
JOSIANE BALASKO : TROMBINOSCOPE
EN DIRECT DU NIFFF : SPECIAL CATEGORIE III
TOP 10 : CES VILAINS QU'ON ADORE
LE COIN DU CINEPHILE : SICK - KISSED - PIG

ALBATOR ET KEN EN VOD SUR TF1 VISION
MORT OU VIF : BLU-RAY DE L'OUEST
SHAUN OF THE DEAD ET HOT FUZZ EN BLU-RAY
GRAN TORINO : UN EXTRAIT EXCLUSIF DU MAKING OF
MASH : FOLIE SUBVERSIVE EN BLU-RAY
TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 115 888 (1 semaine)
VERY BAD TRIP
entrées : 402 973 (1 semaine)
JEUX DE POUVOIR
entrées : 303 056 (1 semaine)
TELLEMENT PROCHES
entrées : 496 176 (2 semaines)
LES BEAUX GOSSES
entrées : 614 803 (3 semaines)
LASCARS
entrées : 380 416 (2 semaines)
TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 436 661 (4 semaines)
HANNAH MONTANA, LE FILM
entrées : 225 132 (2 semaines)
NOTORIOUS B.I.G.
entrées : 74 028 (1 semaine)
LA NUIT AU MUSEE 2
entrées : 1 530 301 (6 semaines)
jude law (29 Décembre 1972 - )
Souvent pour le meilleur. Plus enquiquinant encore : les filles l'adorent. Que faire ? Se teindre les cheveux en blond ou jouer sous la direction de Jean-Jacques Annaud ? La réponse est dans ce Classe / Pas classe ultime.
BENT (UN PEU CLASSE)
A travers la dramatique histoire d'un couple d'homosexuels, évocation de la ségrégation et du martyre de ces derniers pendant la Seconde Guerre mondiale, qui bien souvent préféraient se faire passer pour juifs, plutôt que porter le triangle rose reservé aux homosexuels. Jude est très bon mais Clive Owen, alors inconnu, est exceptionnel.

FINAL CUT (UN PEU CLASSE)
Jude (Jude Law) est mort. Ses amis proches se retrouvent chez lui pour une veillée funèbre. Mais Sadie, la compagne du défunt, leur réserve une surprise. Ils vont être filmés pour conclure la vidéo commencée quelques mois auparavant par Jude. Pour les aider à comprendre pourquoi elle veut terminer ce film, Sadie (Sadie Frost) leur montre ce qui a déjà été tourné, à leur insu, par des caméras cachées un peu partout dans l'appartement.
Leurs réactions sont donc filmées alors qu'ils découvrent l'enregistrement, entrecoupé des commentaires de Jude, de leurs moments les plus intimes, de leurs secrets les mieux gardés.
La diffusion de ces séquences volées pendant des dîners ou des fêtes va d'abord provoquer l'amusement puis la colère. Jusqu'à la révélation finale : la vérité concernant les circonstances exactes de la mort de Jude. Un petit film de potes avec Jude alors avec Saddie qui s'il n'évite pas toujours le nombrilisme révèle une prédilection pour l'instantané cruel et dissèque la duperie des relations humaines. Petit, d'accord. Bon, quand même.
MINUIT DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL (TRES CLASSE)
John Kelso est envoyé par le magazine "Town and Country" à Savannah pour couvrir la grande fete qu'organise chaque Noel John Williams, antiquaire et collectionneur d'art dans sa résidence légendaire, Mercer House, située au coeur historique de la ville. C'est l'occasion pour le journaliste de rencontrer tout le gratin local et de s'impregner de l'atmosphere raffinée de Savannah. Mais durant la nuit, John Williams est arrêté, inculpé du meurtre de son jeune compagnon, Billy Hanson, un gigolo. Flairant un scandale mondain, John Kelso decide de rester. Dans une ambiance jazzy, entouré de la crème des acteurs, Clint Eastwood réalise un grand film. Ses fans le considèrent comme mineur, ils ont tort.

BIENVENUE A GATTACA (TRES CLASSE)
Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d'etudes et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre a l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca. Un très beau film d'anticipation où Jude a un rôle déchirant. Andrew Niccol prouve avec cette fable sur l'eugénisme qu'il a déjà tout d'un grand. Confirmation pour les plus sceptiques avec S1mOne et surtout Lord of War.
OSCAR WILDE (PAS TRES CLASSE)
Evocation des amours peu conformes, pour son époque, de l'auteur du "Portrait de Dorian Gray", célébre dans son pays avant d'avoir écrit une ligne par ses épigrammes et ses mots d'esprit. Apres une liaison tumultueuse avec lord Alfred Douglas, alias Bosie, dont l'intelligence, la beauté et l'insolence le fascinaient, il est dénoncé comme sodomite par le marquis de Queensberry, le père de Bosie. L'ecrivain, bien que passible de prison, refuse l'exil et decide courageusement de faire face en poursuivant le marquis pour calomnie. Malgré les acteurs qui campent courageusement leurs personnages, Brian Gilbert est juste un tâcheron qui massacre cette biographie en se contentant de placer ses personnages dans un univers complètement désincarné. On s'ennuie. Les nanas se consoleront avec la plastique du beau Jude.

EXISTENZ (TRES TRES CLASSE)
Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au systeme nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrenée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mysterieux du jeu. La controverse a du bon. Alors que tout le monde s'extasie sur Spider, probablement ce que le réalisateur de Videodrome a fait de pire dans sa carrière, les bobos eux conchient cette formidable réflexion sur les mondes virtuels. Jude Law est bien accompagné de Jennifer Jason Leigh et de Sarah Polley. Et pour citer un membre de la rédaction qui adule ce film jusque dans ses tripes : "un film avec l'immense Jennifer Jason Leigh ne peut pas être mauvais". Pas intérêt à ne pas être d'accord.
GANGSTERS, SEX AND KARAOKE (PAS CLASSE MAIS ALORS PAS CLASSE DU TOUT)
Coursier sans avenir, Jonny aimerait penétrer le milieu londonien. Par l'intermédiaire d'un ami d'enfance, Jude, il est accepté dans la bande du caïd Ray Kreed. Mais son goût pour l'action lui fait commettre maladresses et impairs, qui déclenchent une guerre avec le gang de Sean. Ce dernier détient le sud de Londres et n'entend pas se faire marcher sur les pieds. La mort de deux de ses hommes et la disparition d'un sac d'héroïne le décident à agir. Jonny doit être éliminé. Et Ray n'est pas loin de penser la même chose. Un petit film pas très intéressant qui reprend toute l'équipe de Final Cut. Hélas, ce qui était sympa dans Final Cut ne l'est pas franchement dans cette farce macabre lourde et pesante.

LE TALENTUEUX MONSIEUR RIPLEY (UN PEU CLASSE)
Italie, fin des années 50. Le jeune Dickie Greenleaf mène la dolce vita grâce à la fortune de son père, en compagnie de Marge Sherwood. Plutôt irrité par son comportement irresponsable, Herbert Greenleaf, riche armateur, demande à Tom Ripley de ramener son fils en Amérique. Tom découvre un monde éblouissant, qu'il ne soupconnait pas, et ira jusqu'au meurtre pour conserver cette vie de rêve. Anthony Minghella ennuie toute la rédaction avec ses oeuvres pompeuses qui n'en finissent plus de finir. Ici, en faisant le remake de Plein Soleil, de René Clément, il ne s'est pas attiré toutes nos faveurs. Jude chante bien avec son copain Matt Damon. Mais passé tout ce laborieux trajet bien fadasse, si le film devient un peu classe, c'est quand même grâce aux seconds rôles (géniaux Philip Seymour Hoffman et Cate Blanchett) qui eux comme d'habitude assurent et volent la vedette à un Jude palot et un Matt inexistant.
LA SAGESSE DES CROCODILES (UN PEU CLASSE)
Steven, grand séducteur, est soupconné du meurtre de sa petite amie, retrouvée morte dans la mer. Mais l'absence de mobile fait de lui un improbable coupable. Pourtant, le détective Roche est loin d'etre convaincu de son innocence, d'autant plus qu'une des ex-petites amies de Steven a disparu dans d'obscures circonstances. Entre-temps, ce dernier vient de rencontrer Anne. Une étrange relation s'installe entre eux. A force de trop chercher le mystère, on finit par ennuyer. La sagesse des crocodiles est une oeuvre très inégale avec des moments très brillants et d'autres carrément improbables. Jude est un reptile attrayant d'autant qu'il tombe amoureux de la très belle Elina Löwensohn. Le mythe du vampire méritait un traitement plus rigoureux malgré tout.

STALINGRAD (CLASSE)
Durant la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1942, Hitler envisage d'envahir Stalingrad, ville clé de l'URSS qui le sépare de la victoire totale sur l'Europe. Les Russes se préparent à la défensive. Un héros aiderait à motiver les troupes.
Entre alors en jeu Vassili Zaitsev, un jeune tireur d'élite de l'Armée Rouge. Doué d'une stupéfiante adresse au tir, il est remarqué par un commissaire au peuple, Ivan Danilov. Les deux jeunes gens deviennent amis. Ranimer la flamme de l'héroïsme, redonner aux soldats décimés la force de lutter contre l'implacable machine de guerre allemande, telle est la mission de Danilov. Celui-ci fait de Vassili le héros de sa propagande.
Dans le camp ennemi, l'état-major dépêche son meilleur tireur d'élite, le Major König, pour abattre celui qui est devenu le symbole de l'indomptable résistance russe. Un film réalisé par Jean-Jacques Annaud, passionné, proche d'un sens de l'épique à la Kurosawa, qui permet à Jude Law et Ed Harris de se livrer à de belles confrontations. Notons par ailleurs une très belle scène d'amour rappelant que le réalisateur de L'ours sait mieux que quinconque filmer la sexualité et le désir (qui n'a pas été ému par Le nom de la rose et sa fameuse scène cochonne ?).
A. I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (PAS CLASSE MAIS ALORS PAS CLASSE DU TOUT)
Dans un XXIe siècle, où la fonte des glaces a submergé la majorité des terres habitables et provoqué famines et exodes, les robots sont devenus une composante essentielle de la vie quotidienne et assurent désormais la plupart des tâches domestiques.
Pourtant, le professeur Hobby veut aller encore plus loin en créant le premier androïde sensible : un enfant capable de développer un vaste répertoire d'émotions et de souvenirs.
Peu après cette annonce, David, un robot de onze ans, fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant la découverte d'un remède pour guérir sa grave maladie. Bientôt abandonné par sa mère adoptive, David entame un périlleux voyage à la recherche de son identité et de sa part secrète d'humanité. A. I. est certainement le plus mauvais film de Steven Spielberg: trop long, trop larmoyant, trop niais. S'il avait vu ce résultat indigeste, Kubrick aurait certainement été dégoûté à jamais du cinéma.

LES SENTIERS DE LA PERDITION (UN PEU CLASSE)
En 1930, deux pères : Michael Sullivan, un tueur professionnel au service de la mafia irlandaise dans le Chicago de la Dépression, et Mr. John Rooney, son patron et mentor, qui l'a élevé comme son fils. Deux fils : Michael Sullivan junior et Connor Rooney, qui font chacun des efforts désespérés pour s'attirer l'estime et l'amour de leurs géniteurs.
La jalousie et l'esprit de compétition les plongent dans une spirale de violence aveugle dont les premières victimes sont la femme de Sullivan et son fils cadet Peter.
Un long voyage commence alors pour Michael Sullivan et son fils survivant. Au bout de cette route, la promesse d'une vengeance et l'espoir de conjurer l'enfer. Et peut-être l'aube d'un sentiment nouveau entre un père et son fils. Jude Law endosse un personnage de tueur vilain et détestable. Mais hélas le film n'est pas à sa hauteur: bien trop conventionnel de la part du réalisateur d'American Beauty. Heureusement que le génial Jarhead est venu nous rassurer sur le cinéaste.
RETOUR A COLD MOUNTAIN (PAS TRES CLASSE)
Dans une Amérique déchirée par la guerre de Sécession, un homme et une femme vont accomplir l'un vers l'autre le plus extraordinaire des voyages. Fille de pasteur, Ada a consacré toute sa jeunesse à la musique, aux arts et au bien-être d'un père veuf, qu'elle aime plus que tout au monde. Simple ouvrier, Inman est un homme farouche, avare de paroles, étranger à la société policée, pétrie de culture et traditions sudistes, dont s'entoure Ada.
Un simple regard, quelques mots maladroits, un baiser volé à la veille de partir au front, suffiront pourtant à leur inspirer un amour absolu, où Ada et Inman puiseront la force et le courage d'affronter la séparation, la solitude, la misère, et les plus cruelles épreuves de la guerre... La niaiserie de Minghella continue de faire des ravages dans cette odyssée interminable avec deux trois belles scènes (une scène d'amour entre Jude Law et Natalie Portman) et une Nicole Kidman totalement convaincante en pucelle.

IRRESISTIBLE ALFIE (PAS TRES CLASSE)
Manhattan est le terrain de chasse favori d'Alfie qui y trouve chaque soir l'occasion de faire de nouvelles conquêtes. Cinq femmes se partagent ses faveurs : Dorie, Julie, Lonette, Nikki et Liz. Trouvant de plus en plus facile de se mentir à lui-même, Alfie passe de l'une à l'autre, s'éclipsant chaque fois que l'une d'elles prétend s'accrocher. Mais il y a celle qui va refaire sa vie et lui laisse un goût amer lorsqu'il la croise à nouveau ; celle qui lui cache l'enfant qu'il ne connaîtra jamais ; celle à qui il pensait ouvrir son cœur et qui l'en punira sévèrement. Alors, le bel Alfie, qui avait réponse à tout, se retrouvera paumé comme jamais, et se demandera pour la première fois "à quoi ça rime ?"... Grand séducteur devant l'éternel, le personnage d'Alfie se voit incarné par Jude Law, très juste et diablement crédible en coureur de jupons sophistiqué, alliant flegme british et regard malicieux.

L'acteur succède à merveille à l'élégant Michael Caine qui campait Alfie Le Dragueur en 1966. Jude Law réussit à nous rendre complice grâce au type de narration utilisé dans le film original et reprit ici : Alfie s'adresse directement à la caméra, il n'est pas omniscient car il nous décrit ses émotions en même temps qu'il les vit, mais peut ainsi nous confesser toutes ses pensées, même les moins avouables, à tout moment. Ce faisant, le film instaure d'entrée un degré de complicité élevé entre le héros et le public, ce qui a l'avantage d'intéresser le spectateur à l'histoire sans grande difficulté, pour ne pas dire camoufler l'absence totale d'intrigue. Car tout le problème d'un tel film, surtout lorsqu'il s'agit d'un remake, réside dans cette carence, comme un trou béant sur la bobine. Alfie séduit mais ne veut dépendre de quiconque, d'accord. Alfie a de plus en plus de mal à continuer cette vie d'ermite, d'accord. Alfie se pose de plus en plus de questions sur lui-même et cherche un sens à son existence, très bien. Et ?… Certes nous n'avons pas trop de mal à nous impliquer dans l'histoire au début du film, grâce encore une fois au type de narration, et sans doute aussi parce qu nous nous reconnaissons forcément un peu dans les centres d'intérêts de notre cher Alfie("Wine and Women").

Malheureusement, à la manière du personnage, le spectateur a très vite l'impression de stagner. Plus précisément, dès que le scénario esquisse une avancée dans la vie d'Alfie et donc dans l'histoire, les événements suivants s'empressent de tout démonter pour nous laisser au point de départ avec notre Alfie, un nom qui commence d'ailleurs presque à nous énerver tellement il est cité tout au long du film. Un énervement dû également au manque total de progrès du héros, au point que l'on finit par se poser la même question : "A quoi ça rime ?". Pourtant le scénario recèle de nombreuses forces, comme la présentation du héros, l'évocation de ses tics de séducteur célibataire, le personnage de l'amante mûre, incarnée par une Susan Sarandon absolument sublime, sorte de pendant féminin de Alfie, et possédant une dimension assez surprenante (un peu sous-exploitée). Alfie nous met face à notre plus grande peur, la solitude. Le sexe, l'amitié, les goûts de luxe, tout cela n'a finalement pas grande importance si on ne peut pas le partager avec le grand amour. Profiter de la vie ne sert à rien si l'on se retrouve tout seul. Une philosophie pleine de bon sens, certes, mais était ce besoin de réaliser ce remake pour en arriver là...
CLOSER, ENTRE ADULTES CONSENTANTS (TRES CLASSE)
Nombreux sont les films sur l’usure du couple mais plus rares sont ceux qui traitent la chose avec subtilité. Closer, Entre adultes consentants est une œuvre intelligente qui doit essentiellement à ses dialogues (très bien écrits) et ses quatre acteurs (excellents). Point barre. Les spectateurs qui recherchent de la mise en scène ingénieuse et du scénario gonflé aux rebondissements spectaculaires peuvent aller voir ailleurs. Ici, on prend le temps d’introduire des personnages et bien sûr de causer du sujet qui préoccupe à peu près tout le monde: le sexe. Le sexe sous toutes ses formes parce qu’à travers ce rituel se profilent des histoires d’amour pas finies et/ou qui ne peuvent pas commencer car unissant deux individus non célibataires. Fidélité, pulsion, séduction.

Sommairement, on a tendance à présenter le film (tiré d’une pièce de théâtre de Patrick Marber) comme les chassés-croisés amoureux de deux couples. Ce qu’il est, évidemment. Mais Closer n’est pas une invitation orgiaque ni même à la tentation adultérine. Ou du moins pas que ça. Sous la verdeur des dialogues, se dessine en filigrane une réflexion sur l’érosion du couple qui pointe du doigt là où ça fait mal, en appuyant fort sur les blessures de personnages qui, délicieuse nouvelle, n’appartiennent pas aux figures imposées du genre (on est strip-teaseuse comme photographe déprimée ou écrivain raté).
Tous, sans exception, bénéficient d’un traitement particulièrement soigné : Anna (Julia Roberts) est une photographe meurtrie qui ne croit plus en l’amour et passe son temps à prendre en photo des visages tristes pour oublier sa propre tristesse ; Dan (Jude Law) est un journaliste qui cache sous son cynisme apparent une sensibilité qui lui crève le cœur ; Alice (Natalie Portman) est une jeune femme à peine sortie de l’adolescence qui simule la franchise pour mieux masquer son manque de confiance en elle ; Larry (Clive Owen) est un docteur qui va se trouver pris aux pièges des dures lois du désir.

Cinéaste ressuscité du Lauréat, Mike Nichols est plus un réalisateur qui travaille le fond que la forme. Soit. Il n’a pas besoin de surligner au feutre fluo toutes les meurtrissures de ces bipèdes en plein questionnement existentiel et se contente d’enregistrer les foultitudes d’expressions qui s’agitent dans leurs regards et leurs visages. A ce sujet, rien ne sont plus jouissives que leurs premières interactions : celles entre les personnages interprétés par Jude Law et Natalie Portman et de re-Jude Law et Julia Roberts où tout passe par l’art de l’ellipse, de l’attirance trouble et du tumulte charnel. Le film, s’il n’invente rien (ce n’est point sa prétention), n’en reste pas moins riche et dense dans ce qu’il assène : des vérités brutales qui font mal à entendre. Ces rôles fouillés dans ce film (provocant et bien moins frivole qu’on peut le penser) représentent une aubaine pour les acteurs qui peuvent ainsi changer de registre (Jude Law et Julia Roberts, en particulier).

Quelques audaces pimentent le récit comme cette conversation hot et très drôle sur Internet entre Dan et Larry. Si, certes, Closer met beaucoup de I dans le Q, il n’en reste pas moins - et c'est ici que réside la seconde bonne surprise - un film vraiment chaud qui maintient une tension érotique d’un bout à l’autre. Une tension qui explose lors d'un morceau de bravoure sensuellement exécuté par Natalie Portman et qui dure dix bonnes minutes. Preuve que ce film (qui donne bizarrement envie de croiser le regard ravageur de Natalie en sortant de la projection) peut concilier à la fois le plaisir des méninges et des mirettes…
AVIATOR (TRES CLASSE)
Une personnalité hors du commun (celle d'Howard Hughes), un contexte historique propice à une narration haletante (des "années folles" à l'après Seconde Guerre Mondiale), Martin Scorsese pour diriger une brochette d'acteurs confirmés… Aviator avait de quoi susciter les espoirs les plus fous, mais aussi par conséquence engendrer les plus grandes déceptions.

Le résultat ? 2h45 qui s'écoulent presque sans la moindre fausse note. Presque parce que deux ou trois longueurs plombent parfois le rythme du film, mais dans l'ensemble Scorsese mène sa barque, ou plutôt pilote son aéronef, comme un chef. Le réalisateur transporte le spectateur dans les délires incroyablement visionnaires d'un homme que la folie guette à chaque pas. Tourner un film sur Howard Hughes, c'est rentrer dans un mécanisme d'une complexité inouïe, et tout le talent de Scorsese a été de rendre lisible, voire presque compréhensible, la personnalité de l'aviateur. De multiples étiquettes pour une personnalité tout aussi multiple. Pour jouer au mieux un tel caméléon, il fallait à la fois l'impétuosité de la jeunesse, l'éloquence de la maturité, le charisme d'une star. Et Leonardo Di Caprio s'en tire admirablement, à tel point qu'il pouvait légitimement prétendre pour cette prestation à une jolie statuette dorée.

Cependant, il faut saluer une grande prestation des acteurs dans leur ensemble, avec une mention à Cate Blanchett qui en fait des tonnes mais à bon escient en Katharine Hepburn excentrique, et Jude Law en Errol Flynn dans une apparition absolument désopilante.
CAPITAINE SKY ET LE MONDE DE DEMAIN (CLASSE)
Les adaptations de comics book au cinéma fleurissent depuis ces cinq dernières années, toutes ancrées dans un phénomène de mode à la durée de vie encore indéterminée. Ignorant si leur temps est compté, les producteurs hollywoodiens se sont tous lancés dans une course à la franchise, cherchant chacun les droits de celle qui attirera le plus les faveurs du public. Une démarche doublée d'un tel empressement et d'une telle volonté à mettre ces héros au goût du jour que le spectateur en oublie l’essence même de leur charme initial. Pour son premier film, Kerry Conran ne se lance donc pas dans la recherche d’un super héros masqué n’ayant pas encore eu les faveurs du grand écran, mais préfère inventer le sien, le plongeant tout de go dans cet univers parallèle des bandes dessinées où la série noire se mariait harmonieusement avec le fantastique. Le résultat : Capitaine Sky, un impressionnant et divertissant spectacle familial auquel notre âme d’enfant ne peut qu’adhérer à 200%.

New York dans les années 30. Alors que des scientifiques renommés commencent à disparaître et que Manhattan est attaqué par des machines volantes et de gigantesques robots, le reporter Polly Perkins décide d'enquêter. Elle est aidée par l'héroïque pilote Sky Captain. Ils découvrent que la personne qui est derrière ce complot est le Dr. Totenkopf. Son but est la destruction du monde...

Avec un pareil script on se demande en premier lieu comment un jeune réalisateur a pu s’offrir d’illustres comédiens comme Gwyneth Paltrow, habituée à des films d’un univers totalement différent, et Jude Law que l’on connaît surtout pour des rôles plus pesants. La réponse tient en un stupéfiant court métrage de six minutes, The World Of Tomorrow, à l'aspect visuel époustouflant, sur lequel Conran travailla clandestinement durant quatre années sur son ordinateur, cloîtré dans son garage. Ces magnifiques géants de fer droit sortis du Jour où la terre s’arrêta déambulaient alors déjà dans un New York des années 30 entièrement numérisé (celui du film laissant imaginer un spectacle de haute volée pour le futur King Kong de Peter Jackson) et baignaient dans un univers graphique comme seules les couvertures des premiers Pulp Fictions nous en avaient offert. Un objet forcément convaincant pour les producteurs, laissant alors carte blanche à ce jeune débutant improvisé non seulement réalisateur, mais aussi directeur de la photographie et chef décorateur. Choisissant donc de tourner l'intégralité de son film sur fond bleu, Conran offre surtout l'opportunité à ses comédiens stars de se lâcher dans un irrésistible duo à la hauteur de la confrontation entre Harrison Ford et Karen Allen dans Les aventuriers de l’arche perdue.
Si le film de Conran marche donc dans les traces de celui réalisé par Spielberg, ce n’est pas tant pour s’en inspirer ou lui rendre hommage, mais simplement parce qu’ils partagent tous deux la même passion. Georges Lucas ne l’a jamais caché : Indiana Jones et Star Wars sont avant tout l’incarnation sur grand écran des serials dessinés, radiophoniques et télévisés comme Flash Gordon, pour ne citer que lui, ayant bercé l’imagination du gamin qu’il était. Capitaine Sky, hommage encore plus flagrant, ne déroge donc pas aux règles et aux clichés naïfs volontairement appuyés du vaillant héros que rien n’effraie, du rayonnant poids mort qu’est la camarade de ce dernier, du méchant mégalomane, des scientifiques kidnappés, de la musique patriotique, des transitions latérales à même l’image - ou comment tourner les pages d’un illustré - et autres créatures fantastiques prétextes à de folles aventures à travers le globe.

L’autre point fort du film réside dans cet hallucinant univers graphique, encore plus abouti que celui du court métrage, retranscrivant l’univers futuriste fantasmé par les anciens et qui à l’instar des univers de Star Wars et du Seigneur des Anneaux n’a pas et n’aura plus jamais son pareil sur un écran de cinéma. Monstres d’acier ou photographie aux contrastes appuyés de série noire à la croisée des chemins de Dick Tracy et de la série animée Batman, cet hypnotisant terrain de jeux donne également libre court à de titanesques scènes d’action où les batailles de P40 slalomant entre les plus hauts buildings de New York enterrent définitivement celles de Pearl Harbor tout comme les séquences aquatiques tenant la dragée haute à celle d'un Atlantide de Walt Disney.

Inutile d’en rajouter. Avec son bluffant premier film, Kerry Conran redonne au cinéma d’aventures des lettres de noblesse qu’il avait abandonnées depuis bien trop longtemps en offrant à nos yeux d’enfants un spectacle que l'on n'osait même plus rêver. Et si la présence de comédiens de renoms, dont un intriguant cameo post-mortem de Lawrence Olivier, s’impose comme la cerise sur le gâteau.
J'ADORE HUCKABEES (CLASSE)
Albert Markovski vit une série de coïncidences troublantes dont le sens lui échappe. Avec l'aide de deux detectives "existentiels", Bernard et Viviane Jaffe, Albert analyse sa vie, ses relations amoureuses, et son conflit avec Brad Stand, un jeune cadre dynamique et ambitieux chez Huckabees. Lorsque Brad engage les mêmes détectives qu'Albert, ceux ci commencent à creuser dans son apparente vie parfaite et dans sa relation avec sa petite amie Dawn Campbell qui travaille aussi chez Huckabees. Si certes beaucoup du bien de J’♥ Huckabees réside dans sa force comique, il n’en demeure pas moins que ce grand bordel (en fait très maîtrisé) exploite une thématique foisonnante et complexe. Repéré avec ses épatants Rois du désert, David O'Russell a l’art et la manière de dire des choses intelligentes sur plein de sujets qui vont si bien et si mal ensemble (la futilité, l’individualisme, la physique quantique, les punching ball, l’écologie, la famille,...). En filigrane, le réal en dit long sur l’Amérique d’aujourd’hui et plus précisément l’hypocrisie sociale. Plus globalement, il autopsie les maux d’un monde qui ne tourne plus rond. Et au constat déprimant, O'Russell préfère définitivement le fou rire à la grise mine et se donne la suprême audace de zigouiller comme un fou les us et coutumes de la comédie romantique (voir la rencontre entre Naomi Watts et Mark Wahlberg) et surtout de la chronique dépressive. Tous les acteurs campent des personnages qui en ont marre de cette société d’apparence, refusent de faire semblant et cherchent un sens à leur vie trop confortable. Les visages cessent d’être crispés, les masques tombent et les réactions sont imprévisibles.


On ne rit pas immédiatement mais une fois qu’on est parti (et qu’on commence à comprendre qu’il n’y a rien à comprendre), on ne peut plus s’arrêter. Le sens du rythme, l’attention aux détails, le brio des dialogues et les multiples trouvailles burlesques facilitent la tache mais le film doit beaucoup aux acteurs qui révèlent un potentiel comique jusque là insoupçonné. Et, à ce type d’exercice a fortiori casse-gueule, on n’a jamais vu Mark Wahlberg, Jude Law et Naomi Watts aussi déchaînés et hilarants. Plus en retrait mais non moins présente, Isabelle Huppert bénéficie d’un rôle génialement énigmatique et l’actrice joue presque inconsciemment sur l’image qu’elle véhicule à travers ses films (comme si La pianiste se la jouait star, multipliait les silences, tirait la tronche et venait de s'échapper de l’asile). La mention spéciale revient au duo Dustin Hoffman et Lily Tomlin, tous deux irrésistibles, surprenants de loufoquerie et d’impertinence, affublés de postiches, de mimiques et d’un réjouissant sans gêne. Même lorsqu’ils sont au second plan, on ne voit qu’eux.

David O’Russell a compris qu’il n’y avait rien de plus drôle que des individus qui disent n’importe quoi et des situations surréalistes poussées à l’insolite. Ainsi, il découd sciemment sa belle histoire pour mieux faire danser le quotidien de la vie et souligner sa délicieuse et tragique absurdité. Quelque part entre le duo Gondry-Kaufman et Benny Hill (c'est dire si l'éventail est large), J’♥ Huckabees est un film génialissime qui sort des sentiers battus et ne ressemble qu’à lui-même. Son originalité, son dynamisme et sa pertinence pourraient bien l’estampiller culte. J'aime pas, j’♥ ce film.
LES FOUS DU ROI (CLASSE)
Dans le contexte politique actuel aux Etats-Unis, réaliser un film traitant des dérives du pouvoir, de quelque nature qu'elles soient, soulève forcément des interrogations sur l'objectif réel de l'entreprise. Faut-il y percevoir une critique générale et atemporelle du système, ou une flèche visant une cible contemporaine ? Quelle que soit l'interprétation que donnera chacun au film, cette adaptation du livre All the King's men de Robert Penn Warren vaut bien mieux que ce jugement réducteur. Doté d'une solide mise en scène et d'une galerie de personnages pittoresques, Les Fous du roi tente toujours d'aller au-delà des limites, dans le fond et la forme, au risque de s'y perdre parfois. Mais qui ne tente rien n'a rien.

L'histoire d'un homme qui se retrouve à faire de la politique presque par hasard, et accèdera à la haute fonction de gouverneur de la Louisiane. Un homme qui tombera dans les travers qu'il dénonce pour essayer de survivre dans ce monde impitoyable de la politique. Un homme qui incarnera le rêve et le cauchemar, l'idéal et la réalité.
La politique reproduit exactement la loi de la jungle : le plus fort survit toujours aux dépends du plus faible. Lorsque Willie Stark (Sean Penn) débute dans ce milieu, il se fait avoir comme un bleu qu'il est à l'époque, et comprend ainsi que s'il veut un jour devenir le roi de cette jungle, il va devoir s'endurcir et apprendre à devenir le prédateur et non plus la proie. Le film s'attèle à expliquer, ou tout du moins montrer, quelques règles de base du manuel du parfait petit politicien. En politique, tout est affaire de séduction. Ce ne sont pas les grandes théories existentielles qui nouent les intrigues de l'Etat et influent sur les décisions prises pour la collectivité. Ce sont les relations humaines, privées, les amis, amants ou parents qui régissent la chose publique.

Autre point essentiel, les bons et les mauvais n'existent pas. Chacun défend ses intérêts, ce qui est tout simplement humain, et tout le monde a au moins un squelette dans son placard. Attention à ne pas prendre Les Fous du roi pour un film se voulant expert en mécanismes de la structure politicienne, à l'image de la série A la Maison Blanche. Steven Zaillian ne cherche jamais à décrire l'appareil politique et ne se pose surtout pas en professeur de sciences Po. Le réalisateur exploite une œuvre littéraire qui s'attarde beaucoup plus sur la complexité de l'âme, ses délires, ses charmes et ses contradictions. Comment des esprits peuvent être manipulés à coups de manichéisme et de démagogie.
Le monde politique n'est rien d'autre qu'un miroir grossissant les recoins les plus sombres de l'âme. Les liens intimes, qu'il s'agisse d'amour, d'amitié ou de la famille, peuvent se voir brisés ou trahis au nom de la cause, d'un idéal, d'une ambition ou d'une déception. Le théâtre de la vie joue sa pièce macabre jusqu'à ce que mort s'ensuive. D'aucuns trouveront le tableau dépeint bien triste et pessimiste. Ceux-là auront raison pour l'accablement mais tort de fermer les yeux sur ce qui nous définit aussi en tant qu'être humain. Cette ambivalence, cette bile noire qui traverse chacun depuis la naissance, trouve son incarnation parfaite dans le personnage de Jack Burden (Jude Law). Journaliste, témoin privilégié de l'ascension de Stark et de certaines sales affaires, lui-même partie prenante dans pas mal d'intrigues douteuses, Jack résume l'ambiguïté du genre humain. Ni bon, ni mauvais, pas exempt de scrupules mais parvenant à les dépasser (ou les ignorer) quand sa conscience est dévorée par des démons intérieurs. Jack traîne son spleen et semble tantôt détaché des évènements, tantôt foudroyé par ceux-ci. Jude Law trouve le registre exact permettant de donner vie à ce personnage des plus complexes car terriblement humain. A ses côtés, la performance d'Anthony Hopkins se révèle également exceptionnelle de vérité, de tristesse, de mystère. Et que dire d'un Sean Penn, qui s'investit totalement dans son rôle d'orateur surdoué et qui en fait des tonnes, ce qui ne rend son personnage que plus crédible encore dans sa démagogie.

Certes, le film n'échappe pas à quelques imperfections. Ainsi, le début souffre de carences narratives dans le sens où tout s'enchaîne trop vite. Steven Zaillian aurait pu prendre le temps de mieux installer l'histoire, car les évènements déclencheurs arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Autre petite gêne, la dernière scène du film, joliment filmée au demeurant, tourne à l'exercice de style au lieu de laisser place à l'émotion déjà présente. Enfin, le réalisateur cède trop facilement au poncif de la petite musique montante lors de chaque discours important de Willie Stark. Là encore, une dramatisation pas nécessaire au vu de la puissance émotionnelle des mots employés par l'orateur, qui suffisent à eux seuls à faire monter la pression. Une tendance générale à trop en rajouter donc, mais mieux vaut pécher par excès que par manque de talent. Or, du talent, Steven Zaillian en a à revendre, chaque plan de son film le démontre. Cette façon de capter la lumière sur chaque acteur, comme autant d'images d'Epinal, ne trompe pas. Il y a une vraie recherche visuelle, qui à défaut de toujours faire mouche, a le mérite de poser les jalons d'une mise en scène qui ose, cherchant son propre style avant de penser à copier un tel ou un tel.

Le film, lui, possédait déjà son modèle avec le livre de Robert Penn Warren. Et la fin, inéluctable, ne peut laisser de marbre, litanie d'un éternel recommencement. Selon l'expression consacrée à l'époque de la monarchie française : "le Roi est mort, vive le Roi !"
THE HOLIDAY (UN PEU CLASSE)
Iris vit seule au cœur d’une pittoresque petite chaumière, perdue dans la campagne londonienne. Amanda vit au-delà de l’Atlantique, dans une luxueuse villa californienne. C’est bientôt Noël, Iris apprend que l’homme qu’elle aime éperdument depuis plusieurs années va bientôt en épouser une autre, Amanda découvre que son compagnon la trompe et le met donc brutalement à la porte. Elles sont seules, blessées, désespérées, ne se connaissent pas, mais leurs destins vont se croiser puisqu’elles vont s’échanger, le temps des fêtes, leurs charmantes résidences, histoire de changer chacune d’horizons et d’oublier. La première s’envole pour passer des vacances au soleil, la seconde s’enferme avec une pile de bouquins. Il ne suffit pas toujours, hélas, de s’envoler pour panser ses blessures, pour rompre avec son passé, même temporairement, heureusement chacune va miraculeusement tomber sur son âme sœur.

Que ce soit au travers de sa bande-annonce, de son affiche ou de son synopsis, The Holiday ne cherche nullement à piéger les spectateurs, c’est une comédie romantique assumée qui ravira les amateurs du genre.
Nancy Meyers ne prend en effet aucun détour et plonge littéralement dans les ressorts des comédies anglaises qui laissent les rêves les plus fous devenir réalité. The Holiday s’inscrit ainsi dans la lignée d’un Coup de foudre à Notting Hill, d’un Love Actually ou encore d’un Journal de Bridget Jones. Des contes de fées modernes où tout devient possible, qui nous changent de la grisaille routinière du quotidien, dont chacun ressort épanoui, émoustillé. Des comédies qui nous donnent envie de penser que, finalement, les Princes charmants ne sont peut-être pas encore complètement en rupture de stock.
Etrangement, c’est en tombant sur un site centré sur les échanges temporaires de résidences que Nancy Meyers s’est lancée dans l’écriture de ce nouveau scénario, déviant du coup sur la destinée de deux femmes qui voudraient prendre le large et pour qui ce troc sera un premier pas vers une nouvelle vie. La cinéaste à qui on doit dernièrement Tout peut arriver et surtout l’original Ce que veulent les femmes, n’hésite pas, son sujet posé, à exploiter toutes les ressources sentimentales pour avancer dans son récit. Rencontres inattendues, salvatrices, quiproquos déroutants, osmoses idylliques, ruptures annoncées, rebondissements romanesques, scandent le film et lui apportent une charmante musicalité, le charme de cette histoire reposant justement sur le fait que Nancy Meyers ose, ne se pose aucune question, se fait plaisir, se laisse porter par son intrigue.

Ses acteurs entrent dans sa logique avec une entraînante spontanéité. Si Jude Law a une réelle ampleur charismatique, si Jack Black surprend dans ce rôle tout en rondeur, si Cameron Diaz, adepte de ce type de comédies, tient parfaitement sa place, c’est une Kate Winslet lumineuse et rayonnante, s’affirmant ici avec finesse dans un nouveau registre, qui apporte au film sa véritable puissance. Enthousiasmante, elle joue tout autant sur le créneau de la séduction que sur celui de la jovialité, elle est spontanément touchante et drôle tout et tient vraiment le récit qui vaut le détour ne serait que pour sa seule présence.
On pourrait reprocher à Nancy Meyers de s’appesantir trop longuement sur une trame qui tourne un peu en rond, de se perdre dans des clichés qu’elle utilise jusqu’au bout, ce qui engendre certaines longueurs, il n’en reste pas moins que The Holiday demeure un joli film incroyablement romantique, qui nous enveloppe d’une vaporeuse légèreté, chaleureuse et agréable pour ces fêtes de fin d’année.

PAR EFFRACTION (PAS CLASSE)
La société que Will, architecte, vient de monter dans le quartier chaud de King's road à Londres, se fait cambrioler à plusieurs reprises. Son mariage connaît également une période difficile, puisque la fille de sa femme Liv, présente de graves troubles psychologiques qui conduisent le couple à se diviser. Alors qu'il surveille sa société, il surprend un jeune cambrioleur et le suit jusque chez lui. Sa mère Amira, est une réfugiée bosniaque dont Will va se rapprocher jusqu'à tomber amoureux d'elle. Minghella continue de nous ennuyer avec cette histoire totalement improbable et totalement grotesque. Au secours, tous aux abris.


































