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Réalisation : Zak FISHMAN
Production : Jean COTTIN, Etienne COMAR
Scénario : Zak FISHMAN, Fabien SUAREZ, Daive COHEN
Avec : Saïd TAGHMAOUI, Camille DE PAZZIS, Arielle DOMBASLE, Alexis LORET, Jean-Pierre KALFON, Fred SAUREL, Maud BUQUET, Gérard VIVES, Bruno SALOMONE, Romain DEROO, Julien COURBEY, Shirley BOUSQUET...
Histoire : Tony, une petite frappe de 22 ans, est passionné de jeux vidéo. Quand il n'est pas occupé à racketer ou à cambrioler des appartements pour le compte d'Albert, le caïd du quartier, il passe son temps à jouer dans les salles d'arcades ou à la Playstation 2. Pas de petite amie attitrée et pourtant, ce n'est pas l'envie qui lui manque. Il a d'ailleurs le béguin pour Nina, la "miss karaté" du coin. Sexy, sportive, une véritable amazone difficile à conquérir. Mais pour réussir à séduire cette "bombe", Tony doit oublier sa maladresse, son côté gamin et décoller le nez de sa console. Suite à un casse qui finit mal, Tony se fait prendre par la police. Résultat : huit mois de taule. Il met à profit sa peine de prison pour réfléchir à un concept révolutionnaire de jeu. Une fois sorti, Tony ne pense plus qu'à une chose : arrêter les petites magouilles pour intégrer le business du jeu vidéo...
Critique : Prenez une sous-sitcom genre "Hélène et les garçons", ajoutez-y un zeste de jeunisme contemporain, mélangez le tout avec une histoire merdique basée sur une histoire de jeu vidéo révolutionnaire, placez-y des comédiens débutants qui ne savent même pas ce que veut dire le mot "crédibilité", aspergez l'ensemble d'une bonne dose de dialogues stupides, et voilà : votre navet est prêt !... On n'exagèrera certainement pas en disant que Gamer est une catastrophe totale : rarement le cinéma français aura atteint un tel niveau de crétinerie et de vide scénaristique. Sous prétexte d'une banale success-story appliquée à l'univers des jeux vidéos, le film fait surtout l'apologie d'une jeunesse débile, gavée de cul et de jeux violents, et à la limite de la délinquance. Car, pour prendre une revanche sur une pouffiasse qui leur a volé l'idée du jeu vidéo du siècle (en fait, un banal jeu de baston en 3D), notre bande de vidéofans va même jusqu'au chantage et au vol de fric pour parvenir à ses fins. Certains critiquent souvent les productions Luc Besson pour leur tendance à transformer n'importe quel prétexte en divertissement, mais Gamer franchit les limites de l'acceptable en en faisant son fond de commerce. Emmenés par un Saïd Taghmaoui qu'on a connu plus inspiré, les acteurs n'arrangent même pas l'affaire, hormis un Gérard Vives inénarrable en clone lobotomisé de Van Damme, le seul à nous arracher quelques sourires. Le plus débile, c'est quand même d'avoir choisi Arielle Dombasle pour jouer les garces ambitieuses et de l'avoir métamorphosé en clone minable de Lara Croft ! Quant aux effets spéciaux, censés nous sauver de l'ennui, c'est un grand écart permanent entre le "pas mal" et le "très laid". Le désastre est d'autant plus grand que le scénario se veut ludique et social, que les poncifs s'accumulent par douzaines et que le film s'encombre d'une bonne couche de démagogie douteuse. Inutile d'en dire plus...
Note : 1/10
Réalisation : Tony SCOTT
Production : Jerry BRUCKHEIMER
Scénario : Terry ROSSIO, Bill MARSILLI
Avec : Denzel WASHINGTON, Paula PATTON, Val KILMER, Jim CAVIEZEL, Adam GOLDBERG, Bruce GREENWOOD, Enrique CASTILLO, Erika ALEXANDER, Matt CRAVEN...
Histoire : Alors qu'il enquête sur l'explosion d'une bombe sur un ferry à la Nouvelle Orléans, l'agent Doug Carlin se voit enrôlé au sein d'une nouvelle cellule du FBI ayant accès à un appareil gouvernemental top secret permettant d'ouvrir une "fenêtre sur le temps", et ainsi de retrouver les preuves nécessaires à l'arrestation d'importants criminels. Cette fenêtre permet d'observer des évènements dans le passé s'étant déroulés quatre jours, six heures et quelques minutes auparavant... pas une de plus, pas une de moins. Durant son investigation, Doug va découvrir que ce que la plupart des gens pensent n'être qu'un effet de leur mémoire est en fait un don bien plus précieux, une force qui le mènera vers une course contre la montre pour sauver des centaines d'innocents...
Critique : Les thrillers à base de voyages temporels et de technologie futuriste sont généralement décevants, car ils n'évitent que très rarement les incohérences et les ellipses scénaristiques. On pense au désastreux The jacket et à l'honorable Effet papillon, qui souffraient plus ou moins de ces défauts. Cador du thriller d'action hollywoodien haut de gamme, Tony Scott s'est lancé dans une entreprise assez similaire, mais en évitant tous les pièges avec une aisance surnaturelle. En effet, cette production Jerry Bruckheimer multiplie les paradoxes temporels et ose injecter un argument futuriste dans un thriller ouvertement contemporain. Si cette idée de ''science-fiction à proximité'' ne vous effraie pas, il y a de fortes chances pour que vous goûtiez le voyage. Déjà vu doit son incroyable efficacité à son action, ici menée en temps réel, à la fois dans le passé et le présent, par un habile jeu de mise en scène et de caméra numérique. Alternance des points de vue, poursuites inédites passé/présent, explosions plus que gigantesques, acteurs habités (dont un Denzel Washington impeccable, comme d'habitude) et esthétique soignée : Tony Scott respecte à merveille le cahier des charges sans jamais perdre de vue son intrigue et ses personnages. Le réalisateur met son talent au service de son film (et non l'inverse), et cet excellent thriller est si puissant et efficace qu'il risque de vous scotcher au fauteuil ! Après l'hallucinant Domino, Tony Scott continue de confirmer qu'il est l'un des meilleurs cinéastes d'action du moment.
Note : 7/10
Réalisation : Gela BEBLUANI
Production : Gela BEBLUANI
Scénario : Gela BEBLUANI
Avec : Georges BEBLUANI, Aurélien RECOING, Pascal BONGARD, Christophe VANDEVELDE, Nicolas PIGNON, Fred ULYSSE, Vania VILERS, Olga LEGRAND, Augustin LEGRAND, Jo PRESTIA, Jacques LAFOLYE, Serge CHAMBON...
Histoire : Quelque part, dans un endroit reculé au bord de la mer, Sébastien, 22 ans, répare le toit d'une maison. Le propriétaire meurt d'une overdose après avoir reçu une étrange convocation censée lui rapporter énormément d'argent. Sébastien récupère l'enveloppe et décide de prendre sa place. Commence pour lui un jeu de piste qui le mènera jusqu'à un huis clos clandestin, un monde cauchemardesque où des hommes parient sur la vie d'autres hommes...
Critique : Précédé d'une excellente réputation et récompensé dans de nombreux festivals (notamment Sundance), 13 Tzameti est effectivement une belle révélation. Ce qui ne veut pas dire que le film de Gela Bebluani soit une réussite totale... En minimisant les dialogues et cadrant au maximum les visages (chargés de sens) des acteurs, le film est une sorte de réflexion sur la violence, celle qui règne entre différentes catégories sociales et qui gangrène la société par son aspect insondable. Pour apprécier le film, il faudra d'abord supporter une première partie particulièrement étirée et décevante, durant laquelle rien de bien intéressant ne se passe. Idéal pour démarrer calmement le jeu de pistes, certes, mais tout de même... Cette introduction débouchera ensuite sur l'épicentre de l'histoire : des hommes riches organisent des séances de roulettes russes en pariant sur la vie d'autres hommes, bien plus démunis. Le procédé rappelle l'excellent Intacto, mais Gela Bebluani se différencie par sa neutralité, son mutisme, sa violence sèche et frontale, son noir et blanc angoissant, ses acteurs aux trognes étonnantes, son suspense presque insoutenable... En l'état, c'est donc une belle réussite, même si le film peut donner l'impression d'être une sorte de moyen métrage rallongé.
Note : 6/10
Réalisation : Frédéric SCHOENDOERFFER
Production : Frédéric SCHOENDOERFFER, Eric NEVE
Scénario : Frédéric SCHOENDOERFFER, Yann BRION
Avec : Benoît MAGIMEL, Phillipe CAUBERE, Olivier MARCHAL, Béatrice DALLE, Tomer SISLEY, Ludovic SCHOENDOERFFER, Mehdi NEBBOU, Anne MARIVIN, Alain FIGLARZ...
Histoire : Paris, de nos jours, grand banditisme. Claude Corti, 50 ans, est l'un des rares hommes de pouvoir du métier. Proxénétisme, trafic de stupéfiants, faux billets, voitures, rackets, braquages, il sait tout ce qu'il se passe dans sa zone d'influence et prend une commission sur tout. Seule la violence lui permet de survivre. Franck, 30 ans, est proche de Corti mais tient à son indépendance. Intelligent, efficace, Claude a confiance en lui. Corti tombe et passe quelques mois en prison. Juste assez pour que ses affaires commencent à se dérégler. Complot ou simple paranoïa ?
Critique : Le réalisateur d'Agents secrets a su se distinguer des autres cinéastes de par sa capacité à insaturer un hyperréalisme affolant dans ses histoires, tout en rendant ses personnages volontairement opaques. Après les traqueurs de serial-killers et les agents secrets, il s'attaque cette fois-ci au monde des truands, hommes sans foi ni loi, pour lesquels l'argent compte avant tout et pour qui le flingue reste le dialogue le plus clair. La première qualité de Truands est d'être un film totalement neutre : ici, sans moralisme à l'hollywoodienne, le cinéaste choisit de montrer fidèlement et de façon réaliste le quotidien de ces hommes violents en portant un regard d'entomologiste. L'image est toujours plus forte que les mots, c'est bien connu... La démarche est d'autant plus salutaire que les personnages conservent une certaine opacité. Côté casting, même si Benoît Magimel démontre une fois encore qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération, c'est Philippe Caubère qui emporte la palme, parfois cabotin et démesuré, mais toujours effrayant et survolté dans son rôle de Parrain sadique. L'hyperviolence du film atteint parfois les limites de l'insoutenable (on en retiendra surtout une horrible scène de torture à la perceuse), et la mise en scène, élégante et inspirée des classiques de Martin Scorsese, achève de faire de Truands un polar puissant sur un monde dominé par la haine et gangrené par l'argent.
Note : 7/10
Réalisation : Luc BESSON
Production : Luc BESSON
Scénario : Luc BESSON, Céline GARCIA, Patrice GARCIA
Avec : Freddie HIGHMORE, Mia FARROW, Mylène FARMER, Alain BASHUNG, Marc LAVOINE, Cut KILLER, Jacques FRANTZ, Stomy BUGSY, Dick RIVERS...
Histoire : Comme tous les enfants de son âge, Arthur est fasciné par les histoires que lui raconte sa grand-mère pour l'endormir : ses rêves sont peuplés de tribus africaines et d'inventions incroyables, tirées d'un vieux grimoire, souvenir de son grand-père mystérieusement disparu depuis quatre ans. Et si toutes ces histoires étaient vraies ? Et si un trésor était véritablement caché dans le jardin de la maison ? Et si les minimoys, ces adorables petites créatures dessinées par son grand-père, existaient en chair et en os ? Voilà qui aiderait à sauver la maison familiale, menacée par un promoteur sans scrupule ! Du haut de ses dix ans, Arthur est bien décidé à suivre les indices laissés par son grand-père pour passer dans l'autre monde, celui des Minimoys, et découvrir les sept terres qui constituent leur royaume...
Critique : Luc Besson l'avait bien dit et répété à de maintes reprises : après le dixième film, il arrêterait le métier de réalisateur. Le voici enfin : Arthur et les Minimoys, un projet ambitieux mêlant décors réels et animation en images de synthèse. Adapté du livre éponyme écrit par le réalisateur, ce film porte totalement la signature de Luc Besson : le réalisateur est une fois encore retombé en enfance pour nous faire partager sa vision du monde. A la fois ode à l'enfance et au rêve, voyage aux confins de l'imaginaire et fable écologique, Arthur et les Minimoys surprend d'abord par sa beauté visuelle sidérante, rarement vue dans un film hexagonal, qui peut tenir tête à n'importe quelle production Pixar. Pour autant, le film ne se limite pas à la performance technique : Besson prend soin de raconter une histoire captivante, dénuée de niaiserie (quoique le premier quart d'heure est assez décevant) et bénéficiant de dialogues plutôt soignés. Il ne faut pas s'y tromper, le cinéaste a bel et bien réalisé une fable pour enfants, ce qui ne veut pas dire que les plus grands ne sont pas les bienvenus. Le film contient tellement de références brillantes (la scène du tourne-disque est un sommet de bonheur !) et d'idées visuelles démentielles pour donner envie d'y retourner à répétition. Pour le réalisateur, c'était l'occasion rêvée pour finir sur une note globalement très positive. Etant donné que le final laisse fortement présager une suite, on se prend à espérer que Luc Besson n'attendra pas plusieurs années pour changer de décision. En attendant la sortie DVD du film, on peut toujours rêver...
Note : 7/10
Réalisation : Stanley KUBRICK
Production : Stanley KUBRICK
Scénario : Stanley KUBRICK
Avec : Keir DULLEA, Gary LOCKWOOD, William SYLVESTER, Douglas RAIN, Sean SULLIVAN, Vivian KUBRICK...
Histoire : A l'aube de l'humanité, quelques singes découvrent un étrange monolithe noir. En 2001, le même phénomène se répercute, et une équipe d'astronautes est envoyée en direction de Jupiter pour découvrir la vérité. Mais la mission tourne au désastre, et l'astronaute David Bowman est forcé de poursuivre le voyage. Ce qu'il va découvrir au terme du voyage dépasse l'inimaginable...
Critique : Tous ceux qui l'ont vu n'en sont pas revenus, qu'ils l'aient aimé ou pas. Cela fait plus d'un demi-siècle que le chef-d'oeuvre de Kubrick réside au Panthéon des plus grands films de l'histoire du cinéma. Car, contrairement à bon nombre de films de science-fiction, 2001 ne ressemble en aucun cas à une antiquité, à une anticipation dépassée du futur. Toujours aussi beau, toujours aussi impressionnant, le film n'a toujours pas vieilli, et n'est pas prêt de perdre son pouvoir de fascination. Narrant l'évolution d'une espèce humaine sous influence d'une intelligence supérieure extraterrestre, 2001 pose des questions essentielles : d'où vient l'homme ? Qui est-il ? Que deviendra-t-il ? Sans donner de réponses toutes faites et en minimisant les dialogues au maximum, le cinéaste use intelligemment de la métaphore (le monolithe : symbole divin ou signe absolu d'une intelligence supérieure qui nous contrôle ?) pour susciter la réflexion. Lorsque l'homme découvre l'outil, nous n'en sommes qu'à la préhistoire. Lorsqu'un os se change en vaisseau spatial en une fraction de secondes, c'est pour signifier que le futur de l'homme est toujours inconnu : ces millions d'années d'évolution qui sont passées comme un éclair ne comptent pas, car l'univers possède encore tant de secrets à découvrir. Lorsque un ordinateur à intelligence artificielle se dérègle sans raison apparente, Kubrick interroge ce qui constitue l'être humain en tant que "créature douée d'intelligence" : peut-on reproduire l'intelligence de l'homme au coeur d'un environnement artificiel ? Qu'est-ce qui fait la particularité d'un être humain et d'un être artificiel ? Quelles sont les différences entre eux ? Lorsque l'homme accède à son but (actuellement) ultime, celui d'atteindre l'inconnu (ici, la planète Jupiter, qui n'a toujours pas été explorée), son voyage s'accélère, l'emmenant à travers l'espace et le temps, lui offrant la vérité universelle à chaque étape de son vieillissement et le ressuscitant finalement sous une forme différente (alien ? homme ? surhomme ?). Toutes les interprétations sont possibles... Ce voyage de la préhistoire jusqu'à l'infini, donnant à voir toutes les étapes de l'évolution en donnant au spectateur la possibilité d'apporter son point de vue et sa vision des choses, reste pour moi le plus grand film de tous les temps. Le plus intelligent, sûrement, mais aussi celui où Kubrick a réussi à donné au mot « spectacle » son sens le plus noble : magnificience des décors et des effets spéciaux (toujours inégalés), réflexion intellectuelle sur l'avenir de l'humanité, musique en accord parfait avec les images abstraites, trame scénaristique d'une incroyable complexité, acteurs habités par leur rôle... Bien plus qu'un immense film de science-fiction, 2001 est un monument d'intelligence grâce auquel la raison de notre présence dans l'univers peut enfin trouver une justification, une raison, un sens. Je ne peux qu'envier ceux qui vont découvrir 2001 pour la première fois. Mon film préféré. Pour toujours.
Note : 10/10