box office

1

L'AGE DE GLACE 3 - LE TE
entrées : 2 403 734 (1 semaine)




2

TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 682 270 (2 semaines)




3

VERY BAD TRIP
entrées : 793 799 (2 semaines)




4

WHATEVER WORKS
entrées : 287 452 (1 semaine)




5

JEUX DE POUVOIR
entrées : 518 869 (2 semaines)




6

LE HERISSON
entrées : 204 716 (1 semaine)




7

TELLEMENT PROCHES
entrées : 653 754 (3 semaines)




8

LES BEAUX GOSSES
entrées : 750 012 (4 semaines)




9

LASCARS
entrées : 494 758 (3 semaines)




10

TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 526 612 (5 semaines)

Rob zombie

rob zombie (12 Janvier 1966 - )

Pas facile d’introduire un artiste tel que Rob Zombie, sorte de gamin dégénéré et polyvalent passionné de cinéma et de musique forte, geek métal par excellence et magouilleur de génie.

En effet, le monsieur semble tellement se complaire dans tout ce qu’il entreprend, que malgré parfois certaines faiblesses ressenties, son envie et sa passion débordante font que ce ne sont pas les défauts qui apparaissent mais les qualités qui sautent au visage ! Et ce dans quasiment tous les domaines dans lesquels il tente sa chance, plus par gaminerie insatiable que par réel désir de se faire reconnaître. Bien sûr, tenter d’occulter le fait que Rob Zombie est une star et se reconnaît comme telle serait malhonnête, tant lui-même se surprend à reconnaître qu’il « n’a pas une vie ordinaire et qu’il ne s’entoure pas de gens ordinaires », cependant une certaine modestie et envie de bien faire transpire de son travail aussi bien dans les épisodes flashy et glam’ de sa carrière musicale ou filmique que dans les périodes sombres, narratives ou commerciales. C’est pourtant avec ce désir permanant de faire quelque chose, de marquer son territoire dans un univers artistique tant vénéré et tellement serré, que Zombie va réussir à créer une nouvelle forme bâtarde d’Art, définitivement pop et profondément engagée. Car à l’instar d’un Tarantino assoiffé cinéphile et cinéaste tape-à-l’œil, le chanteur/réalisateur tente sa chance en mixant références et novations sans jamais savoir où il pose les pieds et ce qu’il fait vraiment et offre finalement une œuvre déroutante à l’image de sa carrière très rock’n’roll, allant dans tous les sens sans réellement savoir ni quand ni où s’arrêter dans le but ultime de se poser définitivement comme un conteur moderne dont le royaume serait l’univers général du cinéma de genre et de la série B. Et les premiers pas vers ce monde peuplé de Freaks et de tueurs sanguinaires, de monstres et d’humains déviants partirent de New York, il y a maintenant quelques années…

Bien que répondant au doux nom de Rob Zombie, cet artiste culte n’est hélas pas né avec et ce n’est que quelques années après son arrivée dans la Grosse Pomme que le monsieur prit ce pseudonyme, relativement plus classe que son Robert Cummings d’origine. Car avant de se lancer dans la musique bruyante et le cinéma craspec, le jeune Cummings quitta sa petite ville de Haverhill dans le Massachusetts où il était né, une vingtaine d’années plus tôt, le 12 janvier 1966. Tout juste les études secondaires terminées, il décide de quitter le foyer familial pour se lancer dans une carrière artistique qui sera dédiée, souhaite-t-il, à l’illustration et à la rédaction de nouvelles dans la lignée des E.C Comics et autres Contes de la Crypte, lectures qui ont bercé son enfance. Aussi en 1985, il débarque à New York avec deux idées en tête : percer en tant qu’illustrateur et intégrer le milieu convoité de l’art underground new-yorkais. Malheureusement, la première échoue assez rapidement puisqu’il est renvoyé de son école la Parsons School of Design, faute d’un manque de sérieux certain. Mais le jeune Robert ne désespère pas et trouve vite un emploi en tant que directeur artistique d’un magazine pornographique dans lequel il glisse quelques unes de ses illustrations et de ses photomontages. Et même si le prestige de l’école s’éclipse totalement faute à son renvoi et à son nouvel emploi, Cummings s’obstine, très vite soutenu par la jeune Shauna Reynolds dont il s’éprend follement et qui va l’aider à se lancer véritablement.

Rob Zombie

Rob Zombie

Car la demoiselle joue dans plusieurs groupes rock et propose bientôt à son compagnon de lui aussi participer à la formation d’un groupe. Le jeune homme passionné de rock en tous genres accepte à la condition de développer une imagerie autour du groupe de telle façon qu’il puisse toujours s’accomplir esthétiquement. Le groupe se nommera donc White Zombie en hommage au film d’épouvante avec Bela Lugosi. Fier d’avoir sous la main un medium officiel autour duquel il pourra travailler officiellement, il va se lancer dans un véritable travail autour de lui-même avec le soutien inconditionnel de la tout juste rebaptisée Shauna Yseult, bassiste de son groupe. Continuant ses piges et la mise en page de son magazine porno, il se lance dans la rédaction de ses premiers textes dont l’essentiel se posent comme des allusions aux mythiques séries B fantastiques qu’il dévorait lorsqu’il était plus jeune. Du reste, c’est pendant cette période, à la fois riche en épanouissement personnel et pauvre professionnellement que Zombie redécouvre les films qui ont bercé son enfance et son adolescence et qu’il adore plus que tout au monde : brassant l’érotisme du Russ Meyer et la crudité d’un Tobe Hooper, le fantastique romantique old school de la Universal, le gothique bisseux de la Hammer ou les zederies des productions Corman, sa dulcinée n’ayant vu que les classiques et possédant un retard cinéphilique considérable. Malgré des heures passées dans leur appartement miteux, bloqués dans le canapé à revisionner des heures et des heures de bis, et des répétitions avec le nouveau groupe, Zombie commence à voir dans quelle direction il peut se rendre. L’abandon de son poste dans les Nudes pour devenir assistant de production sur le Pee Wee’s Show sera décisif pour lui tant c’est la première fois qu’il côtoie réellement quelques artistes reconnus ayant percé. Apprenant chaque jour un peu plus, il prend petit à petit totalement confiance et se positionne rapidement comme le leader du groupe musical, porte ouverte à tous débordements artistiques et à toutes expérimentations.

Car ce qui prime chez Zombie, et ce même dans son cinéma actuel, c’est cette envie d’expérimenter, d’essayer, de s’amuser. Aussi entre 1985 et 1990, le groupe White Zombie sortira trois albums sur lesquels Zombie s’entraînera sur différents points: d’une part, malgré des influences métal et une musique entre le punk et le hardcore dans lesquelles il commence à intégrer des samples extraits des vieux films pour lesquels il se passionne. Mais il en profite aussi pour dessiner les pochettes et continuer ses photos montages et autres tentatives plastiques. Les concerts commencent dans des petits clubs new yorkais et le groupe commence à se faire connaître grâce à la mise en scène qu’impose son leader, ayant sans cesse recours à des accessoires et autres costumes. Les membres ne supportent pas toujours les envies et souhaits de Zombie qui n’hésite pas à virer ou à faire partir certains du groupe et durant cette période White Zombie connaîtra un changement permanent des membres. Zombie gère l’entreprise allant signer dans un label différent à chaque album (en 1985 « Gods on Voodoo Moon » chez un indépendant puis « Make them die Slowly » en 1989 chez Caroline Records). Toujours est-il que le groupe commence à connaître une sacrée notoriété dans le monde du rock indépendant de la côte Est et bientôt c’est la grosse boite Geffen Records qui leur propose un contrat et le groupe est obligé de déménager pour Los Angeles. Changement de lieu, changement de nom : Robert devient Rob et Cunnigham devient Zombie. L’album pour lequel ils ont signé sera un carton entraînant tournées immenses et dissolutions du groupe, reformations…
En 1995, Zombie continue son travail de leader esthétique et spirituel du groupe avec leur second album Astro-Creep : 200O songs of Love… Le succès est encore plus grand et Zombie obtient même quelques faveurs de Geffen : pouvoir réaliser ses propres clips. Il se lance donc dans son premier travail en tant que réalisateur pour le clip du tube More Human Than Human pour lequel il recevra le MTV Music Video Award. Cette nouvelle renommée va entraîner le groupe vers une nouvelle direction beaucoup plus proche des désires de son leader.

Rob Zombie

Rob Zombie

Mais malgré le fait que son clip connaisse un certain succès critique et que la célébrité pointe le bout de son nez, plaçant le groupe comme l’espoir à suivre, Zombie garde les pieds sur terre et continue son petit bonhomme de chemin, se servant des nouveaux contacts pour faire des rencontres et monter ses projets. D’ailleurs il continue tout au long de sa carrière la réalisation de ses clips, incluant des références au cinéma qu’il aime tant et des hommages complets comme ce clip fabuleux pour la chanson Never Gonna Stop Me, reprenant certaines séquences de son film culte Orange Mecanique. Mais pour lui les clips ne sont qu’un moyen de s’exercer, de faire des essais de mise en scène, de comprendre comment on gère une équipe et comment on construit une image sur pellicule. Et son rapport étroit à l’esthétique, travaillée depuis toujours au cours de ses travaux plastiques. Les tournées s’enchaînent les singles et les albums remixes aussi, sans compter les demandes de participations à des bandes originales de films. Décidément, Zombie touche du doigt son but de pouvoir lui aussi mettre en scène sous forme d’une histoire visuelle son univers mais il préfère attendre continuant à réaliser ses clips et ses expérimentations. Surtout que depuis quelques temps, il se voit soutenu par une jeune groupie qui a profité de la rupture du Rob d’avec sa bassiste pour apparaître dans sa vie. Elle se nomme Sheri Moon, est folle amoureuse et est prête à tout pour que son homme s’épanouisse. Elle le soutient donc lorsque celui-ci décide de voler de ses propres ailes et plaque le groupe en 1997, bien conscient que la réussite n’est pas due à leur musique uniquement mais à l’ensemble de l’univers qu’ils trimballent dans leurs chansons, spectacles et vidéos. Il sort donc son Hellbilly Deluxe qui sera un succès phénoménale et dans lequel Zombie avoue pleinement son amour du cinéma, de la déviance narrative et de sa nouvelle petite muse. Tout le monde veut travailler avec le chanteur qui se pose comme brillant partout où il tente quelque chose : l’animateur Howard Stern le réclame pour un duo, complètement chez lui à MTV, la chaîne lui demande de réaliser une séquence de Beavis et Butt-Head se font l’Amérique en insistant sur le fait qu’il doive garder son esprit et son graphisme. Sa carrière musicale continue en 2000 avec The Sinister Urge, un best of « Past, Present & Future » et d’un album beaucoup plus calme en 2006 « Educated Horses ». Car désormais ce n’est plus vraiment la musique qui tient une place importante dans la tête de Rob. Elle n’a toujours été là que comme complément, un substitut… Le chanteur veut être réalisateur depuis toujours, il veut raconter des histoires qui font peur, rendre hommage à ce qu’il aime et pour lui il est hors de question de faire un best of de ce qu’il a déjà vu, contrairement à un autre très connu et sur le même créneau… Aussi, une très grosse part de ses revenus est mise de côté pour un projet top secret qu’il compte bien amener à son terme.

Car en plus de réaliser le clip musical de The Crow 2 et de pondre un scénario pour The Crow 3 qui sera malheureusement refusé, Zombie écrit son propre scénario dans le but d’en réaliser un long métrage, en plus d tous ceux qu’il rédige pour divers comics. Cela se nomme House of 1000 Corpses et le projet se veut à la fois du revival d’un cinéma pop-corn typiquement 80’s, radicalement flashy et décérébré mais surtout dans lequel il pourra tenter de raconter une histoire, chose qu’il n’a jamais fait auparavant avec ses clips. Avec 15000 hommages à la seconde des créatures de la Universal visiblement affichée (La créature du Lac Noir de Jack Arnold) au clin d’œil discret au Fun house de Tobe Hooper avec la présence d’un bébé foetus siamois dans un bocal ou à la tenue de Jason dans Vendredi 13 chapitre II, Rob Zombie ramène pourtant toute une clique de personnes plus ou moins has been ayant fait les beaux jours de ce genre de cinéma. Et contrairement à d’autres opportunistes, ce n’est pas qui ils sont qui importe, mais ce qu’ils incarnent d’une époque qui prime : la bande de Zombie ressemble bientôt à une équipe de Freaks à l’image de ceux de ses films. Moseley, Haig, Foree, Towles, Karen Black… Ils sont tous là et s’apparentent bientôt plus au cirque du père Rob qu’aux différents protagonistes de parcours différents. Mais le script déjanté est rejeté par tous et ce n’est pas avec ce que Zombie peut mettre de sa poche qu e le film va pouvoir se faire. Aussi, c’est finalement Universal, la maison mère des monstres que le chanteur aime tant, qui va débourser près de 7 millions de $ pour qu’il puisse boucler son métrage. Le laissant totalement libre de son bébé, la maison de production retira pourtant son nom du projet considérant que le film est trop déviant par rapport à ce qu’ils souhaitaient. Zombie est même obligé de terminer son film dans les sous-sols de sa maison et c’est finalement MGM, par Lions Gate, qui achètera le produit fini. La MPAA, comme à l’accoutumée se mêlera de tout ça et demandera à Zombie de couper son film. Le réalisateur ne reculant devant rien, fera les coupes nécessaires minimales pour que son film soit tout de même distribué et le film deviendra quasiment instantanément culte rapportant plus de 12 millions de $ au box office américain et ce pendant la période des fêtes d’Halloween en 2002. Lions Gate propose donc aussitôt à Zombie de réaliser une suite…

Rob Zombie

Rob Zombie

Et cela tombe bien parce que le chanteur, enfin reconnu pour ses quelques talents nouveaux de réalisateur, a dans ses poches une petite idée qui traîne… En fait il ne s’agit pas vraiment d’une suite mais de l’utilisation des personnages principaux de la Maison aux 1000 Corps dans une intrigue certes postérieures à celle du film mais aussi dans un nouveau style. Finit donc le côté arty et pop du premier, des enfantillages et du grand n’importe quoi, usine à idées foireuses où rednecks et satanistes sont copains comme cochons… Hors de question de s’amuser et d’aller dans tous les sens, la grande roue et le train fantôme étaient réservés pour l’épisode 1. Maintenant, Zombie tente de se montrer comme un vrai conteur : il sait comment faire des scènes, il sait comment construire un univers cohérent, il veut travailler sa rigueur de narrateur et pour cela, il abandonne toute excentricité et aborde son sujet avec une froideur incroyable rappelant les grandes heures de Peckinpah dont il reprend un amour et une fascination pour les âmes troubles et pour la violence crue. Et pourquoi change-t-il de style ? Tout simplement parce que Rob Zombie est cinéphile et sait que des bonne suites il n’en existe que très peu. Radical, sans concession, nihiliste : Zombie montre enfin son autre visage, celui d’un passionné des rebelles, des marginaux, des bad guys dernières incarnations de la liberté… Et là où il emportera totalement son public avec lui et en faveur de la cause de ses trois anti-héros, des psychopathes violeurs ultra violents, il ne parviendra pas à convaincre les studios de le soutenir dans ses choix pour son film suivant.




RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT



Film par Réalisateur




Film par Acteurs