un choix à contre-courant de la mode habituelle dans ce genre de films et c’est tant mieux. D’autant que la prestation exemplaire de Clive Owen nous permet d’assister à des scènes extrêmement émouvantes. Le film prouve une fois de plus, si besoin était, qu’Owen est l’un des meilleurs acteurs actuels.
Il y aurait encore énormément de choses à dire sur ce film, mais finalement, ce ne sont que des mots et ils ne peuvent pas décrire les émotions ressenties lors du visionnage de ce chef d’œuvre… La seule chose que je pourrais ajouter, c’est courez-y et découvrez absolument ce film sur grand écran, ou vous manqueriez le meilleur film de l’année…

Note : 10/10

2 Avis »

  1. Oreo33 :

    Pinaise faut que je découvre celui-là. L'histoire a l'air géniale. Merci pour cet exclue ! 5 € comme d'hab ?

  2. Geouf :

    lol, merci pour le seul post oreo... Je vais t'augmenter, on va passer à 5.50€ le post !
    Au fait, je suis en France pour le week-end et je viens de récupérer le nouveau Mad, ainsi que le hors-série !

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