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Permettez-moi de planter le décor. Le 4 juillet en Belgique, c'est le Wilkinson American Movie Day, 13 avant-premières de films polonais... euh, américains, bien sûr. Comme ma compagne est également cinéphage et que des amis sont justement en congé, hop, on prend congé aussi et c'est parti pour quatre films d'affilée. Comment faire son choix? Bon, Harry Potter c'est à 14h15, la salle va être truffée de gosses, ce sera pour dans quelques semaines. La suite des quatres fantastiques? Même pas encore vu le premier... Finalement, le choix s'est porté sur Premonition, Transformers, Ratatouille et pour le film-surprise, Mr. Brooks. On ne savait pas grand chose du film, excepté le casting et le fait que Costner jouait le méchant. Et c'est ici qu'il est nécessaire de faire un petit aparté sur l'acteur. Car autant le dire tout net, je ne l'aime pas beaucoup. Malgré tout, j'ai regardé plus de 20 films auxquels il a participé, vu tous ses films en tant que réalisateur, et dans l'ensemble, le bilan est assez négatif. A part Dance avec les loups et Open Range que je trouve sympathiques (traduction: je ne les ai même pas en DVD), le reste n'est pas vraiment ma tasse de thé (Body Guard, Postman, Dragonfly, berk, berk, berk). Certains films sont tout à fait regardables, mais ce n'est pas grâce à lui (Les intouchables, Thirteen Days). Par contre, d'autres me rappellent de mauvais souvenirs et uniquement à cause de lui. Et je me rends compte que finalement, je ne porte pas l'acteur dans mon coeur à cause d'un seul film, qui pourtant est adoré par toute une franche de cinéphiles: Un monde parfait. Dieu que je me suis fait chier avec ce film, c'est clairement l'oeuvre d'Eastwood que j'aime le moins. Ce personnage de faux-méchant m'a vraiment horripilé. Depuis ce jour (qui remonte à loin), Kevin Costner était dans ma liste de bannis (quand même pas aussi bas que Travolta
). Il a vraiment fallu le déjanté Destination Graceland pour qu'il remonte dans mon estime. C'est d'ailleurs en repensant à ce film que je me suis dit en voyant le programme "Tiens, Mr. Brooks, pourquoi pas? De toutes façons, Demi Moore et William Hurt sont là, je n'irais pas le voir pour rien". Hop, emballé, pesé.
Quelques jours auparavant, en lisant un de mes magazines, je tombe sur une critique lapidaire: le film n'est pas bon, deux has been à l'affiche (OK, commercialement, c'est des has been, mais ca n'a aucune connotation négative en ce qui me concerne...), Costner en fait des tonnes... Bref, je m'attendais à quelque chose de pas terrible pour terminer la journée, très agréable d'ailleurs, tous les films m'ayant plu.

Le film démarre et autant le dire tout de suite, j'ai été happé par l'histoire et les personnages, malgré les quelques heures de visionnage intensif au compteur. Kevin Costner est d'une grande sobriété, tout en douceur et incarne un magnétique tueur en série, le Thumbprint. Son modus operandi? Il s'introduit chez des couples, minutieusement choisis et les tue au révolver. Il dispose ensuite les cadavres de manière romantique et les prends en photo. Ensuite, il disparaît littéralement, en prenant bien soin de ne laisser aucun indice. Contrairement à certains tueurs, le jeu consiste ici à ne pas se faire prendre, aucun contact avec la police et les médias (le fait d'avoir vu Zodiac une semaine plus tôt tombait à pic pour jouer aux comparaisons). Même les photos qu'il prend sont brûlées à son retour, ainsi que ses vêtements. Et c'est également pour la bonne raison qu'Earl Brooks soit marié et ait une fille de 18 ans que ce sage patron d'une usine de boîtes en carton dissimule sa double vie jusque dans les moindres recoins. Pour l'aider dans sa tâche, Earl a fait appel à Marshall (William Hurt), son double imaginaire très observateur qui lui permet de garder la tête froide en toute circonstance. Et c'est là que ce film devient vraiment génial: Earl et Marshall parlent quasiment tout le temps ensemble, même lorsque d'autres personnes sont dans la même pièce. Evidemment, elles ne voient pas Earl parler tout seul, il est simplement plongé dans ses pensées.

Ces échanges dynamisent la mise en scène et donne une réelle profondeur à ce tueur pas comme les autres (il en devient presque surnaturel lorsqu'il entre par effraction dans un appartement et disparaît avec autant de maestria qu'un Batman au meilleur de sa forme). Evidemment, pour magnifier ce personnage, il lui faut un adversaire de taille et la revenante Demi Moore fait parfaitement l'affaire. Peut-être pas une grande actrice mais elle se donne à fond (même pour des films aussi insignifiants que Striptease, c'est dire...) dans son rôle d'inspectrice, dont la procédure de divorce empoisonne son enquête. Ajoutez à cela un personnage hautement immoral séduit par le pouvoir de vie et de mort que détient Earl et un autre tueur en série qui pend ses victimes, récemment échappé de prison et qui cherche à se venger de la femme qui l'a fait coffrer (devinez qui...), et vous obtenez un excellent cocktail qui m'a fait passer un excellent moment! Vivement le DVD!
Verdict: 8/10

Dès l'annonce du feu vert de la production, c'était déjà difficile pour moi de dire exactement ce que je ressentais. D'un côté, c'était plutôt "Ouais, super, les Transformers en live, dis donc!". Moi qui connaît par coeur tous les noms de ces charmants robots qui trônent chez moi sur une longue étagère... Et puis de l'autre, "Bouah, ca va être naze de toutes façons...". En puis, bon, Michael Bay qui réalise, on aurait pu mieux tomber. Non pas que je dénigre le gaillard, The Rock est un des meilleurs films d'action de tous les temps et puis son travail de producteur sur les remakes de Massacre à la tronçonneuse me font dire que le bonhomme ne mérite pas d'être descendu en flèche par certains détracteurs. Néanmoins, sur un truc aussi maousse que les Transformers, j'aurait préféré un réalisateur qui me mette plus en confiance. Résultat, je n'attendais pas le film la bave aux lèvres, loin de là... Comme d'habitude, j'ai zappé tout ce qui était possible de zapper en attendant: pas de bande annonce, aucune news, rien de rien. Je ne voulais rien savoir! J'ai juste entraperçu sans le faire exprès une photo de Bumblebee et d'Optimus Prime et that's all. Je suis donc rentré dans la salle vierge de toute influence, excepté tout ce qui concerne mes vieilles connaissances des jouets Takara et Hasbro, du dessin-animé et des comics Marvel. Un solide background néanmoins. Le film commence sur les chapeaux de roues, une monstrueuse scène de présentation de ce qu'est un Transfomer. Un hélicoptère de combat non identifié s'approche d'une base militaire. L'armée le force à se poser sur la piste d'atterrisage et en un clin d'oeil, on sait: le pilote est un hologramme, et les malheureux soldats d'assister à la transformation du Decepticon Blackout.

Total inconnu en ce qui me concerne, il a probablement été créé pour les besoins du film, mais d'emblée, ce Decepticon séduit. Surtout dans la manière de tout atomiser, une véritable machine de destruction massive. L'introduction passée, on souffle un peu pour reprendre ses esprits et se concentrer sur un ado lambda. Comme les clichés s'enfilent les uns après les autres, ca permet de revenir à tête reposée sur la première séquence tout en suivant les pérégrinations de l'équivalent du Spike du dessin animé. Première constatation à froid: la transformation était assez naze et malheureusement les futures transformations donneront toutes le même effet: on a vraiment l'impression qu'il y a deux images: le véhicule et le robot. Entre les deux, on fait une espèce de morphing où des bouts de carrosseries apparaissent ou disparaissent comme par magie. On voit clairement que le robot a été désigné en faisant croire qu'il sait se transformer mais on se demande bien comment il fait pour arriver à un tel résultat. Oh attention, certains détails sont bien fait, ca coulisse, ca bouge, ca fait le bruit traditionnel, mais on a plus une impression de n'importe quoi qui se dégage. Moi qui espérait des images de synthèse où les mécanismes de transformation seraient très réalistes, je reste sur ma faim. Evidemment, on pourra dire que le dessin animé ne donnait pas mieux, et je croyais vraiment que les ordinateurs actuels feraient la différence et bien non. Soit ca va trop vite et j'aimerais bien voir toutes ces transformations au ralenti, soit les programmeurs se sont facilités la vie en se contentant de lier des états intermédiaires au mépris du respect des volumes. Cela dit, il faut bien l'avouer, je chicane sur un détail, et ca ne parasite pas vraiment le film. Seule une petite touche de déception pointe. Mais j'en reviens à notre cher ado, à la recherche de sa voiture avec son daddy, afin de séduire une fille de sa classe. Les scénaristes en ont profité pour glisser quelques clins d'oeil, lorsque le vendeur (hilarant Bernie Mac!) lui propose une vieille coccinelle toute pourrie à la place d'un coupé sport Camaro assez ancien mais qui a tout même fière allure et dont l'apparence cache en fait le Transformer Bumblebee (pour ceux qui ne le savent pas, c'est une coccinelle jaune dans le dessin animé). Ce dernier fera même un upgrade par la suite, améliorant son apparence par le modèle dernier cri. C'est ainsi que le jeune Sam Witwicky découvrira que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Et qu'il n'y a pas que des gentils Transformers... Le Decepticon Barricade (encore un nouveau venu, une voiture de police Ford Mustang. Bonjour la confusion, car à la base, la voiture de police, c'est l'Autobot Prowl) fera tout pour coincer Sam, visiblement en possession d'un objet très important.

Dès lors, les renfort Autobots arrivent: le leader Optimus Prime, bien entendu mais aussi Jazz (qui n'est plus une Porshe), Ironhide (qui conserve sa bouillante personnalité mais troque son apparence de camionnette en puissant 4*4) et Ratchet (toujours le médic de la bande, mais curieusement son ambulance est remplacée par un camion des pompiers... C'est kif-kif mais on pourrait confondre avec un autre Autobot, Inferno. D'autant plus que Ratchet est à la base un pacifique incapable de se battre. Et qu'ici, il se débrouille plutôt pas mal au corps-à-corps). Et du côté des Decepticons, Megatron, cryogénisé par les humains, fera son apparition un peu plus tard, dans un plan rappelant fort une illustration des nouveaux comics Dreamwave. Dès son réveil, il rameutera les troupes, son âme damnée Starscream (toujours en jet de combat), Brawl (toujours en tank), le fameux Blackout et Bonecrusher (toujours un véhicule de construction). Citons également un éventuel Scorponok mais avec beaucoup de réserve, ce dernier ne se transformant jamais en robot. Et Soundwave dans tout ça? Merde, c'est mon préféré et il n'est même pas là...

Et pourquoi je vous parle de tous ces noms barbares que 99% des gens ne connaissent même pas? Je vous le demande... Tout simplement pour mettre en valeur un point très positif: Michael Bay et toute son équipe sont parvenus à moderniser le mythe et rien que pour ça, on peut dire que le film est une réussite. Soundwave n'avait pas vraiment pas sa place pour 2 raisons: la première c'est qu'il s'agit d'un lecteur de cassettes. Qui utilise encore des cassettes aujourd'hui? La seconde, c'est qu'à la base, les Transformers sont des jouets et que la transposition en dessin-animé ne s'embarrasse pas des détails. En effet, Soundwave est un robot gigantesque de plusieurs mètres de hauteur mais rapetisse comme par magie à la taille d'un lecteur de cassette humain. Avouez que ca ne passerait pas une seule seconde à l'écran. Ils ont donc remplacé intelligemment Soundwave par Frenzy, qui a la base était une de ces cassettes mais qui avait la taille d'un humain. C'est donc l'espion idéal. Pareil pour Megatron, viré le Walter PPK. A la place, un rutilant jet de combat au design extra-terrestre. Bref, ces robots font vrais, particulièrement lorsqu'ils se tapent sur la gueule en plein centre-ville. Les trentes dernières minutes sont assez bluffantes et on en a pour son argent! Mais c'est le film de l'année, alors? Non, quand même pas... Reste les habituels défauts des oeuvres de Bay: un humour qui ne fait pas mouche à tous les coups (John Turturro déballe tout l'arsenal mais ca ne suffit pas à compenser les fintes qui ne feront rire que les ados... Et en même temps le film leur est plutôt destiné, donc je ferme ma gueule de vieux con...), et surtout aucune rigueur dans la narration. Des personnages disparaissent de l'action sans crier gare, réapparaissent cinq minutes plus tard... Bref, dès qu'il y a trop de personnages, Bay a du mal à gérer son film. Bon, on comprend tout de même, notre cerveau comble les trous, mais c'est dommage que l'action ne soit pas plus limpide. Pour enchaîner les plans rapides, le réalisateur n'a de leçons a recevoir de personne mais pour les agencer afin de respecter une narration rigoureuse, c'est une autre histoire... Cela dit, il s'est tout de même amélioré et il parvient à faire durer certains plans, ce qui n'est déjà pas si mal en soi... On dira que le film est un galop d'essai, fort bien réussi d'ailleurs, mais on attend la vraie course dans une éventuelle suite... Et s'il veut réaliser une véritable scène d'anthologie, il n'a qu'à appeler Devastator en renfort, il se fera un plaisir de tout démolir...
Verdict: 7/10

Dina Meyer pousse son premier cri le 22 décembre 1968, dans le quartier de Queens à New York. Entourée de 2 frères, son enfance et ses études se déroulent sans problème. De neuf à seize ans, forte d'un visage irrésistible, Dina s'essaye au métier de model, mais bien entendu, elle songe plutôt à embrasser une carrière d'actrice. Heureusement que papa et maman sont des gens responsables, et l'obligent à au moins terminer ses études. Trois années à étudier l'art dramatique suivront et un rôle dans la série Beverly Hills 90210 viendra concrétiser ses attentes. Elle décrochera dans la foulée le rôle féminin principal de Johnny Mnemonic, très sympathique film de science-fiction qui traînait une réputation de daube cosmique à sa sortie ciné et qui m'a très agréablement surpri à sa première diffusion télé. Course-poursuite plus ou moins efficace avec en tête d'affiche Keanu Reeves, le film brille surtout par ses seconds rôles: Dina Meyer, bien entendu, dans un rôle assez physique qui lui convient parfaitement (la belle est une grande sportive, ses épaules carrées ne sont pas tombées du ciel: snowboard, VTT, plongée sous-marine, etc...) mais surtout Dolph Lundgren, qui trouve ici son meilleur rôle à ce jour, dans la peau d'un prédicateur complétement fou et hautement jouissif!

Je n'oserais pas parler d'un début de carrière pétaradant, mais avouez tout de même qu'il ne lui a pas fallu longtemps pour percer! Pendant que d'autres petites poulettes rament désespérement pour trouver un job, Miss Meyer se retrouve ensuite en compagnie de Dennis Quaid dans un film budgété à $57,000,000, Coeur de Dragon. Et si force est de reconnaître qu'on est encore loin du film de dragon ultime (toujours pas pondu, d'ailleurs... Le dragon du lac de feu reste le meilleur pour l'instant, malgré un Règne du Feu qui aurait pu être tellement mieux!), on tient peut-être là un des meilleurs films familiaux qu'il m'ait été donné de voir (le compliment est d'autant plus sincère compte tenu de mon aversion pour le genre...). Evidemment, un dragon qui parle avec la voix de Philippe Noiret in French, c'est un peu casse-gueule, mais les effets spéciaux sont assez corrects et je ne le répéterais jamais assez, Dennis Quaid a le chic de composer des personnages immédiatement attachants. Dans son rôle de sauvageonne à la chevelure de feu, Dina fait monter la température bien plus rapidement que la créature vedette!

Et pour enfoncer le clou de la célébrité d'un bon coup de marteau, rien de tel qu'une participation à trois épisodes de la série qui cartonne, Friends. Ceux qui me connaissent un petit peu savent déjà que je ne la porte pas du tout dans mon coeur, et parmi les rares épisodes que j'ai vainement regardé dans l'espoir de comprendre l'engouement général pour cette série figurent justement deux de ces épisodes avec Dina, par la grâce d'une chance insolente avec la zapette "Tiens, mais c'est Dina Meyer!?! Qu'est-ce qu'elle fout dans cette série de m....?!?". Si je me souviens bien, elle incarnait une aspirante actrice, et accessoirement objet de désir de Matt LeBlanc. Heureusement pour moi, l'année 1997 me marque au fer rouge pour tout autre chose. Un film grandiose, propulsé illico presto dans mon top 20:

YES!!! Starship Troopers!!! Véritable monument de la science-fiction!! Si ce film est une aussi grande réussite, c'est avant tout grâce à quatre noms: le hollandais violent Paul Verhoeven, dans ma toplist des réalisateurs; l'allemand volant Jost Vacano comme directeur photo, qui compose des scènes de combats proprement ébouriffantes; le génie des effets spéciaux Phil Tippett qui supervise toutes les scènes avec les créatures (Putain, il méritait pourtant une flopée d'oscar, ce Tanker!!!) et finalement Dina Meyer, dont c'est le premier film vu par votre serviteur. Un choc terrible! Jamais je n'oublierais cette Dizzy Flores!!! Chaque fois que je le regarde, ce film, je traite ce crétin de Johnny Rico de tous les noms. Mais comment peut-on vouloir sortir avec cette tête de mérou de Denise Richards alors que sa sublime partenaire de jeu n'a d'yeux que pour lui!!! Heureusement, le bon sens l'emportera, et la guerre contre les insectes de Klendathu aura au moins ça de bon: Dizzy parviendra à ses fins, après s'être mesurée au sergent-instructeur Zim (Clancy Brown, je pose un genou par terre...) et à une horde de bugs en furie! C'est pas beau, l'amoûûûûr??
Avec un regard pareil, bien sûr que c'est beau l'amour!! Bon, trêve de romantisme, sinon, j'en connais une qui va de moins en moins tolérer mes "Quel happy-end de merde..." lâchés généralement pour conclure les comédies romantiques
. Bon, retour à nos moutons et à une carrière qui semblait toute tracée. En bonne voie pour avoir son étoile sur le Hollywood Boulevard, Dina étoffe son CV d'un rôle de procureur un peu sévère dans un épisode d'Ally McBeal (série hautement plus fréquentable que Friends, même si je n'ai pas vu tous les épisodes, loin de là. Je me suis surtout concentré sur les derniers, grâce à la présence de Christina Ricci. L'épisode avec Dina résulte d'un autre coup de chance avec la zapette... Comme quoi...). Et puis, là, de manière totalement inexpliquée, Madame la chance retourne sa veste et Dina aura bien du mal à devenir LA star qu'elle mérite d'être. Evidemment, ses films précédents n'ont pas été de grands succès commerciaux et j'oublie tout le temps que Starship Troopers n'a pas généré autant d'enthousiasme que dans ma tête mais tout de même... Et les choses ne s'arrangent pas avec La nuit des chauves-souris. Si le film conforte définitivement son statut de Fantastic Girl à mes yeux, le succès n'est toujours pas au rendez-vous. Vraiment dommage pour une série B de bonne qualité, déjà chroniquée dans le dossier Faune de nos jardins (Part 2).

Vient ensuite une excellente petite surprise, Stranger Than Fiction. Je l'ai loué à ma vidéothèque en voyant qui vous savez sur la jaquette. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne me faisais pas trop d'illusion quand à la qualité de ce qui s'apparentait à un sous-Scream. Et pourtant, de un, j'ai passé un bon moment et de deux, ca n'a rien à voir avec le film de Wes Craven et tous ses ersatz miteux. Il faut plutôt chercher du côté des Petits meurtres entre amis de Danny Boyle ou encore Very Bad Things de Peter Berg, l'humour corrosif en moins. Quatre amis se mettent en position délicate lorsque l'un d'entre eux tue un homme et qu'ils décident de faire disparaître le corps. A partir de là, c'est chacun pour soi et les retournements de situation sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le dénouement approche. Chouette scénario, et à nouveau bonne prestation de Dina, qui passe aisément de l'amie sur qui on peut compter à la garce vénéneuse. On pourra reprocher une réalisation un peu inutilement tape-à-l'oeil mais c'est bien le seul reproche que je pourrais faire à cette efficace série B. Vivement une diffusion télé (bon, ca fait jamais 6 ans que j'attends, tout va bien...)

Et puis, voilà, la descente aux enfers commence... Un bon paquet de films que j'ai même pas vus... Un quasi-caméo (son personnage meurt dans les cinq premières minutes du film) dans le D-Tox qui marque le début de la déchéance totale de Stallone (Même si le film n'est pas si mauvais que ça, il se prend une méchante gamelle au box-office qui donnera le coup de grâce à la carrière de l'étalon italien). De toutes façons, un énième film sur un tueur en série qui n'apporte pas grand chose, finalement, on s'en serait bien passé. Tout comme la série Birds of Prey qui me faisait pourtant saliver d'impatience. Imaginez, Batman est mort, Robin s'est fait la malle, seule Batgirl est encore là (Dina), mais clouée à un fauteuil roulant. Et Gotham City étant ce qu'elle est, le crime reprend ses droits sur la ville. C'est sans compter sur la nouvelle équipe de nettoyage composée par Batgirl herself: la fille de Selina Kyle (Catwoman, pour les distraits...) et une ingénue médium qui sort de sa campagne pour combattre l'injustice. Las, la série est conçue pour les adolescentes et malgré quelques clins d'oeil agréables (flash-back du dernier combat Batman VS Joker, ce dernier étant interprété par Mark Hamill, déjà talentueux doubleur du même personnage sur la série animée de 1993; Sherilyn Fenn en Harley Quinn!!!), l'ensemble est vraiment de petite tenue et le pilote m'a largement suffit...

Après cette série, arrêtée au bout d'une saison, pointe une discrète sortie vidéo pour le film Deception (aka Decoy). Relativement agréable à regarder, un suspense où une allumeuse au service d'un détective privé, branche les maris infidèles et au moment de passer à l'acte, son patron intervient et constate le coup de canif au contrat de mariage: tout bénéf' pour les femmes désireuses de divorcer. Mais voilà, la jolie madame qui joue avec les hommes (si je vous dis que c'est Dina Meyer qui joue ce personnage, vous serez sur le cul, là, non?) est confrontée à un mari revanchard, et il ne va pas faire bon de traîner toute seule la nuit. Si c'est tout à fait le genre de film parfait pour passer sur TF1 ou M6, le scénario est suffisamment bien fait pour brouiller les pistes et maintenir l'intérêt. Bon petit film, donc, mais pas très connu. Heureusement, le succès frappe à la porte en 2004: Saw fait des ravages dans les salles obscures, et c'est amplement mérité. Même si tout n'est pas parfait, ca m'a fait franchement plaisir de voir un film pareil faire un tel carton. Et quel bonheur de retrouver un Danny Glover aussi intense que dans Predator 2, yeah!!! Alors, certes, l'inspecteur Kerry, on la voit 5 minutes à tout péter mais elle devient carrément un des personnages principaux dans la suite! Saw II est sans doute inférieur à sa préquelle mais rien que pour le plaisir de voir Dina Meyer revenir au premier plan, je les mets tous deux au même niveau. Quand au troisième, il baisse d'office dans mon estime, car les scénaristes ont OSÉ tuer son personnage, putain!! Dès le début du film en plus, histoire de bien m'assommer!! Même Mad Movies s'était ligué contre moi, en mettant son cadavre en couverture du numéro 191 mais en prenant bien soin qu'on ne puisse pas voir son visage, hein!! Bande de sadiques! J'ai du la voir des dizaines de fois, cette image en lisant le magazine! Et puis, en voyant le film, PAF!! NOM D'UNE PIPE!! C'était les tripes de Dina, là, en couverture!! Le coup de grâce, vous imaginez bien... Bon, passons car même si je me suis un peu plus ennuyé en le regardant, Saw III se laissait voir, grâce à certaines scènes bien sadiques (impossible d'oublier la purée de porc pourri...).
Et l'avenir? Pas vraiment de gros films à l'horizon, comme d'habitude... Dur, dur, de se faire une place parmi les stars...
Les autres Fantastic Girls:
Ah, je n'en menais pas large jeudi soir dernier (l'article est prêt depuis lundi, mais comme dvdrama a sévèrement merdouillé). La plus longue nuit de ma vie, je vous fais grâce des détails, mais il a quand même fallu une huitaine d'heures à mon organisme pour se vider par le haut et par le bas... Vidé dans tous les sens du terme... Pq ai-je mérité qu'une saleté de virus me cloue dans mon sofa tout le weekend? Hein? Et bien pour péniblement rattraper mon retard de tous les films que je dois encore regarder... Oh, je n'ai même pas progressé d'un dixième mais bon, tout de même, une petite orgie de films, ca fait du bien... J'ai décidé de partager un peu ce weekend avec vous, sans les gros morceaux qui restent coincés entre les dents... Miam... :

1) Hors série: Brice de Nice
C'est le dernier film que j'ai regardé avant que le terrible virus ne s'éveille en moi. A moins que le virus, c'est le film en soi... Parce que torcher un truc pareil, là... Je l'ai vu avec pas mal de retard, j'en conviens, totalement passé à côté de la Brice Mania (il faut dire que les extraits du film ne m'encourageaient guère). Mais que c'est nul... Nul, nul, nul... A part le fait qu'ils ont été rechercher Richard Darbois pour faire la voix de Bodhi dans la scène du sosie de Patrick Swayze, je ne vois vraiment pas ce qu'il y a à sauver... J'ai eu cette impression pendant tout le film "On fait un film nul et on est content avec ça". Je sais mettre mon cerveau sur off, mais pas à ce point là quand même... 1/10

2) Après une journée de fièvre, ras la patate de rester dans mon lit. Direction le salon et la pile de VHS qui m'attend. J'en insère une au hasard: ce sera Banco à Bangkok pour OSS 117. Le fantôme de Jean Dujardin déguisé en Brice traverse mon esprit (bien plus flippant que Sadako et Samara réunies) en pensant au remake sorti dernièrement que je n'ai toujours pas vu, mais ici, c'est le vieux film de 1964, dans une tentative française de faire du James Bond. Et ma foi, ca a un certain charme, surtout grâce à la mise en scène d'André Hunebelle (les 3 Fantômas, la classe absolue, quoi!), et l'acteur qui joue l'agent secret ne s'en sort pas trop mal. L'intrigue est tout à fait potable et Robert Hossein est top en gourou d'une secte visant à l'éradication des races inférieures. Honnête divertissement. 6/10

3) Carnets de Voyage: Oulà, très bon film tout de même... Typiquement, c'est le genre de film que tout cinéphile abreuvé au festival de Cannes se doit d'aimer (je suis loin d'appartenir à cette caste...). Et une fois n'est pas coutume, je me range de leur côté, face à ce petit bijou de road-movie, léger et grave à la fois, où l'on suit les péripéties de deux argentins humanistes, en vadrouille dans l'Amérique du Sud. Ce voyage aura un impact politique décisif sur l'un d'entre eux, Ernesto Guevara. Qui sera bien entendu plus célèbre après avoir rencontré un certain Fidel Castro... Les 2 acteurs principaux de ce film sont incroyables, la mise en scène très dynamique et j'ai par conséquent passé un très bon moment. 7/10

4) Le rôle de sa vie: J'adore Karin Viard, mon actrice française préférée sans le moindre doute! Elle est ici à nouveau éclatante en boniche pour la comédienne-star interprétée par Agnès Jaoui. C'est souvent drôle, un peu plus grave par moment, mais c'est terriblement frais et les personnages sont tous attachants. Généralement, c'est le genre de film qui m'ennuie, mais ici la mayonnaise a pris par je ne sais quel miracle, peut-être par la grâce d'ingrédients plus savoureux. 7/10

5) Prick Up Your Ears: un des premier films de Gary Oldman, sous la direction d'un très bon cinéaste: Stephen Frears. Le film relate le scandale de la relation homosexuelle de Joe Orton, un auteur de théâtre reconnu, et de son meurtre par son amant, qui se suicidera quelques minutes plus tard. Solide film, où les rapports entre les personnages sont parfaitement établis. Un drame assez noir mais paradoxalement mené sur un tempo assez guilleret. Alfred Molina qui joue l'amant de l'ombre vampirise l'écran, et achève de me convaincre que j'ai regardé un très bon film. 7/10 (pour info, 7/10 pour un film sans fantastique et sans science-fiction, c'est beaucoup pour moi...)

6) Le château de Frankenstein: ouf, une petite bisserie quand même... C'est un DVD de Mad Movies, je suis méchamment en retard (5 mois, tout de même...). Encore une relecture du mythe de Frankenstein et de sa créature, mixée avec une sombre histoire de troglodytes retrouvés vivants. J'ai tous les DVD Mad, et c'est un des cinq plus mauvais... Aucun rythme, un professeur Frankenstein pas du tout charismatique (vive Peter Cushing!!), maquillages un peu loupés, pas de gore... Misère de misère... On oublie et on passe au suivant... 3/10

7) Aveuglée par l'amour: ouais, super, le téléfilm avec Dina Meyer qui me manquait: je vais pouvoir terminer mon article et le poster vendredi si tout va bien. Je n'en dis pas plus (sauf que Dina est une fois de plus superbe...) et à vendredi...
8) Les victorieux: excellent film de guerre de Carl Foreman... sans combat! Hé oui, pas de fusillade, pas de geste héroïque, pas de bataille. Ici, on s'intéresse à l'homme, au soldat, à l'amitié, aux temps de repos... C'est pratiquement la fin de la guerre 40-45, les américains ont débarqué et commence alors une longue marche vers l'ennemi et la rencontre avec les victimes de la guerre sur leur chemin. C'est un des premiers films d'Eli Wallach et il est absolument somptueux en sergent-chef mature mais qui manque un peu d'autorité. George Peppard se met au diapason pour incarner son caporal à l'inverse totalement irresponsable et on croisera Jeanne Moreau et Romy Schneider sur la route qui conduit à la paix. Vraiment la paix? Le film se moquant ouvertement de la guerre mais pas des sentiments forts qui en ont découlés. Un film intelligent et subtil. 7/10

9) Carnivàle: ca y est, j'ai enfin eu le temps de voir les deux derniers épisodes de la deuxième et dernière saison. Epoustouflante série, il sera tard quand j'en savourerais une autre avec une telle intensité! Je ne révélerais rien pour ceux qui sont encore plus en retard que moi (ca existe?), mais je dirais simplement ceci: je savais déjà que la fin se terminait sur un cliffhanger de la mort qui tue, et j'étais déjà terrifié à l'idée de ne jamais connaître la fin. Et bien, d'un côté, c'est frustrant, car le personnage de Clea DuVall prend une toute autre dimension mais d'un autre côté, cela ne renforce-t-il pas cette idée de lutte éternelle entre les deux camps?? Finalement, c'est une très jolie fin... Cette série sera une réussite totale jusqu'à la dernière seconde... 10/10

10) Killer Crocodile 2: je comble également mon retard dans les films achetés en DVD et déjà vus auparavant... C'est fou ce que je prends du bon temps avec ces conneries de crocodiles géants... Pour plus de détails, voir la partie de mon blog consacré aux sauriens, mon avis n'a pas changé après une seconde vision: fun, mais uniquement réservé aux rares amateurs!! A noter que le DVD de Neo Publishing est savoureux grâce une interview de Gianetto De Rossi, très sympathique gaillard qui a créé le crocodile du 1 et réalisé le 2 pour faire plaisir à son pote Fabrizio De Angelis. Ne vous arrêtez pas à ces deux titres, car De Rossi est un vrai amoureux de cinéma et a collaboré à plein de projets très variés, en passant d'un metteur en scène à l'autre aussi différent que Bernardo Bertolucci et Lucio Fulci. 6/10

11) Poisson d'avril: un bon vieux film français en noir en blanc, avec Bourvil en vedette, qui fait son show habituel mais terriblement efficace, dans une innocente partie de pêche qui se transforme rapidement en imbroglio sentimental savoureux. Le comique est impérial quand il s'agit de se moquer des soi-disant adultes ("Ne touche à rien dans la maison de qqn d'autre!" répéte-t-il à son fils incessamment alors que lui s'empresse de soupeser les statues de décoration pour vérifier si c'est du toc ou non!) ou encore lors d'une soirée bien arrosée (ivre mort, il lance à sa cousine plus jeune: "Non mais oh, j'suis adulte, quand même!!!"). A noter que Louis de Funès fait une petite apparition en garde-chasse qui réglemente la pêche. Etonnant comme dans les films où il n'a pas la vedette, je le trouve limite énervant et dans les autres (les plus récents, donc...), brillant. Sans doute qu'avec l'âge, il a un peu dégraissé son personnage de petit nerveux... 7/10
Voilà, il me reste encore une chiée d'autres films à voir, mais plus de gastro-entérite, merci mais non merci...
Oui, bon, OK, Lamberto Bava n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler un maître de l'horreur italien, il y a quelques-uns de ses compatriotes qui le dépassent allégrement (c'est cool, ca me fait des idées pour de prochains dossiers...). Mais voilà, j'avais envie de commencer avec lui, il m'est très sympathique et puis je ne l'ai jamais rencontré mais en regardant ou en lisant des interviews du bonhomme, il me donne le sentiment d'être quelqu'un de très disponible, pétri de gentillesse et surtout profondément respectueux de l'oeuvre de son père, Mario Bava. Et même s'il ne se montre pas aussi inventif, sa carrière est tout à fait honorable (en tenant compte du déclin du cinéma d'horreur italien fin des années 80). Il n'enquille pas les chefs d'oeuvre, loin de là, mais il reste fidèle au genre et ne se montre pas trop maladroit à certaines occasions. Le dénigrer uniquement parce qu'il fait moins bien que son père me semble un peu facile, et c'est avec curiosité que je continuerais à tenter de compléter sa filmographie.
La Maison de la Terreur (La Casa con la scala nel buio) - 1983

Suggéré par le scénariste Dardano Sacchetti, Lamberto Bava débute réellement sa carrière cinématographique avec ce film. Son deuxième, en fait, le premier étant relativement passé inaperçu. Il signe ici un giallo très soigné et efficace (pour les gens normaux qui se sont perdus sur mon blog, il s'agit d'un thriller aux morts très graphiques, dont les victimes sont souvent des femmes. L'intrigue est généralement soignée, et la plupart du temps, bien malin qui arrivera à deviner derrière quel personnage du film se cache le tueur. Giallo signifie jaune, la couleur des romans de gare dont ils sont généralement inspirés). Bruno est un compositeur de musique de films et il travaille en ce moment sur le film d'horreur d'une réalisatrice. Pour l'aider dans son travail, cette dernière lui loue une grande villa, où la solitude est censée l'aider à composer LE thème horrifique. La première nuit, il tombe sur Katia, la mystérieuse mais ravissante voisine. Il n'a pas vraiment le temps de la connaître que celle-ci disparaît. Seul le spectateur la verra mourir dans d'horribles souffrances, perpétrées par un tueur inconnu. Le lendemain, même scénario, une amie de Katia vient à sa recherche et disparaît à son tour. Bruno devient de plus en plus convaincu que cette maison abrite un terrible secret, et la paranoïa le gagne rapidement, au grand dam de sa petite amie, qui revient justement de Naples...

Je m'étais dit en louant ce film qu'il devait sûrement être intéressant, si Neo Publishing a décidé de l'ajouter à son catalogue. Et de fait, le film est une petite réussite. Rien d'original cependant, tous les codes du giallo sont respectés à la lettre, mais avec un certain talent. La mise en scène est très soignée, et malgré de nombreuses scènes de nuit, rien ne vient gâcher le plaisir des yeux. Les effets gore sont relativement rares, mais très réussis. La scène où la malheureuse jeune fille se fait empaler la main avec un couteau avant d'être asphyxiée par un sac en plastique est particulièrement violente et criante de réalisme! Le scénario tient la route, et comme d'habitude, trouvez le trauma et vous trouvez le tueur. On pourra simplement regretter le jeu de l'acteur principal, un peu lymphatique sur les bords. Heureusement, les dames compensent largement, tout le paradoxe d'un genre machiste par excellence! A noter la présence de Michele Soavi qui fera plaisir aux fans du réalisateur, et qui retrouvera Bava dans d'autres films plus tard. Et puis, impossible de ne pas mentionner la musique des frères De Angelis, très bien foutue une fois de plus (et bien utilisée dans la mise en scène, car le personnage principal étant un compositeur, la musique qu'il joue sur son synthétiseur se superpose intelligemment aux scènes de suspense se déroulant ailleurs au même moment). D'autant plus savoureux que, distraction de ma part, j'avais loupé leurs noms au générique du début et au fur et à mesure que le film avançait, je me disais tout le temps: "Mince, c'est de la musique brevetée par les De Angelis, ma parole!"... Et je ne me trompais pas, quelle oreille! ![]()
Verdict: 7/10
Apocalypse dans l'ocean rouge (Shark rosso nell'oceano) - 1984
Hé cool, un Shark Movies, on continue sur la bonne voie, dites donc!! Mouais, bof pas terrible, celui-là, hein... De plus amples détails vous attendent dans le dossier consacré aux requins du cinéma. Pas grand chose à ajouter, sinon que Lamberto s'est contenté de faire ce que les producteurs attendaient de lui. Il signe donc le film sous le nom de John Old Jr, en adaptant le pseudonyme de son père...
Démons (Dèmoni) - 1985

Sur une histoire de Dardano Sacchetti, remaniée par Dario Argento, ici producteur, Lamberto Bava signe ici son meilleur film. Invités à la première d'un film d'horreur par un mystérieux personnage, de pauvres bougres vont bientôt servir de repas à une bande de démons se réincarnant dans d'innocentes victimes, grâce à un masque maléfique. Dès l'apparition du premier monstre, les portes du cinéma sont remplacées par des murs, et le huis-clos peut commencer. Ce dernier est d'ailleurs assez suffocant, et m'avait bien stressé lors de la première vision il y a une quinzaine d'années. Dommage que la tension baisse de temps en temps, principalement à cause d'un scénario convenant mieux à un moyen métrage. Pour le tirer vers le long, il a fallu rajouter des personnages à l'extérieur du cinéma, qui ne servent à rien et qui non seulement ralentissent le film mais brisent un peu le huis-clos qui fonctionnait si bien avant. Mais rien de bien grave au final, car le reste ne souffre d'aucun défaut majeur. Il faut surtout souligner les effets spéciaux signés Sergio Stivaletti, qui sont assez répugnants et très réussis. Son démon sortant du dos d'une jeune femme fait partie de mes scènes anthologiques...

Les transformations d'êtres humains en démons sont généreuses en matière dégoulinante, et le fait que les êtres humains mordus ou griffés par un démon en deviennent un à leur tour, à la manière d'un zombie, plonge la fin dans un délire apocalyptique inattendu. Bien entendu, le budget n'était pas suffisant pour aller jusqu'à la fin du monde, mais la dernière scène est lourde de sombres perspectives. A noter que Dario fait des économies en incluant au casting sa fille Fiore, demi-soeur d'Asia ainsi que son complice Michele Soavi, futur réalisateur de La Chiesa, Bloody Bird et de Dellamorte Dellamore, et qui interpréte ici le mystérieux homme en noir responsable de tout ce chaos. La famille, n'est-ce pas le plus important en Italie?
Verdict: 8/10
Démons 2 (Demoni 2) - 1986

La fin du premier épisode laissait supposer une suite où de rares survivants luttaient contre des démons revenus de l'autre monde afin de conquérir la Terre. Oui, mais voilà, c'est très coûteux, tout cela... Un petit huis-clos, c'est quand même plus économique. Alors, on ne s'embarrasse pas trop à faire une vraie suite, vite, vite un nouvel opus pour profiter du succès du premier! Et puis, juste pour dire "Mais non, regardez, c'est un autre film!", on fait sortir les démons non plus via un écran de cinéma, mais bien par la petite lucarne... Futé, n'est-ce pas? Mais bon, je dois dire que je ne vais pas faire la fine bouche, donnez moi des démons bien dégueux, ca suffit à mon bonheur. Surtout qu'on ne change pas une équipe qui gagne: Bava junior toujours derrière la caméra et devant, Bobby Rhodes qui interprète un autre personnage, vu que le sien mourrait dans le film précédent. On remplace Fiore Argento par Asia et papa Dario s'occupe à nouveau du tiroir-caisse. Sans oublier les talents de Sergio Stivaletti, sans qui Démons n'aurait pas le même cachet.

Hélas, si le début ressemble beaucoup au premier, excepté que l'action se déroule désormais dans un building à appartements, ca part plutôt en eau de boudin sur la fin. Une jeune fille organise une party dans son petit chez soi, et suite à l'invitation malencontreuse de son ex-petit ami, elle s'enferme dans sa chambre et regarde un film d'horreur qui passe à la télé en ce moment même (Je suis sûr et certain que n'importe quelle jeune femme normalement constituée regarderait un film d'horreur suite à un chagrin d'amour mais soit, passons...). Et voilà qu'un démon du film sort du petit poste et la transforme illico presto en démonne, qui ne manquera pas à son tour de contaminer les invités et le reste du building. Dont un petit gosse tout gentil, ca fait toujours plaisir... Et c'est là que le film dérape, en se transformant en duel à mort entre une jeune femme et un ridicule démon sorti du corps du gosse. Là d'un coup, on se croirait dans le Muppet Show... Attention, c'est génial, le Muppet Show (Mana-mana!!), mais quand on regarde un film s'intitulant Démons 2, on s'attend tout de même à autre chose et le suspense retombe d'un coup, là! Vraiment dommage, car s'il n'y avait pas eu ce couac inexplicable, on aurait pu avoir une suite plus qu'honorable.
A noter qu'à l'étranger existent d'autres films signés Lamberto Bava traduits Demons III et Demons 5, mais ces titres me semblent purement commerciaux, les originaux étant fort différents. J'espère les voir un jour...
Verdict: 6/10
Midnight Killer (Morirai a mezzanotte) - 1986

Un tout petit giallo pour Lamberto Bava... Ce qui explique peut-être le pseudo de John Old Jr à la réalisation... La jaquette française est d'ailleurs assez marrante, avec un fier "Lamberto Bava présente..." et puis "Un film de John Old Jr". Un rien mégalo, là... ou roublard s'il s'agit d'une idée des distributeurs, en sortant la cassette après le succès de Démons, peut-être... Quoi qu'il en soit, rien de vraiment honteux ici, même si la réalisation est un rien pépère. Avec toujours Dardano Sacchetti au scénario, le film raconte les mésaventures de Zorba le Grec... Mais non, voyons! D'un tueur en série, c'était pourtant évident! Et qu'est-ce qu'il fait, ce fameux serial killer? Il tue des femmes, pardi! Et qui va l'en empêcher? L'inspecteur de police... Ah non, désolé, il s'avère que le monsieur n'est même pas foutu de retrouver sa pipe... Alors on mise plutôt sur la psy de la police et sur ses élèves, qui seront petit à petit dans la ligne de mire de l'assassin. Et à nouveau, c'est un trauma du passé qui révélera son identité.

La plupart des scènes de suspense sont relativement tendues (plus que dans un slasher de base), jouant surtout sur la sale trogne du tueur et sur son aura mystérieuse. En effet, ce dernier avait déjà sévi par le passé, et était surnommé le Tueur de Minuit. Déclaré mort dans un incendie, on laisse planer le doute durant tout le film sur sa disparition dans les flammes. La révélation finale tombera malheureusement comme un cheveu dans la soupe. C'est d'autant plus comique, car 5 minutes avant la fin, un des étudiants exposera sa théorie sur l'identité du tueur, tellement conne que je souriais en moi-même. Et puis paf, il avait tout bon ce crétin! Mais voilà, à l'écran, ca n'est pas crédible pour un sou. Dommage, car ce petit film était tout à fait fréquentable...
Verdict: 5/10
Outretombe (Una notte al cimitero) - TV - 1987

D'après imdb.com, nous avons ici affaire à un téléfilm. Ce qui ne me surprend guère pour les deux raisons habituelles: très peu de gore et surtout, mon dieu que c'est cheap! L'histoire en soi n'est guère originale: cinq adolescents prennent la fuite après avoir volé quelques broutilles dans un petit magasin. Pris de panique lorsqu'ils tombent nez-à-nez avec une voiture de police, ils foncent à toute allure et en s'engageant sur une route barrée, ils parviennent à semer les flics. Revers de la médaille, les voilà embarqués dans une forêt et après avoir noyé le moteur dans un étang, tout le monde se retrouve à pied. Pas de GSM à cette époque (de toutes façons, il n'y aurait pas eu de réseau...), personne n'est au courant, bref, la situation n'est pas brillante, d'autant plus qu'un rugissement se fait entendre et que des empreintes gigantesques sont découvertes sur le sol (Heureusement pour le public, on ne verra jamais cette créature, car si déjà les empreintes sont mal foutues, je n'ose imaginer ce que le monstre aurait donné). La nuit tombe, rien de tel qu'une grotte accueillante pour passer la nuit. En se réveillant pendant la nuit, un des jeunes constate à sa grande stupéfaction l'entrée d'un bar taillé dans la roche qui ne s'y trouvait pas à leur arrivée. Il réveille ses amis et tenaillés par la faim, ils pénètrent dans cette espèce d'auberge tenu par un borgne hideux, dont une des filles avait déjà aperçu la silhouette dans les bois.

Bizarrement, le gars est amical et le repas est vite englouti. En observant autour d'eux, ils remarquent bien vite un trésor exposé à la vue de tous. C'est alors que l'aubergiste leur raconte la légende locale: une crypte a été creusée en dessous d'eux et les courageux capables d'y rester une nuit empocheront le trésor. Après quelques hésitations, inutile de préciser que ces courageux jeunes gens vont tenter leur chance. Commence alors une nuit de cauch... euh plutôt d'ennui total... Quelques cadavres reviennent à la vie, la plupart sont même couards au point de replonger dans leur cercueil, bref, une vraie promenade de santé. D'ailleurs, autant spoiler sévère, ils s'en sortiront tous VIVANTS!!! Hérésie waltdisneyenne !!!! Ca se conclut même dans un éclat de rire lorsqu'ils rencontrent à nouveau le borgne, qui s'arrache une partie du visage pour faire plus zoli, agrippe une faux en carton pâte et proclame fièrement d'une voix gutturale: "Je suis le fils de la Moooooooort!!!!!!!" Même pas le temps de se marrer, qu'il se prend une bête dague à la con dans l'estomac et crève comme une sous-merde... La Mort a du se retourner dans sa tombe avec une progéniture aussi minable!!!
Verdict: 3/10
Jusqu'à la mort (Fino alla morte) - TV - 1987
Carlo et Linda sont un peu stressés. Normal, me direz-vous, ils sont en train de rouler dans une camionnette, le cadavre du mari de Linda à l'arrière, à la recherche d'un bon endroit pour l'enterrer. La touche finale: Linda est enceinte, non de son amant Carlo mais bien du défunt mari, empoisonné comme un malpropre. Un dernier souffle de vie surviendra dans sa tombe, lorsqu'il arrachera une boucle d'oreille à son épouse, à la grande surprise du couple diabolique. Carlo en finit pour de bon et se hâte de remblayer le trou. Cinq ans plus tard, ils ont une nouvelle vie dans une ville côtière, Linda tient un restaurant-hôtel et Carlo s'occupe des bateaux. Tout irait pour le mieux si le gosse ne faisait pas des cauchemars toutes les nuits. Et c'est justement après un de ces cauchemars que survient un inconnu pendant la nuit, qui parvient facilement à se faire engager malgré les réticences de Carlo. Mais visiblement, cet inconnu en sait beaucoup plus qu'il ne le laisse paraître et lorsque ce dernier tend à Linda la fameuse boucle d'oreille sans dire un mot, le couple s'empresse de retourner déterrer le cadavre. La douce réalité n'est pas loin de se briser en mille morceaux...

Lamberto Bava signe ici un téléfilm emballé à la va-vite, produit par ses soins pour Reteitalia: 4 téléfilms en tout dont le Outretombe précédemment cité, pour la série Brividio Giallo. Il tente vaille que vaille pour celui-ci d'installer une ambiance lourde, mais celle-ci est rarement atteinte, faute à une mise-en-scène d'une fadeur sans nom. Pas aidé non plus par un maquillage approximatif du mari revenant, il se rattrappe tout de même dans la dernière partie et un final sans concession. Si la première moitié du film laisse planer le doute, la seconde est progressivement ancrée dans le fantastique pur et dur, et tout de suite, c'est nettement plus agréable à regarder. Autre point positif, David Brandon, qui interprète Carlo, est assez convaincant en amant ténébreux. Violent, égoïste, paranoïaque, tout y passe et c'est vraiment le personnage le plus intéressant du film. Brandon jouera la même année dans le Bloody Bird de Michele Soavi et retrouvera Bava Jr. dans Delirium.
Verdict: 5/10 Là, je suis un peu généreux... Mais que voulez-vous, je ne vais malheureusement plus assez souvent à la vidéothèque et c'est la première cassette que j'ai inséré dans le magnétoscope... D'où une certaine indulgence...
Delirium (Le Foto di Gioia) - 1987
Un petit giallo sympathique, qui se passe dans le milieu de l'érotisme et du cinéma (avec une petite visite d'un studio ou l'héroïne tombe sur des Démons du film homonyme). Gloria (Gioia en Italien, voir le titre original) est un ancien mannequin qui a bien réussi et est désormais à la tête de son propre magazine érotique (on parle plutôt de magazine de mode dans le film, mais les séances photos sont remplies de madames dénudées qui se cajolent, c'est plus vraiment de la mode, là! Et c'est tant mieux!
). Evidemment, en engageant tous les models qui font vendre, elle s'attire les foudres de venimeuses rivales. Et ce qui devait arriver arriva: le premier meurtre d'une de ses employées sera le début d'une semaine cauchemardesque. D'autant plus que les intentions du tueur ne font aucun doute: en envoyant un cliché du cadavre de la victime avec comme arrière plan un poster de Gloria, le message est on ne peut plus clair. La police s'en mêle mais les photos d'autres victimes ne tarderont pas à être envoyées. Tous les ingrédients du giallo sont ici réunis: des victimes de sexe féminin, un tueur machiavélique, un whodunit efficace (complétement tombé dans le panneau pour ma part) et en bonus un petit hommage au Fenêtre sur cour d'Hitchcock. Alors évidemment, on est quand même assez loin d'un Tenebrae d'Argento, mais je me livre ici à une comparaison d'une honteuse facilité, et ca n'est pas mon genre d'ignorer un film sous prétexte d'une confrontation qui tourne à l'avantage d'un mètre étalon du genre. Car Lamberto ne se débrouille pas trop mal à composer une ambiance tendue, par conséquent je ne me suis pas ennuyé une seule minute. Il faut dire aussi que l'érotisme appuyé du film garde en éveil le mâle primitif que je suis, inutile de faire mon innocent. Le personnage de Gloria est interprétée par la ravissante Serena Grandi, playmate italienne de son état et égérie de Tinto Brass, avec comme avantage physique une opulente poitrine généreusement dévoilée. Et comme si cela ne suffisait pas, Sabrina Salerno fait aussi partie de la fête. Comment ça, les mâles, Sabrina, ca ne vous dit rien???

Et pour compléter ce casting de charme, Daria Nicolodi, la compagne de Dario Argento et maman d'Asia. Côté masculin... Hé oh, les mecs, on continue de lire jusqu'au bout, non mais!! Je disais donc... Côté masculin, on retrouve Karl Zinny, visiblement pote ou bien cousin éloigné de Lamberto Bava, vu qu'il s'agit de leur troisième collaboration après Dèmoni et Una notte al cimitero cités auparavant. On clôture cette grande famille italienne avec George Eastman (Luigi Montefiori de naissance...), Monsieur Anthropophagous himself (qui cette fois-ci ne se dévore pas les intestins, mauvaises langues...). Tout ce joli petit monde brouille les pistes, et bien malin qui pourra deviner à l'avance qui est le tueur (en même temps, je ne suis pas très habile à ce petit jeu...). Je termine sur un côté original du film, les scènes de meurtres sont tournées en vue subjective. Bon, OK, pour un giallo, c'est classique. Mais ici, le tueur est en pleine délire (d'où le titre à l'étranger) et on retrouve un éclairage similaire à certains films du paternel, où les images sont noyées de rouge ou de bleu. Et le top du délire, le tueur voit ses victimes avec un visage totalement différent. Je m'explique: ayant décidé de se débarasser de Sabrina grâce à des abeilles attirées par une lotion particulière, la vision subjective nous montre une Sabrina avec une gigantesque tête d'abeille... Encore une idée bien barge, mais qui fait tout le charme du cinéma de genre italien...
Verdict: 7/10 (OK, ca mérite 6 gros maximum, mais un duo de charme, ca vaut bien un petit point supplémentaire, non?)


Jean-Baptiste Grenouille... Un personnage incroyable sorti de l'imagination du romancier Patrick Süskind. Et une histoire toute aussi incroyable à transposer à l'écran. Enfant abandonné dès sa naissance dans la crasse d'un marché aux poissons, on se demande par quel miracle il parvient à franchir les étapes difficiles d'une vie d'orphelin, dans une France sans pitié du XVIIIe siècle. Mais Jean-Baptiste ne vit pas comme les autres... Jean-Baptiste trouve la force dans une passion qui le consumera toute sa vie: collectionner les odeurs. Avec son odorat hyperdéveloppé, il traque sans relâche les nouvelles odeurs, des plus infimes aux plus puissantes. Arrivé à maturité, il découvre le parfum ultime: celui de l'amour... Son seul but dans la vie sera désormais de le capter, de le reproduire à l'infini. Pour atteindre son but, il n'hésitera pas à franchir toutes les barrières, même les plus immorales... Nous avons donc ici sur les bras une histoire qui tourne essentiellement autour de l'odorat, alors que le cinéma stimule l'ouïe et la vue. Et pour encore compliquer les choses, certains passages du roman sont carrément grotesques et surréalistes, bref un calvaire d'adaptation.

L'auteur lui-même a été réticent pendant de longues années à autoriser que les aventures de Grenouille soient imprimées sur pellicule. Ne jurant que par Stanley Kubrick, Süskind lui cède les droits mais n'est finalement pas surpris que même le maître se casse la figure sur un tel script. Les années passent et après une longue liste de réalisateurs, c'est au tour de son compatriote Tom Tykwer de présenter ses arguments. Loin d'être un inconnu, le réalisateur allemand s'était révélé au monde entier en 1998, avec son original Cours, Lola, cours. Il offre ensuite un très beau rôle à Cate Blanchett dans Heaven, d'après un scénario de Krzysztof Kieslowski. Le bougre est même consulté par des réalisateurs vétéran comme Wolfgang Becker pour son magnifique Good Bye Lenin!. Contre toute attente, il décroche le Saint-Graal: Süskind lui donne le feu vert. Et l'écrivain est visiblement quelqu'un qui voit clair, car Tykwer réussit ici une magnifique adaptation! Fort d'un budget de 50 millions d'euros, le cinéaste ne fait l'impasse que sur quelques petits passages du roman, mais toujours dans un soucis de narration plus fluide. Le passage dans la grotte est ainsi fortement écourté, et je dois dire que j'aurais fait pareil, c'est le seul moment du roman où le récit patine un peu dans la semoule. Cerise sur le gâteau, Tykwer ajoute ou rallonge certaines scènes, ajoutant un plus indéniable du point de vue cinématographique. En effet, le côté tueur en série était un peu mis de côté dans le roman, et le réalisateur n'hésite pas à rajouter des scènes de suspense d'une redoutable efficacité. A noter que la scène dans le labyrinthe m'a fait furieusement penser à Shining. Clin d'oeil à Kubrick? Peut-être, mais en tout cas, la menace de Jean-Baptiste Grenouille est bien palpable. Tel un voleur d'âmes, il s'approprie l'odeur de ses victimes, en vue de composer son chef d'oeuvre: l'ultime fragrance dont parlait le maître-parfumeur Baldini (Dustin Hoffman, vraiment parfait...).

L'idée de ce parfum de légende lui-même composé de 13 autres parfums s'est greffée au récit pour accentuer à nouveau le côté tueur en série. Dans le bouquin, les victimes n'étaient utilisées que comme cobayes, afin de parfaire le processus mis au point par Grenouille pour capturer dans son intégralité le parfum de la jeune femme qui fait battre son coeur. Dans le film, c'est une véritable collection de meurtres à laquelle nous avons droit, dans un but final que ne renierais pas le Jack l'éventreur d'Alan Moore. Déjà présent dans le bouquin, le personnage d'Alan Rickman, profiler avant l'heure, ne fait que corroborer cette impression. Et chose invraisemblable, on prend presque parti pour ce sinistre personnage de Jean-Baptiste Grenouille! Par la grâce d'une mise-en-scène adéquate et d'une musique absolument merveilleuse, on se surprend à sentir une odeur divine à chaque fiole remplie de ce parfum maudit.

Tykwer a travaillé de manière classique pour des odeurs classiques, à savoir une image pour une odeur mais lorsque ces odeurs dépassent l'entendement, tout repose sur la révélation du film (ca fait tellement bateau de mettre "révélation", mais ici, c'est tellement vrai...): Ben Wishaw, qui incarne un Grenouille crédible d'un bout à l'autre, et l'exploit est de taille pour un tel personnage! Tour à tour attendrissant, effrayant, bouleversant, écoeurant, émouvant, repoussant, c'est à un véritable déluge d'émotions auquel nous convie l'acteur. On retrouve cette même fascination pour un personnage à priori détestable que dans le bouquin et c'est finalement la plus grande réussite du film. Le casting n'a pas été de tout repos, mais il a été décisif quant à la réussite de l'entreprise. Tout comme la motivation inébranlable du réalisateur et son amour du personnage. La troublante ressemblance physique entre Ben Wishaw et Tom Tykwer n'est d'ailleurs pas vraiment surprenante à ce stade... Le parfum créé par Jean-Baptiste Grenouille va bien au-delà de tout ce qu'il a pu imaginer... Ses effets se propagent même hors des limites bassement matérielles du papier et de la pellicule... Jean-Baptiste, on t'aime!!!!!!!

Verdict: 9/10
Après Clea DuVall, c'est au tour de la filmographie d'une des plus belles femmes au monde d'être passée au crible (en toute subjectivité, bien entendu... N'espérez pas que je dise quoi que ce soit de négatif sur la madame, des fois qu'une séparation ne survienne, qu'elle fasse une petite recherche sur Google et qu'elle comprenne le français... Hmmm, ca me fait hésiter tiens, je l'écrirais bien en anglais, c't'article, tout compte fait... Natasha, if you read this, please go to http://www.google.com/language_tools or I can do a private translation for you, if you wish... Just leave a message, my queen...
). Bon, trêve de rêveries, on passe aux choses sérieuses, maintenant. Je précise à nouveau que seuls les films visionnés seront cités, j'ai horreur de ne serait-ce que citer ceux que je n'ai pas encore vus. Notre histoire commence le 15 août 1974, où de nombreuses fées se sont penchées sur le berceau d'une petite fille, dans une cabane au Canada... Heu, je ne sais pas si c'était une cabane, tout compte fait... Mais qu'importe, la divine enfant fait rapidement ses premiers pas et tout comme Clea DuVall, le désir d'indépendance se fait rapidement sentir. A 14 ans, bonjour Paris et le monde superficiel de la mode! Mais elle a vite fait le tour du métier (faut dire qu'elle n'a pas traîné à percer, avec un tel physique...) et aspire à de nouvelles choses. La passerelle top model vers cinéma étant couramment utilisée, la voici qui décroche le rôle de Sil, dans le très sympatoche La mutante du non moins sympatoche Roger Donaldson (des Yes-Men de cette envergure, j'en veux bien treize à la douzaine!!). Et là, c'est la claque pour des millions de mâles qui ne la connaissaient pas encore (dont votre serviteur)... Je résume la situation: Sil, cadeau des extra-terrestres et encore au stade de l'adolescence, s'est échappée de sa prison de verre, et prend le premier train qui passe. La contrôleuse est bien gentille mais elle aurait mieux fait de ne pas déranger la métamorphose de Sil vers l'âge adulte. Et c'est habillée d'un bien joli ensemble que cette dernière sortira à la gare terminale... Hophophop, retour en arrière, images au ralenti...

Quelques grognements bien virils dans la salle, l'audience masculine est conquise. Par contre, du côté féminin, les plus teigneuses se lèveront d'un bond dès le début du générique de fin, entraînant le malheureux compagnon ou époux qui aura plutôt intérêt à la fermer dans la demi-heure qui suit. Quelques bonnes joueuses seront simplement estomaquées et lâcheront un dépité "Ohlàlà, elle m'a bourrée de complexes, cette bonne femme...". Natasha Henstridge's effect... Véridique!! Pour un début de carrière, ca dépote sec... Seulement, à la différence d'une Cameron Diaz très inspirée sur ses choix de carrière (ou alors, elle a un agent de la mort qui tue...), la belle Natasha a bien du mal à trier le bon grain de l'ivraie dans les scénarios qu'elle reçoit. Elle l'avoue elle-même, faire une sélection des meilleurs scripts, ce n'est pas son truc. C'est ainsi qu'elle est passée à côté d'Independance Day (pas bien grave, ma belle, pas bien grave...) et de Men in Black (Ah là, par contre... Pas génial mais très agréable à regarder... Rhaaaa, avec le costume noir et les lunettes, j'en bave rien que d'y penser... Allez hop, la serpillière...). Et c'est ainsi qu'elle se retrouve dans un Jean-Claude Van Damme, Risque Maximum. Pourtant réalisé par Ringo Lam, le film s'avère être une petite déception, où j'ai trouvé le temps un peu long à vrai dire... Ennuyeux pour un film d'action...

Mais comparé au suivant, on peut quasiment le considérer comme un chef d'oeuvre! Un des plus mauvais films que j'ai jamais vus: Adrenalin. Dans un futur proche, Natasha incarne une flic dure-à-cuire, partenaire de Christophe Lambert, qui se compromet ici une fois de plus dans un navet pas possible. Le budget devait se résumer aux salaires des deux têtes d'affiche, car on a droit comme unique décor à une ville ravagée par une guerre (civile ou autre, je ne m'en souviens plus...). Cette guerre a engendré des mutants (pas des X-Men, plutôt une régression de l'être humain, un monstre qui grogne et qui tue... Enfin, ca ressemble plutôt à un mec peinturluré de graisse à frites) et il y en a justement un qui sème la panique. No problemo, nos deux super flics vont se faire une joie de le mettre hors d'état de nuire, dans une poursuite aussi haletante qu'une course de cuistax (les voitures à pédales sur la plage, pour les français...
). Filmé avec les pieds, suspense inefficace, tout est à jeter. Excepté le fait que Natasha éclipse très rapidement un Cri-cri totalement transparent (qu'il est loin, le premier Highlander). Après une telle purge, retour aux valeurs sûres avec La mutante II, réalisé par un Peter Medak plus ou moins inspiré. La belle extra-terrestre est de retour mais c'est pour cette fois combattre un mâle de sa race, réincarné dans un astronaute de retour sur Terre, Patrick. La désormais gentille Sil sert malheureusement de faire-valoir, pour une suite un tantinet plus gore que le premier.

On fait maintenant un petit détour par la télévision, avec le téléfilm Caracara ou Celle qui en savait trop in French. La Miss incarne ici une ornithologue dont l'appartement est réquisionné par le FBI comme poste d'observation. Mais l'agent du FBI se révèle être un assassin à la recherche d'une fenêtre bien placée et l'héroïne fera capoter son plan. Désormais sur la liste des témoins à abattre, la fuite semble être la seule solution. Très bonne petite surprise, ce film permet à l'actrice d'explorer un personnage plus fragile et de montrer qu'elle n'est pas seulement une belle plante. On est encore loin de l'oscar, bien entendu, mais le potentiel est là. Mais au lieu de persévérer dans cette voie, la voilà qui galvaude son talent dans une comédie romantique à l'eau de rose (pléonasme?): It Had to Be You. Deux personnes passent leur week-end à préparer leur mariage respectif et à force de se rencontrer dans les différentes boutiques, tombent amoureux l'une de l'autre. Mais comment cela va-t-il finir? Ohlàlàlàlàlàlàààààà, je m'en ronge les ongles du gros doigt de pied (Tel Sean Penn dans Comme un chien enragé. Berk, berk... Le geste, pas le film, hein!!). En 2000, retour aux grosses prod' avec Mon voisin le tueur, petite comédie tout à fait fréquentable, malheureusement plombée par Matthew Perry, qui fait son Chandler de Friends. Et comme j'ai horreur de cette série et de son humour qui ne me touche absolument pas, le film partait déjà mal. Mais Bruce Willis reste Bruce Willis, et il est suffisamment savoureux en tueur à gages à la retraite pour sauver le film. Cela dit, je ne comprends pas comment il peut laisser tomber Natasha pour Amanda Peet, ca restera une des plus grandes interrogations du 7ème art (Mais pourquoi Batman largue consécutivement Kim Basinger, Michelle Pfeiffer et Nicole Kidman? Hein? Je vous le demande...
)

Vient ensuite une sucrerie avec le couple vedette Ben Affleck/Gwyneth Paltrow dans Un amour infini (Déjà, le titre, ca fait peur...). Remake à la sauce romantique du Destination Finale sorti la même année (mais qu'est-ce que je raconte, moi...), où le chéri de ses dames, en plein plan drague avec Natasha, échange son ticket d'avion avec un bon bougre qu'il a rencontré à l'aéroport, histoire de ne pas rater l'occasion d'envoyer la jolie blonde au septième ciel. Mais voilà, l'avion se crashe et la culpabilité ronge le pauvre Ben. Et c'est ainsi qu'il fera la connaissance de la veuve du monsieur. Je vous laisse imaginer la suite, c'est pas très dur... Dieu merci, on passe au monumental Ghosts of Mars (dont l'article gargantuesque est toujours à l'état de projet... Honte sur moi...) et au personnage de Melanie Ballard, femme flic autoritaire comme je les aime. Bizarrement, au cours de mes pérégrinations sur les forums, j'ai remarqué que sa prestation en a laissé froid plus d'un, alors qu'en ce qui me concerne, je pose un genou par terre. Même Big John a été agréablement surpris de ce qu'elle a apporté au personnage. Et si Big John le dit... ![]()

Après un film de science-fiction, histoire de varier un petit peu, on passe à la comédie. Mauvaise pioche dans ce cas-ci car il s'agit du très crétin L'aventurier du grand Nord, où Skeet Ulrich, qui ne connait absolument rien de la vie sauvage en Alaska, décide de participer à la grande course de traîneaux en l'honneur de son grand-père décédé récemment. Evidemment, il se prend gamelle sur gamelle, choisit ses chiens dans un refuge pour animaux abandonnés et sera opposé à un "méchant" Leslie Nielsen digne d'un Walt Disney. Et qui va gagner la course, aidé par la belle Natasha (assez ravissante dans ce film...)? Après un suspense aussi éprouvant, rien de tel qu'une sous-bessonerie (déjà qu'une bessonerie tout court, ca vole pas haut, imaginez un instant ce qu'une sous-bessonerie peut donner...) signée Gérard Pirès pour décompresser: Riders, ou comment mixer sports extrêmes et cambriolages, pour attirer un max de djeûnes. Encore un rôle de flic pour l'ex-top model, je vais finir par m'engager dans la police
! Pour compliquer un peu son enquête, elle tombe amoureuse du leader du gang, Stephen Dorff. Toujours en 2002, elle s'essaye à la série télévisée avec She Spies, copie-parodie de la première adaptation de Charlie's Angels, alors que le second épisode était annoncé au cinéma. Produit purement mercantile, donc, j'ai tenu le temps de 2 épisodes (ce qui ne veut pas dire grand chose, j'ai pas dépassé le troisième pour Millenium).

Je terminerai par 2 petits téléfilms, Power and Beauty et Widow on the Hill. Le premier s'attarde sur la personnalité de Judith Campbell Exner, une des maîtresses du chaud lapin John F. Kennedy. Difficile de juger une histoire de fesses visiblement connue du public américain mais qui m'indiffère totalement. A noter que Natasha est ici brune pour les besoins de la ressemblance. Le second est nettement plus distrayant, où elle interprète une séductrice prête à tout pour attirer dans sa toile des vieux monsieurs riches et puissants. Le dindon de la farce sera James Brolin, visiblement ravi de pouvoir flirter avec une aussi belle femme, même si c'est pour de faux! Voilà, le tour d'horizon est terminé, je citerais simplement la série Commander in Chief pour son agenda 2006, où elle a visiblement un rôle récurrent. Une dernière friandise pour la route, une photo provenant de The Whole Ten Yards (pas encore vu), où elle est une fois de plus mimi tout plein:

Alan Moore est définitivement un auteur de première catégorie. C'est avec un bonheur répété à l'infini que je me régale à lire et relire son Souriez!, probablement une des meilleures BD sur le Dark Knight. Non seulement le graphisme de Brian Bolland est de toute beauté, mais Moore cerne sans la moindre difficulté la sombre personnalité des 2 personnages les plus importants de la saga, à savoir Batman et le Joker et ce, dans un récit assez court finalement. Je l'ai découvert très très jeune et puis plus rien. Il a fallu que le film From Hell fasse son apparition sur nos écrans pour je retâte du Moore avec avidité. Et c'est ici que V for Vendetta fait son apparition. Déjà, le titre annonce un récit qui promet, la vengeance faisant partie de mes thèmes préférés (comme c'est le cas de nombreux scénaristes... Sans la vengeance, une bonne partie du cinéma que nous connaissons disparaîtrait...). Et comme un bonheur ne vient jamais seul (enfin, j'espère...), un élément que j'apprécie au plus haut point est ici particulièrement soigné: l'ambiance. Bien aidé par un graphisme de David Lloyd tout à fait approprié, Moore distille une atmosphère pesante, oppressante. Quoi de plus normal pour une oeuvre écrite au moment où son pays était tombée sous le régime Thatcher? L'auteur va symboliser ces années difficiles par une Angleterre imaginaire, dirigée d'une main de fer par un état totalitaire, où le mot "liberté" a été banni pour mieux cadenasser une population désemparée par une récente guerre mondiale. C'est dans ce contexte peu avenant que V va faire son apparition; un homme portant le masque de Guy Fawkes, célèbre anarchiste exécuté en 1606, accusé d'une tentative d'assassinat du roi d'Angleterre. Méthodiquement et de manière quasi-surnaturelle, V va s'en prendre à certaines personnes triées sur le volet et commencer un long travail de sape pour mettre à genoux le gouvernement mis en place. Il trouvera de l'aide en la personne d'Evey, une jeune paumée, contrainte à se prostituer pour vivre. En la sauvant des griffes de la Main, une police pas vraiment au service des citoyens, V l'emmène dans son refuge et se fait un devoir d'éduquer la jeune femme. Celle-ci se révèlera in fine être une pièce capitale de son plan "machiavélique".

La promesse d'une adaptation ciné était donc une bonne nouvelle en soi. Si La Ligue des gentlemen extraordinaires est un gros nanar à mourir de rire dans sa deuxième partie, From Hell, bien que laissant de côté l'exploration psychologique de Jack l'éventreur, transformant le film en "simple" whodunit, tire son épingle du jeu, grâce à une ambiance soundwave-dans-ses-pantoufles (pas de ciel bleu, ni de vallées vertes et des oiseaux qui chantent, donc...). Si en plus V for Vendetta est chapeauté par les frères Wachowski (Matrix, bien entendu, mais aussi Bound, ne l'oublions pas...), il se peut qu'on tienne une bonne base pour un film énorme, même si les frangins délèguent la réalisation au méritant James McTeigue, qui les avait déjà bien assistés pour la fameuse trilogie (Sisi, les trois sont biens!!). Alors, qu'en est-il?

Ceux qui n'ont pas lu la BD ou vu le film, il serait peut-être sage de passer votre chemin, je risque de parler d'éléments importants de l'intrigue par mégarde (ca me ferait mal de vous gâcher la surprise!). Première constatation, ca va très très vite!! Le décor est planté à une vitesse vertigineuse, à tel point que je me suis posé la question si les néophytes allaient tout comprendre. Visiblement, pas de problème de ce côté-là, un de mes fidèles comparses n'ayant jamais entendu parler de l'oeuvre de Moore n'a eu aucune difficulté à cerner les tenants et les aboutissants. Et même si le scénario a été légèrement adouci (Evey, interprétée par Miss Portman, ne se prostitue plus mais passe simplement voir de la famille lorsque la police s'en prend à elle), l'ambiance chère à mon coeur est malgré tout respectée dans les grandes lignes, même si elle est beaucoup moins oppressante. V garde son aura de personnage mystérieux aussi virtuose de ses lames que de ses mots. A ce propos, le passage du papier sur grand écran montre à quel point l'imaginaire est plus sollicité à la lecture. Déstabilisant de voir dans un film un masque "parler"... Je me suis surpris à penser "Tiens, ses lèvres ne bougent pas..." lors des premières paroles de V. Normal, c'est un masque. Et curieusement, à la lecture, ce masque m'avait semblé beaucoup plus expressif que dans le film. Sans doute mon cerveau qui me joue des tours. Mais revenons à ce premier acte, portant principalement sur la vendetta, et qui est globalement assez fidèlement retranscrit. On pourra néanmoins regretter la solution de facilité concernant Lewis Prothero, alias la Voix. Si l'idée de moderniser l'animateur radio responsable de l'endoctrinement du peuple en prédicateur du petit écran nettement plus aggressif s'avère judicieuse, on pourra en revanche regretter une mort beaucoup trop classique dans le film. Dommage, car en faisant traverser les portes de la folie à Prothero par une mise en scène aussi brillante que cruelle dans la BD, V restait un personnage fascinant et terrifiant à la fois. Un deuxième aspect de sa personnalité malheureusement adouci...

Sa vengeance personnelle menée à terme, il est temps pour V de voir les choses en grand. Mais pour cela, il a besoin d'Evey. Encore réticente à accepter son rôle dans cette machination, V parviendra à la libérer au prix d'un terrible subterfuge, aussi inhumain qu'efficace. Ce deuxième acte est quasiment parfait dans sa reconstitution cinématographique. Tout y est, y compris les merveilleuses lettres de Valérie. Mais l'air de rien, l'heure est déjà bien avancée et le film ne dure que 130 minutes... C'est visiblement décidé, le troisième acte sera sacrifié. Pas bâclé, ce serait dommage à ce stade du film mais à force de retirer fort logiquement certains personnages des 2 premiers actes (notamment les femmes de certains haut-placés), les événements sont forts différents dans cette dernière partie. Le fait de changer ne me dérange pas outre mesure, dommage que ce soit emballé aussi rapidement. Dommage également pour le personnage de l'inspecteur Finch, interprété par Stephen Rea, qui parvenait à découvrir le repaire de V au prix d'une épreuve mentale aux frontières de la folie. Dans le film, on se demande presque quel a été le cheminement de son raisonnement pour parvenir à tenir en joue le terrorriste. Bref, et c'est vraiment là le seul défaut de ce film, il manque une bonne vingtaine de minutes, la fin semble expédiée à tel point que le passage de flambeau si important est à peine effleuré. Mais ne boudons pas notre plaisir, le principal est là (toute l'ambiguité reposant sur ces actes terrorristes "justifiés", plus que jamais d'actualité), on peut donc vraiment parler d'une bonne adaptation. Pas fidèle à 100%, évidemment, mais très très loin du naufrage qu'aurait pu donner le film s'il était tombé dans de mauvaises mains.
Et puis, en fin de compte, j'ai toujours ce même frisson de bonheur qui me parcourt l'échine lors des flashbacks de l'évasion de V. Ah, ce cri de liberté!!
Déjà publié dans la défunte rubrique Flop 20 de ce site, je fais de la récupération en y ajoutant quelques remarques supplémentaires...
J'ai longuement hésité à le rédiger, sachant pertinemment que mon argumentation serait des plus faibles (en plus, ce sont des films généralement visionnés qu'une seule fois, difficile de revenir dessus en long et en large, c'est plus facile avec les films qu'on affectionne et qu'on a vu plus de 10 fois). Et en même temps, je refuse de croire qu'il existe un argument imparable pour descendre tel ou tel film. Certains nous marquent sans trop savoir pourquoi quand d'autres vous semblent aussi passionnant qu'un cours de mathématique (Je HAIS les maths...). Il y a vraiment des choses qui m'irritent au plus haut point mais pourquoi, je ne sais l'expliquer (pourquoi je HAIS les maths et les chiffres? J'en sais rien...), comme vous le verrez pour certains films. Je ne vais pas me contenter de dire que c'est nul (enfin, je vais essayer...) mais simplement la raison, très personnelle, pour laquelle ces films se retrouvent dans ce flop 25 (désolé mais j'en ai groupé par thème qui sont totalement ex-eaquo). Donc, ceux qui ne m'apprécient guère, passez votre chemin, car je vais plus vous raconter ma vie qu'autre chose...
Une dernière remarque avant de commencer: j'ai choisi ces films en fonction de mes cotations imdb.com. Pour ceux qui ne connaissent pas le site ou tout du moins cette fonctionnalité, je passe mon temps (au boulot, faut pas déconner non plus
) à coter les films vus la veille. Au début, j'ai du encoder massivement mais désormais cela ne me prend que quelques secondes par jour. Et pour ce flop, c'est très simple, je trie par ordre croissant et je me retrouve avec toutes mes cotations minimales (1/10), c'est-à-dire au total 30 tout rond. Ce qui n'est pas grand chose sur un total qui approche tout doucement des 3500... J'en retire donc 5 et voilà, mon flop est fait. Les 25 films qui correspondent à mes 25 pires soirées de cinéphage. Pourquoi je perds mon temps à vous expliquer ça? Pour éviter de devoir encore me justifier sur une éventuelle provoc' de ma part. Même si ca fait vachement du bien d'affirmer haut et fort que je déteste par exemple le Lolita de Kubrick (chose impensable pour la sale "flicaille de cinéphile" [Copyright © Pierre Pattin]), il n'en reste pas moins que je ne suis on ne peut plus sincère en le mettant dans ce flop 20. Et même si les qualités filmiques sont évidentes, j'ai eu autant de mal à le regarder jusqu'au bout qu'un Battlefield Earth. Et c'est bien entendu valable pour les autres gros calibres présents ici...
20) Street Fighter/Mortal Kombat: Annihilation/Wing Commander

Impossible de ne pas mettre une adaptation de jeu vidéo dans un flop 20, surtout pour un gros gamer comme moi (pire qu'une drogue parfois. Je me suis plus d'une fois retrouvé à 4h du mat' à contempler dubitativement l'horloge de Windows "Hein, quoi, déjà?!?!" alors que le lendemain, faut bosser... Incroyable ce que le temps passe vite lorsqu'on est immergé dans un autre monde...). Et je peux vous dire que j'en ai passé des heures sur Street Fighter II, dépensé des fortunes au Luna Park, acheté la Super NES (conservée précieusement) car c'était la première console qui le proposait... Un peu moins sur Mortal Kombat, mais pas de beaucoup (ah, les premières parties, quel pied!! Et puis Scorpion, un des meilleurs persos tout jeux confondus). Je n'ai par contre pas du tout joué à Wing Commander, l'adaptation n'est donc pas à proprement parler une déception, c'est le film en lui-même. Un très mauvais space-opéra, ridicule dans son déroulement, je ne m'étendrais pas plus sur celui-là. Retour sur Street Fighter, qui pèche par un scénario é-pou-van-ta-ble (de Steven E. de Souza, tout de même, qui a eu un bon début de carrière mais qui se viande lamentablement depuis les années 90) qui tente de manière très maladroite de présenter les personnages autrement. Sacrilège impardonnable, surtout lorsqu'on voit l'excellente version animée de Gisaburo Sugii, qui respecte la trame (mince, il est vrai mais diablement efficace) du jeu vidéo. Et ce film me fait encore plus mal au coeur car il s'agit d'une des dernières apparitions d'un de mes acteurs favoris, Raul Julia, déjà atteint du cancer pendant le tournage. Quant à Mortal Kombat, la première adaptation n'était déjà pas terrible (qu'est-ce que c'est que cette musique techno de merde?!?) mais la deuxième sombre totalement, dans un foirage kitsch (le "costume" de Motaro est à pisser de rire) et des acteurs en roue libre. Et les kombats, dans tout ça? Ah bon, ya des kombats dans ce film? Je ne m'en souviens même plus... Trahi sur toute la ligne (le succès du jeu est dû en partie au gore...), Mortal Kombat aurait pu donner un Opération Dragon matiné de fantastique mais il n'en est rien. On cherche toujours une bonne adaptation d'un jeu vidéo mais ca semble mal barré avec ce qui sort de ces temps-ci (Juste pour le signaler, Super Mario Bros est vraiment pas terrible, mais le duo Hoskins et Leguizamo le sauve de la médiocrité et de la présence dans ce flop)...
19) Plan 9 from Outer Space

Le film de Burton donne vraiment envie de le voir, on se dit que ca va être bien marrant, un film fait de bric et de broc et que l'on va passer un bon moment avec un nanar fendard mais celui-là ne m'a fait rire que les quinze premières minutes. Ed Wood, le plus mauvais cinéaste de tous les temps, mérite bien son titre, ce film est on ne peut plus mal filmé, mal monté et devient très vite ennuyeux comme c'est pas permis. Généralement quand c'est mal foutu, je m'amuse bien mais ici tout est trop long: les scènes, les dialogues,... Inter-minable. Le nanar le plus long de toute l'histoire du cinéma.
18) Lolita

J'ai hésité avec Barry Lindon, qui m'a profondément ennuyé (je ne porte pas dans mon coeur les films à costumes, ni les films de déchéance, et encore moins un film de déchéance avec un acteur aussi fadasse que Ryan O'Neal, dont le sort m'est totalement égal de la première à la dernière minute) mais rien que pour une splendide photo, je laisse la place à Lolita, qui m'a également profondément ennuyé. Rien à faire, Kubrick est certainement un très bon réalisateur et j'aime beaucoup certains de ces films, mais ca n'empêche qu'il reste un sale misanthrope et son jugement négatif pèse sur tout le film. Aucun des personnages n'est humain que ce soit James Mason (acteur glacial à la base) ou Shelley Winters, qui a probablement le plus beau personnage du récit de Nabokov et Kubrick la transforme en harpie détestable, à tel point que sa mort est presque une libération. Ca sert à quoi de regarder un film si le sort des personnages nous est totalement indifférent? Tout l'inverse de la version de Lyne, beaucoup plus chaleureuse et ambigüe, avec une Melanie Griffith impériale et une Dominique Swain beaucoup plus crédible que la "vieille" Sue Lyon (à la décharge de Kubrick, j'imagine qu'à cette époque, engager une ado pour un rôle pareil était absolument hors de question mais de toutes façons, Monsieur Kubrick ne sait pas diriger les enfants, alors...). Bref, pour moi, ya pas photo, vive le remake pour une fois!
17) Inspecteur Gadget/Theodore Rex/How the Grinch Stole Christmas

Mon dieu, si j'avais du regarder ces horreurs étant gosse, je me serais jeté par la fenêtre (pas grave, la télé était au rez-de-chaussée). Heureusement, à cette époque, c'était plutôt La Vallée de Gwangi, DeepStar Six et Piranhas II: les tueurs volants, en ce qui me concerne...
Comment peut-on faire des trucs aussi indigestes, avec des acteurs qui hurlent dans tous les sens (le pauvre Matthew Broderick se demande vraiment ce qu'il fait dans cette galère et a du maudir son agent pendant toute la durée du tournage et Jim Carrey insupportable une fois de plus. Respect total pour Man on the Moon mais ses "comédies" ne me font pas rire du tout), un montage épileptique qui donne la nausée, un flic bonhomme michelin qui ressemble vaguement à un T-Rex (Un T-Rex, BON DIEU!! Pourquoi pas un grand requin blanc tant qu'il y sont???), bref n'en jetez plus, la coupe est pleine... Pauvres gosses...
16) Halloween III: Season of the Witch

J'aime pas beaucoup qu'on touche à des personnages déjà pré-établis, mais là, quand on retire le moteur de la série, à savoir Michael Myers, c'est comme si on retirait le requin des Dents de la Mer! A la limite, ils auraient du titrer le film autrement et en faire un film indépendant de la série mais je pense qu'il se serait retrouvé dans ce flop également. Des masques piégés qui transforment les malheureux qui les portent en pourriture, dès qu'une musique à mourir de rire ("Happy Happy Halloween, Halloween, Halloween" passé en accéléré, mouarf!) passe à la télé?? Euh, je passe mon tour... Surtout si le reste est du même tonneau: les acteurs semblent perdus, réalisation ennuyeuse, effets spéciaux vraiment pas terribles...
15) L'Emploi du temps

Pauvre Karin Viard, seul rayon de soleil d'un film où l'on suit les mésaventures d'un pauvre type de première (énervant Aurélien Recoing). D'habitude, je me garde bien de juger les gens, mais il faut bien une exception. Comment est-ce possible de vivre dans le mensonge, de continuer à feindre d'avoir encore du travail alors qu'on a été viré il y a plus d'un mois? C'est très certainement un manque de tolérance de ma part, mais des gens comme ça, je change de trottoir. Alors, suivre un type pareil pendant un film de plus de deux heures, qui n'explique bien entendu pas une telle attitude (mais est-elle explicable?) mais se contente de le suivre dans sa déchéance (à nouveau, ce n'est pas ma tasse de thé). Enfin, déchéance, c'est vite dit, on a droit à un Happy End très improbable, qui sonne faux. A juste titre, vu que j'ai appris plus tard que ca c'était très mal terminé dans la réalité (le film est tiré d'un fait divers). Difficile de dire ce que je juge mauvais: le fait divers ou le film en soi mais en tout cas, je comprendrais jamais ces gens qui perdent leur temps à faire un film sur un tel sujet...
14) Close Encounters of the Third Kind

Avant de me faire calomnier (quoique dans mon entourage, je connais très peu de gens qui ont aimé ce film... ), je tiens à mettre les points sur les i: je DETESTE (mais alors au plus haut point) les films d'extra-terrestres qui enfilent les clichés. Et ce film en est bourré jusqu'à l'écoeurement (j'ai eu un mal de crâne carabiné à la fin du film) : lumières dans le ciel, moteurs qui s'arrêtent, l'état nous cache quelquechose, enlèvements, look des extraterrestres à la Roswell... Rien ne nous est épargné avec en prime un passage terriblement long où Richard Dreyfuss est obsédé par sa montagne (ca doit bien durer 1/3 du métrage... Quand j'en parle avec des amis, c'est la première chose qui ressort du film tellement ce passage nous a semblé soporifique...). Juste pour rester cohérent, j'ai également détesté la série Taken, qui m'a bien brouté le long de 10 épisodes interminables (je suis un peu maso, quand je commence un truc, je le fini, même au péril de ma santé mentale...). Bref, comme je le disais dans mon intro, ca ne s'explique pas vraiment pourquoi je déteste ce film. Ce n'est pas un mauvais film en soi, il parle juste d'un sujet qui me tient à coeur d'une façon très très maladroite et très très naïve...
13) Bad Company

Joel Schumacher aurait pu être cité une seconde fois pour Batman et Robin mais je vais m'en tenir à celui-là. D'ordinaire, les films d'action bourrins ne me dérangent pas du tout mais celui-là est vraiment calamiteux. Aucune scène ne ressort de cette purge, et je suis bien incapable d'en résumer une seule alors que je l'ai vu assez récemment. Pour ne rien arranger, je suis totalement allergique à l'humour de Chris Rock, énervant comme c'est pas possible et Anthony Hopkins, très talentueux quand il le veux est ici absolument imbuvable (la scène finale "Je t'ai eu hihihi" m'a vraiment fait mal au coeur...). Quel mauvais film d'action, vraiment... Allez Joel, retourne faire un Tigerland ou un 8MM...
12) 2001: A Space Odyssey

Difficile d'argumenter pour un tel film. Je pense qu'on aime ou qu'on déteste. Moi, c'est la seconde option. La raison? En le regardant, j'ai eu l'impression que Kubrick m'imposait un dieu universel. Peut-être voulait-il dire autre chose (mais j'en doute en repensant au début et à la fin) mais je n'ai pas su aller plus loin que cette idée-là. Idée qui m'est totalement insupportable et que je rejette en bloc (c'est le cas de le dire). Etonnant de contaster que certains y voient plutôt un film centré sur l'homme (le film en parle, bien entendu, mais je trouve qu'il est relégué au second plan...), ou plus particulièrement sur le surhomme de Nietzsche. Et honnêtement, je ne vois pas très bien ce que les théories de ce philosophe viennent foutre ici, à cause de la précense de ce foutu monolithe, qui représente pour moi une entité supérieure qui dirige, ou tout du moins, influence notre destin (l'exact contraire de ce que pensais Nietzsche). Dans un film de divertissement, je peux tolérer (difficilement, mais ca passe...). Par contre dans un film qui se prend au sérieux, c'est très présomptueux... Trop pour moi.
11) 1941

Ah, on remonte un peu dans le temps, avec un des premiers films de tonton Spielberg, qui lui-même dit le détester (enfin, il n'a pas de bons souvenirs des Dents de la Mer non plus, ca ne veut donc pas dire grand chose). Et là, je le comprends... Comment est-ce possible de faire un film pas drôle du tout alors que la troupe du Saturday Night de la grande époque est au grand complet (Dan Aykroyd, John Belushi, John Candy, etc...) complété par un casting alléchant (Christopher Lee, Toshirô Mifune, Warren Oates, Treat Williams et j'en oublie un bon paquet!). Pour moi, c'est vraiment une énigme et une hénaurme déception. Sans doute trop hystérique pour moi (il y a tout de même 4 films qui se retrouvent ici pour les mêmes raisons, c'est dire si je ne supporte absolument pas ça...). Et même si visiblement pas mal de gens se sont marrés en le voyant, moi, je n'ai pas esquissé un seul sourire. Même dans les comédies archi-nulles (du style Double Zéro et autres RRRrrrr!!!), il y a toujours au moins un passage qui fait mouche, mais dans 1941, rien de rien!!
10) Blanche

Mais qu'est ce que Rochefort et compagnie sont venus faire dans cette galère? Film d'époque atteint de djeunisme primaire, ca gueule dans tous les sens pour ne rien dire, le tout rehaussé (rabaissé, plutôt) d'une mise en scène qui s'apparente à une bouillie infâme. Ce film est à proscrire pour tout ceux qui souffrent de problèmes de tension, tant ce film est énervant. Je l'ai seulement regardé à la télé (au cinoche, ca devait être suicidaire...) mais j'avais comme une envie de meurtre à la fin du générique. Comment le réalisateur est-il parvenu à convaincre tout ce joli monde d'apparaître dans son film?
9) Marshal Law (Le père Noël des tueurs)

Jimmy Smith incarne un shérif, dont la veille de Noël est perturbée par un tremblement de terre qui met la ville sans dessus dessous et une bande de psychopates en herbes (des djeeeeeuns...) qui profite du chaos général pour commettre leurs méfaits. De mémoire, je n'ai jamais rien vu d'aussi mal filmé. Cadré n'importe comment, caméra DV avec images baveuses à l'appui, visibilité quasi inexistante (tout se passe de nuit), ce film est une épreuve pour les yeux. Et comme si ca ne suffisait pas, le réal tente d'instaurer une ambiance poisseuse et frénétique lors des meurtres mais il rate totalement son coup et transforme son film en quelquechose de totalement irregardable. Ca m'apprendra à mater tous les films avec Kristy Swanson: il ne faut pas s'attendre à des miracles... ![]()
8) Stop! Or My Mom Will Shoot/Junior

Schwarzie et Sly ont tous deux bercé mon enfance. Qu'ils sont douloureux, ces 2 films... D'autres ont suivis, malheureusement, mais ces deux-là sont vraiment les plus perfides car ils y sont tous deux ridiculisés à un point de non-retour, surtout Sly, qui ne désire qu'une seule chose: brûler les négatifs (Ben, il va falloir qu'il s'achète un lance-flamme parce qu'il y a du boulot maintenant!). Mais Schwarzie se défend pas mal non plus en tombant enceint, dans un film vraiment sinistre (je crois qu'à la base, c'était une comédie...), dont le pitch reposait uniquement sur cette seule idée. Après, il y a quand même 1h30 de métrage à remplir, l'air de rien...
7) Cruel Jaws
Alors, là, on a affaire à une arnaque épouvantable!! C'est mortifié que j'ai assisté à un pillage punissable de la peine capitale de La Mort au Large de Castellari. Des plans et des plans entiers volés... Je n'attendais pas grand chose de ce cher Bruno, mais là, il s'est vraiment pas foulé le gars! Son équipe n'a même pas du mettre au point un faux requin, toutes les scènes avec ce dernier ont été repiquées de l'autre film. Ce qui, je vous laisse imaginer, transforme le film en un foutoir pas possible, les victimes du requin étant des personnages de La Mort au Large, tandis que le reste du film se compose d'un tout autre casting composés d'acteurs tous plus mauvais les uns que les autres, dont un clone de Hulk Hogan qui réussit l'exploit d'être encore plus mauvais que l'original!!
Et dire qu'au moment de sa sortie, les producteurs voulaient le titrer Jaws 5 mais qu'une histoire de droits les en a empêchés... Vive les droits!!

6) Battlefield Earth: A Saga of the Year 3000

Ah que c'est bon de voir Travolta se viander dans les grandes largeurs... Encore plus savoureux quand on sait que le financement s'est fait par l'église de scientologie. Mais je vais en rester là avec cette fameuse église, elle n'est nullement la raison de mon dédain profond pour cet acteur (qui est de loin celui que j'aime le moins), il n'y a qu'à regarder sa filmo. A part Basic, A Civil Action et à la limite Face/Off (pour Nicolas Cage, qui enterre six pieds sous terre la "performance" éblouissante de sieur Travolta, franchement ca vole pas haut du tout (non, je n'aime pas Pulp Fiction, surtout à cause de lui, en fait. Là où McTiernan a réussi un tour de force, Tarantino a échoué en ce qui me concerne...). Je suis de mauvaise foi? Tant pis, mais que voulez-vous, il y a des gens qui ne doivent jamais se rencontrer. Au cinéma, moi c'est Travolta et Julia Roberts. Quand au film Battlefield Earth, c'est assez consternant à quel point on peut pondre un script aussi idiot. Comment ces extra-terrestres ont-ils pris le contrôle de la Terre aussi vite, pour commencer mais le film est rempli d'incohérences, de mauvais dialogues et de cabotinages interminables, même de la part de Forest Whitaker, d'habitude très bon (la preuve que je n'ai rien contre les scientologues ;-))
5) West Side Story

Je HAIS les comédies musicales. De très loin le genre qui m'irrite le plus. J'ai du fragmenter cette horreur par tranche d'1/2 heure, je n'en pouvais plus. Je n'aurais jamais su le regarder en une seule fois (ce que je fais la plupart du temps, rassurez-vous). Si vous devez me faire divulguer un secret d'état, c'est très simple, c'est à la Orange Mécanique et passez-moi une comédie musicale, j'avouerais tout après 20 minutes!! Sauf peut-être Grease qui est en fait une des meilleures comédies involontaires de tous les temps (mort de rire, à nouveau merci Travolta pour ce grand moment avant Staying Alive... Mais non, je ne suis pas de mauvaise foi, voyons ;-)). Je comprends que pour les fans de ce genre, West Side Story, c'est la référence, parce que pour moi, c'est la pire vue jusqu'à présent. Référence aussi mais dans l'autre sens, donc...
NB: petit miracle en soi, j'ai enfin vu dernièrement une comédie musicale regardable: Chicago. Je me suis même surpris à la coter 6/10 le lendemain sur imdb...
4) Un amour de sorcière

Que voulez-vous que je vous dise sur ce "film"? Voyez-le, vous comprendrez. Sondage: y-a-t-il quelqu'un sur le forum qui a aimé ce truc? Loin de moi l'idée de penser qu'un film puisse être mauvais pour tout le monde mais celui-là, je me demande si ce ne serait pas l'exception? Non pas que la Paradis me dérange (La fille sur le pont, vraiment bien), que Gil Bellows soit aussi fade que d'habitude et qu'il faille supporter l'organe rocailleux de Jeanne Moreau (y'en a qui aiment...) mais il m'est vraiment difficile de trouver un seul point positif, même en grattant bien. Celà dit, je ne l'ai visionné qu'une seule fois, il y a peut-être quelquechose qui m'a échappé...
3) Alien: Resurrection

Grand fan de la trilogie, j'étais impatient de voir la suite même si le scénario de départ me semblait foireux à la base et que je ne suis pas vraiment fan de monsieur Jeunet (heureusement qu'il n'était pas à la sortie de la salle où j'ai été le voir, je l'aurais décapité...). Ouh, que je suis tombé de haut, de très très haut. C'est bien simple, c'est mon ultime déception au cinéma (et je l'ai regardé une seconde fois à la télé pour essayer de comprendre cet échec, je l'ai encore plus détesté). La faute à quoi? En premier lieu, il y a un tel mépris du matériel de base (Les aliens, hein! Je regarde pas ces films pour Ripley, je précise...). Totalement inutilisés, les aliens brillent par leur quasi-absence et par conséquent les scènes de suspense sont quasi-inexistantes (quelques secondes avant la mort de Michael Wincott et puis basta). Mention spéciale pour la reine, de retour pour ce que je croyais mon plus grand plaisir mais non, madame reste dans son coin à gesticuler et à gémir, pour mettre au monde un autre défaut du film, et de taille: le mutant alien, le monstre le plus ridicule qu'il m'ai été donné de voir (et croyez-moi, j'en ai vus!!), qualifié de Donald Duck par Giger, ca veut tout dire... Ajoutons des personnages horripilants par leur aggressivité (le rescapé qui en a un dans le ventre, insupportable à beugler tout le temps. Si j'avais été à la place de Perlman, je l'aurais dégommé vite fait bien fait) ou par leur béatitude (Winona Ryder, totalement paumée... Trop de came ou bien trop contente d'être dans un Alien dont elle se dit une très grande fan??). Pour couronner le tout, la musique de Frizzell est morne, sans ampleur et sans intérêt, surtout après les scores flamboyants de Goldsmith, Horner et Goldenthal. Bref à part le personnage de Ron Perlman, je ne vois vraiment pas ce que je peux sauver de ce naufrage (j'ai oublié de parler de cette fin ridicule où Maman Ripley appelle son rejeton comme si elle appelait un caniche...). J'imagine que je joue ici le rôle du vieux bougon qui ne supporte pas qu'on touche à ses icônes mais l'orientation prise par Jeunet me laisse vraiment perplexe...
2) Death of a Salesman

Adapté d'une pièce d'Arthur Miller, ce téléfilm avec Dustin Hoffman et John Malkovich m'a semblé durer une éternité, avec de longs monologues et dialogues très très ennuyeux. C'est typiquement le genre de film qui transforme les secondes en minutes et les minutes en heures. Je l'ai fini sur les rotules sans plus vraiment savoir de quoi le film parlait et je vais donc en rester là pour l'argumentation (je serais d'ailleurs incapable d'en dire plus, mon cerveau l'a com-plé-te-ment zappé. Seul un sentiment d'un ennui au-delà des mots y reste profondément associé...). Si vous voulez du Miller, il vaut mieux garder en tête The Misfits.
1) Hook
Ma plus grande épreuve de cinéphage. Celui-là, contrairement à West Side Story, j'ai fait l'énorme erreur de le regarder en une fois. Je ne sais plus la durée réelle du film (qui est déjà assez conséquente, je crois) mais il m'a semblé que cette chose devait dépasser les cinq heures lorsque je l'ai visionnée.
De manière générale, c'est ce qui fait pour moi un mauvais film. Si je devais tester dans un programme si un film est bon ou pas, je m'y prendrais de la manière suivante:
If Durée_estimée > Durée_réelle Then
Mauvais film
Else
Bon film
End If
Simple non? Et donc, pour moi, Hook a la plus grande différence enregistrée entre les deux variables, sans l'ombre d'un doute. Maintenant comment expliquer cet échec?? En première position, esthétiquement, ce film est vraiment hideux. Spielberg délaisse Janusz Kaminski et reprend Dean Cundey (Jurassic Park tout de même) comme directeur photo et ca se paie cash. Les décors sont également abominables: carton rouge à toute l'équipe, on se croirait vraiment sur un plateau ou encore un décor de parc d'attractions lambda. On n'y croit pas une seule seconde. Si c'était voulu, c'était une mauvaise idée. Pas étonnant que même Spielberg ne déménage pas côté réalisation (et quand il veut, il peut le bougre. Ca me chagrine de mettre 3 de ces films dans ce flop mais ils ont vraiment leur place, à mon avis), tout cela ne devait pas vraiment le motiver. Rayon personnages, Robin Williams incarnant Peter Pan, est du niveau de Flubber (et loin de moi l'idée de rabaisser l'acteur, il est phénoménal dans Fisher King), Dustin Hoffman cabotine à mort et perd toute la grâce et le charme qui faisait partie du personnage de dessin-animé (pas très fan, en passant...) et les gosses de l'île aux enfants sont insupportables (C'est généralement le cas dans les films mais là, ils ont décroché la timballe! Allez Samara, sort de la télé et envoie les tous ad patrès, qu'on en finisse. Ca, c'est une brave fille...). Et j'oublie bien entendu le pire personnage incarné par une actrice qui de sa seule présence arrive à me faire détester n'importe quel film, j'ai nommé la fée clochette, incarnée par une Julia Roberts toujours aussi pénible.

Dès qu'elle apparaît sur l'écran, c'est viscéral, je ne me contrôle plus et de vilaines idées germent dans mon cerveau, déjà bien à la masse d'ordinaire... La plus grande déception fait tout de même place à la plus grande satisfaction: celle de voir THE END sur l'écran... Fewww, on ne m'y reprendra plus à le revoir celui-là! J'ai lu quelque part que la musique de Williams était grandiose. Peut-être, mais j'étais tellement dans le formol qu'elle a du me passer complétement au dessus de la tête!
Voilà, c'est aussi la fin de ce flop, j'espère n'avoir choqué personne, là n'était pas mon but (Quoique que je me laisse un peu aller quand je cite Travolta et Roberts
. Mais j'ai du mal à ne pas taper dessus, sur ces deux-là... On a tous ses "chimènes"
). Je prends les devants pour certains forumeurs: je préfère de loin me mater les 26 films de Charles Band et même de toute sa clique de l'ex-Full Moon, et pourquoi pas la production entière de Roger Corman et de Troma plutôt que de me retaper un seul des films ici listés!
Si ca vous intéresse de voir le massacre lors de sa parution, c'est ici que ça se passe.
Et pour compléter le tableau, mon top 20 . Et maintenant, vous savez tout sur moi! ![]()