LE COIN DU CINEPHILE : MOI, ZOMBIE, CHRONIQUE DE LA DOULEUR
La règle selon laquelle sous chaque grand film fantastique se cache un drame humain poignant trouve son illustration la plus adéquate à travers ce film méconnu, discuté et intéressant qui se réapproprie les codes du film de zombies - ou plus précisément les châtie - pour délivrer un édifice original et troublant. Un étudiant en biologie tout ce qu'il y a de plus normal tombe un jour dans un squat où errent deux zombies en état de décomposition et se fait mordre. C'est la fin de son monde, et le début de la fin. Il prend une piaule à l'autre bout de la ville, ne donne plus de nouvelles à sa copine et, au fil de sa zombification, enregistre ses modifications sur un dictaphone. Histoire de laisser une trace de sa métamorphose. Ne point chercher ici le spectaculaire : Moi, Zombie... est un opus intimiste, existentiel et sensible qui choisit de ne pas rire des troubles de son protagoniste, en assumant jusqu'au bout ses choix et ses audaces. Ce qui le rend infiniment courageux.
Andrew Parkinson regarde dans le blanc des yeux un zombie et ses états d'âme. Cette descente aux enfers névrotique - à laquelle on peut ne pas souscrire - rappelle que la spontanéité est la meilleure alliée de la crédibilité. Ainsi, le montage et la mise en scène, presque rudimentaires, ne s'embarrassent point d'effets tarabiscotés. Et, ainsi, contrairement aux grosses productions gonflées d'afféteries, le cinéaste délivre une inquiétante étrangeté dont la simplicité est une denrée aussi rare que précieuse. Simplicité d'un script comme des effets spéciaux qui se contentent du strict minimum. Par exemple, les quelques scènes d'attaque zombiesque se comptent sur les doigts d'une main et étonnent de fait par leur potentiel horrifique, comme dans ce passage où le héros, paumé dans les dédales méandreux d'un rêve glauque, se voit assailli des deux parts du corridor par des zombies inquiétants et furibards.
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