
DOSSIER 666 : LA MALEDICTION DES REMAKES !
Tout sur LA MALEDICTION 666 - La Critique - Le 2006-06-06 10:56:06
LA MALEDICTION
L'exemple typique du remake contestable. La Malédiction (1976), film-culte de Richard Donner et premier volet d'une trilogie fameuse dans l'histoire du film d'épouvante, avait déjà tout dit et il semble que trente ans plus tard, John Moore n'ait pas grand-chose à ajouter, si ce n'est quelques effets de sursaut supplémentaires dont on se serait bien passés. C'est à peine si l'univers de l'original est modernisé. Pire, les scènes s'enchaînent de la même manière mais plus lourdement, comme si tout devait être appuyé au maximum, quand le film de Richard Donner instillait une terreur diffuse et glaçante aux relents mythologiques, donnant admirablement corps à cette notion insaisissable qu'est la fatalité. Pilier de la saga, le Damien de La Malédiction, dont la bonne bouille enfantine contrastait avec un regard d'une inquiétante maturité, ne trouve en celui du remake qu'un bien pâle ersatz. Cette grave faiblesse dans l'édifice peut évidemment être imputée au jeune acteur mais il serait sans doute plus juste de l'attribuer au réalisateur qui n'a pas su le diriger. Trop proche de l'original, La Malédiction 2006 appelle scène après scène à d'inévitables comparaisons avec son modèle, réflexe qu'un remake devrait très précisément se garder d'encourager. A voir uniquement si l'on n'a jamais eu l'occasion de se frotter auparavant à la Bête selon Richard Donner. (CL)

LA COLLINE A DES YEUX
Sur le papier, un remake impersonnel comme on aime à en produire des tonnes aujourd'hui. A l'arrivée, un grand film qui ausculte l'angoisse dans tous ses ténébreux états. Pour donner un aperçu du choc, cette nouvelle version de La colline a des yeux file les jetons, provoque le malaise, foudroie les viscères et atteint des sommets paroxystiques en terme de gore et de violence. Gadget pour ados désoeuvrés ? Précipité gratuit pour cligner ostensiblement à l'oeil du goreux ? Deux fois non. La colline a des yeux version Aja fait simplement peur. Très peur. Pas cette peur qui fait sursauter ou crier mais cette peur qui paralyse, étouffe, pousse à s'accrocher à l'accoudoir. Preuve de son irréfutable efficacité ? Assurément. Mais ce n'est pas tout.
N'ayons point peur des mots : Alexandre Aja a plus que simplement réussi le remake du film de Craven qui, pour peu que l'on fasse un visionnage récent, a pris quelques méchantes rides fictionnelles. En choisissant Alexandre Aja pour le réaliser, le malin Craven a eu du flair et ne s'est pas trompé : le cinéaste français a repris les principaux enjeux dramatiques (des mutants s'attaquent à une famille paumée, immobilisée, sans défense dans un no man's land) et peaufiné le matériau d'origine pour lui donner une ampleur et une dimension viscérale simplement hallucinantes. Même en connaissant le talent du réalisateur d'Haute Tension (en dépit de ses scories narratives et notamment sa pirouette finale si controversée), rien ne laissait présager un tel uppercut. (RLV)








































