
En 2001, après avoir séduit des millions de spectateurs avec sa partition pour GLADIATOR (2000), Hans Zimmer retrouvait Ridley Scott sur HANNIBAL, où il introduisait choeurs et séquences opératiques étonnantes au sein d'une partition lyrique et torturée (savemment mixée occasionnellement avec l'inquiétante voix de Sir Anthony Hopkins), signant ici l'une de ses meilleures partitions. La même année, il retrouve Micheal Bay avec PEARL HARBOR, accouchant d'une partition désespérément lisse et mièvre, tout en expérimentant un style plus cru et minimaliste avec THE PLEDGE pour le film de Sean Penn avec Jack Nicholson (composé avec Klaus Badelt). Une année d'expériences et de variété de styles qui amèneront le compositeur vers une certaine musique-fusion qu'il recherche depuis des années, sur des films de genre tels que THE RING (Gore Verbinski, 2002), BATMAN BEGINS (Christopher Nolan, 2005) et DA VINCI CODE (Ron Howard, 2006).

DA VINCI CODE Musique de Hans Zimmer
Decca Records (9 mai 2006)
TRACKLIST
01. Dies Mercurii I Martius
02. L'esprit Des Gabriel
03. The Paschal Spiral
04. Fructus Gravis
05. Quodis Arcana
06. Malleus Maleficarum
07. Salvete Virgines
08. Daniel's 9th Cipher
09. Poisoned Chalice
10. The Citrine Cross
11. Rose of Arimathea
12. Beneath Alrischa
13. CheValiers De Sangreal
14. Kyrie for the Magdalene
Durée du CD : 68:10
La fusion, voilà certainement le mot clé de la musique de Hans Zimmer, lui qui toute sa carrière n'a pas cessé d'expérimenter les couleurs instrumentales, mariant le synthétiseur à l'orchestre, puis le synthé à la voix, puis le synthé à la musique traditionnelle et ethnique, puis petit à petit, tout cela à la fois. La musique de DA VINCI CODE s'inspire particulièrement de chants religieux et liturgiques, créant la dose de mysticisme nécessaire au film de Ron Howard adapté du roman de Dan Brown.

"Dies Mercurii I Martius" qui ouvre le disque rappelle les nappes ascendantes et descentantes de BATMAN BEGINS, instaurant dès les premières minutes une atmosphère inquiétante et mystérieuse, qui se développe ensuite dans "L'esprit des Gabriel" avec l'introduction de choeurs répétitifs oppressants, le compositeur n'hésitant à en rajouter une couche avec des cordes denses et rythmées comme on avait pu l'entendre au début de sa brillante partition pour KING ARTHUR (musique incomprise beaucoup plus audacieuse que le film, hélas). Dans "The Paschal Spiral", on retrouve le son de THE RING avec le violoncelle doublé d'une nappe orchestrale sombre et discrète, prouvant que le compositeur n'est jamais meilleur que pour créer des atmosphères, oubliant la synchronisation à l'image pour mieux envelopper le spectateur dans un univers cohérent sur l'ensemble du film. Un parti pris qui dévaforise la thématique facilement mémorisable, bien qu'elle soit présente dans DA VINCI CODE, avec l'apparition du thème principal dans "Fructus Gravis", qui se démarque du reste du score grâce à une mélodie aérienne et optimiste.
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