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romy schneider (23 Novembre 1938 - 29 Mai 1982)
Elle est avant tout totalement dévouée à son art, plongée dans ses personnages de manière absolue, tentant sans cesse d'explorer de nouvelles pistes, d'aller un peu plus loin. Elle jouait pour s'éloigner d'elle-même peut-être, comme une manière d'exorciser ses démons ou les maintenir à bonne distance, le temps d'un tournage. C'est toujours cette urgence qui bouleverse, cette tension... Cette manière aussi de raconter sa vie en choisissant des films, cette coïncidence troublante entre la vie et l'oeuvre. A l'occasion de la sorie DVD de La Piscine le 26 avril, dont vous pouvez retrouver notre test en bas de page, voici un portrait du mythe Schneider, entre fiction et réalité.

Entre Romy la femme et Romy la comédienne, dont on a le sentiment qu'il n'existait pas de séparation. Un peu à la manière de
Un rôle a marqué sa carrière et par la suite l'a empoisonnée comme une obsession dont elle voulait se dissocier à toutes forces. Il est effarant de voir des interviews d'époque où on entend un journaliste s'adresser à elle en l'appelant « Sissi ». Elle fut l'héroïne de cette saga de guimauve, de princesse qui rencontrait son prince charmant. Elle était alors très jeune (17 ans) et sous la coupe de la grande ambition maternelle (actrice elle-même), qui fit d'elle une icône de l'Allemagne d'après guerre. Mais comme la vraie Elizabeth d'Autriche, Romy se sentait étouffée et enfermée dans ce rôle écrasant, elle ne voulait pas devenir ce symbole rose bonbon. Malgré une offre mirobolante, elle ne tournerait pas le quatrième Sissi. Elle échappe à l'influence familiale et à la voie qui lui était toute tracée, on tenterait sans cesse de l'y ramener, elle s'en tiendrait éloignée avec une constance têtue, presque cassante quand on évoquait ce début amer qui était pour elle une impasse.

Elle s'exile donc en France, sa terre d'accueil de cinéma. Elle va y tourner Christine, encore un film d'époque prestigieux, pour lequel son statut de star lui permet de distinguer parmi ses partenaires potentiels, un jeune acteur encore inconnu,
Par la suite, Romy se familiarise avec l'histoire de son pays, notamment aux côtés d'

Elle s'éloigne pourtant des plateaux pour élever son fils et se consacrer à sa vie privée, s'éloigner de l'effervescence des médias dont elle se méfie beaucoup. C'est Delon qui l'invite à revenir sur les plateaux pour les belles retrouvailles de la Piscine de Jacques Deray. La rencontre est sensuelle, pleine de ce qu'ils ont vécu ensemble, mais il s'agit surtout d'un très beau huis clos sentimental et plein de tension, finement suggérée et allant en crescendo dans des relations amoureuses qui se troublent, des individus qui se déchirent. Il s'agit surtout d'un film existentiel, sur la fragilité de l'amour, le désir qui vient tout bouleverser. Delon et Schneider apparaissent tous deux radieux, au zénith de leur beauté. Cette période serait aussi celle d'une manière de rédemption. Elle aura enfin l'occasion de se racheter de Sissi en reprenant le personnage dans Ludwig de Visconti. Elle n'y est plus cette égérie mièvre pour fillettes en mal de contes de fée, elle incarne l'Elizabeth d'Autriche historique, la femme libre, indépendante et délaissée par son mari, éternelle voyageuse, fantasque et insaisissable, une héroïne romantique (au sens littéraire du terme). Son originalité la rapproche de Louis II de Bavière et de son exaltation. Mais elle est beaucoup plus mesurée que lui et accepte son amour platonique avec ironie et amusement. Elle tente d'user de l'influence qu'elle a sur lui pour le maintenir dans la limite du raisonnable. Romy rayonne dans le rôle de cette femme à la force de caractère impressionnante, légèrement cynique. Visconti lui permet d'exorciser ce vieux démon. On sent la jubilation qu'elle a à reprendre ce rôle et à lui donner enfin sa vraie nature, rendre justice à son modèle. Mais elle n'aime pas refaire ce qu'elle a déjà exploré, sauf en ce qui concerne ce rôle qu'elle transforme en véritable mise au point.

Le trio qu'elle forme avec
C'est auprès de Zulawski dans l'Important c'est d'aimer, que Romy va au bout de son jeu, au coeur de sa part d'ombre. Elle flirte avec les gouffres, lorsqu'elle dépeint l'échec d'une actrice ratée. Elle va très loin dans le rôle, n'hésite pas à s'enlaidir, à aller dans la fièvre, dans le malaise, ce qui rend son interprétation troublante, presque dérangeante tant elle est au coeur de l'autodestruction. Elle représente les tourments de cette femme avec intensité, en empathie totale, sur la corde raide. Elle a incarné des personnages très sombres: elle était déjà l'image du bonheur profané dans le Vieux fusil, apparaissait dans des flash backs radieux et enjoués, terrifiants de contraste avec la vengeance de Noiret. Elle pouvait être à la fois totalement lumineuse et totalement sombre, équilibrant son personnage entre ces extrêmes. Elle peut être aussi une femme mystérieuse qui suit l'errance de Yves Montand dans Clair de Femme de

Jusqu'à la fin de sa vie elle dresse des portraits de femmes bouleversants de vérité comme dans La passante du sans-souci. Brisée par la mort de son fils, elle incarne ce rôle dans cette coïncidence toujours troublante entre sa vie et sa carrière. Elle y est une mère et une femme qui se débat pour se sauver des troubles de la guerre. Elle revisite de nouveau le passé d'une victime du nazisme. Le début du film est étrange, un homme important assassine un ambassadeur, puis on plonge dans son passé, celui de ses parents assassinés. C'est le dernier rôle de Romy. Le film sort un mois avant sa mort. Difficile d'oublier son destin lorsqu'elle tient cet enfant dans ses bras, son regard douloureux, expressif qui suggère tous ses sentiments à elle qui viennent enrichir son personnage. Et il y a toujours son sourire qui rayonne avec une fragilité poignante, tant il est inattendu, éclatant au milieu de la tragédie.

Elle est une légende, intense. Une actrice à présent débarrassée de son aura de princesse de conte de fée, cette réputation encombrante qui la minait et a gagné la place qui lui revient, celle d'une comédienne de référence, qui a imposé une nouvelle forme d'exigence dans son jeu, comme
RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT
















