
OTAGE (Hostage)
Un film de Florent Emilio Siri
Avec Bruce Willis, Jonathan Tucker, Serena Scott Thomas
Durée : 1h53
Sortie : 27 Avril 2005
Parce qu'il a été incapable d'empêcher le meurtre d'une jeune femme et de son enfant, Jeff Talley, ex-policier de Los Angeles spécialiste des négociations en cas d'enlèvement, a tout quitté pour devenir chef du bureau de police d'une ville reculée. Il ne pouvait pas prévoir que trois petits malfrats allaient prendre en otage la famille d'un expert comptable bien moins banal qu'il n'y paraît... Conscients des enjeux, les mystérieux commanditaires de ce comptable de plus en plus louches kidnappent la femme et la fille de Talley pour le contraindre à réendosser le rôle qu'il ne voulait surtout plus jamais jouer. Face au cauchemar qui recommence, il n'a pas le droit à l'erreur.

Ceux qui pensent que Florent-Emilio Siri n'est qu'un jeune cinéaste espiègle uniquement capable de nous délivrer du bourrin à la chaîne devraient sans doute jeter un oeil sur sa filmographie. Une minute de silence, son premier long-métrage hautement personnel, émouvant et intimiste dans lequel il racontait simplement son enfance et peignait avec acuité la vie de potes mineurs sur fond de crise. Son second, Nid de guêpes (remarqué par Bruce Willis qui l'a contacté par la suite) était une très bonne surprise : un film d'action made in France réjouissant au-delà des espérances doté d'une mise en scène trépidante et d'une histoire qui lorgnait vers tous les genres, du western (l'attaque du fort rappelait Assaut de Big John, qui s'inspirait déjà de Rio Bravo et de La Nuit des Morts-vivants) au fantastique discret (avec de jolies guêpes masquées dont on ne voyait jamais le visage, mais seulement des ombres sur les murs de l'entrepôt). Le genre de lourde gageure qu'on aime ou non mais qui imposait au minimum le respect.

Dans le nouveau Otage, badigeonné d'influences et de réminiscences cinéphiles, on retrouve pléthore d'ingrédients qui avaient déjà fait leurs preuves dans Nid de Guêpes. Même plans subjectifs à travers les masques, même délicate petite musique ici signée Alexandre Desplat, même volonté de tirer le récit vers des tonalités fantastiques (voir le final dans les conduits d'aération, plus impressionnant que potentiellement grand-guignolesque) et enfin même univers violent avec des balles qui sifflent et des méchants vraiment méchants (ici, une bande de trois ados tête à claques immatures, malintentionnés et excités qui réagissent différemment en fonction des situations).
[p1] [p2]
![]() | ||
| ||













































