Gerard butler

gerard butler (13 Novembre 1969 - )

"Spartans, tonight we dine in hell!". Qui n'a pas eu la chair de poule en entendant cette phrase assénée tel un poignard lors de l'impressionnante bande annonce du nouveau film de Zack Snyder. Sur fond de bruit et de fureur, épaulé par l'intense "Just lik

Bien avant de devenir le roi spartiate Léonidas qui, entouré de 300 guerriers, tint en échec une armée d'un million de soldats perses en l'an 480 avant J.C. au cours de la bataille de Thermopyles, Gérard Butler, né à Glasgow, était avocat. Lassé des tribunaux, il va petit à petit s'adonner au théâtre, sa passion première. Ses débuts se feront, non sans mal, sur les planches du "Mermaid Théâtre" où il est rapidement repéré par Steven Berkoff (le grand méchant russe de Rambo 2, celui qui fait du mal au colonel Trautman !) qui va devenir rapidement son mentor. Confortablement installé dans le milieu du cinéma et du théâtre, l'acteur va rapidement aider Gérard Butler à gravir les échelons afin de décrocher ses premières auditions. Ainsi en 1995, il passe de nombreuses auditions et se place idéalement pour le rôle titre d'une production anglaise sur le petit monde de la drogue. Il se verra finalement souffler le rôle de Mark Renton au dernier moment par Ewan Mc Gregor. Le futur cultissime "Trainspotting" se fera donc sans lui et ne lui apportera donc pas la gloire, finalement destinée à son alter ego écossais.


Nullement abattu par cet échec, Gérard Butler va alterner les petits rôles dans des productions énormes ou totalement fauchées. On va ainsi le retrouver dans Demain ne meurs jamais pour un rôle si minuscule que même le plus assidu des fans de l'espion anglais ne saurait le retrouver. S'en suit le nanardesque Malédiction de la momie de Russel Mulcahy. Cette hilarante relecture d'un classique de la Hammer ne lui permet pas de sortir la tête haute du projet, surtout à cause d'un rôle plutôt anecdotique. La même année, il enchaîne sur La dame de Windsor avec Judie Dench. Drame historique peu inspiré sur la Reine Victoria, ce film ne lui offre pas, une nouvelle fois, la possibilité de se démarquer d'une distribution assez pâle et peu inspirée.

Apres trois années de disette qui vont le renvoyer, bien malgré lui, sur les planches, un réalisateur des plus inattendu lui propose enfin un rôle consistant. Le très beau Harrison's Flowers et son casting international vont lui permettre de s'exprimer pleinement, malgré un temps à l'écran des plus limité. Captivant, crépusculaire et ultra émouvant, le film d'Eli Chouraqui permet à Gérard Butler de se montrer et d'affirmer sa personnalité par une performance tout en nuance. Production indépendante très remarquée, "Harrison's Flowers" ouvrent à Gérard Butler des portes plutôt inattendues, qui vont malheureusement conditionner une bonne partie de sa carrière.

Son premier vrai grand rôle lui sera donné par Patrick Luissier et son désolant "Dracula 2001". Projet bancal dès le départ, la défroque du seigneur des ténèbres lui convient plutôt bien. L'écossais s'en sort même avec les honneurs face à un Christopher Plummer, complètement ridiculisé par un scénario abracadabrant et des scènes d'une bêtise insondable. Sans renouveler le mythe du vampire, le film prend la trajectoire contraire en voulant moderniser le genre. Il en résulte un film farfelue, proche du nanard, tout juste rehaussé par un illustre inconnu, aux yeux du public (enfin les plus courageux), qui tire profit de ce ratage en offrant une composition correcte du seigneur Vlad. Cette sombre production estampillée Wes Craven (encore une bourde décidément !) va lui permettre de se faire connaître des grands studios et l'amener tranquillement à se bâtir une carrière auprès des grandes majors.


Paradoxe qui va suivre Butler pendant un moment, ce dernier alterne assez régulièrement les gros projets et les films plus intimistes. Ainsi après le fumeux "Dracula 2001", quelques spectateurs pourront l'apercevoir dans le très intimiste "One more Kiss" ou encore "la Ceriseraie" avec Charlotte Rampling. La même année, c'est sa prestation dans la série télé "Attila le Hun" qui va lui permettre de jouer dans des films à vocation plus physique. Péplum du pauvre, relancé par le succès de "Gladiator", cette mini série lui permet de se faire connaître un peu plus. Sorte de CV à l'attention des majors, cette série, très mauvaise en soi, a le mérite d'attirer l'œil de l'équipe de Rob Bowman qui prépare un film à cheval entre Mad max et les oiseaux.

En 2002, Gérard Butler est engagé pour être l'un des seconds couteaux de chocs du très fun "Règne du feu". Masqué par les trois stars du film (Mc Conaughey, Bale et les dragons), l'acteur fait ce qu'il peut pour se faire remarquer en campant le bras droit et ami de Christian Bale dans sa lutte contre des dragons, ayant pris le pouvoir dans un Londres futuriste. Malgré un pitch des plus extravagant sur le papier, le film reste extrêmement fun et bien troussé. Butler y trouve là un rôle secondaire physique. Blockbuster calibré, ce film ne lui offre pas la possibilité de montrer ses talents mais plutôt son physique et surtout son visage.


Sa présence grandissante en tête d'affiche se matérialise en 2004 avec le rôle principal dans le nullissime "Tomb Raider, le berceau de la vie". Eclipsé par les formes voluptueuses d'Angélina Jolie, Butler devient le gentil beau gosse de service, parfait faire valoir de Madame Pitt. Projet pharaonique dénué d'intérêt et surtout de qualités, cette nouvelle mouture de Tomb Raider l'installe dans le giron des grosses productions. Malheureusement pour lui, la notoriété n'est toujours pas au rendez vous. Pire encore, c'est la qualité des métrages dans lequel il évolue qui laisse à désirer. Arrivé enfin à Hollywood et capable de jouer dans de grosses productions, la consistance des rôles confiés frôle le néant et limite son ascension.

La malédiction va se poursuivre la même année avec le catastrophique "Prisonnier du Temps" de Richard Donner. Ce sous "Retour vers le futur" médiéval du pauvre (budgété à 80 millions de dollars tout de meme) le balance avec Paul Walker dans un Moyen Age factice totalement ridicule. A la croisée des "Visiteurs en Amérique" et "Sans peurs et sans reproches", tourné dans un terrain vague, ponctué de scènes ridicules et joué par-dessus la jambe, ce ratage intégral scelle le destin de Butler et le cantonne dans les productions anecdotiques. Plombé par des projets de grande envergure vide de tout sens cinématographique doublé de four considérable au Box Office, la carrière de Butler stagne. Il commence même à devenir le champion des bides enchaînant trois grosses productions boudées en masse par le public.


2005, c'est un autre paria d'Hollywood, l'homme que l'on aime détester, Joël Scumacher, qui lui propose enfin un premier rôle intéressant. Il aura donc fallu presque 10 années à Gérard Butler pour pouvoir avoir enfin la chance de montrer ce dont il était capable. Nouvelle grosse production à son actif, "Le Fantôme de l'opéra" peut s'apparenter à un premier tournant dans une carrière endormie. Comédie musicale gargantuesque sur un thème fascinant, le film dévoile des talents de comédiens mais surtout de chanteurs peu soupçonnés jusque là. Dans un rôle dramatique à souhait, Butler offre une prestation étonnante à contre courant ou il alterne chants et moments intenses. Débarrassé de cette étiquette de faire valoir insignifiant, sa carrière peut prendre une autre direction avec un éventail de films bien plus intéressants.

Ce tournant se confirme la même année avec "Dear Frankie" de Shona Auerbach. Comédie sentimentale matinée de quelques touches dramatique, ce petit film est à la fois touchant et profondément vrai. Aidé par la prestation tout en nuance de Butler, "Dear Frankie" offre un panel d'émotions très simple et magnifiquement restitués par les deux acteurs principaux. Gérard Butler montre donc un tout autre visage avec ce film présent a Cannes dans la section "un certain regard". Sensible, poignant, intime, la palette d'émotions dévoilées à petite touche par l'acteur écossais est juste et participe grandement à la réussite de ce très joli film.


L'année suivante, le tournant amorcé n'est guère confirmé puisque Gérard Butler se fourvoie dans deux productions plus qu'anecdotiques. L'une traite de football basé sur l'incroyable destin de l'équipe des Etats-Unis, constituée d'amateurs, lors de la Coupe du monde de football en 1950. Sur le canevas ultra éculé de la solidarité et de l'abnégation pour réussir The Game of their lives ne sortira qu'aux Etats-Unis ou ce genre de film est fortement apprécié. Néanmoins, le destin sera funeste puisqu'il disparaîtra très rapidement de l'affiche, ne laissant aucune trace derrière lui. L'autre est un film basé sur la mythologie de Beowulf & Grendel (Attention, on oubli tout de suite le thriller techno-medievo-nanardesque de tonton Lambert). Tourné en 2005, le film n'est toujours pas visible. Gageons qu'il le restera encore longtemps devant le faible potentiel commercial d'une légende scandinave, dont Robert Zemeckis prépare une version d'avance plus recommandable.

2006 : fort de son excellent remake de Dawn Of the Dead, Zack Snyder obtient le feu vert de la Warner pour mettre en image le spectaculaire comics de Frank Miller 300. Des le départ, le casting se doit d'être très sobre. Cherchant un comédien pour jouer le très Hardi Léonidas, le choix se porte rapidement sur Gérard Butler, mélange de force tranquille et de sensibilité propre à ce genre de projet. C'est donc le second tournant de la carrière de Butler avec la tête d'affiche d'un projet réellement original dans la forme mais aussi le fond au vu des idées qu'un tel récit peut véhiculer. Apres une préparation physique des plus draconiennes laissant apparaître une ceinture abdominale parfaite, l'acteur a tourné sur fond vert les nombreuses séquences épiques du film. A en juger par la bande annonce qui circule depuis un bon moment, Gérard Butler a l'air de s' être emparé du rôle avec une rage et une détermination qui donne des frissons. Chaque parole lancée dans le teaser est aussi galvanisante qu'impressionnante. Il y a fort à parier que l'écossais trouvera son rôle le plus fort et le plus abouti.


Sitôt les 300 achevés, Gérard Butler est déjà associé à deux projets pour 2008 : PS : I love you de Richard Lagravanese avec Hilary Swank ( Une jeune veuve essaie tant bien que mal de continuer à vivre après la mort de son mari.) et Butterfly on a wheel de Mike Barker avec Pierce Brosnan ou il endosse le rôle du bad guy (L'enlèvement d'une petite fille par un dangereux kidnappeur va révéler au grand jour les failles d'une famille à la vie en apparence exemplaire.).

2007 est peut être l'année ou Gérard Butler va enfin se faire connaître du grand public après 10 années de bons et loyaux services. Le rôle de Léonidas devrait l'aider si ça prestation est jugé aussi convaincante que ce qui a pu être décelé dans l'impressionnante bande annonce. Mais pour l'heure "This is Spartans !!!!!!". Go Gérard.




Film par Acteurs