CRITIQUE : L'ENFER DES LOUPS
L'Enfer des loups
Il faut retourner aux sources pour comprendre l'essence d'un phénomène. Issu de la fantastic Factory comme un certain Jaume Balaguero (Darkness), Paco Plaza s'est fait connaître dans l'Hexagone avec un premier film un tantinet passé inaperçu : Les enfants d'Abraham. Ce n'est plus une surprise: le cinéma fantastique a désormais puisé son sang neuf en Espagne. Depuis le succès d'Alejandro Amenabar (Ouvre les yeux), on a effectivement pu assister à l'émergence de jeunes cinéastes qui, comme le disait justement le professeur de cinéma dans Tesis, «vont assurer l'avenir de leur pays». Pour se convaincre d'une telle réussite, il suffit de jeter un oeil dans le rétroviseur et de constater que les manifestations fantastiques les plus brillantes de ces dernières années sont ibériques, qu'elles soient imprévisibles (formidable Intacto) ou tragiques (flippant Darkness). Face à ces deux excellents films, il était assez difficile d'imposer un style différent et à fortiori plus créatif. Avec ses Enfants d'Abraham, Paco Plaza est parvenu à proposer une alternative en distillant le trouble en profondeur.
Côté pile : Les enfants d'Abraham
Le synopsis ? A la suite du suicide inexpliqué de son père, Daniella, sa fille, décide de reconstituer les derniers jours de la vie de son père. Elle tente d'en savoir plus, mais à force de, elle va découvrir que son père n'était pas l'homme parfait qu'elle imaginait et que dans le microcosme dans lequel elle vit, il se pourrait qu'un précepte religieux ancien et sauvage ait pourri le cerveau des gens... Les vingt premières minutes de ces Enfants d'Abraham pouvaient faire très peur: entre l'interprétation désincarnée, les dialogues trop écrits et surtout les effets douteux de mise en scène, l'ensemble ressemblerait presque à une invitation à la léthargie s'il ne bénéficiait d'un atout solide (le scénario) qui par son ambiguïté nous donne envie d'en savoir plus. Ces Enfants d'Abraham étaient en fait l'adaptation d'un roman robuste et gargantuesque (Pact of the Fathers de Ramsey Campbell) qui fourmillait de détails plus ou moins accessoires. Pour que la transposition soit plus aisée, Paco Plaza a préféré épurer des passages pour se focaliser sur le personnage de Daniella. Pendant toute la première partie, le film déconcertait dans sa volonté de neutralité et de non-action même si certaines séquences, notamment obstétriques, mettaient particulièrement mal à l'aise.






















