Blogorama

Connectez vous

Nom
Pass oublié ?
 
Juillet 2009
L M M J V S D
« Juin  
  1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31  
Dernieres critiques

  • Connexion

RSS

L'élite de Snake Master

Critique ciné cool: Ocean's Thirteen de Steven Soderbergh

Ocean’s est une saga unique : aidé par une pléiade de star, Steven Soderbergh profitait du premier opus pour aller au bout de l’entertainment et inventait par l’occasion une nouvelle forme de divertissement qui faisait éclaté toute la classe dans la forme et toute l’intelligence dans le fond. Nous étions alors en 2002 et le film semblait déjà prêt à entrer dans la légende. Par pur plaisir (et en oubliant par conséquent que c’était sûrement une mauvaise idée), toute la bande se reforme et se déplace dans les quatre coins du monde pour un Ocean’s Twelve en mode mineur. Certes on retrouve le sens unique de la saga pour rouler le spectateur dans la farine et une direction d’acteurs au poil couplé avec une réalisation ultra-efficace ; mais la poudre semble difficilement prendre en raison d’un éparpillement scénaristique troublant. Aujourd’hui débarque dans les salles obscures le troisième (et soi-disant dernier épisode) de la saga. Grâce à une prodigieuse campagne publicitaire (apparitions télé ; ouverture de cannes ; conférences de presse mouvementées…) qui n’aura eu pour seule faute de goût l’affiche (tellement hideuse qu’elle ne ferait pas la une de Paris Match) ; Clooney et sa bande reviennent en force. Après des critiques presse désastreuses ; quant est-il de ce Ocean's Thirteen? Et bien juste un sacré plaisir de voir 11 potes reprendre du service avec une forme olympique et une joie communicative. Préparez vos jetons ; car ces gars là vont tout rafler !

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Danny Ocean

Date de sortie : 20 Juin 2007

Réalisé par Steven Soderbergh

Avec George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon

Genre : Policier, Comédie

Durée: 2h 2min.

Titre original : Ocean's Thirteen

Distribué par Warner Bros. France

Résumé :
Douce vengeance sous le ciel de Las Vegas... Danny Ocean et sa bande ne pouvaient avoir qu'un seul motif pour tenter leur braquage le plus audiacieux à ce jour : sauver un des leurs. Mais la chance ne suffit pas toujours lorsque l'on veut faire sauter "The Bank"... Le cruel propriétaire de casino Willy Bank ne s'attendait pas à une telle riposte lorsqu'il trahit en envoya l'ami et mentor de Danny, Reuben Tishkoff. Mauvais, très mauvais calcul, car Danny rameute ses fidèles complices pour infliger à Bank un châtiment exemplaire le soir de l'inauguration de son nouveau casino, The Bank.

Image Hosted by ImageShack.us

Il est parfois des mystères que la logique ne pénètre pas. A la sortie de la projection, il est bien ardu de chercher un sens à un tel acharnement critique (et médiatique) sur un film qui n’en méritait pas tant. Comment bouder son plaisir devant un générique aussi rétro et jouissif ? On sent d’ailleurs que dès les premières bobines, Soderbergh va tout essayer pour se faire pardonner d’un deuxième opus dont personne ne semble satisfait. Et c’est ce qu’il fait en dynamitant tout d’abord son intrigue à la ville du vice et du péché : Las Vegas. Retour à la case départ donc ; pour un scénar’ qui toutefois évite miraculeusement la redite. Tout d’abord en partant d’un point de départ simpliste mais génialement inventif : Reuben, sentant sa fin venir, décide sous l’impulsion de s’associer avec un nouveau grand ponte de Las Vegas ; Willy Banks. Il lui donne ainsi son argent pour construire l’un des plus grands casinos de la région et marquer l’histoire de son nom. Problème : Banks est un mégalo complet qui ne pense qu’à son propre intérêt et prend la décision inconsciente de laisser Reuben sans le sou. Une crise cardiaque et une discussion vaine plus tard, la bande des 10 décide de faire manger la poussière à Willy en lui ruinant son casino de l’intérieur. Voilà pour le démarrage corsé de l’intrigue ; qui voit alors la réapparition d’un personnage : Roman Nagel.

Image Hosted by ImageShack.us

Présent dans le deuxième opus (c'est celui qui confectionnait l'hologramme de l'oeuf) ; il aide la bande dans leur équipée vers le pillage de casino et incarne un tremplin idéal au charisme de la bande. Le point de départ évoqué sera bien évidemment compliqué par de multiples sous-intrigues qui pullulent sur le papier. Et tel un chef d’orchestre, Soderbergh réussit à les faire croiser sans jamais perdre de vue le point final. Qu’il s’agisse d’ailleurs d’une hilarante grève imprévue ; d’un Vincent Cassel sur le retour ; d’un pillage de diamants difficile ; où d’un trucage d’appareils à rebondissements. Mais si le scénario (écrit à chaque opus par une personne différente – ici même deux) garde pour la forme la bande et Las Vegas ; il en modifie les grandes lignes. Alors que le premier opus était un film de braquage dans la plus grande tradition (se permettant une touche de classe qui fait le sel du long-métrage) et le deuxième un film d’auteur à l’humour plutôt cérébral ; ce troisième opus apparaît comme un gros cadeau offert aux fans et prend le chemin ultra balisé de la comédie. C’est peut-être ceci que les critiques cannoises n’ont pas su avaler : au lieu d’un film aussi révolutionnaire que le premier ; Steven Soderbergh décide de faire l’exact inverse et utilise ses effets de style pour desservir non pas son histoire mais davantage expérimenté sur l’image. C’est d’ailleurs la force et la faiblesse de ce troisième opus qui ne comporte aucune substance et joue sur le charme des situations, des acteurs et des décors pour divertir un maximum les adeptes.

Image Hosted by ImageShack.us

La force car Soderbergh maîtrise mieux que quiconque les acteurs qui viennent jouer dans ses films ; qu’ils soient des purs amateurs ou des vraies stars. Aidé ici par plusieurs gags et répliques cinglantes du plus bel effet, il ballade sa caméra sur des acteurs qui savent exactement ce qu’ils font sans jamais égratigner leur naturel (Brad Pitt en tête qui semble constamment en vacances). Mais c’est aussi la faiblesse de cet opus qui oublie en cours beaucoup de choses difficilement pardonnables. D’abord la distribution des rôles : si Clooney et Pitt (plus Damon dans une moindre mesure) apparaisse les trois quarts du temps à l’écran ; cela semble avant tout être le fruit d’un douteux choix marketing (les têtes d’affiche ont toujours plus la côte que les autres) plutôt qu’une réelle volonté artistique. Toujours liée aux personnages, les spécificités de chacun (le pro en explosif, l’informaticien…) sont redistribués à tout bout de champ à un inconnu ; perdant ainsi toute nécessité dans l’arnaque. On en arrive donc au moment où la profondeur instillée par les deux précédents opus se délie pour laissée place à des tunnels de dialogues qui d’ailleurs sont bien moins efficaces que précédemment. On finira aussi sur des gags écrit à la va-vite (le final entre Banks et Basher frustrant ; la manifestation inutile et irrationnelle…) ou carrément indigeste (le personnage des cinq diamants ; le parfum qui rend Sponder folle…). Un cocktail qui alourdit le film et lui fait perdre une grande partie de son charme ou de ses bonnes idées (le braquage à l’envers ; le suspense du jour J ; le retour de Benedict et de Latour…).

Image Hosted by ImageShack.us

Néanmoins ce serait trop faire la fine bouche que de bouder son plaisir devant un divertissement si bien huilée. La saga à marqué les esprits grâce à un niveau de classe sur tout les tableaux (de la technique aux acteurs) ; ici c’est une fois de plus le cas. La réalisation de Steven Soderbergh (dont je dois être l’un des rares défenseurs encore vivants sur cette terre) est à ce titre plus d’une fois déchaîné et ravageuse. Certes il semble moins concerné par son sujet que d’habitude ; mais bon de dieu ce qu’il apporte comme fraîcheur ! Avec une photographie sublime (dirigé par un étrange Peter Andrews qui n’est autre que… Soderbergh lui-même !) et des filtres de couleurs magnifiquement illustrés ; le réal’ multiplie les effets de style anodins (des plans séquences ; des travellings) pour mieux mettre en valeur les autres (superbe split-screen pour présenter le casino ; caméra virevoltante lors de la scène des ascenseurs…). Une œuvre quasi à part entière ; pas aussi sublime que pour le premier opus ; mais presque. La musique qu’il l’accompagne est à ce titre revitalisante ; David Holmes semblant avoir compris que composé un thème cultissime pour le deuxième opus (« Yen on a carousel ») ne suffisait pas. Ainsi il contribue à l’ambiance jazzy et décontractée du métrage qui pousse la coolitude à de nouvelles frontières ; entre l’élégance et le sourire. Toujours aidée bien sûr par des copains qui s’amusent.

Image Hosted by ImageShack.us

George Clooney connaît une poussée de présence dans cet opus avec un Ocean sur tous les fronts. C’est simple : sans lui l’arnaque s’écroule et tombe complètement à l’eau. On peut lui reprocher d’avoir le regard lunatique ; mais le bonhomme possède une classe et un charme fou qu’il utilise à bon escient ici. Epaulé par Brad Pitt qui sourit à chaque seconde de pellicule comme si il se foutait de la gueule des producteurs venus le payer une fortune mais qui garde pour autant une constante cool avec son personnage de boulimique ; les deux compères passent leur temps ensemble et ne semblent jamais vouloir se quitter. Car cet opus à pour principale qualité de remettre au centre la vraie amitié qui unit ces 11 amis de toujours unis pour venger le dernier. Tout le monde est ainsi en terrain connu et reprend du service pour notre plus grand plaisir : Damon prend la confiance mais reste toujours le jeunot qui s’incruste dans la bande et n’arrive pas à régler ses conflits parentales (hilarante apparition du père) ; Cheadle bouffe l’écran de sa présence et prouve qu’il sait aussi jouer la comédie sur le bout des doigts ; Bernie Mac est pour notre plus grand regret le plus recalé de tous ; les deux frangins déclenchent le gag le moins nécessaire du film mais sont toujours impec’ ; Jemison n’a jamais semblé être un informaticien aussi stressé (grande scène du « j’ai besoin d’aide ») ; Qin déclenche le rire à chacune de ses apparitions avec un rôle capital ; Reiner joue en stand-by mais avec une joie communicative « le faux guide Michelin » des casinos ; et enfin Gould est le plus inutile des personnages avec son tic des lèvres désolant. Pour finir, évoquons un Pacino impérial ; mais pas autant qu’Andy Garcia qui joue là sa meilleure carte avec un Benedict aussi heureux qu’un smiley jaune. Plus le retour très court mais franchement poilant de Cassel. En gros, c’est un recalage général des seconds rôles qui jouent pourtant comme si il était au premier rang.

Image Hosted by ImageShack.us

Au final donc, Ocean’s Thirteen est une bonne grosse poilade entre stars qui pourtant (et à l’inverse du deux) n’oublie pas le plaisir de spectateur. Grâce à une élégance de mise en scène (difficile d’oubliez un générique de début et de fin aussi jouissif) et à un plaisir de jeu ; le troisième long-métrage d’une tout de même belle trilogie n’aura oublié qu’un peu de consistance dans l’intrigue et un peu de finesse dans certains gags en trop. Ca mis à part ; Soderbergh boucle la saga de la plus belle des façons (autour d’une certaine fontaine et un certain Sinatra en fond) et promet un avenir radieux pour un film sous estimé qui mérite d’ores et déjà la palme de « la comédie classe de l’été ». C’est aussi le cinéma : nous faire entrer dans un univers de païllettes et de mecs qui veulent juste du fun qu’ils revendent au spectateur. Et ça ; c’est bien le job effectué par Clooney et sa bande. Que le jeu commence !

8/10

+ P.S: Un petit portrait de famille et trois affiches plus classe de ce dernier opus:

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Critique Surprise: Le Boulevard de la mort de Quentin Tarantino

Quentin Tarantino est un génie. Pour preuve : en quatre films (si on compte le segment « Kill Bill » comme un même film), le bonhomme a réussit à imposer un genre quasi à part entière qui déchaîne les fans et foudroient de rage les détracteurs. Mais Tarantino est aussi un sacré roublard. En sachant créée l’événement à chacun de ses films par le biais de nombreux moyens (médias ; critiques ; festivals…), il s’est créé un culte souvent ébranlé par des considérations économiques repoussantes (le cas « Kill Bill » en dvd). Son arme : une maîtrise totale des références qui l’assènent dans ses films grâce à une passion pour le cinéma dévorante et monstrueuse. Son meilleur ami : Robert Rodriguez. Un sacré roublard aussi (nettement moins talentueux certes) ; avec qui il s’associe aujourd’hui avec une volonté commune : revenir au plaisir d’antan et à la bonne vieille formule du « 2 films en 1 ». Ainsi naît Grindhouse ; projet jouissif sur le papier mais repoussant à l’entrée. Les responsables : les Frères Weinstein qui, sous couvert d’un manque de culture, décide de sortir le film en deux parties en France suite surtout au bide aux States. Ainsi débarque en premier lieu le plus attendu : Le Boulevard de la Mort. L’opus de Tarantino (rallongé de trente minutes et présenter à Cannes pour éviter de se sentir arnaqués) débarque dans les salles françaises au bonheur des fans. Le résultat : un bonbon à l’acide qui utilise de vieilles recettes pour faire mieux. Tarantinesque !

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Grind House

Date de sortie : 06 Juin 2007

Réalisé par Quentin Tarantino

Avec Kurt Russell, Rose McGowan, Zoe Bell

Genre : Epouvante-horreur

Durée : 1h 50min.

Interdit aux moins de 12 ans

Titre original : Grindhouse: Death Proof

Distribué par TFM Distribution

Résumé :
C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce Trio Infernal, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente.
C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant...

Image Hosted by ImageShack.us

Dès l’apparition du logo Troublemaker, l’excitation de voir le nouveau bébé de Tarantino se fait sentir. Puis apparaît les premières lettres à l’ancienne de Dimension Studios ; puis le plan qui fera légende comme la thèse totale de l’obsession de Quentin Tarantino : un générique à l’intérieur d’une bagnole ; avec écriture à l’ancienne et surtout plan sur les pieds de la fille de Sydney Poitier. Ainsi est lancé avec une allégresse affolante "la machine Tarantino" ; qui provoque une remontée incontrôlée du sourire et le confort de se sentir enfin dans du cinéma à part, dans une dimension quasi-cosmique. Car le monsieur à l’art unique de façonner un univers qui lui est propre et dans lequel on retrouve une part de ses films à chaque fois ; formant un tout d’une cohérence à toute épreuve. Ainsi on peut reconnaître sans mal le logo de la Shaw Brother qui sévit sans mal depuis Kill Bill vol.1. Avec ici un élément spécifique propre au projet : la froissure fréquente du son et de l’image. La rumeur géniale lancée il y a quelques temps déjà (les deux confrères auraient passer des heures à froisser la bobine originelle du film) prend ici forme dans une première partie qui joue la carte de la référence à fond.

Image Hosted by ImageShack.us

Avec un coté 70’s indécrottable, le film nous plonge au cœur du destin de quatre filles : Jungle Julia (joué par Sydney Tamilia Poitier) qui fait explicitement référence à la blaxpoitation avec des affiches partout dans la ville ; Pam (Rose McGowan) qui est une blonde platine mais surtout la première victime de Mike ; Arlene (Vanessa Ferlito) qui aperçoit en premier le cascadeur fou ; et enfin Shanna (Jordan Ladd). Dans un premier temps, il s’agit de la présentation et de l’identification de nos futures victimes. Avec une ruse sans équivoque, Tarantino arrive à nous rendre attachante ces filles un peu idiotes mais jamais complètement écervelées ; malgré un corps de rêve qui laisserait plutôt penser qu’un cerveau leur manquerait. Car sieur Quentin surprend agréablement avec un scénario qui évite les clichés des hommages faciles aux séries B ou Z (blondes criardes ; monstres géants…) tout en dégageant une forte odeur de passionné. Que ce soit des références visuelles (les nombreuses affiches, pubs, T-Shirts, tableaux…) ou sonores (les sonneries, la radio, les nombreux scratches…), Death Proof est presque l’aboutissement du cinéma le plus référentiel de Quentin Tarantino.

Image Hosted by ImageShack.us

Et c’est en ce sens d’ailleurs que le scindement du projet d’origine prend tout son sens : dans le désir de se défouler jusqu’au bout en injectant par tout les moyens possible une référence aux classiques qui ont bercé l’enfance de Tarantino. Au-delà d’une considération purement mercantile, c’est bien face à un film à part dans la filmographie du réalisateur que nous avons à faire. Et pas seulement parce qu’il use de références comme il l’a toujours fait ; mais bien parce qu’il cherche à raconter une histoire sans se prendre la tête. Ainsi la première heure est une vraie récréation où les caméos les plus géniaux se succèdent (la force d’Eli Roth face au clin d’œil du réal' himself), où les tubes les plus fantastiques s’enchaînent pour notre plus grand plaisir (encore une B.O d’enfer !) ; et où les filles les plus jolis s’éclatent et dansent sans jamais convoquer le voyeurisme. Il s’agit aussi de présenter un personnage monstre : Stuntman Mike. Ecrasant de charisme et stupéfiant de virilité, le personnage incarné par Kurt Russel (ou la résurrection d’un mythe) impose une présence magnétique qui ne peut que générer une certaine inquiétude. Passé des bavardages un poil trop long, le film embraye sur la première mort (aussi atroce que jouissif) ; puis sur le carnage de masse qui fait voler jambes et roues avec un sens de la dérision… singulier. On rit jaune et on attend la suite avec impatience ; tant la rupture brutale du choc à de quoi les âmes sensibles sur la carreau. Reste encore une scène délicieusement bien dialogué entre les deux shérifs… de Kill Bill !

Image Hosted by ImageShack.us

La suite, elle, s’impose comme la preuve que rallonger un film n’est pas forcément une bonne idée. Car en introduisant quatre nouveaux personnages (Zoe Bell dans son propre rôle ; Rosario Dawson avec Abernathy ; Kim avec Tracie Thoms ; et Mary Elizabeth Winstead avec Lee), Quentin Tarantino semble pendant un moment se répéter : utilisation des mêmes répliques, personnages quasi-identiques, retour prévisible de Mike… Une baisse de régime conséquente qui se perpétue dans un long dialogue autour d’une table évoquant évidemment Reservoir Dogs et qui, au-delà de son aspect purement technique (un superbe plan-séquence), pose les limites du film : offrir un cadeau un peu vain aux fans les plus hardcores de Tarantino qui passeront au-delà de la relative répétitivité des situations. Mais alors que le spectateur sent le décompte des minutes sur sa montre ; le métrage reprend des couleurs arrivées au ranch où une superbe voiture (la Cadillac blanche de Point Limite Zéro !) attend le groupe des quatre filles qui décident de faire une course avec. Bien sûr Stuntman décide de faire son grand retour ; et déboule sans prévenir à l’arrière de la caisse. S’engage alors pendant une bonne vingtaine de minutes une course-poursuite de folie ; ravageuse dans sa forme et terriblement excitante dans son fond. Mieux, la scène ramène aux canons de l’action en voiture lancé par Friedklin (époque French Connection et Police Fédérale Los Angeles donc) qui est presque rayé de la carte en une scène où la folie et l’impression de vitesse semblent être les deux mots d’ordres. Ainsi rarement vous semblerez si pris dans une scène d’action et rarement vous serez si immergés dans un flot continu de moteur. Du pur bonheur qui va au-delà des plus grosses attentes. Puis la scène finale ; monument trash et point d’orgue de l’ode à la femme (presque amorcé à partir de Pulp Fiction) qui finit de faire basculer le film dans ce qu’il était au départ : un vrai hommage aux séries B et Z.

Image Hosted by ImageShack.us

On pourrait parler plus longuement de la réalisation azimutée de Tarantino et de ses effets visuels totalement maîtrisés (le passage en noir & blanc ; l’écran réduit puis agrandit ; les sautes et le brouillage de pellicule ; le grain si particulier à l’image…) ; du jeu ultra naturel des actrices (mon dieu que Mary Elizabeth Winstead est belle !) et de L’acteur (Kurt Russel dans l’un de ses meilleurs rôles) ; ou encore du mélange habile des genres. Mais comme tout film de Quentin Tarantino, Le Boulevard de la Mort se vit et se parle entre potes ; entre fans et détracteurs pour débattre les plus fortes idées. Toujours est-il que le long-métrage ici présent est un bouillant morceau de pelloche ; asséné comme une méchante baffe dans la tronche par un passionné qui en connaît plus long qu’il ne le pense et qui prend un malin plaisir à faire mumuse avec sa caméra tout simplement car il à tout compris au vrai cinéma : entrer dans un univers pour ne pas en vouloir ressortir. En somme il s’agit là d’un gros cadeau d’un cinéphile pour des cinéphiles. Et ça, Tarantino le fait mieux que personne…

8.5/10

P.S : L’affiche originale de Point Limite Zéro :

Image Hosted by ImageShack.us

Critique Ciné: Pirates des Caraïbes: Jusqu'au bout du monde décortiqué

Jerry Bruckheimer est un malin. En sachant toujours s’entourer de yes-man talentueux, il façonne des films que personne n’attend et qui crée ainsi la surprise. Son plus gros coup ; ce sont des pirates qui lui ont offert. Avec plus d’un milliard et demi engrangés dans le monde, Pirates des Caraïbes est devenu une affaire juteuse qui fait montre d’un marketing sans précédent : goodies, jeux vidéos dérivés, posters, t-shirts à l’effigie de l’équipe… Autant de raisons qui poussent le spectateur lambda à sortir de sa tanière pour se réfugier dans les salles obscures à la recherche de sensations fortes. Car la vraie force de cette trilogie ; c’est bien de remettre au goût du jour un genre poussiéreux depuis la fin des années 80 : le film d’aventures. Qui plus est : le film de pirates. Ainsi après un premier opus honnête mais un peu bâtard en terme de rythme et de décor et un deuxième opus cartoonesque et littéralement jouissif ; Disney (qui peut dire merci à la saga tant elle lui a fait une pub sans précédent - adaptation d’attraction oblige -) propose un troisième opus qui s’est fait attendre tant il a promit la résolution de toutes les questions posées par le second épisode. Seulement voilà, en voulant toujours faire plus (le budget du premier ayant gonfler de 150 millions de dollars !) ; les scénaristes et façonneurs de cette chouette trilogie ont oublié quelque chose : l’âme. Et ce n’est pas avec Jusqu’au bout du monde que ça risque de s’arranger.

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Pirates des Caraïbes

Date de sortie : 23 Mai 2007

Réalisé par Gore Verbinski

Avec Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley

Genre : Aventure, Fantastique, Comédie, Action

Durée : 2h 48min.

Distribué par Buena Vista International

Titre original : Pirates of the Caribbean: At World's End

Résumé :
L'âge d'or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L'invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires.
Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n'ont qu'une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice : ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l'un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l'appel.
Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s'emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu...

Image Hosted by ImageShack.us

C’est dans les vieux plats que l’on fait les meilleures recettes. Ainsi reprenons le schéma de critique proposer l’année dernière pour le 2 et examinons ce troisième épisode point par point :

- L’histoire

Pour une fois dans une production hollywoodienne on ne frôle pas le niveau zéro d’écriture ; mais le trop-plein d’intrigues. C’est simple : à moins d’être un inconditionnel de la saga, on est complètement dans la noyade. Et les réponses promises sont tellement assénées dans un flot de paroles qu’on finit par s’asphyxier. Il faut mettre à l’amende non pas un ensemble relativement clair (aucun problème sur les tenants principaux de l’intrigue à la fin du film) ; mais bien une surenchère de sous intrigues. D’abord il y a cette fameuse Calypso qui semble davantage tomber du ciel que prévu par des scénaristes qui voulaient honnêtement expliquer l’histoire du Capitaine Jones et faire plaisir aux spectateurs en leur promettant une histoire d’amour. Mieux, il cherche à user d’un personnage secondaire déjà vu pour créer un « rebondissement ». Seulement l’histoire semble tellement tirée par les cheveux que le spectateur décroche avant de ne plus rien à comprendre à ce personnage qui disparaît aussi vite qu’apparue (qui plus est sans aucune logique). Dommage tant on décelait un potentiel. On pourrait également citer quelques autres géniaux personnages trop vite sacrifiés ; même si c’est clairement sur l’autel de la nécessitée (pas assez de temps pour les développer davantage).

Il y a aussi le fait que Ted Elliott et Terry Rossio ont voulu faire plaisir aux fans en multipliant les fausses pistes. On ne dénombre pour ainsi dire plus les multiplications de complots, de trahisons et de coups tordus par des personnages tous pourris jusqu’à la moelle. Le réel problème réside dans le flot continu et souvent inutile (le quiproquo avec Sao Feng, Elizabeth et Calypso) d’informations qui cherchent à jouer la carte de la malice pour mieux se prendre le mur d’en face. Et les chassés-croisés entre les personnages (Sparrow – Beckett / Beckett – Turner / Turner – Jones…) ne cessent de couler le spectateur qui était à l’origine venu pour se distraire. Il y a aussi cette volonté mercantile d’offrir aux auditeurs l’inattendu (un scénario bourré d’originalité) pour mieux les prendre à rebrousse poil avec une fin qui fleure bon le sapin (j’en reparle plus bas). Finissons sur les points négatifs avec une remarque inconsciente des plus déçus : la perte d’une vraie âme et d’une vraie surprise. A y regarder de plus près, on voit clairement que le premier avait été fait avec une vraie passion par des gens qui voulaient dépoussiérer le genre en apportant aux vieux canons du genre des touches de modernité bienvenues (les « pirates squelettes » ; Sparrow lui-même…). Les deux derniers, fait dans la panique (quasiment en même temps pour un tournage monstre de cinq mois), témoigne de ce processus qui empêche grandement la créativité. Sans exagérer (le scénario multiplie les décors, les personnages nouveaux et les scènes d’actions avec un grand sens du rythme et du tact), l’oeuvre ici présente illustre un vrai paradoxe : des myriades d’intrigues pour un ensemble vide de sens.

Image Hosted by ImageShack.us

- Les Personnages

On retrouve ainsi notre équipage peu de temps après la fin du deuxième opus : Jack est dans le monde des morts et le reste de l’équipe part à sa recherche pour empêcher Lord Beckett et son désormais « allié » Davy Jones de parvenir à leur fin en enrayant les pirates de la carte. Le début du film est ultra réjouissant tant il fait montre d’une noirceur peu commune (à savoir la pendaison de plusieurs pirates ; dont… un enfant !). Après l’affichage d’un titre aussi léché qu’hors propos ; les personnages se bousculent au portillon : Swann, Barbossa, et les sempiternels seconds couteaux. L’apparition de Turner permet ainsi de lancer l’intrigue et de relancer l’histoire d’amour qui l’unit à Elizabeth. Cohérente (la relation dégradée par le deuxième opus et Sparrow reprend des couleurs tout naturellement) et épicée (la demande en mariage et ce qui suit sur le bateau) ; elle n’évite pas néanmoins les écueils d’une histoire à l’eau de rose. Il faudrait par contre arrêter de s’acharner sur Orlando Bloom qui arrive à rendre crédible, malgré un regard aussi vif qu'un crustacé, un personnage ayant constamment vécu dans l’ombre de Jack Sparrow. Sa comparse à l’écran (Keira Knightley) se taille clairement une grosse part du lion avec des apparitions terriblement délicieuses (qui à dit la magnifique scène de plage de fin !) et utiles à l’histoire. Enfin dans ses pantoufles, on pourra juste lui reprocher un rôle toujours (un peu) potiche. Le podium est complété par un Geoffrey Rush impérial mais mal utilisé (il apparaît pour l’explicative mais ne fait pas ressentir sa position de leader).

Enfin il reste… le reste : Bill Nighy en Davy Jones est toujours magnifiquement présent mais à la mauvaise idée de dévoiler son vrai visage ; Tom Hollander incarne un Beckett perpétuellement machiavélique ; Chow Yun-Fat constitue à lui seul LA déception du film avec un temps à l’écran ridicule pour un personnage diablement intéressant ; et enfin le singe fait des cabrioles. Voilà pour les personnages de… Comment ?! Ah oui ! Bien sûr : il reste un personnage. Un personnage qui à imposer sa griffe et sa présence à une saga qui lui doit presque tout : Jack Sparrow. On s’en doutait tant les preuves étaient grosses comme des silos russes (on est passé de cinq personnages sur l’affiche du premier film à un seul – lui off course – sur celle du dernier) ; Sparrow est partout. Même quand ça ne le regarde pas, il débarque à l’improviste pour faire l’un de ses meilleurs tours. Seulement voilà, la soupe à la grimace tourne vite à la rivière empoisonnée : gags éculés et quasi parodiques (hi le lécher de cerveau !), blagues plates comme une crêpe… Le personnage perd malheureusement une grosse partie de sa magie et de sa puissance comique tant il semble souvent être trop longuement présent. On ne peut pas en vouloir à Johnny Depp qui s’éclate comme un petit fou en composant tel un funambule un personnage qui serait tombé dans les abysses avec un autre (hilarante première apparition du personnage) ; mais davantage aux scénaristes qui ont voulu surfer sur l’énorme popularité du personnage auprès du public sans jamais savoir où le mettre. On pourra également reprocher la longueur des apparitions (interminable scène avec les crabes) ; tremplin idéal à un paradoxe : pas assez d’apparitions. Les fans risquent de jubiler ; tandis que les autres tireront la grise mine.

Image Hosted by ImageShack.us

- La réalisation

Stop aux remarques méchantes sur ce troisième opus ; et place aux points positifs. D’abord respect à Gore Verbinski, auteur mésestimé et injustement critiqué à cause de son absence de griffe ; mais réalisateur ultra talentueux sachant passer du projet le plus indie qui soit (le superbe The Weather Man) aux grosses productions sans jamais bouffer la pellicule de son ego. Ainsi il a su avec cette trilogie qui s’achève imposer un style propre et reconnaissable sans jamais dénaturer le matériau d’origine. Du travail d’orfèvre qu’il orchestre avec une équipe du tonnerre : que ce soit dans les cadrages fluides, dans la photographie nuancée ou dans le contrôle de scènes d’action dantesques ; tout respire ici la maîtrise la plus totale malgré un tournage pas évident et sous-pression. La direction d’acteurs est aussi fabuleuse tant tout le monde est à sa place au bon moment et avec le bon ton. Alors encore une fois Mr. Verbinski : bravo !

Image Hosted by ImageShack.us

- Les scènes d’actions

Malgré une durée excessive, la force de ce Pirates des Caraïbes est de savoir doser avec intelligence les scènes d’action et les moments plus intimistes. Ainsi et malgré un certain vide au centre du récit ; c’est l’extase total au niveau explosions ou combats en tout genre. D’abord en Chine où l’équipage affronte le redoutable Sao Feng puis les troupes de Beckett (hilarant plan avec le nain qui décolle) dans un feu d’artifice collectif ; puis c’est l’habituel cocktail de boulets de canon qui fait exploser les bateaux avec un joie commune de tout faire péter. On notera également une précipitation spectaculaire en bateau dans l’équivalent des chutes du Niagara. Eh bien c’est tout ? On se doute rapidement que non ; surtout si on a pris le soin de lire les quelques critiques qui ont émaillés d’Internet. Ainsi les puristes sauront que le gigantesque bouquet final dure une demi-heure et se situe à la fin. Et effectivement, on a rarement vu pareil déchaînement d’apocalypse à l’écran : les bouts de bois volent partout sur l’écran (mention au vaisseau de Beckett), le tourbillon et l’eau qui va avec virevoltent avec le plaisir de tout ravager, les personnages se croisent (Sparrow et « sa liane ») et se battent pour le plus grand plaisir du spectateur qui est émerveillé devant une telle débauche d’immersion numérique. Malgré tout, cette giga-scène d’action pose rapidement les limites de cet opus : ne vivre que pour une scène qui surgit malheureusement après des assommants tunnels de dialogues. A noter également les brillants et ahurissants (quasi-révolutionnaires même) effets spéciaux qui justifient pleinement un budget en béton armé.

Image Hosted by ImageShack.us

- La durée, la musique et la fin

On sentait déjà des longueurs dans les deux premiers épisodes ; ici c’est clairement la totale. Sûrement nécessaire à l’intrigue, elles provoquent un ennui général qui désamorce la tension ou le suspense du film. Etant un amateur des films plutôt long, je dois dire que les 2h50 ne se justifient pas vraiment. Ensuite la musique : Zimmer ayant repris le flambeau de son prodige d’élève (Klaus Badelt est un génie) avec peu de brio dans le second opus ; il décide ici de se secouer le cocotier et est pour beaucoup dans la magie du film. D’abord avec le thème général et indétronable qu’il reprend ici avec malice ; puis en créant un nouveau thème appelé à devenir culte comme l’était le premier. Du travail de maître comme le célèbre compositeur sait les faire et les affectionne. Evoquons la fin qui achève la saga de façon totalement ouverte ; laissant une large place à la suite. La scène post-générique tant promis tient plus de l’amuse bouche ; mais fait quand même plaisir à voir.

Image Hosted by ImageShack.us

Au final, Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde tient plus du rendez-vous manqué que de l’apothéose d’une très sympathique saga. Tout le potentiel été là ; mais la précipitation dont on fait preuve l’équipe du film et le fourre-tout scénaristique du duo Elliott-Rossio laisse pantois. Reste maintenant des acteurs qui s’éclatent (Depp en tête) ; une réalisation au poil ; des scènes d’actions monstrueuses ; et un doux parfum de film estival. Autant de raisons qui pousseront le film vers le succès (chose déjà faite avec des records à la pelle). Quand à l’idée d’un quatrième puis cinquième opus évoqué longuement par Bruckeimer ; il faudra que les efforts derrière soit colossaux si le film veut retrouver ce qui lui manque : sa magie et son âme.

6/10

Critique Ciné : Spider-man 3 ou quand le mythe s'achève...

Date historique : Spider-man prend sa retraite des écrans de cinéma. Et autant dire que c’est un véritable raz-de-marée qui s’achève depuis le 12 Juin 2002, date de sortie du premier opus : 1,6 milliards de dollars rapportés dans le monde (oui vous avez bien lu !) en seulement deux opus ; des critiques célébrant chaque épisode avec des appréciations dithyrambiques ; des ventes de goodies atteignant des sommes astronomiques et une relance de la mode des adaptations de B.D. Sam Raimi, qui à débuté avec le cultissime mais fauché Evil Dead ; était loin de se douter de l’engouement qu’aura provoqué une simple araignée mutante en mordant le lycéen Peter Parker. Et pourtant, force est de reconnaître que la saga de Marvel à su imposer une patte indélébile dans la mémoire du spectateur lambda avec une histoire toujours fouillée. Après un premier opus pas foncièrement génial et un deuxième opus honnêtement très bon ; le 3ème de la série débarque depuis le 1er Mars (où il à explosé le record d’entrées en France et en Italie) et risque fortement de diviser. Suivez le fil, je vous explique.

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Spider-Man

Date de sortie : 02 Mai 2007

Réalisé par Sam Raimi

Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco

Genre : Fantastique, Action

Durée : 2h 19min.

Distribué par Gaumont Columbia Tristar Films

Résumé :
Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. Mais l'horizon s'obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs et transforme également sa personnalité pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur que Peter s'efforce de contrôler.
Sous l'influence de son costume, Peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Peter va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera deux des pires méchants de l'histoire, l'Homme-sable et Vénom, dont l'extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers.

Image Hosted by ImageShack.us

Ironique. Voilà comment on pourrait qualifier le début de Spider-man 3. Après un générique toujours aussi dantesque et ayant la bonne idée de résumer l’histoire des deux premiers avec une simplicité peu commune et un sens de l’hommage respectable (les images sous formes de cases de B.D) ; le métrage s’embraye directement sur l’actuelle position de l’homme le plus maladroit de New York avec la plus forte araignée du monde ; et ses relations avec ceux qu’ils aiment. Ainsi tout semble aller comme sur des roulettes à un Peter Parker à qui la vie sourit (plus d’ennemis ; une Mary Jane au comble du bonheur car enfin sur Broadway…) et qui est plus amoureux que jamais. Après les habituelles et moralisatrices visites chez tante May, Parker exprime son envie d’épouser la femme de sa vie : Mary Jane. On pourrait presque arrêter là et en faire un roman à la guimauve. Mais Raimi à déjà d’autres obsessions derrière la tête ; comme celle de triturer les nerfs de notre héros et de le pousser à bout. Il intègre donc, à l’aide de grosses ficelles (la symbiote qui tombe juste a coté de la moto de Parker ; Flint Marko qui se retrouve comme de par hasard dans le transformateur de molécules…), des éléments perturbateurs dans son récit et fait ainsi monter la pression du spectateur. Maîtrisant parfaitement les codes habituels de l’épouvante, il donne par conséquent à la symbiote une forme qui évoque la terreur la plus absolue et qui renvoie aux grands classiques du trash (avec une forme visqueuse rappelant le chef d’œuvre The Thing). Si les pérégrinations de Parker sont évoqués ; les échecs artistiques de Mary Jane et la revanche folle d’Harry Osborn démontrent une fois de plus que la saga Spider-man est avant tout une histoire d’êtres humains fragiles (un trio amoureux en l’occurrence) et que le virage vers le tragique opéré par ce troisième opus est bien volontaire.

Image Hosted by ImageShack.us

Par petites touches donc, le scénario écrit par les deux frangins Raimi (dont le troisième de la bande Ted vient faire une apparition discrète dans le rôle d’ « un vendeur de titres ») instaure un climat de noirceur qui prend véritablement forme avec le costume noir et une bonne heure et demi mouvementée (une chouette course-poursuite entre Osborn Jr. et Spider-man ; une hallucinante et superbe scène d’action dans New York avec l’homme de sable où Raimi nous gratifie d’un magnifique plan séquence et d’effets spéciaux à la pointe de la technologie). A partir de là, le film part dans une folie douce où Parker drague dans la rue, fait des pas de danses et montre un culot effarant avec son patron J. Jonah Jameson (superbe J. K. Simmons en grande forme dans la fameuse scène des cachets) ; sans oublier d’improviser un peu plus tard un morceau au piano qui finit en baston survolté. Pourtant ce délire n’est pas gratuit et appuie un peu plus la schizophrénie de Parker qui ne maîtrise plus ses pulsions sous l’effet de la symbiote et vire dans un imbroglio affectif (ses relations avec Mary Jane qui bascule avec une rapidité effarante) et personnel (il va jusqu’à mépriser ses voisins). On comprend bien la direction choisie par ce troisième épisode : après l’acceptation des super-pouvoirs et le concillement entre vie privée et vie publique ; c’est cette fois-ci avec les zones d’ombres de l’être humain que l’araignée la plus célèbre du monde devra gérer. La presse est aussi au creux du récit avec l’apparition d’un nouveau photographe prétentieux et concurrent direct de Parker : Eddie Brock. Toujours à refouler les poubelles ; il ira loin dans sa marche vers le succès et dans l’élimination complète de Peter qui lui mettra aussi des bâtons dans les roues sous l’impulsion de sa légendaire nouvelle colère. Gardons la surprise sur ce que deviendra ce personnage capital dans les derniers trois-quarts ; même si les fans les plus assidus le savent déjà.

Image Hosted by ImageShack.us

Mais Spider-man 3 est aussi, quoi qu’on en dise, un film qui procure de l’émotion aux spectateurs. Beaucoup moins cucu que dans le deuxième épisode où un timide Parker demandait avec une hésitation peu commune l’amour de Mary Jane, ce nouvel opus semble trouver le ton juste et résout certaines pistes évoquées durant la saga. D’abord avec la mort d’oncle Ben qui ici connaît nombre de remous (la découverte du véritable assassin qui ne s’avère pas si coupable que ça…) et s’impose comme l’histoire la plus touchante ; en accord avec un final de toute beauté sur les toits d’un chantier. Ensuite bien sûr, avec le dénouement du triangle amoureux qui unis Peter, Mary Jane et Harry sur une fin des plus tragiques mais des plus logiques. La tragédie grecque semble d’ailleurs avoir inspirer Raimi avec un plan sur les toits qui en dit long sur l’état du super-héros et, cherchons plus loin ; du monde actuel (les références sur la paranoïa post 09/11 sont cachées mais nombreuses). Enfin, comme une danseuse étoile après un opéra de Wagner ; Sam Raimi finit sa trilogie avec un délectable romantisme ; affirmant la volonté de s’intéresser à l’humain avant tout. D’autres seconds rôles sont gardées en suspens (notamment avec les méchants et l’étrange geste d’Eddie Brock) pour une nouvelle boucle qui semble de plus en plus se préciser (Raimi et ses acteurs partant avec un bon scénario ; le succès monstrueux du film dans le monde…). Ce serait extrêmement dommageable tant la fin du film est ouverte mais suffisante.

Image Hosted by ImageShack.us

Pour autant, Spider-man 3 n’est pas un film parfait. Pire, il apparaît des défauts qui écornent la crédibilité et la force de la série. Alors bien sûr il y a les idées faciles évoqués plus haut qui paraissent néanmoins obligatoires pour développer sur 2h 20 de récit ; mais il y a aussi le fait que la noirceur promise ne soit finalement pas de mise : le costume à beau être noir ; à aucun moment il ne fout la pétoche. Et la transformation du coté obscur de Parker se traduit grand max, si l’on excepte l’épisode de « la bombe », par une baffe dans la tronche (à la mauvaise personne d’accord) et par le quasi-meurtre d’un monstre voleur. Pour un blockbuster ça passe très bien ; mais pour un B.D bien noir moins. Evoquons aussi un Venom pas franchement canon (trop mince et pas réussit niveau visage) et une imagerie typiquement américaine (le drapeau anecdotique pour une musique magnifique mais omniprésente et à grand renforts de violons). Cependant, faire la fine bouche devant les énormissimes scènes d’actions relèverait presque de l’insulte publique. Nanti d’un budget historique (258 millions de $), Raimi se lâche et livre un Sandman plus vrai que nature et baladant ses grains de sable dans la ville de New York (jouissif car exploitant à merveille l’architecture de la ville) et dans le métro (superbes plans virevoltant) avec un réalisme peu commun. Il y a bien sûr la poursuite avec Osborn (auquel on peut quand même reprocher un skate-board douteux) ; mais surtout il y a deux scènes à retenir du film : la scène de la grue qui défie les lois de la gravité pour un planage totale dans les airs ; mais aussi et surtout une scène finale dantesque qui aurait pour seul reproche d’en faire trop ! Du travail qui descend un peu plus les scènes d’actions d’X-Men 3 dans les bas-fonds du cheap.

Image Hosted by ImageShack.us

Enfin Spider-man 3 est aussi l’occasion de voir les acteurs de la saga arriver à maturité. D’abord Tobey Maguire bien sûr ; qui semble ici trouver enfin le ton juste pour interpréter avec une aise peu commode la double personnalité du super-héros : tantôt émouvant dans les scènes d’émotion, attachant dans les scènes de comédie et philatéliste dans les scènes d’actions ; le comédien arrive enfin à prouver qu’il sait faire preuve d’un indéniable charisme et d’une incroyable touche d’humour en maîtrisant sur le bout des doigts son rôle. Kirsten Dunst s’améliore aussi en interprétant une Mary Jane constamment sur le fil du rasoir et surtout particulièrement malchanceuse : outre son idylle qui vire au rouge avec Parker et ses ennuis avec Osborn ; elle connaît maintenant des soucis avec sa vie professionnelle. Sans oublier bien sûr la désormais légendaire scène finale ; où la pauvre jeune femme est au centre de tous les conflits. Mais celui qui arrive à crever l’écran à chacune de ses apparitions et qui semble avoir fait un bond monumental en un épisode ; c’est bien James Franco. Qu’il soit sur un skate supersonique ou avec un trou de mémoire géant ; l’acteur alterne moments de pure comédie où il révèle une aisance à jouer les naïfs qui fait plaisir à voir ; avec des moments de vraie démence où sa rage envers Peter aboutit dans une bastonnade à sa propre demeure. Mais oublier les deux méchants de l’intrigue serait sans aucun doute regrettable ; tant ceux-ci se défendent admirablement bien. D’abord avec Thomas Haden Church : éternel Jack dans Sideways, il interprète ici un Sandman plus vrai que nature et qui est rendu extrêmement attachant grâce à l’histoire du combat pour sa fille. Un personnage qui m’a profondément marqué et qui prouve, une fois de plus, qu’Haden Church est un acteur au charisme qui dépasse les frontières. Du travail d’orfèvre qui s’accorde avec celui de Topher Grace : après des débuts dans la célèbre série That 70’ Show, il compose ici un Eddie Brock immoral et detestable avec un sens du goût délectable. Dommage qu’il soit moins à l’aise avec son penchant nerveux du personnage ; à savoir le légendaire Venom. Pour le reste, c’est comme toujours nickel : de Bryce Dallas Howard à J.K Simmons ; en passant par James Cromwell : c’est du haut niveau. Le ponpon revient à l’éternel, au grand, à l’immense Bruce Campbell qui interprète un restaurateur français avec un plaisir qui ne ravira pas seulement ses plus grands fans.

Image Hosted by ImageShack.us

On pourrait encore parler de la réalisation de Sam Raimi qui s’améliore lui aussi à chaque opus et prouve qu’il à tout d’un grand réalisateur ; mais je pense que le constat est là : Spider-man 3 est une réussite. N’en déplaise aux plus sceptiques qui pourront toujours argumenter sur le fait que le film est trop riche en émotions factices ou trop longuement étalé ; il faut reconnaître que rarement un blockbuster aura chercher à pousser ses héros au bord du gouffre pour mieux dévoiler leur richesse. Et ça, ça mérite bien un raz-de-marée planétaire…

8.5/10

Critique Ciné: TMTN - Les Tortues Ninjas de Kévin Munroe (2007)

Cowabunga ! Les Tortues ninjas sont de retour. A l’origine de ces célèbres justiciers en carapace: une B.D culte qui a marqué les esprits ; crée notamment pour pasticher Daredevil et Elektra. Puis est venu la célébrissime série de 1987 jusqu’en 1990 où un film fut réalisé par Steve Barron (auteur de nombreux clips). Aujourd’hui, sous l’impulsion des frères Weinstein (vais-je réussir à conserver la haine que j’ai envers les deux fréros ?) et la direction de Kevin Munroe (un inconditionnel de la bande dessinée), les tortues ninjas reviennent. Alors : machin kitsch et enfantin ou véritable objet aux connotations sombres fait pour les fans ?

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Les Tortues Ninja

Date de sortie : 11 Avril 2007

Réalisé par Kevin Munroe

Avec Mitchell Whitfield, James Arnold Taylor, Mikey Kelley (V.O)

Genre : Animation, Fantastique, Action

Durée : 1h 26min.

Film pour enfants à partir de 10 ans

Distribué par Warner Bros. France

Résumé:
Depuis la défaite de leur ennemi juré The Shredder, les liens se sont distendus entre Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo. Leur vieux gourou, le rat géant Splinter fait tout ce qu'il peut pour maintenir un semblant de cohésion au sein de cette tumultueuse équipe, et s'inquiète d'autant qu'il sent planer une lourde menace sur New York.
De fait, le richissime industriel Max Winter est en train de lever une vaste armée de monstres aux fins de dominer le monde. Aidés de leurs fidèles comparses April O'Neil et Casey Jones, nos Tortues vont devoir livrer le plus féroce combat de leur vie en affrontant à nouveau le mystérieux clan des "Foot", recruté par le diabolique Winter...

Image Hosted by ImageShack.us

Ainsi donc aujourd’hui, les tortues les plus célèbres du monde reviennent pour un long en 3D. Au premier abord (c'est-à-dire en regardant la bande-annonce), on peut légèrement douter de l’intérêt de l’objet : production Weinstein (avec moi, ces deux jojos vont morfler !) , animation sans grands moyens, personnages ayant perdus leurs doublages d’origines (chose malheureusement confirmer par la séance)… Un léger doute s’installe ; renforcé personnellement par le fait que je ne suis pas du tout un admirateur des quatre compères et de leurs univers. Pourtant la curiosité et les critiques positives m’ont finalement pousser sur le siège d’une séance matinale où la tentative de ne pas sombrer de fatigue est douloureuse ; à cause d’une nuit pas foncièrement très longue. Et pourtant TMTN (abréviation pour Teenage Mutants Turtles Ninjas ; titre original) est un film qui remplie allégrement son contrat de départ. Car en venant dans ce genre de productions (un film d’animation en 3D hérité d’une bande cultissime) ; on est en droit de s’attendre à un spectacle sachant dosé humour enfantin (pour faire plaisir aux bambins) et références au point de départ (pour les nostlagiques trentenaires qui attendent le messie). C’est ce que le long-métrage de Munroe s’évertue à faire ; maladroitement mais honnetement.

Image Hosted by ImageShack.us

Tout d’abord avec l’histoire. Kevin Munroe (aussi scénariste) prend des partis-pris risqués mais toujours maitrisés. D’abord il ne choisit de ne pas présenter l’histoire des tortues de A à Z mais de suggérer une voix-off qui ne servira qu’à dévoiler les informations essentielles (d’où vient leur nom ; que font-ils…). Ensuite il évite d’utiliser le célèbre méchant de la série(Shredder qui est… « disparu ») et choisit plutôt une légende où le clan des Foot reviennent pour porter aide à un mégalo (dans un premier temps en tout cas) qui cherche à réunir treize créatures pour… un truc qu’il ne faut pas dévoiler. Enfin, les liens entre Léonardo (parti dans la jungle depuis plusieurs années pour suivre un long entraînement) et Raphaël (qui joue le justicier tout seul la nuit à bord d’une moto) se sont considérablement empirés : ils ne se respectent plus, ils se frappent dessus ; bref c’est la cata. Et alors que Splinter (vous savez, le rat chinois ?) tente de remettre de l’ordre ; une menace plane sur la ville. Les bases résumées ici ne perdent pas de temps pour se mettent en place ; mais semblent quand même avoir un certain mal pour s’activer. Ainsi donc, le plaisir commence au retour de Léonardo sur la Terre où il tentera de lutter contre son frère au bandeau rouge (Raphaël donc) qui veut faire justice tout seul et ne supporte plus l’autorité de son frère. Ses deux zigotos là passeront donc leur temps à se foutre sur la tronche ; avant de se rendre compte que la menace d’une invasion de statues vivantes soit plus dangereuse que la satisfaction de leur ego respectif. Ainsi la première demi-heure met en place les personnages (à l’aide de vignettes rigolotes et référencées) et décrit leur quotidien sans aventure (Michelangelo qui fait des anniversaires, Donatello qui joue au service après-vente…). Un peu laborieuse, la première partie à du mal à convaincre pleinement mais prépare suffisamment le terrain pour une deuxième partie plus intéressante.

Image Hosted by ImageShack.us

Le retour de Léonardo au sein du groupe provoque des remous de constestation de la part de Raphaël qui engage alors « une guerre » contre son frère le plus sage. Un jeu de la confrontation qui trouve son apogée dans une superbe séquence sous la pluie où les deux compères chercheront à prouver leur supériorité respective. Malheureusement ce penchant pour mettre au cœur du récit les deux tortues aux bandeaux rouge et bleu à tendance à laisser de coté les deux autres personnages du film : Michelangelo et Donatello. Si le premier est toujours autant un idiot de premier choix (qui lance des vannes type CM2 et rote le plus fort: c’est dire le niveau), le deuxième fait de la figuration totale. Encore un choix qui risque de méchamment dérouter les fans ; même si honnetement, on s’en fout un peu. Car ce qui prime dans ce nouvel opus ; c’est bien le plaisir immédiat et le fun le plus total. Ainsi, que l’on navigue dans les tunnels des égouts ou que l’on slide sur des tuyaux d’aération ; la caméra cherche à suivre et l’animation est pensé pour. Un fun qui s’intègre à merveille avec un scénario qui laisse place à une certaine noirceur (le fait que le film se déroule toujours de nuit ; les méchants extrêmement soignés), à une certaine lucidité et intelligence d’esprit (le méchant qui peut paraître mégalo au premier abord mais qui se révèle être un homme honnête cherchant la justice) et à une folie de ton passagère mais détonante (Raphaël qui se fait attaquer par une bête sur fond de Black Betty des Ram Jam : c’est du plaisir cinéphilique à l’état pur !). Un scénar’ qui réserve des surprises et qui est empreint d’un certain mystère (la fin avec un indice à la Batman Begins) pour des fans qui risquent fortement d’être conquis tant le travail de Kevin Munroe respire le travail honnête d’aficionados à plein nez.

Image Hosted by ImageShack.us

Il ne faut pourtant pas oublier qu’il à une équipe de technicien derrière lui qui tente, malgré un budget relativement maigre (34 millions de dollars), de combler les trous et de livrer une copie du plus bel effet. TMTN alterne ainsi entre beauté plastique la plus absolue et ratage artistique irrespectueux. Au début, le choc esthétique est rude : persos mal dessinés, environnement lisse et sans saveur (la jungle est je pense l’épisode le plus difficile à regarder), effets de caméra mal dosés ; bref, on est pas en plein Pixar. Puis à la découverte de la ville, le film commence à ouvrir sa boîte à beauté pour dévoiler un sens de l’animation utile (les objets du décor sont bien utilisés) et des idées malicieuses mais courtes (les effets de la nuit sur le sol, l’eau et le coucher de soleil…). Mieux, on atteint l’extase devant une superbe scène de baston sous la pluie où la peau des tortues est, mélangée au son, photo réaliste ; et aussi devant des plans de fin où un rayon traverse un immeuble avec un sens des couleurs tout bonnement sidérant. Sans oublier bien sûr nos quatres compères qui ont eu le droit à un traitement aux petits oignons. Un style visuel qui déroute mais qui parvient à se faire accepter malgré tout. Au rang des réussites, on notera une musique signée Klaus Badelt qui joue la carte du grandiose et des paillettes pour finalement livrer une pépite de plus au palmarès de cet étonnant compositeur. On notera aussi une caméra qui reste toujours dynamique sans sombrer dans le grand guignol ou la bouillasse visuelle. Au rang des défauts, on remarquera un doublage français assez moyen (surtout pour Michelangelo et Casey Jones) qui trahit un peu le doublage d’origine (avec Emmanuel Curti !). Du travail en demi-teinte.

Image Hosted by ImageShack.us

Au final, TMTN est un film attachant car sincère : cherchant à livrer la copie la plus respectueuse et la plus fun possible, Kevin Munroe parvient à faire revivre les héros d’une décennie passée sans les trop rendre ridicule ou trop cadrés. Et ça, c’est déjà une réussite. Allez : Cawabunga !

6.5/10

Bande-annonce finale: Die Hard 4 - Retour en Enfer!

Image Hosted by ImageShack.us

Après un teaser alléchant et la récente bande-annonce publiée par Dvdrama (dont le lien est offert ici); Die Hard 4 - Retour en Enfer livre aujourd'hui ce qui s'apparente à la bande-annonce finale. Dévoilant quelques surprises (la fille de McClane; le méchant de service et son sbire joué par... le héros de Banlieue 13: Cyril Raffaelli); elle met en valeur les deux points qui semblent caractériser le métrage: le respect à l'égard de McClane (Punch-lines du plus bel effet; une certaine symphonie de Mozart que certains prendront un pied à reconnaître; un méchant sûr de lui; le sang qui tâche...) et une surenchère dans le nimport' nawak le plus total (une voiture dans une cage d'ascenseur; un avion de chasse qui explose les fondements d'une autoroute et qui permet à McClane de voler sur un avion de chasse...). En gros, ça sent bon la testostérone sur l'écran et le plaisir bourrin semble être poussée à son paroxysme (Bay risque de prendre un sacré coup!). Malheureusement j'ai bien peur que, intégré à cette magnifique et grandiose saga qu'est Die Hard, le film paraisse bien être un intrus de premier choix. Réponse le 04 Juillet 2007!

La bande-annonce qui fait tout péter! (cliquez sur Exclusive Trailer)

P.S: Le compositeur sera Marco Beltrami (Underworld 2 bien sûr; Resident Evil; I, Robot...) et non plus Micheal Kamen (je sais... il est mort).

+ Photos du Trailer:

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Deux nouvelles bandes-annonces: Ocean's Thirteen et Hostel 2 !

Image Hosted by ImageShack.us

*Aujourd'hui, deux nouvelles bandes-annonces sont apparues sur le net. D'abord le plus attendu: Ocean's Thirteen. Moi qui défend depuis le début cette superbe franchise (même le Twelve!), j'attends donc avec une impatience non contenu le nouvel opus au casting en or massif: Clooney, Pitt, Damon, Garcia, Cheadle, Mac et le nouveau venu: l'immense Pacino. Ici donc est proposé la longue bande-annonce; et autant dire que la promesse de revenir à quelque chose de plus proche au Eleven (je cherche encore un film plus cool qui se regarde autant de fois avec autant de plaisir) avec un sens du style (les chiffres au dessus des clients) et un bonheur partagé; toujours sous la houlette de l'incompris Soderbergh. L'orgasme cosmique est annoncé pour le 20 juin 2007!

Bande-annonce bonheur ici: Ocean's Thirteen

+ nouvelles photos:

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

*Puis vient la première bande-annonce du pas très attendu Hostel 2 qui se dévoile. Quasi-identique au 1, cette suite semble davantage s'interesser aux bourreaux pour un carnage quand même annoncé. Personnellement: pas très tenté.

Image Hosted by ImageShack.us

B.A ici

Bande-annonce uppercut: La vengeance dans la peau!

En exclusivité et rien que pour vous les cinéphiles adeptes de montages nerveux et d'intrigues corsées: la première bande-annonce du supra-attendu (en tout cas par moi): La vengeance dans la peau. Troisième opus de la série pour Jason Bourne qui aura fort à faire pour démanteler et découvrir sa vraie identité. Pour les allergiques au style "Grengrass"; inutile de revenir car cette première bande-annonce semble reprendre la même charte graphique. Pour les autres: du bonheur en pellicule qui se mue en coup poing dans la tronche avec une image ultra douteuse (Franka Potente de retour?!); une énormissime scène d'action (qui à l'air d'exploser les deux premiers réunis); et un Bourne toujours à l'affut et en pleine remise en question; rien que pour notre plus grand plaisir. Voilà qui promet un festin de roi pour le 12 Septembre 2007 (Mon dieu que c'est loin!!).

Image Hosted by ImageShack.us

Je vous laisse donc déguster ici: Trailer (cliquer sur Watch the exclusive trailer now)

Photos Inédites + News sur Transformers et la nouvelle association Cruise/Singer!

Ici donc, un florilège de nouvelles photos et deux news.

Image Hosted by ImageShack.us

*A commencer par le supra attendu (par moi en tout cas ;) Transformers de l'imcompri Micheal Bay qui vient d'écoper aux States d'un R-Rated (Interdit aux -de 17 ans non accompagnés). Système de censure très aléatoire (de Kill Bill à Matrix: l'interdiction à touchée tout les genres), il est cependant surprenant et rassurant (pour les plus grands) de voir le film subir cette intediction à cause "de scènes d'actions et de violence trop présente". Bay ne veut néanmoins pas modifier son montage et demande donc à son pote-producteur Spielberg de parler aux censeurs. Demande réussie: "les juges ont revus leur verdict et accordent au film un PG-13. Voilà qui va mettre tout le monde d'accord.

Source: Joblo's

Image Hosted by ImageShack.us

*Et de deux ! Tom Cruise et Paula Wagner viennent d'annoncer leur deuxième production au sein du studio United Artists. Après la production du film de Robert Redford, Lions for Lambs, ils financeront le prochain long métrage de Bryan Singer, un thriller situé pendant la Deuxième Guerre Mondiale, dont le scénario sera écrit par Christopher McQuarrie, à qui l'on doit le script de Usual Suspects (réalisé par Singer). Cruise et Wagner auraient accepté immédiatement de financer leur projet, et d'après cette dernière, "Bryan est un des plus grands réalisateurs actuels et Chris est un scénariste exceptionnel. Pour Tom et moi, c'était une merveilleuse opportunité pour notre deuxième film."

A propos de ce projet, Bryan Singer confie : "Chris m'en a parlé à la fin de l'année dernière, et nous travaillons discrètement dessus pendant les vacances. Nous l'avons seulement présenté à UA, et nous avons décidé que c'était le meilleur endroit pour faire ce film. Cette période historique m'a toujours fasciné, et nous avons trouvé une histoire vraiment intéressante qui se matérialisait parfaitement en un très joli script." La production de ce long métrage devrait commencer cet été, ce qui retardera les autres projets du cinéaste, notamment la suite attendue de Superman Returns, Superman : The Man of Steel.

Source: Allociné

+ Nouvelles photos (+ anciennes) se partagent le bout de l'affiche (dans le désordre: sorry!).

*La Vengeance dans la peau de Paul Greengrass
Date de sortie : 12 Septembre 2007

Résumé: Le troisième volet des aventures de l'ancien agent de la CIA Jason Bourne.

Cote d'attente: Après deux premiers volets d'exception, Bourne revient et ça risque sérieusement de chauffer! L'un des films que j'attends le plus de cette année.

Photos:

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

*American gangster de Ridley Scott
Date de sortie : 19 Décembre 2007

Résumé: Dans les années 70, les manoeuvres d'un dealer de Harlem ayant trouvé un moyen de transporter de la drogue dans les cercueils de soldats américains tués au Vietnam...

Cote d'attente: Ridley Scott est un auteur inégal mais le casting en or massif (Crowe, Washington...) et le sujet du film est très attirant. A guetter.

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

*We own the night de James Gray
Date de Sortie: Inconnue

Résumé: Dans le New York des années 80, un gang de trafiquants de drogues russes planifie l'exécution d'officiers du NYPD (New York Police Department) devenus gênants pour leurs affaires. Informé de l'existence de cette liste noire, Joseph, un manager de night-club, apprend bientôt que son frère Bobby et son père sont les prochaines cibles. Mais, contraint au silence sous peine de mort, il s'abîme dans un conflit moral inextricable.

Cote d'attente: James Gray est un auteur estimable et son projet film au cast de folie et au point de départ alléchant promet toutes les folies. Une grosse attente!

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

*The Walker de Paul Schrader
Date de sortie : Inconnue

Résumé: Un gigolo est pris au piège d'une manipulation lorsqu'il découvre le cadavre de l'amant d'une femme mariée.

Cote d'attente: Schrader est un réal' discret qui est surtout connu pour ses scripts (Taxi Driver, L'Exorciste). Son dernier bébé est attirant pour un cast quatres étoiles: Harrelson, Bacall, Dafoe, Scott Thomas...

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us

P.S: D'autres photos de films sont à venir. Donc guetter cette page!

Box Office U.S.A: Zodiac sur la touche; le dernier Travolta explose les buts!

Image Hosted by ImageShack.us

En ce week-end du 2 au 4 Mars, trois nouveautés se partageaient le haut de l'affiche. Sur les trois, seuls deux s'affichent en tête du podium. D'abord Wild Hogs, comédie avec un casting quatres étoiles (John "Pulp Fiction" Travolta, Tim "Super Papa" Allen, William H. "Magnolia" Macy, Martin Lawrence "Bad Boys" Lawrence) mais aux critiques assassines (15% de bonnes critiques sur Rotten Tomatoes!) qui narrent le trajet de trois vieux amis-bikers dans le désert américain. Sorti vendredi dans une impressionante combinaison de 3 287 salles; le film réalise un score garguantuesque de 38 millions de dollars (pour 23 d'après les specialistes); devenant au passage le troisième meilleur démarrage pour un mois de Mars et le meilleur démarrage de la carrière de Travolta et de Allen! Un carton monumental donc; qui écrase complètement le reste des sorties. Un nouveau départ pour Travolta et Lawrence (après leurs récents bides respectifs)?

Zodiac me semble inutile de présenter; tant le film est attendu chez les cinéphiles (et moi-même donc). Porté par des critiques élogieuses (87% sur Rotten Tomatoes: très rare pour un thriller), le film ne rassemble "que" 13 millions de dollars (pour des prévisions à 16); tout comme Seven à l'époque. A noter que le film dure 2h36, et que donc sa longue durée à fait diminuer le nombre de salles (2 302). On attend plus le film, car Fincher n'a jamais vraiment rencontré de succès. La troisième marche du podium est complétée par Ghost Rider qui totalise 94 millions de dollars aux U.S et 134 dans le monde. Pas un succès (budget estimé à 110 millions tout de même); mais un score honorable.

Pour le reste, notons l'échec commercial complet de Black Snake Moan (le nouveau Samuel L. Jackson par le réal' de Hustle & Flow) qui ne rapporte que 4 millions pour de relatives bonnes critiques outre-atlantique (63 %); et notons le succès de Norbit (la nouvelle farce scato de Murphy: 10% de sur Rotten^^) qui rapporte la belle bagatelle de 82 millions de dollars.

La semaine prochaine? 300 en tête d'affiche: c'est déjà gagné (d'autant que le film est déjà classé meilleur film de tout les temps: 100 % sur Rotten Tomatoes!!!)

Critique Ciné: Dreamgirls de Bill Condon

Vendu partout à tort comme une biographie officielle des Supremes et de la montée en puissance de sa chanteuse Diana Ross, Dreamgirls sorti mercredi dans les salles et risque fortement de décevoir ce qui attendaient comme moi une réussite à la Ray. Adaptée d’une comédie musicale sévissant à Broadway, le nouveau long-métrage de Bill Condon risque de plaire logiquement aux aficionados d’un genre ressuscité depuis Chicago : la comédie musicale. Amis musicos ne vous réjouissez pas trop vite néanmoins ; car Dreamgirls ne réussit qu’à 30 % son pari : rendre vivant sur grand écran une pièce musicale.

Image Hosted by ImageShack.us

Date de sortie : 28 Février 2007

Réalisé par Bill Condon

Avec Beyoncé Knowles, Jamie Foxx, Eddie Murphy

Genre : Musical, Comédie dramatique

Durée : 2h 11min.

Distribué par Paramount Pictures France

Résumé :
L'action de Dreamgirls débute dans la première moitié des turbulentes sixties et suit jusqu'au milieu des années 70 l'ascension d'un trio de chanteuses composé d'Effie, Deena et Lorrell. A l'occasion d'un concours de chant, ces jeunes et prometteuses "Dreamettes" sont repérées par l'ambitieux manager Curtis Taylor Jr...

Image Hosted by ImageShack.us

Réussir à retranscrire l’intensité et la découverte d’une pièce de théâtre sur grand écran est déjà une tâche difficile. Mais réussir à conter une histoire en se servant pour matériau de base d’une comédie musicale qui cartonne à Broadway, c’est un pari extrêmement casse-gueule. Bill Condon, après un sympathique Dr. Kinsey, décide quand même de tenter le pari et se sert de la pièce à paillettes racontant l’ascension du célèbre groupe de Diana Ross. L’amalgame avec une biographie des Supremes et sa chanteuse Diana Ross (relayée par la T.V à l’époque de l’avant-première du film aux States) est rapidement démenti par Condon lui-même qui affirme que son film est quasi-fictionnel dans sa globalité. Difficile néanmoins de ne pas voir les nombreux clins d’œil au groupe tant ceux-ci sont présents (Les Primettes remplacées par les Dreamettes ; la carrière solo d’une des chanteuses sonnant la fin du groupe…). Plutôt attractifs dans l’ensemble (on s’amuse à repérer la naissance du Motown par exemple) ; il ne gène en rien une histoire qui ne s’embarrasse pas de grosses ficelles pour avancer à son rythme. La première demi-heure du long-métrage (2h11 au passage) est pourtant une réussite en la matière ; puisque qu’elle a l’avantage de plonger sans temps mort le public dans son récit : les débuts sur scène du groupe (dont on ne saura pas comment elles se sont rencontrées) ; la rencontre avec leur futur agent ; leur premier pas sur scène avec l’énergique James Early… Les surprises s’accumulent (avec surtout celle de revoir Glover et Murphy dans des rôles tout en classe et en prestance) et les décors ou costumes somptueux se succèdent. Tout concorde donc à un spectacle musical détonnant et à une suite encore meilleure. Ce qui malheureusement (à cause notamment de l’intrusion d’un élément fâcheux) ne sera pas le cas.

Image Hosted by ImageShack.us

Au bout de la première demi-heure débarque alors une idée de mise en scène qui a pour inconvénient d’être extrêmement dur à maîtriser : les séquences musicales. Par là je n’entends bien sûr pas une chanson classique qui ferait office de tube (bien qu’en réalité c’est un peu le cas ici) ; mais bien d’une émotion ou d’une déclaration d’un des personnages du film qui se transforme en chanson. Le fossé entre la version originale et la version française se creuse d’ailleurs considérablement à cet endroit précis : alors qu’en V.O les plages musicales doivent volontiers s’accorder avec les paroles prononcées par un des protagonistes ; en V.F la rupture entre dialogues français et chansons anglophones (rassurez-vous les chansons ne sont pas doublées^^) se fait énormément voyant pour un résultat qui finit pas devenir lassant. Ennuyeux conviendrait mieux ; tant les chansons ne cessent de faire preuve d’une niaiserie à toute épreuve (que ce soit lorsqu’ Effie chante – une horreur qui casse les oreilles d’ailleurs – ou lorsque Curtis Taylor dévoile son amour à Deena sur un fond sirupeux du plus mauvais goût) et de chorégraphies étudiées mais ringardes. Le plaisir de voir des acteurs renommés chantés fait vite place à une consternation du plus haut degré qui permet à l’ennui et au désintérêt de prendre place au cœur du métrage. Si parfois plus d’une flamme semble vouloir rallumer un feu constamment éteint (l’histoire passionnante mais sous-développé de Early ; le profil de pourriture incarné par Foxx ; les années Disco et la naissance du célèbre Motown ; ou même le personnage hauts en couleurs matérialisé par Glover) ; l’effet ne prend pas et tout se consume dans l’indifférence la plus totale. On pense alors au fait que le film est une adaptation d’une comédie musicale de Broadway ; et que donc les très (trop ?) nombreuses plages musicales sont dues à une réadaptation solide du show. Mais à ce moment-là : Pourquoi un film ? Car avant tout, c’est bien face à un scénario totalement indigent auquel nous avons à faire : personnages survolées car en trop grand nombre ; utilisation inutile et abusive des musiques ; répétition hachée des événements (un problème entraîne une musique qui réconcilie tout le monde e.t.c...) ; et enfin absence d’un quelconque écart dans un cahier de charges insignifiant. Je peux paraître méchant ; mais la déception est totalement haute que mes charges contre le film se justifient. Pour être moins agressif, parlons de Bill Condon réalisateur.

Image Hosted by ImageShack.us

Après une réalisation sobre mais élégante dans Dr. Kinsey, Condon privilégie l’efficacité. Inutile donc d’espérer quelque chose de révolutionnaire ou d’attendre une idée de mise en scène qui placerait le film dans les cimes de la réalisation ; car ici c’est bien face à des cadrages élégants mais banals ou des filtres adaptées et sobres que nous avons à faire. Une démarche louable qui à pour principal intérêt de laisser aux acteurs la place libre. Ca marche à plein régime durant l’ensemble du film et ça mange aussi du terrain parfois là on ne l’attend pas vraiment : des teintes colorées qui charment les yeux sans les agresser ; une ambiance 70's qui ressort d’autant plus ; et même une finesse de goût qui fait plaisir à voir. On se demande d’autant plus comment le ratage scénaristique peut-être tant grand avec des clés aussi bonnes dans les mains. Les plages musicales sont aussi cadrées dans le plus grand respect des règles : des travellings sur la scène ; une caméra posée qui prend bien soin de ne pas oublier les plans d’ensemble d’une foule en délire ou d’un public conquis ; des projo qui illuminent le centre de la pièce… Cherchez la petite bête serait donc une tentative vaine et facile, tant le spectacle visuel est au rendez-vous. Tout juste pourra t’on reprocher un manque de folie qui pourrit le film dans l’ensemble et qui rend le spectateur d’autant plus indifférent qu’il ne l’est déjà. Le potentiel est donc bien présent mais n’est pas évalué à sa juste mesure ; surtout après une fin qui s’achève comme le film à commencer. Du travail correct néanmoins ; qui trouve son apogée avec le jeu des acteurs.

Image Hosted by ImageShack.us

On peut en premier lieu (pour s’en débarrasser) s’esclaffer devant le Golden Globe puis l’Oscar remportés par Jennifer Hudson à la suite de son interprétation d’Effie Melody White. Non pas que son jeu puisse poser problème (bien qu’il puisse laisser à désirer) ; mais plutôt que sa voix ennuie et agace durant l’ensemble du métrage : celle-ci est donc trop puissante (on peut lui accorder ce mérite) et explose les tympans déjà en sang au bout de deux scènes. Sa prestation musicale s’apparente alors plus à une Céline Dion 1000 Watts qu’à une Diva d’opéra. Son jeu n’est pas non plus une grande surprise : correct sans aucun doute mais pas de quoi décrocher un Oscar (surtout devant la craquante Abigail Breslin ou la confirmée Cate Blanchett). Maintenant parlons des points positifs : comment ne pas évoquez l’injustice ressentie à l’égard du génial Eddie Murphy pour la statuette du meilleur second rôle. Celui-ci, après de années de galère dans des productions déshonorantes, revient ici en grande pompe et prouve qu’il sait pleinement jouer la comédie quand on l’exploite à son avantage (c'est-à-dire pas pour l’argent). Tristement sous-exploité en terme de durée (son temps à l’écran n’excède pas les quarante minutes), il dévoile cependant une palette de jeu étonnante de maturité et d’aboutissement où ses shows musicaux déchaînés (il faut le voir chanter le garçon !) et ses séquences dramatiques (sa dernière scène notamment) enchantent littéralement spectateurs lambdas et cinéphiles. Du pur bonheur qui se prolonge avec Jamie Foxx : son interprétation d’une pourriture jusqu’aux bouts des ongles est remplie de mystère et donne au film une dimension particulière. Moins impressionnant que son camarade Murphy, il remplit tout de même avec conviction un cahier de charges peu étoffé mais parcouru de petites touches sympatoches (le fait qu’il soit sur le fil entre le Bien et le Mal; ses postures si particulières…). Beyoncé démontre une jolie aptitude au jeu d’actrice avec une Deena tout en finesse et tout en retenue (bien plus agréable que Hudson car bien plus doux). On se surprend même à oublier l’actrice et son statut de star au profit de son personnage. Une agréable surprise complétée par une pléiade de seconds rôles qui vont du plus pur vétéran (un Danny Glover classique mais complètement à l’aise dans le rôle du vieux manager dépassé – rôle où il semble retrouver une certaine vitalité un peu perdue depuis l’Arme Fatale 4 -) et par de fraîches mais satisfaisantes découvertes (le très bon Keith Robinson ou l’apparition de la belle Sharon Leal).

Image Hosted by ImageShack.us

Pour résumer donc, Dreamgirls est une déception à la hauteur de l’attente générée par une affiche alléchante et par une époque propice à toutes les folies. D’un show populaire, Bill Condon n’en a sorti que des musiques écrasantes et une histoire rachitique. Le potentiel pour en faire un chef d’ouvre est au final réduit à un résultat sympathique (le générique de fin met la pêche quand même), inoffensif (les plages de l’histoire sont finalement peu traitées) et vite oublié. Reste la réalisation efficace et le jeu des acteurs. C’est bien dommage. Mieux vaut revoir l'excellente bande-annonce du film en boucle...

5/10

Critique Ciné: La Môme d'Olivier Dahan

D’Edith Piaf, tout le monde connaît ses chansons : La vie en Rose, Hymne à l’amour, Milord… Pourtant sa destinée, peu reluisante, a souvent été occultée. Aujourd’hui, Olivier Dahan et toute son équipe se charge de rétablir ce fardeau avec La Môme : un projet ambitieux de 20 millions d’euros relevé la tête haute par un réalisateur et scénariste maître de son métrage et surtout par une Marion Cotillard au sommet de son art. Attention, film français de haute tenue.

Image Hosted by ImageShack.us

Date de sortie : 14 Février 2007

Réalisé par Olivier Dahan

Avec Marion Cotillard, Jean-Pierre Martins, Gérard Depardieu

Genre : Biopic, Musical, Drame

Durée : 2h 20min.

Distribué par TFM Distribution

Résumé :
De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York, l'exceptionnel parcours d'Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu'un roman, découvrez l'âme d'une artiste et le coeur d'une femme. Intime, intense, fragile et indestructible, dévouée à son art jusqu'au sacrifice, voici la plus immortelle des chanteuses...

Image Hosted by ImageShack.us

Le système français du cinéma à un défaut (parmi tant d’autres d’ailleurs) : fermer la porte aux projets d’envergure signée certainement par de grands auteurs. On pense donc à Indigènes qui à eu un mal de chien à voir le jour ; mais aussi à tant d’autres scénar’ passer inaperçu encore. Alors quand une autobiographie d’une grande figure de la chanson française se présente sous la forme d’un métrage au casting de premier choix ; on ne fait pas la fine bouche. Après Le Petit Poucet (dont je garde le souvenir d’un joli navet à la photographie soignée) et Les Rivières Pourpres 2 (chouette film d’action avec un scénario bordélique mais une mise en scène aux petits oignons), Olivier Dahan livre sa nouvelle copie et réussit un demi-tour de force en proposant un film au fond et à la forme soignée. Une autobiographie qui finalement prend un chemin autre que celui emprunté par les autres (Ray, Walk The Line) : celui de la fiction qui se nourrit de l’histoire pour tisser habilement un lien avec le destin de la chanteuse. A priori, on est devant la banalité même. Mais passé les préjugés, c’est à un film adulte et intelligent que nous avons à faire.

Image Hosted by ImageShack.us

Inutile d’être incollable sur l’univers de Piaf ou sur sa vie ; tout vous est explicitement expliqué. De son enfance dans les quartiers pauvres de Paris jusqu’à sa déchéance dans la morphine ; La Môme prend soin de montrer, sans tout dévoiler. Ainsi certains de ces amants seront éclipsés durant le récit ; celui-ci prenant la forme d’un puzzle où les scènes sont montrées par morceaux dans le désordre. Au spectateur de les assembler pour constituer un tout cohérent qui se veut le plus fidèle au personnage qu’incarnait Piaf et son existence douloureuse : une mère alcoolique ; un père absent et contorsionniste raté ; une intrusion dans le show-business difficile (notamment avec la mort de Louis Leplée qui prend la forme d’une gigantesque affaire médiatique éclaboussant Piaf) ; le célèbre relation amoureuse folle entre Serdan et la chanteuse ; et bien sûr sa consommation de morphine qui n’a fait que la plonger dans l’enfer. Le procédé est efficace car il est traité avec parcimonie (de longues plages sur une époque charnière de l’interprète) et rapidité. Le récit s’emballe donc et le fait qu’il soit fragmenté permet d’éviter l’ennui ou la répétition qui peut piéger toute biographie à gros budget (malgré une durée conséquente de 2h20 !). Les dialogues également sont travaillés et l’époque qui est décrite reste crédible de bout en bout. Dès le début d’ailleurs, une noirceur tenace ressort et ne lâchera pas d’une semelle le métrage qui cherche principalement à sonder les états d’âmes de Piaf. Sa vie est donc présentée sous un jour peu glorieux ; et les drames qui la parcourent servent d’axe narratif au récit pour une tonalité sombre assez rare dans ce genre de productions. Le plaisir n’en ait que plus grand ; encore décuplé par le fait que Dahan sait où il va de bout en bout : il maîtrise donc son sujet et l’amène jusqu’à un final chargé d’émotions mais malheureusement… trop long.

Image Hosted by ImageShack.us

Car La Môme, malgré le chrome de son prestige et la classe de son scénario (qui sait quasiment en entier allier raffinement et touches d’humour), n’est pas un film parfait. Loin de là d’ailleurs. Son principal péché mignon consiste en l’une de ses qualités : une noirceur omniprésente qui ampute le fait que l’on à affaire à une biographie. Certes on imagine volontiers que le destin de Piaf est fourni en calories détresse et remplie de drames dont le commun des mortels ne voudrait pas connaître ; mais le fait que l’on patine dans un pathos un peu crasseux rend les choses moins crédibles. D’après les dires de son créateur lui-même, si La Môme s’évertue à montrer autant de situations dépressives et à présenter Piaf comme une junkie en puissance qui ne semble avoir aucun respect pour les autres (surtout à la fin de sa vie) ; c’est car la fiction est aussi nécessaire pour nourrir la vérité. Une démarche louable et honorable, qui présente plus d’avantages que d’inconvénients dans une première partie ; mais qui finit par traîner le film dans une emphase gluante dans le dernier tiers (à la mort de Piaf plus précisément). Le film tente alors maladroitement de concilier grand public (faire pleurer à chaudes larmes) et cinéphiles (ne pas user de violons abusifs ou de ficelles faciles) ; pour un résultat qui finit de laisser pantois et n’arrive pas à percer le cœur des moins sensibles. A chacun sa vision ; mais il faut bien reconnaître que le film use et abuse des flash-backs (à la mort de la chanteuse notamment avec un « rebondissement » nécessaire mais dispensable) et plonge les plus attentifs dans un ennui poli et respectueux ; mais un ennui quand même. Pour autant, oublier le reste des immenses qualités de ce film serait bien injuste ; tant celui-ci regorge d’idées de mise en scène brillantes.

Image Hosted by ImageShack.us

Olivier Dahan est un artiste étonnant. Capable du pire (Le Petit Poucet) comme du meilleur (cette Môme là donc) ; il a toujours su cadrer ses acteurs avec une justesse étonnante et avec un sens de la direction surprenant. Que ce soit Magimel dans Les Rivières Pourpres 2, ou Marion Cotillard ici (dont je reparle plus bas ;) ; chez Dahan, c’est interprétation au poil garantie. Mais un metteur en scène, c’est avant tout quelqu’un qui sait imposer son univers et qui sait prendre des risques pour présenter sa vision d’une histoire. Et dans cette catégorie-là ; Dahan fait office de poids lourd : outre la noirceur du scénario déjà évoquée ; c’est bien face à un raffinement des lignages et à des décors poussés que nous avons à faire. Tout ici repose sur une impression d’immersion et de grandeur qui atteint son paroxysme à New-York ; où la ville est reproduite avec une grande justesse et avec un sens détail qui force le respect. Le défi de plonger dans l’époque est donc réussit haut la main ; et s’appuie sur une photographie du plus bel écrin : tonalités sobres et ambiance étouffante pour les moments les plus cruciaux (la mort de Piaf étant sûrement le moment le plus marquant) ; jusqu’à des jeux de lumières somptueux aux Etats-Unis. Tout ici respire le plus profond respect et le travail soigné resplendit jusqu’à la moindre poussière. Un impressionnant de travail de reconstitution qui continue avec une réalisation au diapason : abordant un ton mesuré qui privilégie le jeu des acteurs à l’effet de style facile ; la réal’ finit de prouver que le travail effectué fût avant tout une question d’intelligence que de coupes rapides. Mieux, la démesure du projet ne fait que davantage ressortir, aboutissant avec un plan-séquence prodigieux qui prend place au moment le plus propice de l’histoire. Du travail d’orfèvre qui prouve qu’en France, avec du talent (et de l’argent bien sûr^^) ; on peut aboutir à un résultat qui convainc critiques et public. Et les acteurs sûrement.

Image Hosted by ImageShack.us

Bien sûr il y a la magnifique Marion Cotillard ; qui sidère par un sens du mimétisme et de l’appropriation admirable. Le maquillage est poussé ; mais la ressemblance se ressent jusqu’aux scènes de chants où sa gestuelle et son apparence voûtée ressorte avec une émotion qui semble dépasser l’actrice elle-même (ce qu’elle confiera elle-même plus tard). Son jeu tout en nuances (même si on peut lui reprocher un excès à certains moments) ne pourra que convaincre le prochain jury du festival de Cannes et des Césars. On ne peut lui souhaiter que du bien à la si talentueuse Cotillard. Mais oublier les seconds rôles seraient aussi injustes ; tant ceux-ci se défendent admirablement bien. D’abord Pacsal Greggory qui, sorti d’Arsène Lupin, semble ici reprendre des couleurs avec le rôle d’un agent fidèle de Piaf et éternel confident de la chanteuse. Jean-Pierre Martins ensuite, qui incarne un Serdan plus vrai nature : en accordant au boxeur une classe non négligeable et un charme ravageur, Martins confère à son personnage une dimension qui sort des sentiers battus. Du grand travail renforcé par l’ensemble du reste du casting : Sylvie Testud fait du Testud mais le fait admirablement bien ; Deapardieu n’a jamais semblé autant coller à la peau de son personnage (même si son rôle n’excède pas les vingt minutes) ; et enfin Clotilde Coureau (en mère alcoolique) et Jean-Paul Rouve (en contorsionniste raté) composent les parents de Piaf avec un sens du jeu plus que respectable. Du travail impressionnant de maîtrise qui fait tellement plaisir à voir en ces temps où l’exagération semble être la priorité (cf : Taxi 4). Bien sûr les chansons tout le monde connaît ; mais la B.O qui accompagne les scènes se montre tout autant soignée et à l’unisson d’un film qui ne prend pas ses spectateurs pour des cons.

Image Hosted by ImageShack.us

Au final donc, La Môme apparaît comme une exception quasi-culturelle dans le septième art français : scénario intelligent multipliant les prises de risques ; mise en scène soignée au service du récit ; et enfin casting exceptionnel. Malgré une somme de petits défauts (dont un gros : l’émotion) ; on ne peut que s’incliner devant le travail d’Olivier Dahan et de son actrice Marion Cotillard qui ont su avec brio négocier le virage qui s’imposait à eux (grosse production !) . Allez zou ; au cinéma !

8/10

Box office U.S.A: la consécration de Ghost Rider + Sondage

Image Hosted by ImageShack.us

Avec 44 millions de dollars de recettes rapportés en ce seul week-end du 16 au 18 Février, Ghost Rider pète les pronostics les plus optimistes (qui prévoyait un début à 35) et s'impose comme le meilleur démarrage de la carrière de notre Nicolas préféré (bien devant Benjamin Gates et ses 23 millions de dollars). Voilà en tout cas de quoi ravir les producteurs (malgré les mauvaises critiques de la presse américaine) et aussi Cage qui revait depuis longtemps d'incarner un super-héros au cinéma. Avec un budget de 110 millions de dollars, il faudra cependant garder le cap sur les billets verts et tenter de résister à Jim Carrey et son nombre 23 ou Billy Bob Thornton en astronaute-fermier la semaine prochaine.

En deuxième position, Le secret de Terabithia (film pour enfants surfant allégrement sur le succès du Seigneur des anneaux et surtout du Monde de Narnia - même producteurs obligent! -) resiste plus que bien et devrait, avec 22 millions de dollars rapportés, contenter Disney qui via sa société Buena Vista produit le film. Le podium est compléter par Norbit (le nouveau Eddie Murphy qui obtient les pires critiques de l'année) qui obtient un succès quasi-incompréhensible avec 58 millions rapportés en deux semaines pour un "petit" budget de 60. Le come-back de Murphy à la "comédie" est donc réussie (même si le métrage chute de 50 % par rapport à la semaine précédente). Puis quatres nouveautés perçent tout de même dans ce flot de succès: Music and Lyrics (comédie romantico-musicalo avec Hugh Grant et Drew Barrymore) rapporte 19 millions en tout; Tyler Perry's Daddy's Little Girls (comédie afro-américaine) réussit à rallier 17 millions de dollars pour 2 100 salles; et Breach (un thriller politique avec Ryan Phillipe et Chris Copper qui obtient de faramineuses critiques) qui rapporte "seulement" 10 millions de dollars. Notons dans les films en continuation le bide d'Hannibal Rising (22 millions de dollars, c'est bien peu) ou le carton monumental de La nuit au Musée (237 millions rien qu'aux States pour un total de 470 millions dans le monde!).

P.S: Un sondage: Quel est votre film de Nicolas Cage préféré?

Moi: Volte/Face clairement.

Critique Navet: Taxi 4 de Gérard Krawczyk

« Remboursez ! » : voilà ce qu’on aurait bien envie de crier à la sortie du nouveau Taxi. Après un bon premier opus et des suites moins bonnes mais passables, Luc Besson (encore ici scénariste et producteur) décide d’exploiter jusqu’au bout le filon et se lance donc dans la production d’un quatrième opus. Ecrit (si c’est le terme approprié) et réalisé dans les plus brefs délais avec une discrétion forçant le respect, Taxi 4 sort aujourd’hui sur les écrans français. Toujours prompt à attirer le beauf de base (autant dire que je suis aller voir par pur curiosité et surtout avec un pote), le film opère un virage à 180° et se prend les pieds dans le tapis rangé dans les escaliers avec une finesse titanesque. Attention : Navet pur jus 100% français.

Image Hosted by ImageShack.us

Ce film fait partie de la Saga Taxi

Date de sortie : 14 Février 2007

Réalisé par Gérard Krawczyk

Avec Bernard Farcy, Frédéric Diefenthal, (Samy Naceri ?)

Genre : Comédie, Policier, Action

Durée : 1h 30min.

Résumé :
Après cinq ans d'absence, nous retrouvons Daniel et Emilien pour de nouvelles aventures sur la Canebière… avec des belges en méchant !

Image Hosted by ImageShack.us

A la vue de ce quatrième opus, on peut se demander ce qui est passé par la tête de Besson : une folie passagère ? Un excès de poudre blanche ? La perte de ses neurones ? Certes Taxi, ce n’est pas du grand cinéma. Mais ça avait l’avantage de divertir sans trop prendre la tête et d’offrir des scènes d’actions potables pour un film français. Ici nada. Le taxi en question (comment osé le mettre en gros plan sur l’affiche ?!) se transforme en simple moyen de transport pour joueurs de l’OM. La célébrissime scène d’ouverture de chaque Taxi n’est ici qu’un prétexte grossier pour boucher une intrigue vide de sens et offrir au spectateur incrédule une démonstration du jeu de Djibril Cissé. Et franchement passer de Stallone au fameux joueur de l’OM à de quoi laisser de marbre : d’abord il ne sait pas jouer la comédie (euh… personne à vu qu’il souriait les trois quarts du temps ?), et ensuite il ne sert qu’à un déferlement de pubs écœurantes (Adidas, Nrj…) et d’un degré de mauvais goût rarement atteint (classe l’arrivée au vélodrome sur fond vert à peine voyant). Le générique à au moins le mérite de donner le ton : du foot, du foot et… du foot ! Sûrement parce qu’il a compris le public visé (les jeunes et les beaufs avides de ballon rond), Besson se lâche et décide de mettre les gags enfantins en premier plan. On ne compte alors plus les situations pipi-caca et les jeux de mots foireux qui tâchent l’intelligence de spectateurs ayant déconnecté leur cerveau à l’entrée. Le terme populaire qui collait pourtant si bien à la saga jusqu’à présent s’efface ainsi pour un millième degré qui veut s’assumer mais qui pourtant aurait mieux de ne pas le faire. Dès le début d’ailleurs, on se demande bien comment l’intrigue va se lancer et comment la qualité générale va se rehausser, au moins d’un cran. En réalité, on se demande quand le taxi en question va enfin faire son apparition pour une course-poursuite épicée comme on les aime. Et on se le demande longtemps d’ailleurs.

Image Hosted by ImageShack.us

Sûrement pour éviter la redondance (on peut au moins lui reconnaître ça), le scénario de ce quatrième épisode ne s’embarrasse pas de gommes qui fument sur le béton ou virages serrés sur l’autoroute. Non ici le taxi n’est qu’un moyen de transport comme les autres dans lequel Daniel et Emilien s’évertueront à passer leur temps, à la traque de méchants belges venus faire la connaissance de Marseille et de ces horizons. Pas de panique de coté-là néanmoins, car si il y a bien une grande qualité à ce Taxi là ; c’est bien du coté des méchants qu’il faut la chercher. Jean-Luc Couchard (dit le belge) compose un méchant sans aucune finesse et aucune retenue, mais son jeu outrancier peut parfois prêter à rire. En Tony Montana du pauvre (auquel le film fait sans aucune gêne référence), il interprète donc un malade un peu décérébré du bulbe venu directement de Belgique et va même jusqu’à surjouer avec deux personnages différents ; élargissant ainsi « sa palette de jeu ». Et comme en Belgique on ne vient jamais mal accompagner, il a la bonne idée d’apporter comme sbire un François Damiens (l’hilarant François Pelletier de OSS 117), plutôt sobre mais très efficace, et qui sans faire tout un pata-caisse arrive à déclencher l’hilarité. Malheureusement il est clairement sous-exploité car ses apparitions se comptent sur les doigts d’une main. Mais ce n’est clairement rien par rapport à l’intrigue générale qui joue la carte de la surenchère dans tous les domaines. Dans le sentimental d’abord : les scènes avec Daniel et Emilien avec leurs gosses respectifs font peine à voir tant elles semblent toutes rivaliser de platitude : le général est devenu un papy attentionné qui aime ses petits-enfants comme il admire ses médailles de guerres ; Marion Cotillard (l’atout féminin des trois premiers Taxi), en raison de son rôle de Piaf, répond aux abonnés absents et délègue le rôle de mère à un Naceri réduit à faire de la figuration. Tout ce beau monde se sent obligé de s’enfermer dans un tout aseptisé au possible qui prépare le terrain pour la prochaine diffusion télé (oh le joli divertissement familial qui va plaire aux enfants !).

Image Hosted by ImageShack.us

L’humour ensuite : on peut clairement se demander où est-ce que celle-ci a disparu tant l’ensemble frise à de nombreuses reprises le néant cosmique. D’abord avec des gags qui feront rire les bambins mais certainement pas les plus de 10 ans (entre le méchant qui demande à faire pipi ou le même qui se vomi dessus, on a le choix) ; ensuite avec des délires dignes du dernier Astérix, l’humour en moins. Au programme donc : des trampolines qui font voler dans le ciel pour entrer super discrètement chez les super méchants ; une cascade de voitures ultra gratuite (il suffit d’un cri pour que les voitures de flics s’empilent sans aucune raison) ; et des pillages à tout les étages de plusieurs grands classiques du cinéma pour faire plaisir aux cinéphiles (E.T avec la lune, Scarface avec la scène finale toute entière…). On sent que l’inspiration n’était pas là et que plusieurs visions de chefs d’œuvres du septième art ont suffit pour relancer la machine à conneries inventées par Besson et ses acolytes. Entre deux vannes faciles sur les flics (qui rivalisent de conneries, jouent à la pétanque ou fument du cheat en cachette) ; l’intrigue, aussi fine que du papier buvard, expose donc les méchants et brasse de l’air pendant 1 h 30 de bobine. On se demande d’ailleurs comment l’équipe du film à réussit l’exploit d’ennuyer la moitié du temps sur une aussi courte marge les spectateurs qui ont depuis le générique décrocher aux conneries de Gilbert & Co. Peut-être est-ce à cause du goût amer qui emplit les bouches d’avoir payer une place pour voir encore un naveton français à gros budget dans les salles obscures. L’humour en moins. Personnellement je cherche encore à savoir à qui s’adresse le film : Aux cinéphiles ? Certainement pas. Aux jeunes ? Pas sûr qu’ils soient aussi crétins pour ne pas se rendre compte de la nullité abyssale du film. Les beaufs alors ? Pas sûr que ça leur plaisent. Pour dire à quel point le film finit de prendre les gens pour des cons avec un final qui ne semble pas savoir où il va (une fusillade insensée qui dégénère et fait disparaître comme de par magie les sbires du belge). Et les acteurs dans tout ça, ils en pensent quoi ?

Image Hosted by ImageShack.us

Si il y en a qui doit être content, c’est bien Bernard Farcy. Ici en totale roue libre, il s’octroye le rôle principal et décide d’en faire des tonnes pour montrer qu’il sait jouer la comédie. Sauf que là où chacune de ses apparitions étaient un vrai délice dans les trois premiers, son rôle ici s’apparente une grosse pierre dans une mare remplie de vase : il coule et il coule, jusqu’à toucher le fond dans une scène finale hystérique et pathétique. On se demande d’ailleurs comment il peut être encore commissaire, tant les conneries qu’il provoque s’accumulent à vitesse grand V avec la force et l’intelligence d’un rhinocéros. Doté du Q.I d’une moule, Gilbert arrête donc une femme de ménage sans aucune raison valable ; provoque un accident qui transforme ces cheveux en cheminée ; balance des insultes racistes en copiant Sarkozy (auquel on voit que Besson ne porte pas une attention particulière) ; et se sert d’un bazooka contre ses propres hommes, de la drogue plein le nez. Le rôle est tellement absurde que l'envie de rire vient rarement et finit de décevoir tant le personnage se prêtait plus à un second plan. Derrière lui, notons un Edouard Montoute (Alain dans le film) en grande pompe qui prend un malin plaisir à interpréter le caniche du commissaire qui doit posséder à peu près le même Q.I que son illustre maître. Reste Diefenthal d’abord, qui ici commence sérieusement à voir son cas s’aggraver avec un enchaînement de conneries à peine croyable et un sens pour arrêter les mauvais suspect inquiétant de bêtise. On ne peut pas vraiment mettre ça au compte de sieur Frédéric qui lui compose et s’amuse avec son personnage depuis bientôt dix ans. Reste Naceri ensuite, qui ici ferait presque de la figuration ; en partie à cause de l’amputation de son taxi qui reste soit au garage soit au point mort. Il semble néanmoins prendre du plaisir à ces vacances entre deux séjours dans son nouveau domicile que constitue la prison. Etonnant aussi que le personnage de Daniel soit dans cet opus ami avec les flics qui ne cherchent même plus à le poursuivre et profitent au contraire de la vitesse de son nouveau bolide (changement de voiture messieurs !) pour faire une blague au nouveau. Incompréhensible surtout que Krawczyk s’évertue à vouloir rendre Emma Sjoberg belle, tant celle-ci ressemble plutôt dans ce quatrième épisode à un travesti en devenir : les muscles à l’avenant et les traits de visage taillés au couteau, elle change de couleur de cheveux et semble vouloir s’amochir au possible.

Image Hosted by ImageShack.us

Au final donc, Taxi 4 est un joli navet qui fleure bon l’incompétence. Si l’humour franchouillard des trois premiers pouvait laisser à désirer ; celle-ci donne clairement la nausée. Même la réalisation de Krawczyk se met en pilotage automatique pour des plans alternant le pas mal (les rares plans de la bagnole) et le franchement moche (les inserts au vélodrome ou les plans du duo dans la bagnole). Un film que je déconseille donc fortement ; surtout avec un métrage comme La Môme en face qui, croyez-le, est mille fois mieux. C’est décidé ; on ne m’aura pas au cinquième opus !

1.5/10

P.S: à signaler que je n'ai rien contre Besson en lui-même (ses réalisations sont quasiment toutes géniales et ses productions comme Danny The Dog ou Le Transporteur étaient de franches réussites); juste contre ce simili d'humour bien lourd. Voilà qui est dit.

Critique ciné: Déjà Vu de Tony Scott

Déjà Vu n.m.inv: Impression intense d’avoir vécu la situation actuelle dans le passé, avec la même tonalité affective. Une expression banale employé à tout bouts de champs. Aujourd’hui un film. Avec Tony Scott à la réal’, Washington en tête d’affiche, Bruckheimer à la prod’ et Williams à la B.O ; autant dire que le cocktail avait de quoi faire saliver les plus sceptiques. L’idée de base, cette fameuse impression de « déjà vu », est ici en fait utilisée pour masquer une réalité moins fraîche : le voyage dans le temps. Exploitée jusqu’à plus soif (Retour Vers le Futur, L’effet Papillon….), le concept avait tout du projet casse-gueule et de la redite facile. C’était sans compter sur l’efficacité d’un Scott dopé à l’adrénaline qui réussit un demi-tour de force à l’aide de ses trois potes de toujours : le talentueux Denzel, le génie Harry et le malin Jerry.

Image Hosted by ImageShack.us

Date de sortie : 13 Décembre 2006

Réalisé par Tony Scott

Avec Denzel Washington, Paula Patton, Val Kilmer, Jim Caviezel

Genre : Policier, Fantastique, Romance

Durée : 2h 10min.

Budget : 80 millions de $

Distribué par Buena Vista International

Résumé : Alors qu'il enquête sur l'explosion d'une bombe sur un ferry à la Nouvelle Orléans, l'agent Doug Carlin se voit enrôlé au sein d'une nouvelle cellule du FBI ayant accès à un appareil gouvernemental top secret permettant d'ouvrir une "fenêtre sur le temps", et ainsi de retrouver les preuves nécessaires à l'arrestation d'importants criminels. Cette fenêtre permet d'observer des évènements dans le passé s'étant déroulés quatre jours, six heures et quelques minutes auparavant... pas une de plus, pas une de moins.
Durant son investigation, Doug va découvrir que ce que la plupart des gens pensent n'être qu'un effet de leur mémoire est en fait un don bien plus précieux, une force qui le mènera vers une course contre la montre pour sauver des centaines d'innocents.

Image Hosted by ImageShack.us

Début de la séance. Apparition en deux temps du logo de Bruckheimer. Les bases sont posées : Déjà Vu veut apporter quelque chose. Indéniablement, on sent l’envie de la part des scénaristes et producteurs d’apporter quelque chose de frais et de novateur. L’intention est louable, le traitement déjà moins. Au début du film tout moins, un vent de plaisir inondera sans problème le cinéphile adepte de 4Scott et de son style si particulier : les filtres, les choix de couleurs ou d’éclairages ; tout ici lance les spectateurs en terrain connu, et bon Dieu que ça fait plaisir ! Si Domino s’apparentait à un hallucinant trip sous acides, Déjà Vu ferait plus penser à une dynamite sous pression. Néanmoins, gardons nos réserves sur Papy Scott pour après, intéressons-nous d’abord à l’intrigue. Au départ, aucune clé n’est fournie. Certes, il y a l’impressionnante explosion du Ferry ; mais l’intervention de Carlin apparaît au départ comme un nuage dans la brume : difficile à déceler. Pendant 10 minutes le mystère autour du pourquoi du comment est gardée sous sellette ; tandis que le rythme lui, carbure aux flammes. Une fois les présentations faites et les intrigantes techniques d’investigation de Doug mis en place (« l’analyse » du pont, l’autopsie…), la cadence ralentit son rythme de croisière pour revenir à quelque chose de plus posée. Derrière, le spectateur s’accroche mais commence à déceler les dessous de l’histoire ; notamment grâce à une réalisation accrocheuse et à une trame narrative fluide. Puis intervient la fameuse machine qui va transformer un attentat banal en course contre la montre haletante.

Image Hosted by ImageShack.us

Pour avoir vu la bande-annonce une quinzaine de fois, je peux vous assurer que celle-ci doit foutre en l’air la moitié des surprises que le métrage contient : la révélation du méchant, les indices disposés ça et là ; et surtout plus grave : la découverte et l’explication de cette fameuse machine. Intervenant après 30 minutes de bobine, elle permet au canevas narratif de reprendre des couleurs et d’installer une captivante explication des thèses scientifiques (le trou de verre notamment) effleurés par-ci par-là. Le savant charabia est principalement là pour rendre l’existence du visionnage du passé crédible ; et autant dire que ça marche du feu de Dieu ! On y croit pleinement et on peut dire que c’est l’une des principales réussites du film. Pour ne pas gâcher les nombreuses surprises qui peuvent émailler l’enquête, j’éviterai de citer les indispensables relances qui parcourent le film. Toujours est-il que cette illustre machine, que n’importe quel être humain reverrai d’avoir dans son salon, permet aux personnes qui s’en servent de retourner en images 4 jours en arrière. Pour l’agent Doug, la course pour retrouver l’assassin de Claire (une jeune femme mutilée par le terroriste peu de temps avant l’explosion) et par conséquent le poseur de la bombe du Ferry s’engage. A noter la bonne idée que le visionnage du passé ne permette pas de faire pause ou de rembobiner : même si la bande revoit quatre jours avant l’explosion, elle s’écoule normalement et un arrêt sur le passé est impossible. Un peu comme si on regardait le passé sur sa télé sans avoir de piles dans sa télécommande. Cela augmente donc le stress et le suspense qui ponctuent le spectacle. Bien sûr l’affaire se corse quand l’inspecteur en chef (ici le père Denzel) tombe amoureux de la victime (ici la superbe Paula Patton).

Image Hosted by ImageShack.us

Presque aux trois-quarts du récit, le film s’embraye alors dans une course-poursuite dans le passé. Inutile de dire comment cela arrive (ce serait gâcher la surprise) mais le film use alors d’un raccourci étrange : toute l’action semble pendant une quinzaine de minutes distordue par rapport à l’intrigue et l’ensemble en pâtît complètement. Peut-être est-ce le fait que les acteurs jouent en décalage par rapport aux réactions attendues; peut-être est-ce aussi parce que Scott et ses scénaristes paraissent ne plus rien avoir à dire; ou peut-être est-ce parce que le changement de direction que le scénario suit n’a pas été évident à manié pour tout le monde. Toujours est-il que le tout reprend de la vitalité avec une fin résolument simpliste et facile (très hollywoodienne dans son genre) mais maniée avec suffisamment de malice pour ne pas décevoir. Elle sert ici à boucler l’histoire en toute logique, sans surprises mais sans déceptions non plus. Reste que le scénar’ très complexe et aux différents niveaux de lectures demande plusieurs visions pour être entièrement compris dans toute sa matière, mettant alors Déjà Vu au dessus du lot du simple actionner de base. L’histoire d’amour, bien qu’un peu convenue, prend une place importante dans l’intrigue et permet d’élever l’ensemble vers quelque chose d’inattendu voire de surprenant. Les nombreux moments de poésie permettent une adhésion totale grâce à un savant mélange d’une musique acoustique, d’un jeu d’acteur irréprochable et d’une réalisation dans l’air du temps. En gros on plane complètement. Dernier point non négligeable, les morceaux de bravoure promis se comptent sur les doigts d’une main mais pourrait aisément écraser une paume. La géniale idée du casque qui montre le passé dans le présent n’est peut-être pas toujours bien exploité (certaines prises de vues sont hasardeuses – manque de plans larges -, la scène traîne parfois trop des pieds, le tout n’est pas toujours bien géré de par la complexité de la scène…), mais il faut bien avouer que l’originalité de la situation, les crans de tension qu’elle génère (le camion qui arrive sur le Hummer est à ce titre très ingénieux) et le plaisir de voir autant de voitures volées dans les airs au ralenti à de quoi réjouir les plus adeptes. C’est surtout dans ces moments-là que Scott retrouve sa vitalité d’antan qu’il n’a d’ailleurs jamais vraiment perdue mais qu’il gardait discrètement derrière des films aux ambitions autres.

Image Hosted by ImageShack.us

Si on devait toutefois relever un point noir à Déjà Vu, outre quelques longueurs pesantes, ce serait sans aucun doute les limites qu’il atteint rapidement. Derrière son apparente complexité d’on je n’ai cessé de faire les louanges, nous pouvons finalement voir apparaître cette idée de retour dans le temps qui fait perdre au film de sa saveur et de son piquant. Le « déjà vu » promit par le titre s’exprime durant le film par le sentiment que laisse un renouveau dans le temps ou une vision du passé. Il ne s’agit donc pas ici d’un déjà vu quotidien mais bien d’une sensation extraordinaire que seul Carlin vit à partir de la trentième minute. On peut alors hélas regretter que le Déjà Vu ne prenne son sens qu’au dernier quart du film ; lorsque les éléments apparus avant reviennent après. Certes c’est efficace, certes c’est plus discret ; mais ce n’est pas plus subtil pour autant. Ses limites sont renforcées par une forme classique (thriller-romance) et un postulat pas toujours très maîtrisée (outre le problème de rythme aux trois-quarts, on peut constater une absence de moments forts où le déjà vu apparaît clairement). Un peu comme-ci les scénaristes n’étaient pas allés au bout de leur idée et se serait contenté d’un moule fait d’un suspens efficace et d’une romance à l’eau de rose. Il ne faudrait pas dénigrer pour autant l’indéniable réussite de la partie action et fantastique qui promet des moments de fulgurance narrative et de matière grise scientifique. L’utilisation de la machine et la réussite esthétique de cette dernière (la géniale idée des infinies angles de vues qu’elle comporte) étant à mettre au compte des créateurs ; et surtout de son réalisateur : Tony Scott.

Image Hosted by ImageShack.us

Décrié par une certaine tranche intello qui n’apprécie pas trop ses récents bidouillages artistiques (il faut bien avouer qu’avec Domino – hit complet au plaisir indéniable mais aux effets souvent « too much » – ça se discute), Tony Scott est néanmoins adulé par des cinéphiles qui le considère comme bien plus qu’un simple faiseur. Personnellement j’en fais parti. De Top Gun à Ennemi d’Etat (clairement son meilleur film), en passant par USS Alabama ou Man On Fire ; le père Scott n’a cessé d’être dans l’ombre de son frère Ridley qui a la mauvaise tendance à se complaire dans une gamme filmique répétitive (depuis le grandiose Gladiator, il y a certes eut l’excellent Chute du Faucon Noir et le sympa Les Associés mais surtout le regrettable Kingdom of Heaven). Après un beau Man on Fire et un expérimental Domino, Tony revient sous l’égide de son pote Bruckheimer et retrouve toute son efficacité. Il s’approprie ici les rennes d’un film de commande et retrouve ses expérimentations si particulières, notamment au cours d’un générique aux filtres disparates et aux ternes orangées. Néanmoins il semble clair que le lourd budget ait restreint l’utilisation du montage « cut » pour quelque chose de plus posé mais pas moins maîtrisée pour autant. Car si il est évident qu’il s’est moins fait plaisir, Scott semble tout de même s’amuser à nous balader dans son long jeu de pistes et transforme une scène de dialogue en essai filmique de haut niveau. Tony à de l’expérience dans les tripes, et il le montre clairement ici ; surtout au cours d’une course-poursuite sur l’autoroute et où il s’amuse à naviguer entre les voitures à une vitesse défiant Vincent Perrault. Du travail tel qu’on l’attendait, de la réussite plastique complète de la machine à une fin sur les docks au cordeau. Il s’appuie pour cela sur un matériel au diapason et sur une photographie de premier ordre : il faut dire qu’il a avec lui un grand en la personne de Paul Cameron, qui à travaillé au même poste sur Collateral (le chef d’œuvre de Michael Mann) et sur Man On Fire entre autres. A l’aide de la toute dernière caméra Genesis (caméra Haute Définition qui permet des éclairage très faibles sans altérer la qualité de l'image - utilisée sur Miami Vice récemment), Cameron (non pas James !) alterne teinte orangées foncées la nuit et plutôt vertes le jour ; pour un rendant global 100 % énergique. Son pote Harry Gregson-Williams revient aussi pour composer une belle B.O mais qui cède trop souvent à la facilité (il va jusqu’à reprendre des thèmes utilisés dans Man on fire et Spy Game !). Pourtant Déjà Vu démontre qu’avec 80 millions de dollars et un grand réalisateur, on peut avoir quelque chose de remarquable A oui : et un bon casting aussi !

Image Hosted by ImageShack.us

On a beau me dire que Denzel Washington à 52 ans, je peine à y croire. Avec un physique de play-boy et une forme olympique, le père Washington rendrait vert de rage un jeune beau gosse de 20 ans. Il n’a clairement plus rien à prouver, mais continue pourtant à se dépasser et écraser le rôle de départ qu’on n’aurait pu lui fournir. Il se donne donc ici à fond, ne cessant d’enchaîner les galipettes avec une force du timing imposant le respect. Il faut aussi dire que j’ai toujours eut de l’admiration pour cet acteur de génie qu’est Denzel, et qui n’a cessé d’enchaîner les bon rôles ; sauvant le pire des films de la catastrophe nucléaire (je pense à ce titre au très moyen Out of Time, qu’il sauve grâce une palette d’acteur à l’unisson – en plus de la croquante présence d’Eva Mendes et du plaisir de voir Dean Cain à l’écran). Passé derrière la caméra avec brio, il semble aujourd’hui se délecter de jouer avec son pote Tony (avec qui il a travaillé sur USS Alabama et Man on fire) et prend un malin plaisir à tordre le profil de départ de l’inspecteur Doug Carlin pour en faire quelque chose de plus consistant. Denzel en fait, c’est comme une machine à laver : il essore les clichés pour mieux faire ressortir le brillant de son personnage, avec toujours cette touche de charme et de délicatesse qu’on y revient sans problème une infinité de fois. Il trouve en face de lui une interprète de talent en la personne de Paula Patton : belle, resplendissante, magnifiée par une photo qui ne cesse de la mettre en valeur, elle effectue un jeu en électrolyse qui marche sur à coups : quand elle apparaît sur l’écran, une présence mystérieuse se crée et ressort avec force sur les moments où la mesure s’emballe. On pourra regretter qu’elle ait ici un rôle si peu consistant qui fait qu’elle ne cesse de jouer la victime éplorée tout du long. Dommage car l’histoire d’amour qui la lie à Denzel reste tout du long crédible. A noter enfin le savoureux second rôle de Val « j’aime bousiller ma carrière avec des nanars » Kilmer, qu’on regrettait de ne plus voir au cinéma dans des rôles potables depuis le très surprenant Wonderland. Même si son personnage n’a rien de bien transcendant (un directeur un peu mou et trop conforme aux règles), la joie de le voir rempiler dans une production ambitieuse signée Tony Scott (après Top Gun) finit par emporter le dessus. Enfin notons le méchant de service, interprété par un Jim Cazaviel que je n’aime pas d’habitude mais qui ici fait montre d’un certain talent caché (dernier bon jeu d’acteurs : La Ligne Rouge).

Image Hosted by ImageShack.us

Au final donc, Déjà Vu s’apparente comme un thriller ambitieux. Avec la volonté de s’aventurer sur des terrains inconnus (cette impression de déjà vu jamais encore exploité au cinéma), Terry Rossio et Bill Marsilli (les scénaristes) crée un univers original mais qui ne semble jamais aller au bout de la thèse présentée. Tony Scott utilise donc la trame principale fournie pour glisser ses expérimentations favorites avec plus de tenue et pour montrer qu’il sait encore à son âge faire montre d’une indéniable efficacité et d'une facture technique irréprochable. En résulte en définitif un objet filmique incomplet, qui manque de folie et de saveur ; mais qui se présente quand même un cocktail d’action et de fantastique non négligeable. Alors si vous êtes fans de Tony Scott ou que vous êtes fan des couches spatio-temporelles, foncez ! Sinon, allez-y quand même ; car le plaisir, bien que superficiel, est là.

7.5/10