
AVIS DU JOUR : ZOMBIE HONEYMOON

Il restait encore un domaine sur lequel le DVD n'avait pas encore écrasé de toute sa masse musculaire cette bonne vielle VHS.... à savoir l'extraordinaire profusion de titres disponibles lors de l'explosion de la cassette vidéo au début des années 80. J'imagine que beaucoup de cinéphages de ma génération auront tout autant forgé leur culture cinématographique dans les salles obscures que dans le vidéo club de leur quartier. L' avènement de la vidéo cassette était d'autant plus salvateur que les éditeurs balançaient alors de tout et parfois absolument n'importe quoi, et cela pour le plus grand plaisir des fans d'un cinéma déviant et résolument différent. On avait soudain l'impression de découvrir la partie cachée d'un iceberg, une sensation d'autant plus forte et grisante qu'à cette époque l'internet haut débit, le câble et le satellite n'étaient encore quasiment que des concepts de science fiction.

Je tenais à faire cette petite introduction pour saluer le travail de Neo publishing qui d'une certaine manière perpétue la sensation que le DVD va lui aussi nous ouvrir un horizon vers un autre cinéma et nous faire découvrir du coup des films novateurs, rares et différents. Car finalement le DVD, le câble, le satellite, le téléchargement offrent à la fois une extraordinaire profusion de manières de regarder et "consommer " le cinéma tout en proposant une relative pauvreté dans la diversité des titres. En gros on nous propose beaucoup... mais souvent exactement la même chose. Les affiches sur les façades des multiplex préfigurent ainsi les linéaires des supermarchés puis les grilles de programmation des prime time de la télévision dans un cercle vicieux faisant qu'un film surexposé lors de sa sortie en salles le restera jusqu'a sa re-rediffusion en télé. Il reste donc heureusement des éditeurs couillus comme Neo publishing, Wild side ou Bach films pour nous balancer des oeuvres rares, inédites et néanmoins profondément intéressantes comme ce Zombie honeymoon de David Gebroe, véritable petite perle du cinéma d'horreur indépendant américain que l'éditeur semble malheureusement vendre comme une comédie gore surfant sur la vague conjuguée de l'excellent Shaun of the dead et du lamentable Dead and breakfast. Car si l'on peut mille fois se réjouir et féliciter Neo pour distribuer le film de Gebroe, on peut aussi rester plus que dubitatif devant la jaquette et le visuel du DVD qui en plus d'être particulièrement laids (pourquoi ne pas avoir repris la très belle affiche originale du film ?) demeurent un brin mensongers par rapport à la réelle profondeur dramatique du film. Cela n'est évidemment qu'un petit détail mais il semble démontrer que Neo publishing tout en éditant le film ne croit aucunement en son potentiel commercial et préfère au final le "vendre" pour autre chose que pour ce qu'il est et qui fait justement toute sa valeur et sa singularité. Mais assez de digressions sur de petites choses et revenons à l'essentiel à savoir le film....
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