
Cédric Muffat 9

KING KONG
Un film de Peter Jackson
Avec Naomi Watts, Jack Black, Adrian Brody, Andy Serkis, Thomas Kretschmann
Durée : 3h08
Sortie le 14 décembre 2005
Lorsqu'il croise la route d'Ann Darrow, acrobate de music hall, l'intrépide réalisateur Carl Denham trouve la solution à son problème : remplacer une actrice au pied levé dans l'heure qui suit et s'enfuir sur un navire avec cette dernière pour tourner sa romance sur une île mystérieuse qu'il espère trouver.. Une bonne occasion de fuir le plus vite possible des créanciers hargneux et surtout ses producteurs à qui il vient de voler les négatifs de son dernier film en cours de réalisation. A peine accosté sur la petite terre indiquée sur aucune carte, le cinéaste et son équipe découvrent très vite que l'accueil n'a rien de chaleureux.
Il semblerait que le vrai bonheur se résume en deux points essentiels : connaître, saisir sa vocation, et réaliser ses rêves. Peter Jackson traîne le sien depuis sa plus tendre enfance puisque le bambin prit le King Kong de 1933 comme un exercice de style bien particulier et un exemple à part entière. Les nombreux documentaires s'attachant à sa carrière dévoilent effectivement un fanatique du film de Merian C. Cooper, comme il aurait été presque inimaginable d'en trouver aujourd'hui, et un talentueux amateur d'animation image par image alors qu'il n'était âgé que de 12 ans. Evolution éclair pour le jeune homme n'ayant été qu'à l'école de la passion, ne suivant ses pères qu'à travers un simple regard de spectateur et comprenant rapidement les règles immuables du cinéma de divertissement sans cesse réinventées le long d'une carrière unanimement saluée. Autant de films plus géniaux les uns que les autres surfant dans un univers fantastique où les gens ordinaires croisent la route des créatures les plus impressionnantes. Et il est très facile ici d'y reconnaître les inspirations de son film préféré.

Mais King Kong tel que nous le découvrons aujourd'hui est un projet de longue date germant depuis bien longtemps dans l'esprit du petit Peter seul dans sa chambre. Entreprise que le réalisateur s'est efforcé de mettre sur pied bien des fois, dans le désintéressement le plus total pour un homme imposant discrètement mais sûrement un regard qui est le sien sans se soucier du dictat hollywoodien et de ses requins de producteurs. La recette paye artistiquement mais ce néo-zélandais, décidément bien trop éloigné, tant géographiquement que psychologiquement, n'intéressera vraiment qu'à partir de Créatures célestes, oeuvre phare de sa carrière. King Kong, tout le monde s'en fiche pour l'instant, et l'échec en salles du pourtant génial Fantômes contre fantômes n'encourage pas nécessairement Universal à remettre le pied à l'étrier avec cet étonnant petit personnage. Par ailleurs débarquent en face consécutivement Mon ami Joe et Godzilla, calmant sauvagement les ardeurs de producteurs qui - oh surprise - ne souhaitaient pas copier leurs voisins à l'époque. C'est un peu dur à entendre, mais l'un des responsables des dix ans de retard de King Kong est donc Roland Emmerich.
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7] [p8] [p9] [p10] [p11] [p12] [p13] [p14] [p15] [p16]
![]() | ||
AVIS A CHAUD : KING KONGProjection matinale de l’immense King Kong de Peter Jackson, l'un des blo... | ||









AVIS A CHAUD : KING KONG

































