
INTERVIEW : VALERIE LEMERCIER (PALAIS ROYAL !)
Retrouvez notre critique du film ici.
Vous, n'auriez pas mangé du saumon avarié aujourd'hui !
Non, non, jamais ! Ni d'andouillette, ni de boursin, jamais (Rires)!
Plus sérieusement, qu'est-ce qui vous a amenée vers ce sujet ?
A l'origine, je désirais plus me centrer sur l'histoire d'une femme ancrée dans le milieu politique, la femme du Maire de Lille plus exactement. Dresser le portrait d'une femme qui finit par éclipser son mari. Mais je trouvais que c'était un milieu plutôt triste, peu amusant à filmer. J'ai patiné pendant un certain temps, je me suis posée beaucoup de questions, je voulais aller vers un univers plus drôle à dynamiter et c'est à force de tomber sur des photos dans différents magazines, style Point de vue, images du monde, que j'ai eu l'idée de me centrer sur un Royaume.

C'est devenu un rituel pour vous de feuilleter ce style de magazines ?
C'est vrai que je me suis mise à découper pas mal de photos. Il y a parfois des situations tellement drôles que je n'avais aucunement besoin d'en rajouter pour les rendre décalées, il suffisait presque de les calquer. La scène du don du sang, par exemple, j'ai vu la Reine de Jordanie s'y plier, la Princesse de Hollande manger du pain d'épice que j'ai transformé en spéculos ! Je suis d'une certaine façon restée très proche de la vérité et, au-delà de ce que l'on perçoit au travers des médias, j'avais envie, par curiosité, d'essayer de savoir, en m'y arrêtant avec humour, ce que ces gens se disent en privé, ce qu'ils pensent lorsqu'ils saluent la foule du balcon, lorsqu'ils se promènent en carrosse, saisir ce qui se passe derrière le faste de la vie officielle.
La trame de votre histoire repose essentiellement sur le parcours de Lady Die, c'est une figure qui vous a marquée ?
Ce qui m'intéresse tout particulièrement chez elle c'est la façon dont elle a habilement manipulé les médias, l'opinion publique. Elle voulait être Princesse, elle souhaitait épouser le Prince Charles et s'est servie de sa position, contrairement à Armelle qui ne désire aucunement avoir des responsabilités royales et représenter son pays. Elle préfère être en retrait et se sent très bien dans son propre monde. Je n'ai pas cherché à construire un Royaume d'opérette, je voulais d'ailleurs que les spectateurs puissent s'identifier à ces deux couples, certes un peu bourgeois, que l'on découvre lors de la première séquence et qu'Armelle soit ensuite brusquement catapulté dans un univers qui n'est pas le sien.

Vous insistez plus particulièrement sur son hypocrisie, sa fausseté, est-ce que c'est ce que vous reprochiez à Lady Die, est-ce des failles qui vous insupporte ?
Il me semble que Lady Die devait certainement l'être et ce sont effectivement des travers que je n'apprécie guère, mais, dans le cas présent, il fallait surtout trouver des situations pour alimenter sa personnalité. On fait, en général, peu de cas de la gentillesse, elle ne se voit pas et, au début du film, personne ne fait attention à Armelle. Je trouvais assez intéressant de montrer que, finalement, plus elle est perverse, fausse, plus tout le monde la remarque, la trouve sympathique, gentille. Je voulais vraiment qu'elle aille un peu trop loin et surtout qu'on ne s'attache pas au personnage, qu'on ne ressente aucune peine lorsqu'elle meurt accidentellement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je commence le film par son enterrement. Le seul personnage entier du film, qui mérite le détour, c'est le frère déchu, Alban, celui qui est sacrifié.


































