box office

1

TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 115 888 (1 semaine)




2

VERY BAD TRIP
entrées : 402 973 (1 semaine)




3

JEUX DE POUVOIR
entrées : 303 056 (1 semaine)




4

TELLEMENT PROCHES
entrées : 496 176 (2 semaines)




5

LES BEAUX GOSSES
entrées : 614 803 (3 semaines)




6

LASCARS
entrées : 380 416 (2 semaines)




7

TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 436 661 (4 semaines)




8

HANNAH MONTANA, LE FILM
entrées : 225 132 (2 semaines)




9

NOTORIOUS B.I.G.
entrées : 74 028 (1 semaine)




10

LA NUIT AU MUSEE 2
entrées : 1 530 301 (6 semaines)

Marion cotillard

marion cotillard (30 Septembre 1975 - )

Qui aurait cru que la demoiselle frivole de Taxi finirait par nous bouleverser au plus profond ?

Dans La Môme d’Olivier Dahan, Marion Cotillard chante l’hymne à l’amour, écarquille les yeux, apprend à incarner des textes sublimes, ressuscite le fantôme de Piaf, bouscule son image. Et confirme qu’elle est l’une des meilleures comédiennes du cinéma français.



Emportée par la foule

Avant de connaître la gloire avec le rôle sexy de la petite amie de Samy Naceri dans Taxi, miss Marion Cotillard enchaînait déjà les rôles anecdotiques chez des réalisateurs qui ne l'étaient pas à l’instar de Arnaud Desplechin, Coline Serreau ou encore Philippe Harel. La première fois qu’on a soupçonné qu’il y avait une étincelle derrière ce joli minois qui a grandi dans le monde du théâtre (ses parents étaient comédiens), c’est lorsqu’on a vu sa participation dans Du bleu jusqu’en Amérique, premier long métrage de la prometteuse Sarah Levy (court-métragiste douée et hélas tombée dans l’oubli aujourd’hui) à qui on devait notamment le terrible film à sketches Parano, co-réalisé par Yann Piquer. Une œuvre qui, malgré ses belles intentions, sans doute trop personnelles, ne suscitait pas de réel enthousiasme. Mais, dans la folie ambiante d’un hôpital où Dupontel continuait à chercher des noises à Perron, Marion était là, et son goût pour le cinéma barré dénotait mine de rien une volonté de changer de registre et de prouver qu’elle "en avait". Film raté, donc, mais talent notable.



Non, rien de rien

De la même façon qu’elle en a en osant reprendre toutes les mimiques de la môme Piaf sans jamais tomber dans le ridicule et la caricature (on ne félicitera jamais assez Olivier Dahan de son excellent choix), il faut "en avoir" pour faire ce qu’elle fait dans Les jolies choses de Gilles Paquet-Brenner, adaptation du roman de Virginie Despentes. L’objet en soi est totalement contestable à la fois dans sa forme racoleuse et son fond, aussi superficiel qu'une bulle de champagne, mais il ne scintillait que par et pour Marion. Marion qui chante (pour de vrai) au Zénith et monte sur scène sans se dégonfler. Marion qui épouse l’absurdité du script, simule le casting d’un film porno avec sa copine Ophélie Winter et incarne plus que bien ses doubles personnages. Le film ne vaut que pour sa présence rayonnante. A partir de là, on s’est dit, pas de doute, voilà une miss qui a du talent. Ce n’est que le début.

Hymne à l’amour

La révélation paradoxale ? Une affaire privée, de Guillaume Nicloux, film exquis qui triture tous les codes du polar avec des dialogues impecs, une mise en scène parano et une intrigue tordue comme on les aime, dans lequel Marion incarne la mystérieuse Clarisse, amie de Rachel, la fameuse disparue. A l’époque, tous les journalistes s’étaient accordés pour dire que Nicloux avait révélé une facette inédite chez Thierry Lhermitte en détective privé plus vrai que nature. Exact mais le réalisateur du Concile du Pierre, habitué à révéler les palettes émotionnelles insoupçonnables, a également mis en valeur Marion à travers ce personnage complexe, séduisant, vénéneux, étrange. Marion qui est la femme fatale, la sensualité incarnée, qui instille trouble et mystère par ses simples sourires inquiets et qui confère même une force inédite à un épilogue très décrié et pourtant génialement insolite, déroutant, fascinant. Il n’y a pas de fin ? Non, il n’y a pas de fin. Et Marion se passe de mots pour expliquer clairement les choses à Thierry Lhermitte qui ne comprend rien. Ses paroles envoûtent, tout comme son regard. Marion est tellement parfaite dans cette Affaire privée qu’on se demande encore pourquoi personne n’en reparle !



La vie en rose

Après, on ne la quitte plus. On reste jusqu’au bout de Jeux d’enfant, avatar criard décliné à partir du moule Amélie Poulain, rien que pour elle, et on la retrouve par la suite dans le monde magique de Tim Burton et son très beau Big Fish. La grande surprise viendra de son personnage – bouleversant – dans Un long dimanche de fiançailles où elle fait des étincelles (récompensée justement par le César du meilleur second rôle féminin). En 2005, elle commence très fort avec rien de moins qu’un authentique chef-d’œuvre de contemplation fantastique : Innocence, de Lucile Hadzihalilovic, où elle incarne une prof de danse non exempte de mystère. Suite aux excellents retours de sa prestation dans Big Fish, la carrière internationale de Marion prend un envol fracassant. S’y côtoient le pire comme le meilleur : on la retrouve chez Ferrara en amante de Forest Whitaker (le génial Mary) comme chez Ridley Scott en provinciale naïve ancien amour de jeunesse (le calamiteux Une bonne année). Même lorsque le rôle déçoit, Marion réussit malgré tout à lui insuffler suffisamment d’émotion pour faire passer la pilule. La marque des grands.



Sa participation à Dikkenek, comédie belge déjantée et drôle taillée dans le marbre comique et loufdingue de Joel Seria et Jean-Pierre Mocky, assure que la demoiselle n’est pas ennemie avec l’humour. Et aujourd’hui, on la voit incarner tous les états d’Edith Piaf, à tous les âges, réussissant même à convaincre ceux qui n’auraient pas misé un kopek sur une biographie de plus de deux heures sur la chanteuse en noir. Une future grande ? Pas de doute puisqu’elle a déjà tout d’une grande. Dans sa génération, on n’a pas trouvé mieux. Elle impose son style à la fois singulier et familier et excelle dans le cinéma populaire comme dans le registre de l’étrangeté. Elle peut tout faire. Pas convaincu ? Allez voir La Môme.


Film par Acteurs