box office

1

TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 115 888 (1 semaine)




2

VERY BAD TRIP
entrées : 402 973 (1 semaine)




3

JEUX DE POUVOIR
entrées : 303 056 (1 semaine)




4

TELLEMENT PROCHES
entrées : 496 176 (2 semaines)




5

LES BEAUX GOSSES
entrées : 614 803 (3 semaines)




6

LASCARS
entrées : 380 416 (2 semaines)




7

TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 436 661 (4 semaines)




8

HANNAH MONTANA, LE FILM
entrées : 225 132 (2 semaines)




9

NOTORIOUS B.I.G.
entrées : 74 028 (1 semaine)




10

LA NUIT AU MUSEE 2
entrées : 1 530 301 (6 semaines)

Melanie laurent

melanie laurent (21 Février 1983 - )

Mélanie Laurent est une beauté de 23 ans qui vient illuminer de sa grâce le monde des Dikkenek, de Olivier Van Hoofstadt.

Souriante et résolue, elle n’aime pas les confessions à demi-mot et, lucide, revient sur ses choix et ses ambitions. Son pendant masculin pourrait être Gaspard Ulliel: on sent la même détermination sous sa douceur apparente et la même envie d'explorer tous les genres de cinéma (elle passe de Dikkenek, une comédie à Je vais bien, ne t’en fais pas, de Philippe Lioret, un drame). Dans les deux films, elle impressionne par son simple talent. Le cinéma français va devoir compter avec elle.

Qu’on le dise à tous ceux qui auraient la malchance de ne pas la connaître : le CV de Mélanie Laurent arbore mine de rien quelques jolies choses comme Embrassez qui vous voudrez, de Michel Blanc (le film qui l’a révélée) ou encore De battre mon cœur s’est arrêté, de Jacques Audiard, dans lequel elle fait une apparition brève mais marquante. Entre temps, elle a notamment joué dans un film faussement mineur: Le dernier jour, de Rodolphe Marconi, une chronique adolescente aussi dépressive que radicale sur fond d’ambiguïté sexuelle, d’incertitudes universelles et de doutes latents où elle recroisait Gaspard Ulliel et se déhanchait sur le Another Brick du groupe Fake. Aux antipodes d’une chronique adolescente frivole, l’émotion était présentement nue ; la tonalité, grave. Le style, dépouillé de tout artifice comme pour refléter l’environnement clinique et étouffant du personnage, fait de mensonges, de frustrations, de désirs et de secrets. Il y avait chez Marconi une rage, une maladresse, une colère qui ne pouvaient rester sans écho. Il y avait beaucoup de vécu qui transparaissait à l’écran. Il y avait Gaspard Ulliel bien sûr, stupéfiant, fascinant, indiscutable. Et il y avait Mélanie, encore plus mystérieuse que le mystère ambiant. Mais comment fait-elle pour impressionner les rétines? Réponse encore plus mystérieuse.


Mélanie Laurent et Gaspard Ulliel dans LE DERNIER JOUR


Mélanie Laurent dans Dikkenek

Contrairement à bon nombre d’actrices qui seraient prêtes à tout accepter pour qu’on parle d’elles (des noms?), Mélanie, elle, n’est visiblement pas une actrice carriériste ou même soucieuse d’être constamment à l’écran. C’est peut-être pour cette raison qu’elle nous plaît: «Je ne reçois pas des tonnes de scénarios mais je suis très exigeante. Je ne suis pas une boulimique. Je n’adorerais pas travailler toute l’année. J’éprouve le besoin de respirer parce que je fais plein de trucs à côté. Ça ne m’ennuie pas de ne pas tourner pendant des mois. Je sais qu’il y a beaucoup de comédiennes qui angoissent dès qu’elles n’ont pas un projet de prévu. Je veux faire avant tout des films dont je pourrais être fière après, même si on ne sait jamais ce que cela va donner.» Sa première réaction à la lecture du scénario de Dikkenek? «Qu’est-ce que c’est que ce film? De manière très positive. J’étais très contente de m’engager dans un film aussi barré. J’ai l’impression que c’est une comédie barge d’auteur. On ne comprend pas toutes les vannes mais à la lecture, il y avait des répliques entières hallucinantes. C’est tellement différent des comédies françaises où on sait où ça va. Là, on est dans un truc très cruel et acide mais avec de vrais pans de dialogues. Après, sur le tournage, il y avait une part d’improvisation de chacun qui était énorme mais on est parti avec une base où il y avait beaucoup de choses à développer.»

MELANIE DREAMS IN BLUE

Dans Dikkenek, Mélanie incarne une demoiselle frivole qui aime multiplier les conneries pour se sortir de son existence placide et accessoirement oublier que papa et maman ne sont plus là. «Ça va paraître très prétentieux mais je suis demandée pourquoi ce personnage sortait avec ce mec-là. Pourquoi elle est également allée suivre un mec pour des photos de charme ? Dans les scènes coupées, on explique que c’est une fille qui n’a jamais connu ses parents, qui a beaucoup d’argent et qui avait besoin d’aller voir ce que pouvait être dangereux. Elle est tellement blindée qu’elle n’a pas besoin de travailler.»


Mélanie Laurent dans Dikkenek

Qui dit Dikkenek, dit comédie belge truculente mais surtout grivoise avec de bons gags que Jean-Pierre Mocky ou même le regretté Schulmann n’auraient point reniés. Sa présence parmi ces drôles de monstres surprend mais elle a su imposer ses choix dans un scénario à la fois très écrit et très libre où tous les excès étaient favorisés. «Par rapport à Dikkenek, j’ai beaucoup freiné. Dans le scénario d’origine, il y avait des passages encore plus osés. C’est ce que dit Catherine Jacob dans le film: elle cherche sa petite culotte partout. Au bout d’un moment, j’ai vu comment se passait le film. Je me suis rendue compte que ces scènes paillardes n’étaient pas utiles du tout. Ça n’apportait pas grand-chose de montrer une nana qui se balade à poil tout le temps, à part bien évidemment pour les gens qui vont regarder. Habillée, elle est tout aussi libérée sexuellement et libérée tout court. Je me suis un peu battue contre ça. Je pense qu’aucune comédienne adore jouer nue et quand ce n’est pas justifié, c’est encore plus terrible parce qu’on a l’impression de se faire avoir.»


Mélanie Laurent et Gaspard Ulliel dans LE DERNIER JOUR

Sur le commentaire-audio du DVD de De battre mon cœur s’est arrêté, Audiard, amoureux des acteurs, a confié sans peine tout le bien qu’il pensait de la miss et déclaré qu’il voulait dès le départ absolument tourner avec elle. Cette anecdote surprend Mélanie: «Ah bon? Ça me fait plaisir» et de poursuivre: «Le premier jour des essais, j’étais super malade et en plus je n’arrivais pas à dire le texte parce que je le trouvais mal écrit. J’étais très emmerdée parce que je me suis dit que quand même c’était du Audiard. Par la suite, quand il m’a appelé, il m’a dit qu’il m’avait prise et avoué que cette scène était mal écrite.»

MELANIE A UN CARACTERE MAIS ELLE LE DEFEND BIEN

Au détour d’une question et après un long silence presque malaisant, Mélanie décide de châtier la langue de bois et de clamer haut et fort ce qu’elle désire et ce qu’elle ne veut plus revivre. «J’ai plus envie de bosser avec des cons et des barges qui ne te respectent pas. Dans le genre, j’ai déjà donné. Je pars du principe qu’on peut tout faire tant qu’on nous explique tout. Je ne supporte pas que le matin même, on me dise que telle scène sera comme ça. Pour la scène des photos, il était hors de question que je me dénude. Sur le moment, il faut se battre alors c’est jamais agréable parce qu’on passe toujours pour la nana prude et chieuse qui n'a pas lu le scénario. D'autant que je déteste le conflit. Je n’ai pas besoin qu’on me maltraite. Il n’y a qu’à voir avec Michel Blanc et Jacques Audiard: ce sont les réalisateurs qui m’ont le mieux parler et ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. On n’a pas besoin de faire du harcèlement moral pour avoir des larmes ou n’importe quelle connerie. Après, je respecte le choix des comédiens qui aiment ça.»


Mélanie Laurent dans Dikkenek

Imperturbable et gravement lucide, elle relance à la prochaine question: «Aujourd’hui, on me proposerait de faire un film avec un mec qui hurle sur les actrices, je sais que j'y réfléchirais à deux fois. Je ne suis pas assez dingue de ce métier pour accepter cet enfer. Même si un tournage dure approximativement deux mois, ce sont deux mois difficiles. Il faut s’en remettre par la suite et repartir sur de nouvelles bases. Et ça reste gravé sur la pellicule. Si en plus tu ne t’es pas éclatée à faire un film trash, t’as tout perdu parce que les gens s’en foutent de ce que tu deviens après. Ce n’est plus leur problème donc il faut faire attention (gros silence puis sourire) Voilà, comme ça, c’est dit.» On a beau lui citer des exemples de disputes légendaires sur des plateaux de tournage, rien à faire: Mélanie fait ce métier pour donner du plaisir et non tourner sous l’égide de tyrans despotes: «Je fais ce métier pour les rencontres et me marrer. Notre métier, c’est jouer la comédie. Il y a donc «jouer» et «comédie». Si on se fait chier, qu’on ne se marre pas, qu’on se fait maltraiter, ce n’est plus la même histoire. Les gens fantasment sur notre métier parce qu’ils ont l’impression qu’on fout rien. C’était d’ailleurs l’image que j’avais avant de le faire. C’était être payé pour me marrer et obtenir des choses insensées et des moments de grâce. Je me souviens qu’Audiard, après les scènes, quand il disait «coupez», il faisait des sauts en l’air pour exprimer sa joie. Quand un mec fait ça, tout lui donne tout. Il a obtenu de moi un état de froideur et de colère que je n’ai pas dans la vie. On peut avoir l’impression que je suis comme ça mais c’est carrément l’inverse. Je ne pensais pas qu’on irait jusque là. Il y a autre chose que j’ai compris également en jouant dans un film, c’est qu’il faut arrêter de se dire que n’importe qui aurait pu le faire à ta place. Le réalisateur a autant besoin de son actrice que son actrice du réalisateur. Il n’y a pas de hiérarchie. Quand tu incarnes un personnage, il appartient autant à toi qu’au réalisateur. Je dirais même que le talent consiste à laisser le comédien faire évoluer son personnage. Du genre j’ai écrit un personnage, j’ai fait le deuil, quelqu’un d’autre s’en empare.»


Mélanie Laurent sur le tournage de Dikkenek

Pas de doute: l’intelligence, la franchise et la maturité de ses propos la distinguent du tout-venant. Pour ceux qui ont déjà succombé à son regard à la fois irrésistiblement charmeur et farouchement déterminé, ils pourront la retrouver dans Ne t’en fais pas, je vais bien, le prochain film de Philippe Lioret (sortie le 6 septembre), cinéaste qui avait déjà enthousiasmé avec l’amusant Tenue correcte exigée et le beau Mademoiselle: «C’est très loin de Dikkenek, hein! En l’occurrence, il s’est passé trois semaines entre les deux tournages. Je suis passée pour le coup d’un univers à l’autre. Je trouve qu’à 23 ans, avec les petits films que j’ai faits, je ne suis pas encore dans des cases. Je ne suis pas qu’une lolita, une jeune ado…». Outre son petit rôle dans le touchant Indigènes, de Rachid Bouchareb, présenté au dernier festival de Cannes où il a remporté un prix d’interprétation masculine collectif, on devrait la voir dans Without Love, le prochain opus du duo Jean-Marc Barr et Pascal Arnold.

MELANIE ET SES YEUX REVOLVER

Finalement, peu importe le scénario, ce sont les rencontres, les univers de cinéaste qui l’intéressent: «J’ai un projet au mois de décembre. Là par exemple, quand j’ai lu le scénario, je n’en suis pas tombée amoureuse. J’ai demandé à réécrire tout le rôle. Le réalisateur m’a laissé cette liberté-là. Et c’est un mec qu’humainement je trouve très brillant. Il ne sait pas écrire pour les femmes, disons qu’il ne les comprend pas mais il les respecte profondément. Il a très envie qu’on fasse le film ensemble. Et j’ai un projet perso qu’il a accepté de suivre. Le film est très bien pour les mecs mais il va falloir que j’apporte pas mal de choses persos au personnage féminin. Ça m’intéresse plus de partir sur un projet où le scénario n’a pas l’air démentiel et travailler avec un mec qui a confiance en moi me passionne. Je pars du principe que lorsqu’on s’aime, on peut tout jouer. C’est quand on ne peut pas se blairer qu’il y a des tensions.


Mélanie Laurent sur le tournage de Dikkenek

C’est pareil pour les comédiens : face à un comédien que tu ne peux pas blairer, c’est difficile d’exprimer la colère dans ton rôle parce que t’es dans un système où tu confonds ce que tu vis et ce que tu es. Tu ne te concentres plus au bon endroit. Je l’ai déjà fait donc je peux te le dire: t’es plus dans ton rôle. Tu n’es plus dans la possibilité de décharger ta haine quand on dit action et du coup, ce n’est pas ton personnage qui le fait, c’est toi. Dans le Lioret, j’ai tourné avec Julien Boisselier et Kad. Kad faisait mon père. On n’a que des scènes dramatiques ensemble mais c’est le mec qui m’a le plus fait pleurer de rire au monde. J’étais en raccord maquillage tout le temps. Le fait de rire autant sur ce film a contribué à créer une solidarité ensemble où on a pu tout faire. Et pourtant, les scènes avec Kad sont vraiment dures. On avait un beau rapport et c’est ce qui nous a sauvé de la pression d’un tournage.» Pas de doute qu’on ira l’applaudir quand la critique saluera sa prestation. On se donne rendez-vous aux César ?




Film par Acteurs