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Blog de christof13

Hostel

Etant un amateur de films d’horreur et poussé par la curiosité, je me suis laissé influencé par tout le foin qui a été fait autour d’Hostel. C’est donc avec impatience que j’ai loué la version non-censurée. Est-ce donc bien le film culte annoncé ? Réponse dans les lignes qui suivent…

Le début nous entraîne dans une virée à Amsterdam de 3 jeunes désirant à tout prix s’envoyer en l’air avec le plus de filles possibles. Leurs différentes escapades ne les satisferont pas vraiment et un gars va leur conseiller d’aller à Bratislava car là-bas se trouvent des filles magnifiques qui sont prêtes à coucher avec n’importe qui. Arrivés sur places, ils sont bien forcés de constater qu’on ne leur avait pas menti. En quelques minutes, ils se trouvent des filles magnifiques qui n’ont pas froid aux yeux. Le début fait penser à un American Pie sans trop d’humour et on vient même à se demander si le film va réellement démarrer vu la durée assez longue de ces escapades sexuelles (environ ½ heure). Eli Roth a apparemment décidé de nous refaire le coup d’Une nuit en enfer (d’ailleurs écrit par son comparse Quentin Tarantino) où la première partie était à l’opposé de la suite du film. Serait-ce pour rendre cette deuxième partie plus marquante ?

La première disparition d’un des trois jeunes arrive enfin et les premiers plans sanglants font leur apparition. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat mais on sent déjà que le film est en train de basculer. Le deuxième enlèvement nous donne droit à une séance de torture complète et assez éprouvante par moment : j’ai souffert pour le jeune dont les tendons d’Achille ont été sectionnés. Le film bascule complètement dans le gore quand le troisième jeune part à la recherche des ses amis et découvre ainsi la cause de ces disparitions. Je ne m’attarderai pas sur la suite de l’histoire pour ne pas dévoiler certains points de l’intrigue.

Je voudrais plutôt m’attarder sur le côté gore. Je suis pourtant un amateur de films d’horreur et de films gore mais Hostel a franchi un cap qui me dérange un peu. En effet les différentes scènes sanglantes se veulent réalistes et tendent surtout à la surenchère gratuite. J’ai comme l’impression qu’Eli Roth a voulu faire de plus en plus dégueulasse à mesure que l’on avance dans le film et il faut bien avouer que certaines scènes sont pénibles à regarder. Je pense notamment à la scène où la femme se fait brûler l’œil au chalumeau. Certes l’acte est commis hors-champ mais le résultat est dévoilé en plein écran. Je suis peut-être en train de devenir une femmelette mais j’ai eu du mal à apprécier ces différents passages gores. Peut-être que la version censurée me conviendrait mieux…

Pourtant j’adore Saw qui a également son lot de sang (il est vrai avec des effets stylisés pour atténuer son impact) mais dont le suspense et le machiavélisme prennent le pas sur le gore. Je trouve plus intéressant de voir l’ingéniosité du piège que son résultat sur la victime. Dans Hostel, aucune autre accroche n’est possible car tout ce qui entoure ces scènes de massacre est sans intérêt. Dommage car malgré ce problème, le réalisateur arrive à insuffler une certaine dose de suspense et de tension lors de la fuite du héros. La scène où il se cache dans le chariot avec les restes de corps est d’ailleurs grandiose. Malheureusement ces moments de bravoure disparaîtront lors de la sortie de l’usine avec un final se déroulant sans surprise…

Hostel n’est pas un mauvais en soi mais je ne comprends pas trop l’engouement qui tourne autour. La première 1/2h est peu intéressante et ne sert finalement qu’à accentuer les horreurs de la seconde partie. Les scènes de torture sont bien réalisées mais utilisent souvent le hors-champ sur l’acte de torture avant de repasser sur le résultat où rien ne nous est épargné. Certes il y a d’autres films qui sont certainement plus gores mais celui-ci a une saveur particulière quoi me dérange. De plus si on enlève ce côté gore tape à l’œil il ne reste plus grand chose d’intéressant à voir, si ce n’est les femmes nues ;-). Je trouve également que le cachet «Tarantino» commence à devenir lassant et sert uniquement de propagande commerciale.

6/10

6 Avis »

  1. Howie :

    -> 'Dans Hostel, aucune autre accroche n’est possible car tout ce qui entoure ces scènes de massacre est sans intérêt.'
    -> 'si on enlève ce côté gore tape à l’œil il ne reste plus grand chose d’intéressant à voir, si ce n'est des femmes nues'

    Vraiment pas d'accord. Tout d'abord pour moi la première partie ne ressemble pas du tout à American Pie, car toute cette séquence de découverte du tourisme sexuel est incroyablement maîtrisée par un Eli Roth qui joue sur la connotation "idéaliste" et "paradisiaque" des lieux et du moment. En effet, lorsque les héros entrent dans le sauna et voient cette sorte de monde rempli de femmes nues et faciles, on a l'impression d'un endroit "féerique", d'un El Dorado pour nos héros qui viennent de trouver exactement voire plus que ce qu'ils espéraient.
    Egalement, lorsque le personnage interprété par Derek Richardson couche avec une des filles, là encore la maîtrise déborde de partout et insiste sur les derniers instants de bonheur du jeune homme et aussi sur la première fois que celui-ci se lâche vraiment (ses respirations arrivent en gros plans sonores pour montrer qu'il "commence à vivre" en quelque sorte).
    Toute la partie suivante est elle incroyablement tétanisante et hypnotisante à mon sens. Avec la même maîtrise et le même talent, Roth scotche ses spectateurs devant un spectacle quasi-traumatisant de violence tout ce qu'il y a de moins gratuit, d'une intensité et d'une rage inouïes.
    Hostel reste pour moi, avec Wolf Creek qui joue néanmoins sur d'autres terrains, l'un des plus grands films d'horreur depuis Dieu sait quand.
    Et pourtant je n'étais vraiment pas très emballé au départ mais au fil des visions je continue de le considérer comme un chef d'oeuvre.

  2. Geouf :

    je n'irai pas jusqu'à m'emballer comme Howie en traitant Hostel de chef d'oeuvre (cela me parait vraiment excessif) mais force est de constater que le film est tout de même diablement efficace et éprouvant.Et concernant la 1ere partie, je ne comprends toujours pas qu'on puisse la comparer à American Pie et la trouver inutile. C'est au contraire toute cette mise en place habile qui permet de compatire pour le sort des personnages...

  3. christof13 :

    Efficace et éprouvant il l'est, ça je suis d'accord sinon je n'aurais pas été éprouvé par certaines scènes.

    Par contre dire que le début est incroyablement maîtrisé par ce que l'on montre des femmes nues dans un sauna me paraît un peu poussé ^_^

  4. soundwave :

    Bigre, moi, je l'ai pas vraiment trouvé si gore... Pour les p'tits jeunes, pourquoi pas... Mais franchement, on faisait plus dégueux dans les années 80. Grosse déception, ainsi que pour un ami goreux qui était venu le voir avec moi... Remboursé!!!! ;-)

  5. christof13 :

    Je n'ai pas dit que c'était le film le plus gore que j'ai vu. Les films gores des années 80 m'éclate celui-ci pas du tout.

  6. Howie :

    Bah oui je trouve que la première partie fait vraiment montre de beaucoup de maîtrise car la nudité est montrée très juducieusement et dépasse le stade du simple commercialisme, et cette partie a donc un réel intérêt et a été réalisée en ce sens.
    La comparer à American Pie après je trouve ça vraiment fort, parce que même si je suis fan d'American Pie, le seul point commun c'est la nudité mais elle n'est pas utilisée ni montrée de la même façon.
    En comparant cette prelière partie à un teen-movie tu descends la dimension artistique et vraiment nécessaire de cette première partie.
    Et comme soundwave, je n'ai pas non plus trouvé le film gore, Eli Roth ne montre que le minimum syndical pour rester réaliste en s'autorisant même des hors-champs, mais la violence du contexte rend le film beaucoup plus brutal et tétanisant. D'où sa force.

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