
Les aficionados du roman trouveront la satisfaction de voir une adaptation relativement fidèle aux écrits de Dan Brown, les quelques néophytes pourront succomber au plaisir de l'enquête et les détracteurs officiels continueront de crier à l'imposture. Le combat sera sans surprise : tout le monde a gagné. Mais cela suffit-il pour rendre la tambouille digeste ?
DA VINCI CODE
Un film de Ron Howard
Avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen, Paul Bettany, Jean Reno, Alfred Molina, Jean-Pierre Marielle
Durée : 2h32
Sortie : 17 Mai 2006

Au départ, est-il nécessaire de le rappeler - allez pour ceux qui n'auraient pas eu la curiosité de se plonger dans le roman de Dan Brown - un meurtre, celui du conservateur du Louvre (Jean-Pierre Marielle) qui se trouve être également le grand maître d'une société secrète, le Prieuré de Sion. Il est retrouvé assassiné au coeur de la Grande Galerie du Louvre, prostré dans une étrange posture. La police soupçonne, un célèbre iconologue (Tom Hanks) qui voit débarquer pour l'aider une spécialiste des codes, Sophie Neveu (Audrey Tautou), nièce de la victime. Postulat de base. Ensuite, de multiples rebondissements viennent semer le doute chez le lecteur/spectateur. Au final, un thriller qui se vend à plus de 44 millions d'exemplaires dans le monde, même s'il possède une dimension historique discutable.
Victime du succès (éhonté) du roman de Dan Brown, le film courrait le risque de se faire éreinter par la critique, non pas pour son insolence mais au contraire pour son classicisme très palot, et le film de Ron Howard se révèle en un sens conforme aux attentes. Cette adaptation se repose sur les principaux enjeux dramatiques, les détaille au gré de longues scènes très loquaces et conserve la structure originelle. En somme, synchrone au bouquin. Il ne faut rien attendre de plus : Da Vinci Code s'inscrit dans le genre des adaptations calquées sur le roman qui pâtissent d'une absence de regard et d'un manque d'audace de la part d'un cinéaste sans doute trop respectueux du matériau d'origine. Ron Howard, cinéaste impersonnel mais honnête artisan, était le choix tout trouvé aux commandes de ce film où l'absence de surprises ennuie et soulève une certaine colère.

Le problème avec un film très attendu qui se satisfait du mystère qu'il cherche à générer par des moyens paradoxalement racoleurs, c'est que les retombées peuvent être brutales voire douloureuses. C'est ce qui s'appelle fonctionner à double tranchant. D'autant que le cinéaste tend à plus d'une reprise le bâton pour se faire battre. Il a notamment forcé le trait sur bien des aspects et opté notamment pour un ton grandiloquent qui confine parfois au ridicule, notamment son recours à une musique hypertrophiée pour souligner les événements et les rebondissements, un artifice inutile, tendant ici au pathétique. Toutes les séquences se focalisant sur le passé des personnages et le côté historique sont particulièrement ratées. Quant aux répliques chocs, elles sont assénées avec une telle emphase rédhibitoire qu'elles suscitent l'hilarité chez le spectateur.
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