
CARS - QUATRE ROUES
Un film de John Lasseter
Voix françaises de Guillaume Canet, Cécile de France, Bernard-Pierre Donnadieu
Voix américaines de Owen Wilson, Bonnie Hunt, Paul Newman
Durée : 2h00
Sortie le 14 juin 2006

Jeune bolide impétueux et particulièrement doué, Flash McQueen n'a pour seule obsession que de remporter la prestigieuse Piston Cup qui fera de lui le champion incontesté de la course automobile. Pour gagner, il est prêt à tout et n'hésite pas à afficher un mépris souverain pour toute forme de travail d'équipe. Alors qu'il se rend à Los Angeles afin de participer à l'ultime course qui départagera les finalistes de la Coupe, un malheureux concours de circonstances le conduit à échouer à Radiator Springs, une ville perdue au bord de la Route 66...
Il fallait être fou pour imaginer un film dans lequel les héros et héroïnes seraient des voitures vivantes, pensantes et autonomes, organisées en société moderne. Certes, c'était le cas des jouets de Toy Story, des insectes de 1001 pattes, des monstres de Monstres & Cie ou des poissons du Monde de Nemo, qui tous vivaient selon des règles très semblables à celles qui régissent notre monde. Toutefois, ce qui différencie Cars des autres films du studio tient dans le fait que cette fois-ci, les protagonistes ne coexistent pas avec les humains dans un espace contigu (la chambre d'enfant, la fourmilière et ses environs, le monde marin) mais les remplacent purement et simplement. Et tandis que les protagonistes des films susmentionnés n'en viennent jamais à transcender les limites de leur condition, les voitures de Cars maîtrisent leur environnement et n'ont à redouter aucune menace venue de l'extérieur, qu'elle soit humaine ou non. Les routes sans fin de la Californie et les immenses mégalopoles telles que Los Angeles appartiennent en propre à ces objets du quotidien dont la seule raison d'être, à l'origine, se résume pourtant à faciliter la vie des humains. Comme les super-héros des Indestructibles, c'est avec leurs démons intérieurs que nos amies à quatre roues devront en découdre. En ce sens, l'aventure Cars s'affiche comme plus folle encore que les précédentes.

La tâche s'annonçait particulièrement ardue. Autant il est envisageable d'attendrir les spectateurs avec les mimiques adorables et les formes rebondies d'un petit poisson, autant il peut sembler vain, voire aberrant, de chercher à humaniser une voiture de course ou une vieille dépanneuse. Pourtant, le réalisateur et son équipe relèvent ce premier défi avec une étonnante maestria, parvenant à imposer ce parti-pris comme une évidence dès les premiers plans du film. Ce parfait équilibre entre réalisme et fantaisie, on le retrouvait déjà dans Le Monde de Nemo, dans lequel jamais le recours à l'anthropomorphisme ne nous faisait oublier que nous avions bel et bien affaire à des poissons et autres créatures marines. De la même manière, les voitures de Cars sont vivantes, expressives et diablement attachantes tout en conservant leur nature d'engins rigides et lourds. On les apprécie donc simultanément pour leurs qualités "humaines" et esthétiques. Cette performance miraculeuse est tout d'abord le fruit d'un énorme travail de character design dont l'un des coups de génie consiste à placer les yeux des personnages sur le pare-brise et non en tant que substituts des phares, comme il a toujours été de mise dans les précédentes représentations de voitures vivantes. Cette innovation de taille a pour effet de provoquer l'adhésion immédiate aux états d'âme des personnages.

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