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MEURTRIERES : REVELATIONS CANNOISES

MEURTRIERES : REVELATIONS CANNOISES

Tout sur MEURTRIERES - La Critique - Le 2006-05-25 20:43:38


Hande Kodja et Céline Sallette, elles ont toutes les deux suivi les cours du conservatoire national de Paris, Hande n'a d'ailleurs pas encore fini sa formation, Céline en sort tout juste, et elles bousculent déjà toutes les deux le cinéma français en incarnant les meurtrières de Patrick Grandperret. Deux jeunes femmes tout juste sorties de l'adolescence, fragiles, paumées, qui se laissent sombrer dans une triste dérive qui finira par une agression, par un meurtre. Deux rôles qu'elles ont saisis avec une lumineuse force. Elles n'avaient pas beaucoup dormi la veille, elles avaient encore les yeux émerveillés par cette première virée cannoise et se sont prêtées à cet exercice nouveau pour elles qu'est l'interview, face à face, comme dans le film.

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Vous vous êtes senties immédiatement happées par ce face à face ?

Hande : Ce qui m'a touché c'est la rencontre que nous avons eu avec Patrick, Céline et la scénariste, Frédérique Moreau. C'est un entretien qui m'a beaucoup marqué, j'étais emballée par le projet. J'ai senti qu'il y avait quelque chose qui se passait.

Céline : C'est quelque chose qui a été instinctif, qui s'est imposé naturellement, immédiatement. Déjà, lorsque nous avons passé le casting, je savais que Hande serait là, ce qui me rassurait puisque nous nous connaissions. C'est toujours très stressant de passer un casting et cela nous a forcément rapproché par rapport aux autres filles qui attendaient comme nous. Les deuxièmes essais nous les avons passés ensemble.

Hande : Lorsque nous sommes sorties, on s'est dit que ce serait formidable que nous soyons prises toutes les deux, mais cela semblait irréel...

Céline : Nous avons beaucoup parlé avec Patrick et Frédérique. Nous ne savions pas pour quel rôle ils nous pressentaient l'une et l'autre, c'est après que Patrick l'a décidé. Et le choix final collait bien à nos deux personnalités. J'adore ce rapport très brut à la vie. Nous faisons tous un travail sur nous-mêmes et elles ne le font pas, du coup elles sont très impulsives, à vif, et leurs frustrations éclatent immédiatement, sans le moindre filtre.

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Vous vous sentez proches chacune de Nina et Lizzy ?

Céline : En fait le scénario n'était pas totalement achevé, il y avait la trame, mais nous avons ensuite beaucoup travaillé avec Patrick, ensemble, durant près d'un mois sur nos personnages, ce qui l'a étoffé, affiné. Il y a donc du coup forcément certaines bribes de nos personnalités. Certaines idées, certains dialogues se sont dessinés durant le tournage. En même temps, je ne suis pas du tout comme ça dans la vie. J'ai une conscience très forte mais, en revanche, je comprends parfaitement Lizzy, c'est un état dans lequel nous pourrions tous facilement tomber si nous perdions certains de nos repères. N'importe qui, confronté à ce type de situations, à ce genre de comportements de la part d'autrui, pourrait sombrer de la même façon.

Hande : Ce qui me faisait penser à moi c'est son côté, non pas naïf parce que je ne pense pas l'être, mais son inconscience parfois du monde extérieur, de tous ces rapaces qui évoluent autour de nous. J'ai tendance à faire, en général, beaucoup trop confiance aux gens que je rencontre, j'oublie que certaines personnes peuvent se révéler extrêmement mauvaises, et, en ce sens, je me suis particulièrement sentie proche de Nina, de cette inconscience et aussi de ce qu'elle peut dégager, elle devient parfois une espèce de proie.

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INTERVIEW : SYLVIE PIALAT (MEURTRIERES)INTERVIEW : SYLVIE PIALAT (MEURTRIERES)

Après avoir été l’assistant de Maurice Pialat, Patrick Grandperret s’impose com...
 
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