
RENCONTRE AVEC MOEBIUS & SUZUKI (EXPO MIYAZAKI - MOEBIUS)
Et la quatrième bonne nouvelle nous tombe sur le coin de l'oeil : c'est une expo soigneusement répartie, formidablement thématisée, rigoureusement présentée avec près de 300 dessins originaux de Moebius et de Miyazaki (également répartis), où les mondes de la bédé Française et de l'animation Japonaise se confondent pour le meilleur. Dans les dédales du musée, se trouvent des surprises que les fans d'Alejandro Jodorowsky, Tron, Little Nemo et Totoro devraient apprécier (on n'en dit pas plus). Sans compter que le 12 Janvier 2005 arrivera sur les écrans le dernier Miyazaki (Le château ambulant) qui, cinquième bonne nouvelle, est un film d'animation fluide, dense, intelligent, drôle, absurde. Que des bonnes nouvelles en somme ? Oui.

Le Château dans le Ciel - Cliquez sur l'image pour la haute déf
Moebius : J'ai découvert le travail de Miyazaki de manière un peu clandestine. J'étais aux Etats-Unis. A l'époque, j'habitais à Los Angeles et mon fils, Julien, qui avait une dizaine d'années, avait une bande de fans de manga dans sa classe qui se passaient des cassettes de films piratés sur la télévision Japonaise. Il y avait toute sorte de choses : des choses moyennement intéressantes, des choses curieuses, plutôt inconnues, et puis une cassette sans titre, sans rien. Sur cette cassette, il y avait Nausicaä, le premier long-métrage totalement assumé de Hayao Miyazaki. J'y ai été à l'aveugle, très impressionné et conquis définitivement par le génie de Miyazaki sur ce film-là. Je pensais que c'était un film unique d'un auteur inconnu qui ne rencontrerait aucun succès, qui resterait ésotérique et j'ai gardé cette cassette précieusement pendant des mois et des mois en la regardant plusieurs fois, jusqu'au jour où j'ai appris que l'auteur derrière les sigles mystérieux s'appelait Miyazaki, qu'il avait déjà fait des choses pour la télévision, qu'il préparait un deuxième film. Peu à peu, j'ai découvert qu'il s'agissait d'un véritable auteur qui s'inscrivait dans la durée. Je me suis préparé à suivre son travail et j'ai vu apparaître Laputa, Le château dans le ciel qui a été la confirmation de la qualité de Nausicaä. Et puis de toute la filmographie qui s'est déroulée au fil des années (Totoro etc.).
C'est un véritable éblouissement parce que chaque film repose sur les épaules du précédent, dans une qualité et une fidélité extraordinaire aux thèmes. Cela en fait le spectacle d'une arborescence précieuse. Je me suis très vite inscrit publiquement dans cette admiration. Ça s'est concrétisé par une première rencontre pendant un voyage au Japon avec Miyazaki à qui j'ai exprimé toute ma reconnaissance. J'ai eu l'agréable surprise de constater que de son côté monsieur Miyazaki connaissait mon travail et l'appréciait. Et que les correspondances que je voyais dans l'oeuvre entre mes préoccupations et son travail étaient conscientes. Ça a été un très grand plaisir. Ensuite, il y a eu avec ma famille un voyage au Japon il y a deux trois ans où j'ai fait la connaissance de monsieur Suzuki, de toute l'équipe du studio Ghibli. A la suite de cette rencontre, est née l'idée de créer une exposition sur Paris qui peu à peu s'est raccordée avec la sortie du film de Miyazaki.
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CINE : LE CHATEAU AMBULANT


























