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Tepepa - Westerns

Juin 2008

7 Winchester pour un massacre


Enzo G. Castellari
1967
7 Winchester per un massacro
Avec : Edd Byrnes, Guy Madison

C’est la fin de la guerre fratricide qui fit plus de morts que dans toutes les guerres américaines réunies. Certains sudistes ne l’entendent pas de cette oreille et taïaut taïaut, y a le fameux trésor des confédérés à déterrer.

Enzo G. Castellari jouit d’une bonne réputation dans le petit milieu du spagh pour nous avoir tourné un mémorable Keoma, un non moins mémorable mais moins connu Johnny Hamlet et un honorable Tuez les tous et revenez seuls. Pourtant, il a aussi produit d’efficaces bouses (Te Deum), un film parodique largement surestimé (Je vais… je tire… Et je reviens) et sa carrière post-western à base de film de requin mauvais mais attachant (La mort au Large) et de sous Mad Max (Les guerriers du Bronx 1 et 2) ne redore pas vraiment son blason. On n’est certes pas à l’abri d’une bonne surprise dans sa période polar qui me reste inconnue, mais le but n’est de toute façon pas de dire que l’homme n’a réalisé que deux films potables dans toute sa carrière, mais de préciser que ce n’est pas parce qu’il a tourné Keoma et Johnny Hamlet qu’il faudrait avoir une coupable indulgence pour ce 7 Winchester pour un massacre.
Le film qui commence semble pourtant loin d’être totalement mauvais : Castellari respecte le générique traditionnel à base de photos sépia avec des coups de canons dans le fond et la musique morriconesque ad hoc. On a ensuite une intro historique des plus sérieuses qui voudrait vous dire que ce film là est fait avec soin, qu’il s’inscrit dans un registre crédible dans lequel tous les détails seront étudiés avec passion et que vous allez en avoir pour votre argent. Patatras, cette intro est suivie d’une autre intro, celle des sept bandits, qui inscrit illico le film dans le registre fauché ridicule : une armée de rebelles sudiste composée d’un maniaque du fouet, d’un type qui tue ses adversaires d’un coup d’éperons dans la gorge, d’un mexicain qui a la voix de Ramon (« le cœur, vise le cœur ») et d’un indien genre village people en plus bouffi, ça remet vite les idées en place sur l’authenticité du récit.
Qu’à cela ne tienne, on prend quand même, changement d’optique, virage à 180 degrés. Retrouvons notre âme d’enfant, ces bandits sont de purs bandits de convention bien caractérisés, telle une A-team bien rôdée. L’authenticité, on s’en fiche, et là on va bien s’amuser non ?

La suite ici : http://tepepa.blogspot.com/2008/06/7-winchester-pour-un-massacre.html

Amigo! Mon colt a deux mots à te dire

Maurizio Lucidi
Si puo fare... Amigo !
1972
Avec : Bud Spencer, Jack Palance

Résumé : Bud Spencer soupire, mange, grommelle, baffe à tout va, prend son air de chien battu et baffe encore.

« Les bas-fonds du western spaghetti ». L’auteur de cette critique expéditive lue sur Télérama ou autre n’a certes pas vu Les Ravageurs de l’ouest (à moins qu’il ait voulu dire « les baffes font le western spaghetti »). Pourtant on comprend bien ce qu’il veut dire. Amigo ! Mon colt à deux mots à te dire est un Trinita sans Trinita, un Terence Hill et Bud Spencer sans Terence Hill. Et malgré tout l’attachement que l’on porte aux films de Terence Hill et Bud Spencer, jamais on n’en viendrait à dire que les deux Trinita sont réellement de bons films ! Alors un Terence Hill & Bud Spencer avec seulement Bud Spencer, on en est encore plus loin.
Pourtant, pourtant, un charme ineffable - imperceptible des critiques de Télérama - opère, charme tout entier porté par la stature de Bud Spencer et la nonchalance de la mise en scène. Coburn (Bud Spencer) est en effet un brave type – bon, voleur de chevaux quand même – qui n’aspire qu’à une chose : qu’on lui foute la paix. Or, où qu’il fasse, quoi qu’il baille, on lui tire dessus, on veut le pendre, on veut le descendre, on lui refile un gamin à s’occuper, on veut le marier. Bud Spencer subit tout ça sans s’énerver, baffe qui en a besoin sans se fatiguer et soupire un bon coup à chaque fois qu’on veut le tuer. Bud Spencer imprime son rythme au film, là où Terence Hill imposait aux réalisateurs une mise en scène plus athlétique et plus nerveuse dans les autres films du duo. Et finalement, cette nonchalance, ce parti pris de la force tranquille du colosse font de Amigo ! Mon colt a deux mots à te dire un film attachant qu’il est impossible de complètement détester. D’abord à cause d’une musique de Bacalov qui fleure bon les années 70, cheesy et inadéquate au possible, mais qui bien sûr s’incruste dans votre tête tout au long de l’intrigue. Ensuite à cause d’une avalanche de bons sentiments rendus nécessaires par le public enfantin auquel s’adresse le film : Bud Spencer naturellement s’attache au gamin et en viendrait presque à vouloir s’installer avec lui dans la ferme des Mc Bains.

La suite ici : http://tepepa.blogspot.com/2008/06/amigo-mon-colt-deux-mots-te-dire.html