
DOSSIER : JASON / VENDREDI 13

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Bien que la méthode soit aujourd'hui pratiquée d'une manière éhontée, il était assez couillu dans la fin des années 70 de vendre un film sur son simple titre et une date sans même savoir à l'avance de quoi l'on va parler. C'est pourtant ce que Sean Cunningham, ami et producteur de Wes Craven pour La dernière maison sur la gauche, s'est fixé comme objectif en voulant se remplir les poches sur un budget minuscule, et sur ce qu'il considérait comme un titre génial : Vendredi 13 ! Si l'idée s'avère assez originale pour être exploitée, le déroulement du film ne pourrait guère convaincre, puisque trop proche Halloween, s'il n'avait pas été nettement plus loin dans l'excès. Cunningham n'est pas ce qu'on pourrait appeler un as de la caméra , sa réalisation simple ne fait décidément pas le poids avec celle de Carpenter mais il possède dans sa manche une importante carte en la personne de Tom Savini, l'enfant terrible du maquillage. On décide alors de ne pas lésiner sur le gore, de suivre une supposée héroïne principale comme son ombre pendant un quart d'heure pour finalement l'égorger sauvagement en gros plan, et d'en rajouter toujours et encore plus pendant le reste du film jusqu'à l'ultime décapitation de la meurtrière. Une meurtrière oui, nous ne vendrons sans doute pas la mèche en dévoilant que ce n'est pas Jason qui décime le groupe de monos dans le premier film mais sa propre maman (en ce sens Scream a du gâcher la surprise à beaucoup de jeunes spectateurs) car, comme l'a souvent laisser sous entendre Freud, c'est vers la fibre maternelle qu'il faut chercher les explications de certains maux.

1958, Jason Voorhees est un petit garçon trisomique de 11 ans sujet aux moqueries de ses camarades qui finiront par jeter le malheureux dans le Crystal Lake, attraction principale d'un camp de vacances, où il se noiera sans que personne ne lui vienne en aide. Occupés à se faire des papouilles dans des cabanons, les jeunes gens responsables du petit Jason ne découvriront sa disparition que bien après. Madame Voorhees reviendra donc 20 ans plus tard pour charcuter d'autre monos qui, bien entendu dans leur état actuel ne pourront définitivement pas surveiller quiconque à l'exception d'une seule qui enverra la vieille dame dans les cordes une bonne fois pour toutes. Un film affreusement banal qui aurait probablement coulé dans les profondeurs du lac encore plus rapidement que l'enfant si l'intervention de ce dernier fut pas rajoutée dans le script au dernier moment, et pour cause: c'est à ces 10 secondes que Vendredi 13 doit son succès et sa renommée. 10 secondes avec lesquelles le bouche à oreille convainc un nombre incalculable de badauds de vivre l'un des plus beaux sursauts de leur vie comme on en avait pas vu depuis la scène de "l'escalier" dans Psychose. Au même titre qu'un simple tour de manège on encourage vivement le public à subir ce court instant de terreur qui fonctionne toujours aussi efficacement aujourd'hui avec ses ingrédients savamment dosés : l'enfant, le montage, la situation et une musique à la fois terrifiante et fataliste, tout y est!
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