Jose garcia

jose garcia (17 Mars 1966 - )

Chauffeur de salle pour l'émission Nulle part ailleurs, José Garcia fait ses débuts au cinéma en 1989, dans le film Romuald et Juliette,

avant d'exploser dix ans plus tard dans la peau de Serge Benamou pour le film La vérité si je mens !. Nommé à cette occasion au César du Meilleur espoir, il enchaîne avec des rôles de plus en plus importants, de Jet Set au Boulet, en passant par Quelqu'un de bien de Patrick Timsit mais aussi l'univers magique de Walt Disney avec Mulan.
Réputé pour ses talents de « comique » , il prend néanmoins le risque (mais à juste titre) d'explorer des univers beaucoup plus sombres, qu'il soit un serial killer dans Le couperet, ou bien encore un surprenant amnésique dans La Boîte noire.
A l'occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray de Sa Majesté Minor, revenons sur les films les plus marquants dans la carrière de cet acteur complet qui n'a pas fini de nous étonner...


LA VERITE SI JE MENS - CLASSE
Yalaaaaaa ! Le film qui a définitivement révélé José Garcia au cinéma ! Réalisé par Thomas Gilou en 1997, il fut l'un des plus grands succès français de l'année avec près de cinq millions de spectateurs !! Largement mérité. L'histoire raconte celle d'Eddy (jeune provincial monté à Paris) qui, à la suite d'un quiproquo, est embauché en tant que manutentionnaire dans un entrepôt de tissu tenu par Victor Benzakhem. Ce dernier croit en effet qu'il est juif. Entouré de brillants comédiens, Richard Anconina, Bruno Solo, Richard Bohringer, Elie Kakou, ou bien encore Vincent Elbaz, Garcia tire véritablement son épingle du jeu, en interprétant le personnage de Serge Bénamou, cousin de Patrick Abitbol alias Gilbert Melki. Ces deux derniers forment un duo impeccable, à tel point qu'ils deviendront les vedettes du second volet. Précisons qu'à l'origine, le comédien avait postulé pour jouer Eddy. Pour notre plus grand bonheur, Gilou eut une bien meilleure idée... L'un des rôles majeurs dans la carrière de Garcia ! Culte, culte, culte !!


LA VERITE SI JE MENS 2 - LA TRES GRANDE CLASSE
Re-yalaaaaaaa ! Succès oblige, une suite à La vérité si je mens ! coulait de source. On reprend donc les mêmes (ou presque), puisque l'incroyable Gad Elmaleh (après avoir refusé de participer au premier volet) remplace le déserteur Vincent Elbaz. Et pour une (rare) fois, le second volet est mille fois supérieur à l'original. Plus drôle et plus rythmé, le film offre à Garcia et son cousin Gilbert Melki les deux rôles principaux (pour notre plus grand bonheur). Certes, il ne révolutionne en rien l'Histoire du cinéma, mais enchaîne les scènes cultes à un rythme effréné. Parmi elles, on retiendra la partie de poker, ou bien encore celle du coup final, lorsque Garcia se met à jouer la comédie avec un accent extrêmement ridicule (mais tellement drôle !) : « Commeeeeent ?! Qu'est-ce que j'apprends ?!! » . Il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment le troisième volet, actuellement en cours de production...

QUE LA LUMIERE SOIT ! - LA MEGA CLASSE
Voilà un véritable petit bijou cinématographique. Dieu, mécontent des hommes, décide de faire une apparition sur la Terre. Il choisit un moyen moderne pour s'adresser à l'humanité et décide de faire un film. C'est ainsi qu'il part à la recherche d'un metteur en scène digne de filmer son oeuvre. Passé totalement inaperçu lors de sa sortie en salle, le film, mis en scène par Arthur Joffé, réunit la clique du cinéma français (Hélène de Fougerolles, Tchéky Karyo, Ticky Holgado, Béatrice Avoine, Dominique Besnehard, Eric Blanc, Patrick Braoudé, Patrick Bouchitey, Marc Brunet, Marie-Pierre Casey, Sergio Castellitto, Muriel Combeau, Arielle Dombasle, Ruth Elkrief, Dominique Farrugia, Michel Galabru, José Garcia, Julien Guiomar, Catherine Jacob, Arthur Joffé, Maurice Lamy, Michael Lonsdale, Maité, Peter Kent, Frédéric Mitterrand, Yolande Moreau, François Morel, Patrick Poivre d’Arvor, Rufus, Elie Semoun, Zinedine Soualem, Laurent Spielvogel, André Valardy, Jacques Weber, Luc Gentil et la voix de Pierre Arditi, pour ne citer qu'eux). Ce conte cinématographique est un véritable enchantement. Garcia ne fait qu'une brève apparition dans ce film (un journaliste), mais le simple fait qu'il ait participé à ce magnifique projet mérite toute notre attention. Beau, simple, et drôle. Du grand cinéma ! A découvrir ou à re-découvrir de toute urgence...


TOUT DOIT DISPARAÎTRE - MOYENNEMENT CLASSE
Produit de pur marketing, le film réunit différents comiques issus de bandes différentes. On retrouve ainsi Didier Bourdon des Inconnus, Elie Semoun d'Elie et Dieudonné, Yolande Moreau des Deschiens et bien sûr José Garcia de l'équipe Canal +. Ajoutez à cela quelques apparitions supplémentaires de Régis Laspalès et Didier Bénureau, et l'on aurait dû avoir l'un des films les plus drôles de ces dernières années. Mais non. Faute à un scénario banal (un homme veut tuer sa femme car il a une maîtresse), ainsi qu'à une mise en scène des plus classiques, le film n'atteint pas les sommets de la rigolade, et s'arrête au simple stade de la petite comédie sympathique. Chaque acteur nous fait son numéro (sans plus), et Garcia réussit à nous décrocher quelques sourires avec son personnage de martyr, le détective Colle, régulièrement giflé tout au long de l'histoire. Certes classique, mais toujours efficace. Ni plus ni moins qu'un bon film du dimanche soir...


COMME UN POISSON HORS DE L'EAU - PRESQUE CLASSE
Voilà un film étonnant ! Un casting haut de gamme avec de vraies gueules (Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Dominique Pinon et Michel Muller) pour un film qui mélange allègrement le polar et l'humour (on sent que l'esprit de Michel Audiard n'est pas loin). BB, roi de l'arnaque, veut monter son dernier coup avant de se retirer des affaires. Pour ce faire, il s'entoure de Malvin, porte-flingue impulsif, et de la sensuelle Myrtille. Ils veulent dérober puis revendre à un riche caïd turc un poisson exotique très rare pouvant rapporter un million de dollars. Mais pour déjouer le sens inné du caïd pour sentir les arnaques, nos trois escrocs ont besoin d'un pigeon qui le mettra en confiance. Ils trouvent en Desirée le candidat idéal qui, en plus de sa naïveté, est amateur de poissons rares. Ici, José Garcia n'apparaît que très brièvement, en début et fin de film. Il interprète un dragueur lourdeau qui tente de séduire les jeunes femmes seules dans les avions. Rien d'extraordinaire si ce n'est que l'une d'entre elles n'est autre qu'Isabelle Doval, sa propre femme dans la vie. Un petit clin d'oeil amusant, donc, dans ce premier film méconnu, qui mériterait, malgré ses imperfections, une deuxième chance.

JET SET - CLASSE
Deuxième film véritablement important dans la carrière de José Garcia, réalisé par Fabien Onteniente à l'époque où il avait encore une âme. L'acteur interprète un producteur totalement déjanté, adepte du sexe et de la drogue à outrance. Second rôle aux côtés des non moins excellents Lambert Wilson (incroyable !), Samuel Le Bihan et Bruno Solo, Garcia joue une fois de plus les excentriques. Très classique, le film reste néanmoins efficace, drôle voire émouvant. Une jolie satire du monde de la Jet Set. Politiquement correct (trop...), mais intéressant.


LE BOULET - TRES CLASSE
On peut dire ce que l'on veut, les français sont très doués dans la réalisation de buddy movies. Après le duo Louis de Funès/Bourvil, et Pierre Richard/Gérard Depardieu, en voici un nouveau des plus inattendus : Benoît Poelvoorde et Gérard Lanvin. Toutes les caractéristiques (ou clichés, c'est selon) du genre sont réunis dans cette comédie incroyablement efficace : le fort et le faible s'unissent pour le meilleur et surtout le pire, un voyage au bout du monde... Garcia joue le méchant de service, un homme violent et cruel, sans aucun état d'âme, mais qui fait beaucoup plus rire que peur ! Jouant à fond (et le mot est faible) dans la caricature et l'exagération, l'acteur creuse son trou au milieu du duo censé être « la star du film » . Pour une fois dans l'Histoire du cinéma, voilà un buddy movie à la française avec trois personnages ! On notera également la cultissime scène de danse entre Garcia et la comédienne Rossy de Palma, sur un air de mambo. Sexy et drôle à la fois ! Du grand cinéma populaire comme on aimerait en voir plus souvent...


BLANCHE - PAS CLASSE DU TOUT
Mais qu'est venu faire Garcia dans cette galère ??!!! Remarquez, le projet était plutôt bandant, à la base. Un casting incroyable (Jean Rochefort, Gérard Depardieu, Carole Bouquet, Antoine de Caunes, Marc Lavoine et la belle Lou Doillon dans le rôle titre), un réalisateur totalement barré, ex-membre du groupe Trust, déjà metteur en scène d'oeuvres totalement folles (Les démons de Jésus et Les grandes bouches), et on aurait pu s'attendre à l'un des plus grands délires cinématographiques de toute l'Histoire ! Mais faute à un scénario qui part dans tous les sens, voire inexistant, et un humour essentiellement situé en-dessous de la ceinture, le film ne réussit jamais à décoller. Les acteurs s'amusent, mais cabotinent essentiellement. Livrés à eux-mêmes (on ne ressent absolument aucune direction), la plupart s'auto-parodient et se livrent à des situations les plus ridicules pensant faire rire le plus grand nombre (Garcia, surmaquillé et en costume de bouffon, pataugeant dans une fontaine... mon Dieu !). Les spectateurs, déjà peu nombreux dans la salle, sont sortis un à un... C'est tout dire. Affligeant !

QUELQU'UN DE BIEN - CLASSE
Pour sa deuxième réalisation, le comédien Patrick Timsit délaisse l'humour délirant et parodique d'un Quasimodo d'El Paris pour mettre en scène un film qui mélange drôlerie et tendresse. Après Richard Berry, il décide de s'octroyer un tout nouveau partenaire en la personne de José Garcia dans le rôle de son grand frangin. Et force est de constater que le duo fonctionne parfaitement. Timsit reste tout en retrait et joue la carte de l'émotion, tandis que Garcia hérite de la folie et de l'excessivité. Le film lui offre par ailleurs l'occasion de jouer une scène totalement délirante en reprenant la chanson Prisencoli. Un grand moment de « comédie musicale » où l'acteur gesticule dans tous les sens et se lâche littéralement ! Mémorable.


PEOPLE - PAS CLASSE DU TOUT
Encore un pétard mouillé ! Plus ou moins la suite du surprenant Jet Set, ce nouveau film de Fabien Onteniente fonce tête baissée dans les méandres de la vulgarité la plus totale. José garcia imite péniblement un Michel Serrault tout droit sorti(e) de La Cage aux folles et livre ici sa prestation la plus pathétique. Malgré la présence de l'excellent Rupert Everett et de la sublime Ornella Muti, de quelques comiques (Bernard Farcy, Elie Semoun) et de guests issus de la vraie Jet Set (on ne les nommera pas car ils n'en valent même pas la peine), le film réussit la prouesse de ne nous décrocher aucun sourire ! Un summum pour une comédie ! A tel point que Garcia lui-même prit conscience qu'il n'avait plus grand-chose à apporter à la comédie. Mais pourquoi y est-il revenu dans le dernier Astérix alors ?!


ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES - PAS CLASSE DU TOUT
Troisième adaptation cinématographique des aventures du petit gaulois et de son acolyte « pas gros mais légèrement enveloppé », le film réalisé par Thomas Langmann et Frédéric Forestier sombre dans la nullité la plus totale. Pourtant doté d'un budget pharaonique et d'un casting haut de gamme (malgré l'absence du regretté Christian Clavier), cet Astérix-là ne décolle jamais. Scénario inexistant, effets spéciaux d'une rare laideur, acteurs qui cabotinent, réalisation de producteur... Il n'y a décidément rien à sauver de cette galère ! Chose incroyable, le film s'éloigne même de l'univers de la bande dessinée pour se rapprocher d'une autre également coécrite par Goscinny, Iznogoud. Ainsi, Garcia interprète une statue qui prend vie par le biais d'une poudre magique. Poelvoorde s'en sert d'ailleurs pour éliminer son calife de père, et devenir César à la place de César... Quand on pense que la fille Goscinny se plaignait du film de Chabat pour son aspect « nul » et à sa soi-disant infidélité à l'univers de son papa, on se demande vraiment ce qu'elle a pu penser de celui-ci... Et dire qu'elle a fait retirer Gérard Jugnot du projet (à l'époque, c'était Astérix en Hispanie). Pour infos, elle était directrice de production sur le film de Langmann... Sans commentaire !

PARS VITE ET REVIENS TARD - PAS CLASSE DU TOUT
Adapté d'un roman à succès, Pars Vite et Reviens tard jouit d'un postulat de départ on ne peut plus excitant pour celui qui en sait peu : La Peste est revenue à Paris, propagée par un mystérieux terroriste qui laisse des symboles cabalistiques sur les portes des immeubles. Et c'est non sans une certaine curiosité que l'on attend de voir José Garcia dans le rôle d'un inspecteur de police, bien loin de son terrain de prédilection dans cette sorte de crossover entre Seven et Alerte !. Tout du moins, c'est ce que l'on en espérait, car le polar apocalyptique et mystique attendu - avec une enquête parmi les monceaux de cadavres, vous voyez le délire ? - tourne vite court et s'essouffle dans les tréfonds des canons télévisuels. Un peu à l'image de son acteur principal qui jamais n'aura (ne prendra ?) l'occasion de rendre son personnage intéressant, simple vecteur permettant d'aller d'un personnage secondaire à l'autre (et qui tirent la couverture à eux, laissant l'ancien trublion de Canal + nu comme un vers) pour faire avancer l'intrigue pépère. Et ce n'est pas sa pathétique amourette contrariée avec l'actrice Linh Dan Phan qui nous le rendra plus sympathique, ni sa "relation" avec son collègue/sidekick maladroit, l'ensemble ne fonctionnant jamais comme contrepoint à l'intrigue principale puisque rien n'existe de toutes façons de l'autre côté. Un film sans relief et un rôle sans saveur : pas classe du tout, du tout.


LE COUPERET - CLASSE
Ce film est assez inclassable, comme souvent chez Costa-Gavras : entre anticipation, science-fiction, film catastrophe. Il est surtout un implacable constat social. Costa-Gavras lâche donc José Garcia dans la jungle du capitalisme grimpant, là où la loi du plus fort prime sur l'humanité. Bruno Davert passe de cadre supérieur à chômeur en un battement de délocalisation, voyant ses habitudes et son joli costume mis au placard. Les premiers mois épongent son angoisse et celle de sa famille qui tente de le soutenir. Alors Davert a une idée, aussi criminelle et indécente que géniale : éliminer un à un ses concurrents potentiels, ceux qui pourraient prendre les postes hauts placés aux vues de leurs compétences, avec en point de mire Machefer (Olivier Gourmet). José Garcia s'enfonce péniblement dans le meurtre, la culpabilité et le mensonge. Entre deux affiches de publicité sans vie, le réalisateur capte sans forcer les émotions d'un homme ordinaire pris dans une spirale infernale de meurtres de plus en plus calculés. La tension est palpable à chaque plan, dans l'escalade d'une violence improvisée par un protagoniste au bord de la crise de nerfs. Des années après, le film sonne puissamment comme son titre. L’interprétation de José Garcia est saisissante de sobriété et de fièvre. Aux antipodes de ses débuts expansifs, fantaisistes et hauts en couleurs, il fait preuve d'une retenue absolument glaçante. On sent le personnage sombrer, passer les frontières du bien et du mal, commettre le crime sans pour autant connaître le châtiment, pris dans une sorte d'engrenage à la logique diabolique. Il n’est pas un dangereux psychopathe. Il est simplement dominé par un désespoir absolu qui le prive de toute morale. Il se bat pour sa survie dans un système totalement détraqué. S'il est terrifiant, c'est qu'il est un insoupçonnable « monsieur tout le monde », suggérant que n'importe qui pourrait sombrer dans son égarement. Assurément, Garcia trouve là un rôle inattendu, à la mesure de son talent.


BEAUMARCHAIS L'INSOLENT - TRES CLASSE
Enorme projet Français, le film d’Edouard Molinaro s’en tire avec tous les honneurs. Grande reconstitution des années révolutionnaires, multitudes de costumes et de décors, cette fresque sur la vie de l’auteur Beaumarchais, tiré d’une pièce de Sacha Guitry se savoure avec plaisir. Autour de Fabrice Luchini dans le rôle principal, défile une pléthore de stars, composées de la fine fleur du cinéma Français. D’un côté Judith Godrèche, Isabelle Carré, Sandrine Kiberlain, Axelle Laffont dans les rôles féminins, de l’autre on trouve Jean Claude Brialy, Jean Yanne, Michel Serraut, Alain Chabat, François Morel, ainsi que Patrice Laffont et même le chanteur Murray Head (One Night in Bangkok). Le film retrace donc la vie de Beaumarchais, tour à tour auteur, espion du roi ou embastillé, ainsi qu’une partie de l’Histoire Française et des évènements ayant conduit à la Révolution. Il s’agit aussi de montrer comment ce fameux Beaumarchais réussit à contourner la censure, en écrivant des pièces pamphlétaires.
Et que serait Beaumarchais sans son Figaro ? C’est justement José Garcia qui incarne Figaro (ou plutôt le comédien qui joue le rôle de Figaro au théâtre) dans un rôle qui lui va comme un gant. Il faut le voir entonner le fameux monologue, retraçant justement la vie de Beaumarchais, ainsi que la chanson finale. José Garcia est Figaro, cela ne fait aucun doute. Il faudra qu’il essaye de jouer dans la vraie pièce, un jour ou l’autre.
Etrangement, le film n’aura rien remporté aux Césars, le jury lui ayant préféré Ridicule, un autre film en costumes.

MULAN - PLUTOT CLASSE QUAND MEME
A une époque, Disney sortait un film chaque Noël. Mulan fait partie des derniers grands projets de la firme, avant Tarzan l’année suivante. Loin, très loin des passables Atlantis ou Planète au trésor qui vont suivre, Mulan garde encore le style Disney (bien qu’on sente poindre une baisse de qualité). L’histoire, tirée d’une légende Asiatique, suit une jeune fille Chinoise qui va prendre la place de son père dans l’armée, pour combattre les Huns, se faisant passer pour un homme. A ses côtés, Mushu, ancien gardien désormais déclassé, va faire son possible pour l’aider. L’histoire assez sombre, tranche plutôt avec les anciens contes de fées, ayant même plusieurs morts hors champs de personnages secondaires. Au milieu de tout ce barnum de personnages pas vraiment charismatiques (le méchant n’a aucune personnalité), trône cependant un des meilleurs rôles secondaires du studio. José Garcia a la tâche difficile de doubler un personnage interprété par Eddie Murphy. Mushu est, en effet, l’apport comique du film, qui se voit gratifié en Version Originale, d’un Eddie Murphy survolté, surjouant comme pas possible (on pense qu’il voulait tenter de surpasser Robin Williams dans le rôle du Génie d’Aladdin). José s’en sort avec les honneurs, donnant à Mushu le réel intérêt du film, volant toutes les scènes où il intervient. Il faut dire que le scénario n’est pas extraordinaire, le film mettant du temps à démarrer, et lorsqu’il commence vraiment : c’est terminé. Sans compter une scène d’assaut calquée sur la scène des gnous du Roi Lion, et des aberrations scénaristiques pas possibles (en gros, c’est Mulan toute seule qui a sauvé l’Empire Chinois). On oublie d’ailleurs les chansons du film qui ne restent pas du tout dans la tête, comme nous avait habitué Disney auparavant. La scène finale, avec la musique de Stevie Wonder, est même totalement hors de propos, et annonce les futurs problèmes de Disney pour se renouveler (on sent qu’ils ne savent plus tellement à quel public ils s’adressent). Néanmoins, la qualité de l’animation conjuguée avec l’abattage de José Garcia fait qu’on passe tout de même un assez bon moment, n’est-ce pas le principal, finalement ?


LES FRERES SŒUR - ETRANGEMENT CLASSE
Le genre de projet qui se mord forcément la queue : deux frères (Jacques et Charlie Soeur) essaient de monter un film dont absolument personne ne veut. C’est un peu ce qui s’est passé avec cette comédie que le public a très clairement évité. Un peu à tort, quand l’univers de guingois de Frédéric Jardin (oui, le frère d’Alexandre, mais à l’écriture moins agaçante) et son esprit en escalier finissent par tisser une jolie singularité entre l’absurde d’un Mocky de bonne tenue et les fantaisies rocambolesques à échelle humaine que signait Gérard Pirès dans les années 70. La part farfelue des Frères Sœur s’est malheureusement fait engloutir par la discrétion de la réalisation, très en retrait. Dommage pour ce qui aurait pu être un bel OVNI.


LA MORT DU CHINOIS - PAS CLASSE
Dans la foulée du triomphe de La vérité si je mens !, sortent une série de films que Garcia a probablement tourné auparavant. Certains auraient mieux fait de rester prendre la poussière sur des étagères. Comme cette petite curiosité, essayant de renouveler le principe du triangle amoureux autour d’un auteur de contes pour enfants avant de sombrer dans un argument de comédie (à base d’hallucinations et d’herbes africaines) que même Philippe Clair aurait trouvé pathétique. Mais après tout, quand le scénario finit par se consumer dans un grand n’importe quoi, La mort du chinois entre de plein pied dans la rare dimension des films qui ne peuvent s’apprécier qu’avec un gros pétard au bec.

RIRE ET CHATIMENT - PAS TRES CLASSE
Très belle idée de départ (un type ayant fait de l’humour une hygiène de vie jusqu’à l’insupportable se met à faire vraiment mourir de rire les autres), seconds rôles bien choisis (Lucas, Uchan, Berléand) et guests (Poelvoorde en maître nageur aux curieuses méthodes). Mais alors qu’est ce qui cloche dans ce film au postulat original ? Son refus absolu de l’assumer, de rentrer au final dans le rang en prenant le parti d’une comédie des plus normatives, des plus sécurisées. Un dernier virage qui envoie tout valser dans le décor. Y compris l’ironie profonde (la réalisatrice Isabelle Doval, est à la ville l’épouse de Garcia, de quoi faire passer cette comédie pour un exorcisme) via un épilogue en forme de mauvaise blague qui transforme effectivement le film en un châtiment.


APRES VOUS - ASSEZ CLASSE
Depuis Cible émouvante, Pierre Salvadori s’est peu à peu affirmé en auteur accompli de comédie française mélancolique. Un spécimen rare, a qui il arrive néanmoins de parfois perdre quelques plumes. Par exemple, en ayant du mal à faire avancer au delà de son deuxième acte, le scénario de cette jolie étude mœurs, pas loin d’une version sentimentale de L’emmerdeur quand un suicidé se met en tête de devenir l’ami de celui qui l’a sauvé de la pendaison. Pas si grave quand la dernière partie rebondit en un superbe vaudeville contemporain. Seul regret : éclipser trop vite, et sans réel motif, le personnage de Marilyne Canto, actrice toujours nickel.


LES GRANDES BOUCHES - MOYEN CLASSE
Après un prometteur Démons de Jésus, Bernie Bonvoisin confirme son envie d’un cinéma popu excentrique. Hélas, le scénario des Grandes Bouches, croisement entre les films d’Audiard et polar de gare déborde de toutes parts. La générosité débonnaire de Bonvoisin, qui tient à donner à manger à tout le monde (acteurs comme techniciens) est visible, et plaisante, mais il aurait dû penser aussi à se soigner. Surtout en ce qui concerne le scénario, beaucoup trop vagabond quoiqu’encore moins que Gérard Darmon et Nadia Farès, en absolue roue libre. Impossible pour autant, malgré ses maladresses voyantes, de vraiment détester cet essai de cinoche voyou au grand cœur.

Dossier rédigé par Gilles Botineau, Benjamin Muriot, Nicolas Houguet, Nicolas Schiavi, Damien Duvot, Alex Masson.


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