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La Bataille de la Vallée du Diable

Duel at Diablo

Réalisateur : Ralph Nelson
Acteurs : James Garner, Sydney Poitier, Bill Travers, Bibi Anderson, Dennis Weaver
Éditeur : MGM
Zone 2
Genre : Western
Durée : 100 minutes

1.77 Double couche
Audio : Anglais Mono Français Mono
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, hollandais, Suédois, Finnois, Norvégien, Danois

Suppléments :

  • Bande-annonce originale

Critique Image

Image non restaurée, mais de qualité acceptable à mon goût. Les couleurs des canyons de l’Utah du Sud paraissent néanmoins bien fade. De la part de MGM, c'est un peu léger.

Critique Son

Version mono d’origine, « restaurée de manière à apporter une qualité optimale et un rendu de haute fidélité». Alors si c’est marqué sur la boîte…
La musique, avec son petit thème entêtant répété tout au long du film, a semble-t-il été fortement influencée par une mode nouvelle en 1966 dans les westerns, qui venait en direct de la lointaine europe. Ce n'est pas moi qui vait m'en plaindre.

Critique Suppléments

Ces bande-annonces d'époque, ça durait des plombes, ça manquait de rythme, et ça montrait encore plus de choses que dans les bande-annonces d'aujourd'hui.

7/10 Critique du film

Année de sortie : 1966

Un détachement de tuniques bleues commandé par le Lieutenant McAllister, qui rêve de devenir Général, doit relier un fort à un autre avec des chariots de munitions. Font partie du voyage un éclaireur, un vendeur de chevaux, un marchand et sa femme. Mais les apaches, menés par le chef Chata, rôdent.

Des indiens cruels, des tuniques bleues valeureuses, rien de neuf au pays du western, semble-t-il. Vraiment rien de neuf? Dans l’intrigue principale, non, mais dans les historiettes secondaires, tout est moderne. Une femme blanche a été enlevée par les indiens, puis récupérée par les blancs. Elle cherche absolument à retourner chez les apaches, car elle ne se sent pas à sa place parmi les blancs, et surtout elle a eu un enfant du fils de Chata. Jess Remsberg, un éclaireur blanc, cherche à venger la mort de sa femme, une squaw assassinée par un blanc, dont il ne lui reste que le scalp. Lui aussi est mal accepté par les siens, parce que se taper une indienne, ça ne gêne personne, mais l’appeler « sa femme », ça commence à faire moche. Il explique au Lieutenant pourquoi, à son avis, les apaches sont forcés par les blancs à déterrer la hache de guerre. Le racisme anti-indien est donc fortement dénoncé, même si Ralph Nelson ne se prive pas de montrer la barbarie des apaches à travers plusieurs scènes de torture qui pourraient s’avérer traumatisantes pour les jeunes enfants, sauf si vous leur avez déjà montré Cannibal Holocaust. En tout cas, ce bras brûlé qui dépasse d’une roue de chariot, m’avait marqué lors de la diffusion télé de ce film riche en action, il y a 20 ans. (Mais c’est vrai, à l’époque, on était beaucoup plus influençable, on jouait à Pac Man, et non pas à Soldier of Fortune 2 ou Doom 3). Curieusement, si le racisme anti-indien est dénoncé, le racisme anti-noir n’existe pas dans l’Ouest de Ralph Nelson. Sydney Poitier joue un ex-sergent parfaitement intégré qui se retrouve du voyage malgré lui. A aucun moment, sa couleur de peau ne pose le moindre problème aux autres soldats ou au Lieutenant. Le Lieutenant trop ambitieux, joué par Bill Travers, nous change un petit peu de ces éternels meneurs d’hommes au grand cœur, dévoués pour leurs soldats et leur mission. Ici, sa volonté de devenir général mène au désastre, et ses hommes sont complètement inexpérimentés. Au début, tout le monde se méfie de tout le monde, et les prises de bec se multiplient, mais face à la menace indienne, on sert les coudes au fur et à mesure que le nombre de figurants diminue. Si le happy end a lieu malgré tout, il ne fait pas oublier que presque tous les protagonistes sont restés sur le carreau une flèche dans le dos. Et le regard de Chata, le chef apache, pour son petit fils qu’il ne reverra jamais est chargé d’émotion.
La Bataille de la Vallée du Diable, est au final un western assez surprenant dans sa volonté de ne pas prendre parti entre apaches et tuniques bleues, et dans son traitement de la violence que Ralph Nelson augmentera d’un cran quatre ans plus tard, avec son culte, extrême et traumatisant Soldat Bleu.

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