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CINE : A HISTORY OF VIOLENCE

CINE : A HISTORY OF VIOLENCE

Présenté en compétition au dernier festival de Cannes - et reparti bizarrement bredouille -, History of Violence, adaptation d'un roman graphique de John Wagner, est un joyau noir comme l'enfer qui simule les conventions du thriller pour zigouiller la machine de l'intérieur et signer un édifice suprêmement personnel. L'un des films les plus éblouissants que vous verrez cette année au cinéma.

CINE : A HISTORY OF VIOLENCE
Un film de David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris
Durée : 1h36
Sortie: 09 Novembre 2005

Tom Stall, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient un personnage médiatique, dont l'existence est dorénavant connue du grand public...


Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce nouveau film de David Cronenberg est très substantiel et simplement majeur dans une filmographie riche. Un événement en soi. Alors que ses derniers Spider et ExistenZ préféraient la sobriété au spectaculaire (abandon progressif des joyeusetés sanglantes façon Chromosome 3, pas de modifications organiques...), History of Violence devrait très certainement réjouir ceux qui préfèrent le réalisateur de La mouche à celui de Crash (et les autres, bien entendu). Ce n'est pas une surprise : on sait depuis Le Festin Nu(91) que David Cronenberg a abandonné le gore explicite pour une forme de fantastique plus subtile afin de traduire la détresse psy de ses personnages. Alors qu'il l'annonçait partout comme son film le plus classique, A History of Violence est en réalité à l'intersection de deux registres (gore et subtil). Sans trop dévoiler les mystères qui s'y cachent (moins on en sait, mieux c'est), disons qu'on peut le voir comme une sorte de faux film policier divinement mis en scène dont la thématique foisonnante amplifie une réflexion sur la violence dans tous ses états (physique, morale...).


Première scène : un plan-séquence hallucinant qui épouse la structure du film. En apparence, tout semble calme, lisse, tranquille ; en profondeur, tout est sombre, tortueux, secret. Pour peu qu'on sache de quoi il en retourne, le film s'intéresse à un personnage fondu dans le conformisme qui va voir sa vie bouleversée par des menaces souterraines. Soudainement propulsé star alors qu'il tentait de sauver sa peau (il a survécu à un braquage sanglant dans un restaurant, au cours duquel il a abattu les deux malfrats et sauvé ses collègues), Tom Stall (Viggo Mortensen) passe pour un héros dans son village. Il est soumis à une pression médiatique (les journalistes le harcèlent) mais également à la question par l'étrange Carl Fogarty (Ed Harris, flippant) qui le prend pour un ancien acolyte. Tom nie en bloc et pense que Fogarty se sert de sa popularité pour le faire chanter. Seulement, l'homme en question se fait très insistant et va bousiller la vie alors trop plate de Tom. Comment tout ce grand charivari va s'achever ? Bien malin qui devinera l'issue de ce trip. N'en rajoutons point, si ce n'est que ce voyage paranoïaque et schizophrène instille au gré de ses bobines une atmosphère oppressante où le suspens le plus haletant le dispute à la folie la plus sourde. A priori, de ce pitch Hitchcockien (il s'agit de l'adaptation d'un roman graphique de John Wagner que Cronenberg magnifie par la simple grâce de son génie), rien ne laissait présager un film potentiellement traumatisant. Et pourtant...

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