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Blog de
ÉditerThe Devil's RejectsEdition Collector 2 DVD
Réalisateur : Rob Zombie
1.77 Suppléments :
10/10 Critique ImageMalgré la présence de 5 pistes audio en tout, la compression de l'image n'en reste pas moins bluffante, l'unes des plus belles offertes sur le support depuis bien des années. La photographie aussi sublime du film est reconstituée à merveille, avec un grain toujours visible (et assumé, heureusement) et une palette de couleurs ahurissante. Metropolitan dévoile encore son talent à ce niveau ! 10/10 Critique SonComme je l'ai dit plus haut, pas moins de 5 pistes audio sur le film: 2 pistes 5.1 d'excellente facture, 2 pistes DTS qui dépotte au maximum les enceintes (même avec les chansons rétro du film ou les moments de pure folie sonore, comme l'incendie final) et 1 piste de commentaire audio qui aurait pû déstabiliser l'éditeur. Que nenni ! Français et Anglais sont tout les deux privilégiés dans un transfert sonore parfait. 10/10 Critique SupplémentsLe sans-faute total pour cette édition de THE DEVIL'S REJECTS ? Le film est un chef d'oeuvre, l'image et le son sont parfaits, il ne manquait plus qu'un collector pour rendre hommage à ce nouveau phénomène US, sorti en dvd uncut depuis maintenant plus de 2 ans. Metropolitan, en plus de sortir un coffret avec LA MAISON DES 1000 MORTS à un prix vraiment attractif, transfert l'intégralité des bonus sur le dvd français, avec des sous-titres dans la langue de molière inespérée. Deux bonus sortent bien entendus du lot, puisque ce sont les deux principaux du film. Je ne reviendrais pas sur le magnifique commentaire audio de Rob Zombie, encore plus convaincant que sur son premier film, et j'affirme haut et fort que oui, le making-of fait partie des 5 meilleurs jamais proposés sur le support. Plus long que le film et plus complet qu'une featurette d'une durée identique pour un film inutile, ces 2h20 riches en anecdotes, en émotions et en informations de toute sorte se montre aussi grand que les productions de SUPERMAN RETURNS (3 heures) et les films de Peter Jackson (7 heures de programme pour KING KONG, 4 heures pour FANTOMES CONTRE FANTOMES). Un petit film d'horreur avec pleins de bonnes intentions et de défis donne un documentaire effarant de réalisme et de sincérité, n'hésitant pas à soulever quelques problèmes de réalisation et de tournage. Rien que pour ça, le dvd doit être acheté ! Les autres bonus n'en restent pas moins attractifs et délirantes, avec des menus animés déjantés, des faux reportages issus du film ou de la promotion de la famille Firefly, des scènes coupées particulièrement sanguinolentes (dont Rosario Dawson fait partie, malheureusement coupée au montage), mais surtout le dossier presse du film disponible lorsque l'on se procure le film dans tout les magasins Fnac. Un dossier de presse Metropolitan, ça vaut tout l'or du monde ! Et pour 20 euros seulement, vous avez un collector qui s'assure déjà les dix premières places des dvd d'or 2007. 10/10 Critique du filmRob Zombie est un des exemples les plus flagrants du changement bonifiant entre la musique (et le hard rock comme même) et le cinéma. Après sa réussite avec le déroutant et jouissif HOUSE OF 1000 CORPSES, il revient (mais pas en France, ses deux films étant toujours inédits) avec l'un des films d'horreur les plus glaçants, troublants et magnifiques de ses dernières années. Une claque ! THE DEVIL'S REJECTS a déjà l'audace de commencer différemment de ce que l'on pensait. En effet, à la fin de HOUSE OF 1000 CORPSES, la rescapé de l'histoire entrait dans la voiture de Spaulding, et là on apercevait Otis derrière, près à attaquer, ne laissant plus de doute sur le caractère de Saulding, membre actif des Firefly. Au début de cette suite, on commence par l'arrivée des autorités chez la famille complètement dingue, avec les mêmes membres que dans le premier. Bref, totalement différent par son début, Rob Zombie préfère ne pas tomber dans la suite commerciale, ce qui explique bien le titre qui devait être à l'origine HOUSE OF 2000 CORPSES. Mais le film ne s'arrête pas là et offre une grosse surprise. En effet, dans le premier, c'est surtout grâce à ces 2 couples qui se retrouvent persécutés qu'on s'attachait aux personnages et qu'on était "bouleversé" parce qu'ils subissaient. Ici, le film est totalement différent, puisque les héros, ce sont des gros salauds. Du moins, c'est ce que l'on pense pendant quelques minutes, jusqu'à ce que Otis et Baby s'échappe. A partir de ce moment crucial dans la narration, on sait qu'on est attaché et lié aux sorts des 3 anti-héros, des 3 sadiques de l'histoire. Rob Zombie ne les dépeint pas comme des gros vicelards, mais comme des rescapés d'une secte immense, ce qui transforme totalement notre point de vue sur la chose. Même si on veut que les "héros" meurent, on est obligé de les voir tuer, massacrer et persécuter les pauvres habitants de la région qui n'ont rien demander. Horrible pour certains, ces personnages sont taillés sur mesure, transformant ces simples sadiques en défenseurs de point de vue. La relation entre ces 3 fugitifs est d'ailleurs un des points les plus forts du film. Au lieu de faire bêtement du "Je t'emmerde, toi aussi" (cliché total des méchants), c'est une famille unie et désordonnée qui parcourt un chemin ardue vers la rédemption, mais pas celle que l'on attend. Ici, la seule rédemption que ces personnages peuvent avoir, c'est la mort. Car ils ne pourront clairement JAMAIS devenir gentil, attendrissant. Ils sont recherchés, ils ont tués, ils doivent être punis. Et ce destin semble scellé dès la première heure du film, renforçant en quelque sorte l'attachement que l'on a pour les Firefly. Otis est défend une cause, comme dans HOUSE OF 1000 CORPSES où il était envoyé d'un diable en chair et en os. Ici, il est toujours sadique, cruel, mais il ne défend plus une cause, il défend sa peau. Changement radical donc, puisque ici il a clairement peur de mourir ou de se faire arrêter. L'opposition même du personnage est Spaulding, qui lui arrive un peu plus tard dans la quête des 2 fugitifs, quand il se rend compte qu'il est lui aussi recherché. On le croyait "gentil" parmi cette bande de malades dans le premier, mais ici, il est carrément fou et dingue, et se révèle hilarant. Dès sa première scène, on ne peut que rire de la situation: il rêve qu'une joli playmate couche avec lui, et accessoirement lui explose la cervelle, mais se réveille dans la vraie vie, et se rend compte qu'il couche avec une femme grosse et moche qui veut de lui. Et ça montre bien la désillusion du personnage, père de Baby, elle aussi complètement taré. Car ils le sont tous, mais le réalisateur de les renvoie justement pas à ce statut idiot. Au lieu d’attaquer le spectateur d'un message spirituel, il ne prend aucun vrai parti, mais nous montre un road-movie où ce sont les bad-guys qui triomphent sans cesse. L'autre quête du film est symbolisé par le Shérif Wydell, qui a clairement un but : faire payer les Firefly. Le personnage est lui aussi très complexe, puisqu'au lieu de vouloir bêtement arrêter la famille et tout ses membres, il est sans cesse sur la corde entre péter les plombs (ce qu'il fera à la fin) ou mener une enquête sobre. Et cette corde, c'est surtout la vengeance qui l'a crée, puisque un des membres de sa famille est mort sous les coups multiples des Firefly. Une tension monte tout le long du film, et le personnage se transforme lui aussi en salaud, et il devient comme un membre des Firefly puisqu'il suit un but clair et précis : tuer. Tension aussi représentée par les scènes entre lui et la mère Firefly. Que faire si celle qui a tué un être cher pour vous est devant vos yeux, enchaîné ? Wydell tentera tout le long de son enquête de ne pas tuer, de ne pas devenir comme ceux qu'il poursuit, mais il finira par craquer, la mère Firefly le poussant aussi à bout. Doit on défendre la cause du flic ou des fugitifs ? Question plus que compliquée, auquel le film ne répondra pas. Rob Zombie nous laisse choisir lesquels de ces personnages doit finir mort, ou victorieux. Mais il prend tout de même le risque de choisir pour la violence, et ce sont les Firefly qui triomphent, même si Wydell est sous l'effet de l'alcool. THE DEVIL'S REJECTS n'est donc pas qu'un road movie montrant des fugitifs et des flics qui se poursuivent sans cesse, mais il montre comment chacun réagit selon son statut antérieure et sa position de force dans la famille. D'où des enguelades fréquentes entre Spaulding, père de bons nombres de rejetons Firefly, et Otis, qui représentait l'Homme dans la famille. Mais bon, au lieu d'analyser sans cesse le film (ce que je fais on dirait ^^), il faut bien avouer que derrière une morale et un script intelligent, le côté jouissif et barré de HOUSE OF 1000 CORPSES est toujours présent, poussant ainsi des séquences quasi-insoutenables vers le devant de la scène. Car les scènes "horribles" du film sont toutes exploitées au maximum, et la plus dantesque reste la prise d'otage de 2 couples (symbole de HOUSE OF 1000 CORPSES) dans un vieux motel. Cette scène est purement "Firefly", puisqu'on retrouve Otis qui prend le contrôle des 4 individus et leur fait faire des choses horribles. Et à la fin de cette scène qu'on se rend compte d'une chose : Rob Zombie nous a attaché à ces sadiques. C'est dur à dire et pourtant, la prise d'otage finit tragiquement, mais on a pas envie que ce soit les méchants qui perdent, ce qu'ils ne feront pas. Tout au long de la séquence, Otis torture les femmes, allant jusqu'au viol suggestif avec un pistolet, ou explosant le crâne d'un personnage que l'on croyait plus courageux. Bref le réalisateur prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs, et nous sommes nous aussi sur la corde raide tout au long des scènes. Mais les apparences sont parfois trompeuses, et comme je l'ai dit plus haut, personne ne cherche à se faire aimer. Ainsi on verra Spaulding agresser une femme devant son enfant pour avoir une voiture, Wydell tuer de ses mains la mère Firefly pour se soulager avant le massacre final, Charlie Almont trahir ses amis au profit de Wydell pour une simple liasse de billet, bref personne n'est parfait dans cet univers, ce qui le rend encore mieux. On est loin des justifications "Je l'ai tué parce que j'était obligé" étant donné que tout le monde adhère à sa propre idéologie, malgré des changements radicaux qui montrent la psychologie douteuse de certains personnages (en l'occurrence Wydell qui pète les plombs et Almont qui trahit la confiance de ses hôtes puis qui revient sur sa décision). Les personnages, dans l'histoire, sont parfois dépeints comme ridicule, car ils défendent des morales inutiles face au niveau de l'enquête. Et c'est à travers un hommage à Elvis et aux Marx Brothers que Rob Zombie nous fait réfléchir sur ces imbéciles de policiers, à travers une scène où un critique de cinéma dénigre le King, ce qui provoque chez Wydell une haine considérable, montrant encore dans quel état d'esprit il est tout le long du film. Bon outre l'histoire, il y a la technique derrière, et elle est encore mieux. Sans copier certains éléments jouissifs de nombreux films d'horreur poisseux (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE de Nispel), la photographie baigne dans un mélange entre le Texas et l'Arizona, tant les filtres jaunâtres et sales sont merveilleusement bien utilisés. Tout comme les ralentis, qui sont magnifiques dans leur utilisation, tout en restant sobre et efficace. Rob Zombie assure lui aussi sa part du marché, car d'une sa réalisation fait un sans-faute, contrairement à la simplicité de HOUSE OF 1000 CORPSES, mais aussi son scénario est beaucoup plus travaillé et évolué, portant un véritable message de haine envers puristes et autres moralisateurs crétins. On retiendra aussi une musique de Tyler Bates, qui renforce son statut de "maître compositeur de l'horreur" (écouter donc la B.O. de L'ARMEE DES MORTS), mais le plus flagrant, ce sont les acteurs. Là où le cabotinage exagéré de HOUSE OF 1000 CORPSES laissait pantois, chaque acteur de DEVIL'S REJECTS, que ce soit les touts petits rôles ou les têtes d'affiches, fait son boulot, et le fait magnifiquement bien. On ne voit en Sid Haig (hilarant), Bill Moseley et Sheri Moon que leurs personnages de Spaudling, Otis et Baby. Ils incarnent vraiment ses anti-héros, et dégagent une force physique et morale impressionnante (la séquence du motel le prouve, ainsi que la fusillade finale). Mais ce sont les "gueules" de cinéma qu'emploie Rob Zombie qui réjouissent le plus : William Forsythe, Geoffrey Lewis et Leslie Easterbook assurent dans des rôles moindres, tandis qu'on retrouve les géniaux Ken Foree, Danny Trejo, Michael Berryman (Pluto dans LA COLLINE A DES YEUX) et le regretté Matthew McGrory (le géant dans BIG FISH qui est malheureusement décédé cet été), qui même dans des petits rôles, nous font rires rien que par leur présence nostalgique. Et le plaisir de revoir les personnages hauts en couleurs de HOUSE OF 1000 CORPSES renforce l'idée que Rob Zombie soigne tout l'aspect technique du film. Bref THE DEVIL'S REJECTS est une énorme baffe visuelle, brillamment interprété, écrite et réalisée, et qui offre pour une fois un spectacle torride et jouissif dans un cinéma qui devient de plus en plus gentillet (en témoigne les propos d'un producteur d'EMILY ROSE qui dit clairement que les films R doivent uniquement sortir en dvd...). Bref, ruez vous totalement sur ce collector sublime signé une nouvelle fois Metropolitan Film Export ! 9 Avis »
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