
INTERVIEW : MABROUK EL MECHRI (VIRGIL)
Virgil sort dans une édition très garnie en suppléments. En revanche, vu la qualité du son et des musiques, le DTS auquel Gaumont Video nous a habitué manque un peu...
Nous voulions mettre une piste DTS plein débit et proposer un maximum de suppléments, mais en même temps on ne pouvait sortir qu'une édition 1 DVD. Nous sommes bien conscients qu'il y aura un travail plus poussé à effectuer sur ce film, proposer un DVD plus lourd, en rajoutant du DTS par exemple. Quelque part je me suis bien cassé le cul sur le montage son et le mixage, donc j'en avais vraiment envie. Mais il y avait des choix à faire, et je préférais réaliser un commentaire audio avec une dizaine de personnes regroupées dans une pièce. Ca se fait rarement, c'était très sympa. Pour le reste des suppléments, je pense qu'ils se démarquent un peu du genre promo habituel. Et les retours que l'on reçoit sont globalement très positifs.

Mabrouk El Mechri face à ses comédiens
On aurait pu croire que les interviewés soient gênés de répondre directement au réalisateur puisque c'est vous qui les interrogés, mais c'est tout le contraire : ils n'hésitent pas à se lâcher.
Oui, parce qu'il y a eu un vrai esprit de camaraderie sur le tournage. Enfin ce n'était pas non plus une colonie de vacances, on a bossé comme des chiens. Il y a eu une vraie cohésion entre tout le monde. C'est plus cet aspect qui a frappé Nicolas De La Mothe (directeur Gaumont Video) que la qualité du travail sur le son, donc il voulait plus y rendre justice. Jalil Lespert, Jean-Pierre Cassel et Léa Drucker ne sont pas des stars comme Tom Cruise. Ils ne vont pas sortir devant la caméra "J'adoooore ce réalisateur". S'il y a un problème, ils le disent. Ils ont une vraie opinion de leur métier, ils sont intelligents. Je trouve ça donc intéressant qu'ils s'expriment. Par exemple, Jalil Lespert n'hésite pas à parler de la gêne qu'il avait au début de la préparation du film, son manque d'identification au personnage. Je trouve ça moins politiquement correct, et donc plus intéressant. Mais je dois avouer qu'on a pensé réaliser une fausse featurette promotionnelle américaine dans l'esprit du faux bêtisier sur le DVD ! (rires)
Vous préfériez mettre un faux bêtisier qu'un vrai ?
Le problème c'est que je n'avais pas de vrai bêtisier. Je n'ai aucune prise où les acteurs partent dans des fous rires. On a bien rigolé sur le tournage, mais on restait sérieux dans notre travail. C'est de là que nous est venu le concept de réaliser après le tournage les castings et le bêtisier que l'on trouve sur le DVD... Je voulais donc l'étendre à une fausse featurette à l'américaine, façon E ! Entertainment, chaîne TV américaine qui me fait personnellement mourir de rire. Le décor y est toujours le même : l'affiche du film, le même pot fleur qui est là depuis quinze ans, et les mecs qui répètent à longueur de journée que c'était "le meilleur tournage", "le meilleur film", etc. (rires). Malheureusement nous n'avions plus de place sur le DVD. Et pas de temps non plus. On s'est donc contenté du bêtisier, où Karim et Tomer m'ont tellement fait rire que ça suffisait amplement.

Le "bêtisier" est totalement improvisé ?
On en a discuté du concept et du contenu tous ensemble la veille du tournage. Pour le reste, on a fait avec les moyens du bord car nous n'avions pas le temps de faire mieux, et surtout parce que c'était intéressant d'aller jusqu'au bout en proposant le rendu le plus cheap possible. Je m'en suis réduit à garder les mêmes cadres et la même musique. Je préfère Tomer mal rasé avec une perruque, qu'un vrai travail de maquillage : le gag fonctionne mieux ! C'est assumé.


































