Salo ou les 120 jours de Sodome
Film important de l'occident. Film majeur. Il ne peut être vu, à mon sens, que peu de fois pour sauvegarder une certaine forme d'optimisme. Tel un flop peu de personnes l'ont vu et peu de personnes auront envie de le revoir. Et pourtant ce film sera nécessaire à voir. Techniquement on reconnaît la signature italienne du cinéma des années 70. Ici le cadrage est maîtrisé comme la narration qui ne laisse rien au hasard. Et c'est insoutenable. Difficile de rester au bout ; le faut il ?
Pas de super héros, pas de retournement moraliste. C'est le nihilisme jusqu'au bout, jusqu'à la fin. Le regard porte peu de point de vue, la caméra est à hauteur d'homme et filme ce qui se passe...
La logique de ce film ma donné l'occasion de me dire que certains films ne me sont pas nécessaires à voir tel que Irréversible, sans pour autant remettre en cause leur qualité ni le sujet abordé. Cela libère en se donnant la limite à ne pas tout voir.
Pourquoi un flop, parce qu'il a le goût la couleur du flop et pourtant c'est une oeuvre majeur.
Casino (vf)
Un flop c'est aussi un film bon qui se désagrège pendant le déroulement de l'histoire. C'est un des films essentiels dans la filmographie de Scorsese. La complexité du récit a déterminé le choix de l'utilisation d'une voix off (coutume de Scorsese). Dans la structure même du film c'est un bien fait. Pourtant lors des 20 dernières minutes le procédé semble patiner et se retourner sur lui-même. Le récit culminant dans le dénouement dramatique, il s'enfonce dans une profonde contemplation de la déchéance des personnages. Là où le bas blesse c'est l'utilisation somme toute étrange de la voix off qui aura pu suggérer la violence. Dans ce laps de temps elle l'a fait entrer dans une auto-justification, la voix dicte ce qui arrive et l'image comme par magie justifie les mots. Les séquences en elles-mêmes ne sont pas mal filmées mais totalement romancées et idéalisées dans ce qu'elles expriment, alors que la base du récit et d'une grande partie du film se trouvait dans une tonalité réaliste. Le réalisme cinématographique reste toujours une vue de l'esprit, et dans cet excès cela peut entraîner à imposer une violence justifiée par les mots. Le personnage interprété par De Niro pourrait être un simple fabuliste tel que dans Usual Suspect qui nous en a fait voir/croire pour notre argent. Pourquoi ne pas avoir utilisé l'évocation de la même façon que dans un chien andalou ?... Pour résumer ma pensée c'est le bon cinéma de Scorsese et ici comme un magicien ne le ferait jamais il explique son tour d'illusion.
Sin City
Ah lalala ! C'est embêtant ! Le film est beau. Il y a de l'intérêt à suivre l'histoire de ces personnages insolites.
Et pourtant, c'est une patente de la bande dessinée du même nom et pour moi le mot résume toutes les qualités et les faiblesses du film. Réalisé avec un oeil de technicien on ne pourra pas prétendre à la naïveté de son auteur original ou au manque de professionnalisme des techniciens, c'est un bel objet esthétique. Tout est là, sauf le regard d'un seul réalisateur. Ce film donné à réaliser par de bons techniciens aura-t-il la même influence réalisé par Hitchcock, Fuller, Mann, Woo ou Verhoven ? Pour moi c'est évident il y aura une différence.






















