
LE TOP SEQUENCE : INDIANA JONES
Tout sur INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL - La Critique - Photos - Le 2006-01-09 06:42:50La modeste analyse que je vous propose aujourd'hui porte sur une courte scène d'Indiana Jones et le temple maudit, segment central de la trilogie (pour l'instant) de l'archéologue au fouet.
Les bienheureux qui possèdent le coffret DVD pourront retrouver le passage en question au chapitre 28, à très exactement 1 heure 38 minutes et 07 secondes. Pour les autres, une petite remise en situation s'impose : Indiana Jones et ses deux compagnons d'infortune viennent d'échapper aux trombes d'eau que Mola Ram a fait déverser dans les tunnels du temple maudit, mais ont été contraints de se séparer. Tandis que Willie Scott et Demi-lune s'engagent sur le pont suspendu qui sert de cadre au climax, Indy se retrouve face à deux soldats thugs. C'est ici que débute notre extrait. Il s'achève une cinquantaine de secondes plus tard, quand « Junior », désormais coursé par une horde entière de combattants, s'aventure à son tour sur le pont, où l'attend Mola Ram en personne.
Un authentique moment de transition, donc, placé pile poil entre les deux gros morceaux de bravoure du film, et qui, à priori, ne devrait pas susciter d'interminables commentaires. Le passage reste néanmoins, selon moi, d'une très grande richesse, puisqu'il nous dévoile, mine de rien, une bonne part des intentions cachées derrière la trilogie Indiana Jones ainsi qu'un aperçu de la manière dont Spielberg conçoit sa mise en scène. Let's go ?

L' « ICONISATION DESAMORCEE »
Pour débuter, un fait indiscutable : Indiana Jones est une icône du cinéma, un véritable mythe, au même titre que James Bond, Ellen Ripley, John McClane ou Snake Plissken. Mais avec ce petit je-ne-sais-quoi en plus qui le rend plus attachant que les autres. Libre à chacun de décider de la nature de celui-ci : l'aspect physique hautement étudié du personnage (le Fedora, le blouson de cuir, le fouet, la cicatrice sur le menton), le jeu charismatique et la bonne bouille d'Harrison Ford, le légendaire thème musical composé par John Williams, le fait qu'on ait tous voulu, gamins, être un chasseur de trésors parcourant le globe, ou un peu de tout ça.
Mais il y a un élément, peut-être un peu moins immédiatement identifiable, qui fait également toute la différence. Il s'agit de la manière éminemment ludique dont Spielberg envisage et traite son héros, à savoir qu'il en fait tour à tour un héros et un anti-héros. Selon les scènes, Indiana Jones peut se présenter comme une figure flamboyante, intrépide, dotée d'une chance insolente et capable d'exploits surhumains (qui parfois l'étonnent lui-même), puis comme un personnage comique, maladroit, volontiers goujat, régulièrement rabaissé par son père dans le troisième épisode (« on a appelé le chien Indiana ! »).
Cette volonté d'« iconisation désamorcée » (faites le moi savoir si vous trouvez meilleure définition) apparaît dès le mythique prologue des Aventuriers de l'arche perdue aux allures, déjà, de note d'intention. Ainsi, après que Spielberg ait pris soin de nous cacher le visage de son héros pendant plus de trois minutes et l'avoir fait sortir sain et sauf d'un temple aux mille dangers, le travail de sape peut débuter. Indiana Jones, qui nous apparaissait jusque là comme un sorte de surhomme, commence par se faire voler la précieuse idole pour laquelle il a risqué sa vie (qui plus est par un traître de français !), révèle une phobie pour les serpents (même les plus inoffensifs), avant de se présenter, dans la séquence suivante, comme un universitaire binoclard (quoique assez côté auprès de ses étudiantes). La scène du combat contre les deux soldats thugs dans l'extrait qui nous intéresse illustre cette richesse du personnage en moins de temps encore. Démonstration.





















































