Francois berleand

francois berleand (22 Avril 1955 - )

« Derrière sa capacité à tourner en dérision le monde et lui-même, il y a une angoisse et une profondeur qui font de lui un acteur unique, capable de tout jouer et d’apporter complexité et démesure »

souligne Pierre Jolivet, réalisateur des plus fidèles à François Berléand.
Après avoir furtivement fréquenté l'équipe du Splendid, le comédien débute véritablement sa carrière en 1978 où il enchaîne les seconds rôles dans de grands films populaires. Sa persévérance et son talent finiront par payer, et sa rencontre avec Jolivet le conduira progressivement vers le haut de l'affiche.
« C’est un acteur tellement bon que quoi qu’on écrive, il y a forcément un rôle pour lui…», insiste ce même Jolivet.
Effectivement, aujourd'hui, les projets se bousculent (parfois trop), et Berléand fait partie de ces comédiens devenus incontournables.
A l'occasion du film Cash (actuellement à l'affiche) et de 15 ans et demi (sortie le 30 avril prochain), revenons sur quelques rôles marquants dans la carrière de cet incroyable personnage.


L'HOMME IDEAL - TRES TRES CLASSE
François Berléand ne fait q'une brève apparition dans ce film. Mais quelle apparition !! Réalisé par Xavier Gélin en 1997, ce film met en scène Christophe Malavoy, Pascal Légitimus et l'excellent Daniel Russo. A eux trois, ils forment l'homme idéal. Car il faut être trois pour combler Marie. Quand ils découvrent le pot aux roses, Marie décide de les quitter. Pour ce faire, elle révèle à chacun l'existence d'« un » autre qui serait malade... Elle leur donne donc rendez-vous au même endroit, dans un petit restaurant de banlieue, pour leur présenter le soi-disant malade. Ils débarquent ainsi à tour de rôle et leur regard s'arrêtent tous sur le même personnage : celui interprété par notre ami Berléand, qui ne souffle mot dans cette scène ; il mange, simplement. Et c'est là qu'on voit tout le charisme de cet immense acteur. Il joue ici un personnage basique, un « monsieur tout-le-monde », tout en donnant l'impression aux autres personnages du film qu'IL est l'amant de Marie (et qui plus est malade)... Bref. Lorsque les trois gusses découvrent que le pauvre Berléand n'est pour rien dans cette malheureuse histoire, voilà qu'ils se mettent à se frapper entre eux, sous l'oeil impassible du même Berléand qui finit de manger tranquillement, comme si de rien n'était. Dans l'ensemble, quelques maladresses, mais au final un film à mourir de rire ! Méconnu à tort...


LE CONVOYEUR - TRES CLASSE
Probablement l’un des meilleurs polars d’action produits par la France de ces dernières années Le convoyeur offre un rôle détonant à François Berléand. Il y interprète un vieux convoyeur blasé et pas mal facho sur les bords. Le physique rassurant de l’acteur tranchant avec le caractère de son personnage franchissant allégrement la ligne rouge. Il faut le voir hurler « Charles Martel ! » tout en vidant son shotgun sur des petits braqueurs de banlieue. Une folie et une exubérance que le comédien réussit, grâce à son talent, à crédibiliser et à rendre encore plus effrayantes.

LE BUREAU - LA CLASSE ULTIME
Les petits génies derrière les Messages à caractère informatif (et bientôt La personne aux deux personnes) continuent leur exploration du monde merveilleux de l’entreprise. Remake de The Office, reprenant toutes les grandes lignes mais en les adaptant à la perfection à l’enfer des PME bien de chez nous. Tous les ingrédients du Message… sont repris et soutenus par un François Berléand, alias Gilles Triquet, qui prouve à tous les spectateurs le génie comique dont il est capable. Soutenant parfaitement la comparaison avec Ricky Gervais et Steve Carell, le comédien enchaîne les morceaux de bravoure comiques et livre un véritable one man show durant les six épisodes qui composent cette première saison, en interprétant ce patron se la jouant cool mais qui se révèle être au final, beauf, maladroit et lâche, mais qui reste tellement attachant.

Retrouvez Gilles Triquet dans ses œuvres :

PUR WEEK END - PAS TRES CLASSE
Encore un film de potes. Encore un film de randonnée qui montre des potes s'engueuler entre eux pour quelques bricoles. Ce film aurait pu être intéressant, mais il arrive trop tard. Après Les bronzés et Les randonneurs, Pur week-end ne trouve pas sa place. François Berléand y est certes formidable, tout comme ses compères Bruno Solo ou Kad Merad, mais on n'arrive pas à croire en cette histoire totalement folle qui se transforme dans la dernière partie en pâle copie du Fugitif, avec Berléand dans le rôle du flic de service... Malheureusement n'est pas Tommy Lee Jones qui veut ! Une fin qui, de ce fait, ne colle plus du tout avec l'esprit « comique » du début. Bref, une fois de plus, voilà un film français qui se repose essentiellement sur son casting. Il serait quand même temps de trouver des sujets plus intéressants et surtout plus originaux. A bon entendeur...


EDY - LA CLASSE MONDIALE
Berléand est Edy, l'un des meilleurs dans le domaine de l'assurance, particulièrement lorsqu'il s'agit d'aider certains de ses clients à mettre la main sur l'assurance-vie de leur conjoint. Mais depuis quelques temps, Edy a perdu l'envie de vivre. Quand il essaie d'en finir, le destin lui joue un drôle de tour. Non seulement il survit, mais il se retrouve avec un cadavre sur les bras... Le comédien Stéphan Guérin-Tillié réalise ici un premier long métrage prometteur, un savant mélange noir entre le cinéma de Jean-Pierre Melville et celui de Michel Audiard. A l'image de ces films, il offre à Berléand l'un de ses partenaires les plus prestigieux, le regretté Philippe Noiret. Une affiche incroyable ! Berléand lui-même considère ce film comme son meilleur. Ce n'est pas nous qui le contredirons...

MON IDOLE - LA CLASSE UNIVERSELLE
« THE » film dans la carrière de Berléand, où ce dernier exploite réellement tout son talent ! Il nous en met plein la vue, avec un jeu empli d'humour, de cynisme, de violence... Bref, tout ce que l'on peut imaginer !! Pour sa première réalisation, Guillaume Canet frappe un grand coup ! Un scénario en or, un casting haut de gamme, et surtout de grandes révélations ! Canet, qui n'est pas le plus grand des comédiens, joue les novices avec justesse, face à un Berléand, dont le seul reproche qu'on pourrait lui faire, c'est d'avoir exploité le même « jeu » dans ses films suivants, tellement le succès de celui-ci fut grand. Ajoutez à cela une musique et des chansons incroyables de Sinclair (bien avant qu'il ne participe à des émissions de variétés débiles !), et vous obtenez un film magistral, qui passe du rire aux larmes, de l'action à l'horreur, qui mélange l'absurde et le macabre, en décrivant le monde impitoyable de la télévision et du show-business ! Un coup d'essai transformé en coup de maître et l'occasion de prouver toute la gamme du talent de cet immense comédien nommé François Berléand. Un césar pour ce dernier n'aurait pas été du luxe...


LES CHORISTES - CLASSE
Le film d'une époque ! On ne reviendra pas sur le succès (étrange) de ce film, certes bien fait, mais d'une grande banalité. En revanche, l'un des intérêts est d'avoir mis en avant de grands comédiens que l'on ne soupçonnait pas, ou encore très peu. Ainsi, François Berléand explose dans son rôle de directeur, froid et cruel, à l'image d'un de Funès dont il s'inspire grandement, face à de gentils petits enfants qui poussent la chansonnette... Un film très classique, donc, mais efficace. Alors rien que pour ça, il mérite un petit « classe » !


NE LE DIS A PERSONNE - TRES TRES CLASSE
Après l'agréable surprise de Mon idole, on attendait avec impatience la deuxième réalisation du jeune Guillaume Canet. Quatre ans se sont donc écoulés entre les deux films. Et cette impatience n'aura pas été vaine ! Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de voir ce film, attendez-vous à être littéralement scotchés à votre fauteuil. On retiendra bien évidemment cette incroyable traversée du périphérique dans laquelle se lance François Cluzet, séquence filmée à l'épaule. Du jamais vu dans le cinéma français ! Un incroyable carambolage qui confirme Guillaume Canet comme un très grand metteur en scène. Pour la énième fois, Berléand enfile le costume du flic de service, et partage l'affiche aux côtés des plus grands : André Dussollier, Jean Rochefort, Gilles Lellouche ou bien encore Nathalie Baye. Malheureusement, Canet ne ré-exploite pas tout son talent à la différence de Mon idole, et la participation de Berléand dans ce projet s'apparente beaucoup plus à un simple clin d'oeil. C'est déjà pas mal, mais on aurait aimé un peu plus...

LE TRANSPORTEUR 1 & 2 - PAS TRES CLASSE
Productions Besson et purs "produits" bessoniens obligent, les films de la série Le Transporteur sont pour le moins ce que l'on peut appeler des péloches légères, de consommation courante. En cela, il est donc évident qu'elles sacrifient leur traitement scénaristique sur l'autel de l'efficacité et du grand spectacle, privilégiant l'action sur la caractérisation des personnages, leur développement. Et le rôle de François Berléand, celui d'un inspecteur français au début lancé sur la piste de Jason Statham, n'échappe bien évidemment pas à ce constat, il en devient même un exemple flagrant dès le second film (en attendant le troisième, pour bientôt). Mais commençons par le premier, voulez-vous. Ici, les choses se tiennent encore à peu près, avec Berléand qui joue donc un flic trouvant bizarre qu'un ex-marine possède une villa de star, une voiture de compét' et soit toujours mêlé à des affaires pas réellement légales. Le personnage de Berléand ne pourrait être présenté que comme le "méchant policier" qui ennuie le héros - les clichés n'ont jamais fait peur à Luc Besson, bien au contraire - mais, profitant de l'humour à froid dont sait si bien user l'acteur, cet inspecteur devient un excellent contrepoint gentiment cynique face au monolithisme du transporteur. Il y avait ainsi matière à un duo sympa (avec une dynamique similaire à celle vue dans Le Poulpe, entre Jean-Pierre Darroussin/le poulpe et Aristide Demonico/Pedro), que l'on aurait aimé retrouver dans la suite, le voir un peu plus creusé. Et là, c'est le drame. Souffrant du syndrome Bernard Farcy dans la série des Taxi, François Berléand devient le bouffon de service, le gentil français con-con en vacances aux States, tenue de rigueur, qui passe son temps à cuisiner et n'a rien à faire dans l'histoire, si ce n'est pianoter sur un ordinateur, toujours en cuisinant. Triste. Pour ne pas dire pathétique (ah bah si, je l'ai dit). Alors, on pourra toujours espérer que cela sera corrigé dans le futur film mais, si l'on se fie au syndrome Farcy, ça semble bien mal barré. Pour éviter que ce "pas très classe" ne devienne un "pas classe à se faire dessus de honte", une seule chose à faire dès lors : n'attend pas que l'on te transporte, François, et cours, COOOUUURS !!!


LA FILLE COUPEE EN DEUX - PAS TRES CLASSE
Chabrol a, on le sait, une grande prédilection pour les bourgeois et leurs tourments, dérisoires ou non. Ici, François Berléand est un écrivain à succès qui s'éprend d'une belle nymphette campée par Ludivine Sagnier. Le charme du film étant que ce vieux pervers succombe à l'irrésistible jeune femme autant qu'un jeune milliardaire névrosé (Magimel en fait un peu trop, soulignant à l'extrême l'aspect fantasque et imprévisible de son personnage). Bref les emplois ne sortent pas de l'évidence. Berléand en vieux libidineux un peu malsain n'a pas à beaucoup se forcer, de même que ses partenaires. Une mise en scène assez convenue et, pour tout dire, lénifiante, ne vient rien arranger. On ne parvient décidément pas à accrocher à cet opus chabrolien qui n'a malheureusement pas la fièvre de La Cérémonie par exemple. Le principal défaut du film est qu'il est sans surprises, on a déjà vu ça, en mieux. Le cinéaste recycle ses vieux thèmes, les acteurs font le minimum pour rendre tout ça crédible, ça se regarde sans déplaisir, mais ça s'oublie aussi vite.


JE CROIS QUE JE L'AIME - CLASSE
Pour la première fois dans sa carrière, Pierre Jolivet s'essaye à la comédie romantique. Et l'essai est fort concluant. Dans ce film, Vincent Lindon tombe sous le charme de l'irrésistible Sandrine Bonnaire, et va tenter de la conquérir. Habile en affaires, il l'est beaucoup moins en amour. Il va donc charger le détective privé de sa société, joué par Berléand, de découvrir pour quelles raisons étranges cette jolie femme est encore célibataire, en mettant les méthodes d'investigation les plus modernes au service d'un sentiment ancestral : l'amour. La grande force de ce film est le personnage interprété par Berléand, qui amène une bonne dose d'humour au métrage de Jolivet. Irrésistible, cette comédie sans prétention réussit à nous faire rire et à nous émouvoir. Nous, on en est sûr... on l'aime ce film ! Un joli moment de cinéma ! Ça nous donne même envie d'aimer, tiens...

H.S. (HORS SERVICE) - CLASSE
Jean-Paul Lilienfeld est un personnage attachant dans le paysage cinématographique français. D'abord acteur, il réalise son premier film en 1996, intitulé XY avec Patrick Braoudé et la pulpeuse Clémentine Célarié. Un an plus tard, sortira le sympathique Quatre garçons plein d'avenir (aujourd'hui devenu culte) puis H.S. (Hors service) en 2001. Ce dernier réunit un casting de choc, entre Dieudonné, Lambert Wilson, Lorant Deutsch, Jackie Berroyer, Stéphane Guérin-Tillié et bien sûr François Berléand (qui remplaça ). Le film raconte l'histoire d'une équipe de cinq tueurs, dont l'un décide brusquement de raccrocher (par amour d'une femme). Considéré comme H.S., les autres membres décident de l'éliminer. Berléand interprète l'un d'eux, un homme approchant de la cinquantaine, qui voit son entourage se désintéresser progressivement de lui. Gagné par la paranoïa, il devient plus pathétique et plus inquiétant encore. Pour une fois, Berléand apparaît presque comme un méchant sympathique, voire touchant, de par sa faiblesse et son côté « petit enfant perdu ». Un joli contre-emploi pour le comédien, dans une production française qui ne manque pas d'audace, et dont les références tarantinesques sont purement jouissives. A redécouvrir de toute urgence !


LE PRINCE DU PACIFIQUE - PAS CLASSE DU TOUT
On attendait beaucoup de la reformation du couple Lhermitte/Timsit, après le succès choc d'Un indien dans la ville. Ajoutez à cela une charmante partenaire répondant au doux nom de Marie Trintignant et une mise en scène signée Alain Corneau (trois ans après son chef d'oeuvre, Le cousin), le tout magnifiquement emballé dans un décor paradisiaque (la Polynésie française), et l'on était en droit de s'attendre à la grande comédie d'aventure prévue en cette fin d'année 2000. Las, mille fois hélas, le film sombre dans le déjà vu, avec un scénario tenant sur un post-it, des gags pas drôles, des scènes d'action sans action, et des acteurs qui semblent être là pour des vacances. François Berléand joue les méchants de service (que c'est original !), mais peine à être crédible. Il nous a déjà offert beaucoup mieux... A oublier très vite ! C'est fait.


MA PETITE ENTREPRISE - TRES CLASSE
Le film pour lequel Berléand reçut le César du meilleur second rôle (le seul pour l'instant... Quel scandale !). Dans l'esprit des comédies sociales anglaises (The Full Monty, Les virtuoses...), ce joli film de Pierre Jolivet défend les escrocs et les petits patrons avec humour et réalisme. Un casting audacieux et un scénario nerveux pour une comédie sociale attendrissante. Lindon et Berléand forment un duo impeccable, drôle et tendre à la fois. On ne s'en lasse pas.

LE FRERE DU GUERRIER - PAS SI « PAS CLASSE » QUE ÇA
Avec le recul, on n’a peut-être un peu trop vite assommé à coups de masses d’armes ce film de Pierre Jolivet. Certes, le scénario de cette épopée dans les plaines de la France du 13e siècle était un brin léger et un Guillaume Canet manquant d’épaules était probablement un miscasting, mais la volonté de faire un western médiéval traitant de la paranoïa de l’insécurité à travers les âges emporte plutôt le morceau à la revoyure. La prestation de Berléand en curé à qui on ne la fait pas ajoutant la touche de truculence nécessaire à ce qu’on appelle un divertissement correct.


QUARTIER V.I.P - PAS CLASSE
Les bons faits divers ne font pas forcément les bons films. Le gratin du monde des affaires ayant séjourné derrière les barreaux inspire cette comédie mollassonne au casting déroutant : Johnny Hallyday en gentil maton envoyé par un de ses pensionnaires (Berléand) arnaquer son épouse (Valéria Bruni Tedeschi) avant qu’elle ne vide son compte. Le plus atterrant étant que la satire socio-populo vire à un vaudeville de quatrième zone. Quartier V.I.P aurait largement eu sa place sur les théâtres de Boulevard en remix contemporain de Boeing Boeing. Au cinéma c’est une toute autre affaire qui se termine inscrite au casier judiciaire de Berléand à la case délits mineurs mais qu’on ne l’y reprenne pas.


LES SOEURS FACHEES - PAS TRES CLASSE
Le premier film d’Alexandra Leclère n’est qu’une succession de fausses bonnes idées. Un casting (Huppert, Frot) qui fait vendre mais ne prend pas à l’écran, un scénario moulinant comme il peut une purée de clichés (deux sœurs ennemies-mais-qui-s’aiment-quand-même-à-la-fin, antagonisme d’une provinciale nunuche et d’une grande bourgeoise parisienne, ce genre d’enclumes scénaristiques…). Quelques scènes élèvent pourtant le débat en laissant espérer une vraie comédie vacharde, notamment un repas qui finit en clash familial ou les rapports entre les personnages d’Huppert et de son mari, remarquablement tenu par Bérléand, comme souvent épatant dans des seconds rôles en retrait qui font de solides roues de secours de films boiteux.

LES AMES CALINES - PLUTOT CLASSE
Cette chronique d’un quinquagénaire ayant le comportement d’un ado indécis, surtout dans sa vie sentimentale possède un charme absolu, à savoir revisiter des années de cinéma d’auteur sur les affres amoureuses masculines en l’éclaircissant par une délicieuse nonchalance. Le premier rôle de Berléand en vieil anar ne sachant pas s’adapter aux mœurs de son époque, le place au centre d’un malicieux ballet d’actrices orchestrant une très sympathique valse-hésitation autour d’un séducteur qui s’ignore. Joli film à redécouvrir.
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ROMANCE - PAS CLASSE
Dix ans après, que reste-t-il du film de Catherine Breillat qui avait défrayé la chronique à sa sortie ? Pas grand-chose, si ce n’est l’ironie d’un titre à des années-lumières de la froideur avec laquelle est traitée l’éternelle question des rapports homme-femme. Et l’impression d’une laborieuse thèse filmée dans sa dernière partie par un Jean Rollin ayant abusé de poésie fumeuse. Mais aussi le souvenir persistant d’une partie sonnant juste, celle autour des rapports SM (justement avec Berléand en Maître). Non seulement parce que beaucoup plus sobre que le reste du film, mais surtout parce qu’osant enfin une vraie séquence de transgression –moins risible que Sagamore Stévenin se faisant sucer en direct-live ou un Rocco Siffredi à l’air absent : l’excitation d’une jeune femme entre désir et rejet. Un moment fort ne rattrapant pas le moralisme de l’ensemble.


MARTIN ET LEA - TRES CLASSE
La première apparition recensée de Berléand sur grand écran se fait dans un univers inhabituel dans le cinéma français. Celui d’Alain Cavalier. Pas encore celui qui se lancera dans une vision du monde ascétique. Mais celui qui essaie de joindre politique et cinéma avant-gardiste. Après la guerre d’Algérie (L’insoumis) ou le terrorisme (Le combat dans l’île), c’est la guerre d’Indochine qui irrigue souterrainement l’histoire d’un triangle amoureux entre un chanteur, une jeune maquerelle vietnamienne et un de ses clients. Entre eux, des cendres de révolution soixante-huitarde affirmant que l’amour vaincra toujours l’argent. Une morale filmée en plans séquences qui déroutent critiques et public à sa sortie à la fin des années 70, ne voyant pas une étude de mœurs ayant plus de fond et de forme que les plus grands Godard de l’époque. Alain Cavalier reste un cinéaste sur la crête d’une autre nouvelle vague qui ne s’est toujours pas échouée.

ÔTE-TOI DE MON SOLEIL - PEUT-ETRE CLASSE
Chez les Jolivet, le premier qui a dégainé sa camera n’est pas celui que l’on croit. En 1984, c’est Marc qui passa à la réalisation avec une comédie inspirée de Diogène, le philosophe qui vivait dans son tonneau. A vrai dire, je n’ai qu’un souvenir flou de ce film vu à sa sortie (avant sa disparition ultra-rapide des écrans). Celui d’un pré-ado attiré par un film signé de celui qui le faisait marrer avec son frère, déguisés en Récho et Frigo, les clowns pour enfants de la télé, qui s’est senti d’abord un rien arnaqué, puis fasciné par l’immense bordel libertaire de cet objet inclassable, parmi les derniers signataires d’utopies babas garantissant que tout était possible. Le jour où Ôte-toi de mon soleil (répertorié comme un des plus gros bides du cinéma français) passera à la télé ou sortira en DVD, je saurai si ma sympathie pour ce film n’est due qu’à la nostalgie d’années insouciantes ou une erreur de jeunesse…


SUIVEZ CET AVION - TRES CLASSE
Si Patrice Ambard est un lecteur des Classe/Pas Classe, qu’il donne signe de vie à la rédaction de DVDrama. Ne serait-ce que pour savoir ce qu’est devenu le réalisateur d’une rare comédie française à avoir su parfaitement acclimater les screwball comédies américaines des années 30-40. Délicieusement farfelue cette enquête policière est menée tambour battant autour d’un couple (Lambert Wilson et Isabelle Gélinas) qui n’aurait pas dépareillé chez Lubitsch. A la fin des années 80, Suivez cet avion a surpris par son ton décalé, trop sophistiqué pour faire partie des grosses rigolades franchouillardes qui cartonnaient à l’époque. Vingt ans plus tard, ce film reste un modèle d’écriture et de pétillance, jusque dans son petit charme désuet, aussi réjouissant que trop méconnu.


UN HEROS TRES DISCRET - TRES CLASSE
Une énigme réside dans la filmographie de Jacques Audiard, l’oubli rapide dans lequel a été plongé son second long métrage. L’histoire de supercherie que raconte Un héros très discret -autour d’un héros de guerre devant plus sa réputation à une quasi-mythomanie- reste pourtant des plus exemplaires par la fausse simplicité de son exécution à l’écran. Entre l’excellence des comédiens (Mathieu Kassovitz en tête) du scénario et la minutie de la réalisation, Un héros très discret mérite d’être ressorti de son placard pour qu’on y constate à quel point c’est une formidable fable, double quand elle questionne autant les mensonges du passé français que la difficulté pour un écrivain à savoir créer un imaginaire suffisamment crédible pour qu’il devienne collectif.

Classe/pas classe rédigé par Alex Masson, Stanislas Bernard, Nicolas Houguet, PitouWH et Gilles Botineau.


Film par Acteurs