
A CORPS PERDUS
Un film de Sergio Castellitto
Avec Sergio Castellitto, Penelope Cruz, Claudia Gerini
Durée : 2h05
Sortie : 05 Janvier 2005
En attendant les résultats de l'opération à haut risque que sa fille a dû subir à la suite d'un accident de scooter, un chirurgien voit une jeune femme apparaître dans le parc de l'établissement hospitalier. Cette vision le ramène quelques années auparavant, le jour où il a rencontré une dénommée Italia.

Penelope Cruz dans A CORPS PERDUS
Sergio Castellitto, acteur avant tout, mais qui s'essaye depuis peu à la réalisation, nous livre ici un film qui respire la liberté. Liberté de ton, liberté d'expression, le Romain ne s'embarrasse nullement de contraintes, autant d'un point de vue scénaristique que dans la mise en scène. Une démarche "naïve" suivant son instinct, à l'instar de son personnage idoine, Italia (Penelope Cruz). Quitte à parfois légèrement larguer le spectateur par une narration excessivement découpée, seul petit bémol à émettre. Car pour le reste, Castellitto expose sa trame avec maîtrise. Les dialogues entre Timoteo (Sergio Castellitto) et sa femme (la superbe Claudia Gerini) décrivent la monotonie du quotidien d'un couple qui n'a plus rien à se dire, mais pense retrouver le bonheur et peut-être l'amour avec la conception d'un enfant. A l'inverse, lorsque le chirurgien se trouve en présence d'Italia, plus de monotonie, ni même de dialogues, l'amour physique guide les deux êtres, sans pour autant tomber dans la luxure pure et simple. Non, ils s'aiment, d'un amour vrai, qui détruit, qui ressuscite. Les amants ne discutent pas plus que ça, mais pourtant communiquent, par des regards, par des ébats passionnés, souvent violents comme s'ils se battaient contre la fatalité... Timoteo s'adonne totalement à cette femme qu'il pensait avoir outragée sous le coup de la vodka et d'un soleil d'été, Italia se livre sans la moindre retenue à un bonheur qu'elle croyait jusqu'alors impossible.

Penelope Cruz et Sergio Castellitto dans A CORPS PERDUS
Le titre français A Corps Perdus, notablement différent du titre italien Non Ti Muovere, retranscrit toutefois avec justesse la relation fougueuse, passionnée, mais condamnée d'avance, que vivent les personnages Timoteo et Italia. Lui, un chirurgien respecté, marié à une femme sublime, mais qui s'enlise dans la routine conjugale et ne supporte plus ce semblant de bonheur, trop lisse, trop parfait en apparence. Elle, une écorchée vive, marquée par les griffures de la vie, qu'elle subit plus qu'elle ne traverse. Son nom, Italia, si fier, si grandiloquent, évoque chez elle les tourments d'une population rurale désoeuvrée beaucoup plus que la Dolce Vita.
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