
CINE : NOS VOISINS LES HOMMES
NOS VOISINS LES HOMMES
De Tim Johnson et Karey Kirkpatrick
Avec : (VO) Bruce Willis, Garry Shandling, Avril Lavigne, Steve Carell, William Shatner, Eugene Levy et Nick Nolte. (VF) Clovis Cornillac, Laurent Gerra, Jenifer
Durée : 1h25
Sortie le 5 juillet 2006

Raton laveur nomade et intrépide, TJ fait la plus grosse gaffe de sa vie en détruisant les réserves du grizzli local. Avec seulement une semaine au compteur pour réparer sa bévue, le petit animal fera la rencontre d'une communauté d'autres bestioles sortant fraîchement de leur période d'hibernation et découvrant hébétés une chose étrange qu'ils appelleront Steve. Steve n'est en fait qu'une simple haie séparant leur petit coin de paradis d'un quartier résidentiel ultra moderne regorgeant de délices dont TJ aurait bien besoin pour réparer sa dette. Il lui faudra alors convaincre ses nouveaux amis de franchir la barrière de feuilles et s'introduire chez leurs voisins...les hommes.
Pour la petite histoire, Over The Hedge (De l'autre côté de la haie) est une délirante petite bande dessinée satirique qui dépeint, à travers trois cases quotidiennes dans la presse et depuis un peu plus de dix ans, la vie des banlieues embourgeoisées américaines vues et commentées par la petite faune locale. Sagement assis sur le bord de la route, Tortue, Raton laveur et Ecureuil scrutent avec un oeil curieux l'inutilité des moeurs humaines et leurs déviances, à des années lumières de leurs propres besoins primaires. Et si le manque d'informations des bestiaux faisait de leurs commentaires quelques répliques ravageuses, elles n'en conservaient pas moins une grande richesse de sens. A l'instar d'un Garfield, la petite bande fait littéralement mouche d'un simple coup d'oeil, et c'est fatalement ce qui fait sensiblement défaut au résultat final puisque toujours à l'instar de Garfield le film, il est très difficile d'étirer sur 90 minutes tout ce qui fait le charme d'une chronique de trois secondes.

Alors la parade proposée dans le long métrage est surprenante, au point même de déconcerter le lecteur adulte à qui la chronique était consacrée, mais se montre finalement la plus appropriée. On abandonne le cynisme des bébêtes, toujours plus consternées par nos défauts intrinsèques, et on invente un long prologue général sous forme d'aventure survitaminée, qui s'arrêtera là où commence la BD. Les vacheries d'observation sont donc laissées de côté au profit de l'exploration et surtout de la découverte de l'univers inconnu du bitume, de l'asphalte, du béton et de leurs mystères. Une narration pas foncièrement originale en l'état - on ne compte plus les dessins animés avec un groupe hétéroclite se lançant à l'aventure d'un nouveau monde - mais finalement réussie puisqu'elle préfère se pencher sur les thèmes fondamentaux des films de son genre. Ne pas vouloir trop en faire : voilà la qualité de Nos voisins les hommes.
[p1] [p2]



































