toutes les news NARNIA EN DVD : PREMIERS VISUELSSommaireZEBRAMAN : LE TEST

LE COIN DU CINEPHILE : LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE

Objet filmique qui invite à la fantasmagorie, Les jours et nuits de China Blue, de Ken Russell, s'offre un arrêt - mérité - dans Le coin du cinéphile. Injustement méconnu, devenu culte auprès de quelques aficionados, ce film, controversé et sulfureux, dans lequel la sublime Kathleen Turner se perd, explore les fantasmes, les secrets et les zones d'ombre de personnages fâchés avec eux-mêmes. Quand la femme araignée rencontre le quatrième homme.



"Derrière tout ça, il y a certainement la perversité d'un cinéaste qui se plaît à pervertir une image glamour et à filmer avec la même froideur la femme de jour, glaciale et inaccessible, et celle de la nuit, chaleureuse et plus qu'accessible. Cette alternance fait le charme inouï de ce film complètement singulier, un peu obsolète, souvent bandant dans ses perspectives."

Le prologue, intrigant et mystérieux, pose les bases du film (réflexion sur le couple, incommunicabilité entre les femmes et les hommes) avec des dialogues d'une grande verdeur. Le verbe est charnu, le style cru et osé. Alors que des hommes et des femmes causent ouvertement du premier sujet qui passionne les bipèdes (la sexualité), la caméra fixe un homme qui multiplie les sourires pour masquer le fait qu'il est complètement paumé. En panne d'amour, de désir, de sexe. En somme, de tout ce qui constitue l'homme.
La question que pose Les jours et les nuits de China Blue est simple : comment peut-on vivre une bonne sexualité ? A chaque question, une réponse : c'est la dernière phrase du film prononcée par Bobby qui regarde la caméra d'un air ironique et donne la solution. Dans d'autres mains, le sujet aurait certainement été un summum de racolage bas de gamme avec allusions grivoises à foison. Dans celles de Ken Russell, cinéaste qui n'aime rien tant que secouer les bonnes moeurs et exprimer son mépris souverain du conformisme bon teint (se souvenir de ses hallucinants Diables dans lesquels des nonnes déchaînées se livraient à des orgies démoniaques), le propos acquiert une évidente complexité qui se traduit jusque dans la structure narrative à la fois alambiquée et limpide. La grande réussite du film réside dans le fait qu'il délivre des surprises aux moments les plus inattendus, comme ce passage cathodique, étrangement étiré, qui montre un clip avec un couple de jeunes mariés qui deviennent des squelettes sous les yeux indifférents d'un couple en pleine déconfiture affective affalé sur un canapé. L'homme est pris d'élans érotiques auxquels sa femme ne répond pas. Effet de miroir sidérant : ce sont eux les squelettes. Sans sexe ni amour, l'homme n'est plus rien.



L'héroïne de ce dédale dantesque, c'est China Blue. Joli pseudo pour une belle plante qui, le soir venu, arpente les rues et subit les menaces répétées d'un homme détraqué vêtu d'un costume de prêtre, taré jusqu'au bout de sa bible, qui traque sa proie avec un vibro-masseur. Quand on sait que le personnage est incarné par Anthony Perkins, il n'y a qu'un pas que le cinéaste nous donne à franchir (on pense évidemment à Norman Bates de Psychose et à ce qu'il aurait pu devenir). Le sous-entendu est clair et explicite. Faut-il voir une corrélation entre Psychose et Les jours et les nuits de China Blue ? Assurément.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2]

vos avis Ajouter un avis
grandfou A VOIR    11 déc
Thi Jack Déjà vu 2 fois !!!    16 jan
HellJohn Kathleen Turner    16 jan
HellJohn intriguant, ce film...    16 jan
golgoth67 Une édition DVD ?    16 jan
 


Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami