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CINE : THE HOST

CINE : THE HOST

Tout sur THE HOST - La Critique - Photos - Le 2006-06-19 06:43:56


Note : Cet article a été rédigé avec le souci de ne pas trop révéler certains points de l'intrigue (les scènes que nous avons explicitées sont en début de métrage ou superficielles à l'intrigue). Du coup, plusieurs allusions pourront sembler confuses. Nous rassurons le lecteur en lui garantissant que ces points seront immédiatement éclaircis à la vision du film. Bonne lecture...

THE HOST
De Bong Joon-ho
Avec Song Kang-ho, Byun Hee-bong, Park Hae-il, Bae Du-na, Ko A-Sung
Durée : 1h59 (montage cannois)
Date de sortie à déterminer

the host


En 1992, durant la Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Barcelone, le porteur de la flamme olympique, à son entrée dans le stade marquant la fin de sa course, embrasa une flèche qui lui était présentée par Antonio Rebollo, un archer paralympique. Une fois la flèche enflammée, l'archer banda son arc et, d'un tir incroyablement précis, sa flèche traversa le stade pour aller embraser la grande torche olympique. Rebollo était cadré à la gauche de l'écran, et la caméra effectua un léger zoom avant pour suivre la flèche enflammée jusqu'à sa cible.

Dans son film The Host, le réalisateur Bong Joon-ho reprend cette célèbre image à l'identique (même cadrage, même zoom léger) lors d'une scène cruciale. Le clin d'oeil peut au départ sembler gratuit, voire accidentel, mais il résonne immédiatement si l'on se souvient que les Jeux Olympiques précédents (hors jeux d'hiver) se déroulèrent en 1988 à Séoul, en Corée du Sud, et que les Jeux Olympiques suivants eurent lieu en 1996 à Atlanta, au Etats-Unis. L'archer handicapé de Barcelone en fut la transition.

the host


Qu'on ne s'y trompe pas, The Host est, en surface et avant tout, un film de monstre dans la meilleure tradition du genre, qui s'inscrit entre Le Monde Perdu de 1925 et les divers Godzilla, en transitant par King Kong ou Les Dents de la Mer. Respect des codes narratifs (les intérêts des principaux protagonistes en conflit avec ceux du pouvoir), respect des thématiques (la monstruosité de la Bête est surpassée par celle des humains), respect de la mise en place (la première attaque, où la foule ne mesure pas le danger). Mais le réalisateur de Memories of Murder n'a pas tout à fait fini de régler ses comptes avec la société coréenne, et tout en assurant au public le spectacle promis, il souligne au marqueur des intentions plus rares dans ce genre donné, truffant son film d'allusions politiques à tiroirs, qui finissent par s'emparer de l'intrigue principale et lui donnent un souffle nouveau.

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