Morgan freeman

morgan freeman (1 Juin 1937 - )

Morgan Freeman est né à Memphis en 1937, et comme beaucoup d’afro-américains à l’époque est issu d’un ghetto noir, assombri par la guerre des gangs. Son père part en prison pour recèle.

Encore jeune, Morgan Freeman débutera une courte carrière dans l’U.S Air Force, influencé par le parcours de son père qui combattit durant la seconde guerre mondiale.

C’est à 21 ans qu’il décide de se tourner vers les arts en choisissant la danse classique. Après un passage à Los Angeles, il débute dans une troupe de danseurs et musiciens de San Francisco et travaille avec le chorégraphe Matt Mattox. Par la suite il étudie l’Art dramatique ce qui lui permettra de décrocher ses premiers rôles à Broadway dans The Nigger Lovers et Coriolan. Sa carrière théâtrale explosera aux côtés de Pearl Bailey et Cab Calloway dans Hello, Dolly ! puis avec The Mighty Gents, pour lequel il sera cité au Tony et obtiendra le Drama Desk Award et le Clarence Derwent Award. C’est sa prédisposition pour la comédie que le public et les professionnels saluèrent ici, alors que l’homme est désormais connu pour évoluer dans un registre sérieux et dramatique.



Sa volonté de rejoindre le cinéma est marquée par une période plus délicate où il enchaînera les petits rôles, comme dans le Préteur sur gages de Sidney Lumet, et des apparitions dans Brubaker de Stuart Rosenberg, L’œil du Témoin de Peter Yates et L’affrontement de Paul Newman. Ses origines ethniques représentent à coup sûr un handicap durant la période, et il faudra attendre les années 80 et l’avènement réel des stars afro-américaines pour que sa carrière décolle. Comme pour beaucoup, les débuts sont aussi marqués par de nombreuses apparitions télévisuelles. De 1982 à 1984 il tient un rôle dans la série Another World. Parallèlement, il est au générique de quelques films même si pour l’instant la majeure partie de sa carrière n’est visible que sur le petit écran. On le verra ainsi dans Harry and Son de Paul Newman, Teachers de Arthur Hiller, Marie de Roger Donaldson.



Mais c'est avec son rôle dans La rue de Jerry Schatzberg en 1987, qui lui vaudra une nomination au Golden Globe et aux Oscars, qu’il fait décoller sa carrière cinématographique. S’ensuit Miss Daisy et son chauffeur, où son rôle de conducteur lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars ainsi qu’un Golden Globe et un Ours d'argent. La carrière de l’acteur décollera à cette période et montera crescendo durant les années 90. Comme il se plait à le dire lui-même, Morgan Freeman n’est devenu célèbre qu’à 50 ans et comme souvent à Hollywood sa popularité s’affirme avec des rôles dans de grosses productions. Glory d’Edward Zwick marque la genèse de cette ascension, mais c’est avec Robin des Bois qu’il se fait définitivement connaître du grand public. On lui confie souvent des rôles de sage, d’homme flegmatique bien loin de ses premières compositions théâtrales, plus axées sur la comédie. Hollywood fait appel à lui pour son talent de composition sensible dans le registre dramatique. En 1992, il tourne avec Clint Eastwood dans Impitoyable, puis en 1994 il tient la tête d’affiche avec Tim Robbins du film de Franck Darabont, Les évadés. Il y brille par son interprétation d’un prisonnier résigné à sa condition (encore une nomination à l’Oscar). En enchaînant les productions d’envergure, il devient un des visages incontournables du paysage hollywoodien. On le retrouve dans Virus aux côtés de Dustin Hoffman et Donald Sutherland, où de nouveau, il s’attelle à jouer l’érudit imperturbable sous les traits cette fois-ci d’un médecin militaire. Pour le grand public il est (et il reste) l’inspecteur William Somerset dans Se7en, un rôle qui lui colle encore à la peau. Somerset ne renouvelle pas l’image de lettré de l’acteur mais le scénario lui permet d’apporter une originale profondeur dramatique à sa composition, qui a fait du personnage l’archétype de l’inspecteur désabusé dans un thriller.

On le retrouve (encore) en docteur dans Poursuite et Le collectionneur. Morgan Freeman est connu pour ses capacités à supporter le poids des grosses productions sur ses uniques épaules. Acteur solide, il le démontre à nouveau dans Deep Impact où il interprète le président des Etats-Unis, le film est moyen (c’est peu dire) et lancinant mais l’acteur est convaincant, une nouvelle fois, dans un rôle charismatique. Par deux fois il croisera le chemin de Steven Spielberg, dans Amistad puis dans La guerre des Mondes où il prête sa voix au narrateur.



C’est dans le thriller qu’il fera le plus gros de sa carrière durant la fin de la dernière décennie, Suspicion, Le masque de l’Araignée, Crimes et Pouvoir, Dreamcatcher, La somme de toutes les peurs, Les associés du crime, autant de films aux qualités variables dans lesquels il ne semble que répéter ce qu’il aura fait antérieurement. Victime du formatage ou simple volonté de l’acteur de ne pas (pour un temps) prendre de risque ?



Mais parallèlement l’acteur rouvre le champ de la comédie, d’abord avec de petites productions comme Nurse Betty ou La grande Arnaque, pour finalement rejoindre Jim Carrey dans Bruce tout puissant. Son talent pour la composition dramatique subtile refait brillamment surface avec Une vie Inachevée où, touchant d’humanité, il interprète un vieil homme qui tente de surmonter sa souffrance physique, et surtout avec Million Dollar Baby qui lui permettra d’accéder à l’Oscar.

Un comédien calme, à l’image de ses personnages, et qui semble faire ce qu’il veut. Poursuivant paisiblement sa carrière, à cheval entre un registre commercial (Batman Begins, Danny the Dog) parsemé de films indépendants ou plus personnels de grande qualité, permettant d’établir inlassablement le même constat : Morgan Freeman est un des grands acteurs du Hollywood actuel.

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