
JOYEUX NOEL
Un film de Christian Carion
Avec Diane Kruger, Guillaume Canet, Benno Furmann, Danny Boon
Sortie Cinéma : 09 Novembre 2005
Décembre 1914, la guerre fait rage dans les tranchées. Alliés et Allemands se livrent des batailles sans merci sur tout le front. Mais le soir de Noël, un événement incroyable se produit. Plusieurs cas de fraternisation sont recensés, entre Allemands, Français et Britanniques. Une histoire inspirée de faits réels.

Les films sur la guerre, de coutume, remplissent un cahier des charges plutôt strict. Les scènes de combat, la peur de l'ennemi, les actes de bravoure, etc. Dans Joyeux Noël, si tous ces éléments belliqueux ne représentent qu'une infime partie du film, c'est pourtant bien de bravoure, de courage, dont il est question. Le courage de tendre la main, et de dire non, au moins pour une nuit, à la folie meurtrière des hommes. Le plus troublant, dans cette histoire, étant qu'il s'agit de faits avérés. La réalité dépasse parfois la fiction.

Le plus dur pour Christian Carion devenait donc de rendre compte de cette situation extrêmement touchante, mais au fond si humaine, sans tomber dans la surenchère. Pour cela, le réalisateur emprunte les chemins de la méfiance et l'absence de manichéisme. Plutôt que de présenter des gradés naïfs et complètement envoûtés par la « magie » du réveillon, le film préfère miser sur une prudence toute militaire, presque excessive. Chaque personnage intègre ainsi à tout petit pas le processus le menant vers le camp adverse. Le rassemblement se fera, c'est écrit, mais à petit feu, et non pas par miracle. Le réalisateur s'oblige donc à distiller un maximum de détails, de petits riens, qui au final amènent les ennemis d'hier à devenir les amis d'aujourd'hui. Noël n'est qu'un prétexte à un véritable rapprochement entre les protagonistes, rapprochement d'autant plus crédible qu'il se fait progressivement. Les Allemands, pour une fois, ne ressemblent pas à des monstres sanguinaires et en cela, Joyeux Noël conserve non seulement une objectivité de bon aloi, mais respecte également la vérité historique. En effet, selon les témoignages écrits rassemblés sur cette période, ce sont bien les Allemands qui firent le premier pas.
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