
LA MALEDICTION
Un film de John Moore
Avec Liev Schreiber, Julia Stiles, Mia Farrow, Pete Postlethwaite, David Thewlis, Seamus Davey-Fitzpatrick
Durée : 1h48
Sortie le 6 juin 2006
Panique au Vatican : tous les signes concordent pour annoncer l'avènement de l'antéchrist. Pendant ce temps, le diplomate Robert Thorn doit faire face à un drame personnel : après un long et pénible travail, son épouse Kathryn vient enfin d'être délivrée de l'enfant qu'elle portait, mais celui-ci est mort-né. Affligé, Robert Thorn se voit faire une étrange proposition par un prêtre, celle d'adopter l'enfant d'une mère décédée dont l'accouchement se serait déroulé au même moment. Avant que Katryn ne se réveille et n'apprenne la triste issue de son accouchement, son mari décide d'adopter l'orphelin. Il ne sait pas encore qu'il a introduit la Bête dans sa propre maison...

Entre les oeuvres choc teintées de prosélytisme (La Passion du Christ, L'Exorcisme d'Emily Rose) et celles qui questionnent les fondements de la foi (Da Vinci Code, Mary), force est de constater que titiller les religions est à la mode ces temps-ci, un courant qui peut d'ailleurs se révéler stimulant pour les croyants comme pour les athées. Avant d'aborder ce remake dont le but secret (outre l'objectif commercial évident du projet) est peut-être bien de nous rappeler que des "forces obscures" pourraient profiter d'une baisse de vigilance de la part des hommes pour faire leur oeuvre, un petit rappel des faits s'impose.

Réalisé par Richard Donner en 1976, soit dans un contexte forcément différent, La Malédiction parvenait à susciter un malaise palpable grâce à son scénario glaçant mais aussi son atmosphère véritablement malsaine, elle-même soutenue par les effets minimalistes qui caractérisaient les films d'épouvante de cette époque. En faisant progressivement apparaître au grand jour les intentions malignes du petit Damien (Harvey Stephens) et des suppôts venus le soutenir, le film parvenait à susciter insidieusement l'impression qu'une terreur ancestrale était sur le point de ressurgir. Que l'on accorde crédit à de telles éventualités ou non, l'histoire faisait froid dans le dos. Dans un monde occidental déjà dominé par la culture de l'enfant-roi et sacralisant la maternité, mettre en scène un petit garçon provoquant délibérément la chute mortelle d'un parent avait de quoi choquer. A l'heure actuelle, la représentation de l'enfant pur et innocent persiste tout en cohabitant avec l'ombre de la délinquance juvénile, une opposition que John Carpenter avait exploitée dès 1995 dans son remake du Village des Damnés, chef d'oeuvre de Wolf Rilla (1960). L'idée d'un enfant tout mignon mais foncièrement malveillant a quelque chose d'universellement tétanisant en ce qu'elle soulève des questions philosophiques sur la nature humaine. Le thème est donc intemporel, qu'en est-il de son traitement actuel ?









































