
CINE : CREEP
CREEP
Un film de Christopher Smith
Avec Franka Potente, Vas Blackwood, Ken Campbell
Durée : 1h25
Sortie : 27 Avril 2005
Londres, par une froide et triste nuit d'hiver... A minuit, au sortir d'une soirée chic copieusement arrosée, Kate guette vainement un taxi avant de se résoudre à prendre le dernier métro. Sous l'effet de l'alcool, la jeune femme ne tarde pas à s'assoupir. A son réveil, la rame est déserte... Affolée, Kate se dirige vers la sortie, mais les grilles sont déjà fermées. Un train s'arrête alors, elle y monte, quelque peu inquiète d'en être la seule occupante. Au beau milieu du tunnel, le convoi s'arrête brutalement, toutes les lumières s'éteignent... Et le cauchemar commence...

Plus proche de Jeepers Creepers que de Saw, avec des réminiscences de Mimic, Creep, premier long-métrage de Christopher Smith, joue à fond la carte du premier degré, récuse toute forme d'humour faussement décontractant, conchie le cynisme de bas étage, fout gravement la pression, multiplie les excès gores comme les petites bifurcations tordues et use d'un argument simplissime pour envoyer des ondes positives aux films d'horreur des années 70-80. Première réussite : la mise en scène qui joue sur la sensation claustrophobe et épouse le point de vue d'une jeune femme (Franka Potente, la demoiselle de Cours, Lola cours) qui sous les effets de la fatigue, de l'excitation et de l'alcool, découvre l'envers d'un décor qu'elle pensait familier, banal, fréquenté... L'actrice, déjà tête d'affiche dans le très sympathique Anatomie, est au diapason, tout comme ses camarades inconnus au bataillon et remise au placard tout cabotinage inutile. La peur se lit sur son visage et se révèle ainsi doublement communicative.

Toute la première partie semble lancer des clins d'yeux bizarrement insistants à Irréversible de Gaspar Noé. C'est plus ou moins inconscient mais il y a des détails qui ne trompent pas : le personnage central sort d'une fête bobo, veut prendre un taxi puis emprunte un couloir étroit pour rejoindre la station la plus proche et échappe de justesse à une tentative de viol. Détail d'autant plus troublant quand on sait que le personnage est filmé de dos pendant tout ce temps. La comparaison s'arrête ici : tout ceci n'est en fait qu'un prétexte pour mettre le spectateur sous tension et le préparer à des aventures excitantes en l'emmenant dans les tréfonds d'une station de métro qui s'impose progressivement comme le reflet du propre inconscient de la femme pas tranquille.
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CINE : SAW































