
CINE : GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK
GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK
Un film de George Clooney
Avec David Strathairn, George Clooney, Patricia Clarkson, Jeff Daniels, Robert Downey Jr.
Durée: 1h33
Sortie le 04 Janvier 2006
Devant les dérives et l'intensification de la chasse aux sorcières orchestrée par Mccarthy, le célèbre journaliste Edward R. Murrow et son équipe se lancent dans une contre attaque médiatique visant à déstabiliser le sénateur. La direction de CBS, muée par une logique plus financière que déontologique, tente de freiner l'ardeur de Murrow, et rapidement les journalistes se retrouvent face à un dilemme d'envergure : combattre sur le front politique ou céder pour sauver leurs carrières.

Critiquer sans avoir l'air de le faire. Un enjeu complexe sur lequel de nombreux cinéastes se heurtent, mais que George Clooney réussit ici avec une aisance déconcertante. Page d'histoire mise sous scellés, le Maccarthysme ou la croisade anti-bolchevique du sénateur du Wisconsin menée sur le sol même des Etats-Unis avait fait grand bruit dans les années 50. Délations, mensonges, procès d'intention avaient été les sombres illustrations de la psychose dans laquelle l'intelligentsia politique américaine était plongée à la seule prononciation du mot communiste. Le parti pris de certains intellectuels et journalistes avait finalement scindé l'opinion et les médias en deux camps opposés qui mutuellement se rejetaient la faute d'un futur déclin démocratique. Une situation qui sous bien des aspects ressemble à l'Amérique post 11 Septembre. Le parallélisme est même évident, notamment pour une opinion américaine légitimement concernée, et son utilisation à des fins subversives par George Clooney l'est encore plus.

Ne nous y trompons pas, Good night, and Good luck est un film engagé. A sa manière, loin des codes du genre qui préconisent une attaque frontale massive. C'est plutôt avec subtilité et sobriété qu'il s'attaque à la passivité des médias américains, à la démission du quatrième pouvoir face aux politiques dénoncée à demi-mot par les penseurs d'Hollywood mais trop rarement affrontée. George Clooney franchit le pas, bien loin des attitudes passionnelles et explosives d'un JFK d'Oliver Stone, et réussit à donner un sens à son film. Le réalisateur transcende son sujet, qui va du coup bien au delà de l'acte purement biographique sur Edward R. Murrow.
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