
CINE : SUPER NACHO
CINE : SUPER NACHO (Nacho Libre)
Réalisé par Jared Hess
Avec Jack Black, Troy Gentile, Dominick Kurek
Date de sortie : 1er Novembre 2006

Nacho est un jeune homme qui a grandi au sein d'un monastère mexicain à Oaxaca. A présent, il y travaille en tant que cuisinier et prend sur lui de résoudre les problèmes financiers de son monastère. Il décide alors de participer au tournoi de Lucha Libre...
On a découvert Jared Hess avec Napoleon Dynamite, étonnante comédie flegmatique inédite en France (cf. dossier), qui proposait une alternative revigorante à toute cette vague de teenage movie qui n'ont cessé de véhiculer l'image d'une adolescence cool, lisse et sans aspérité. Avec son écrin quasi-inerte, Hess plantait sa caméra dans le mental d'un ado débile et lorgnait timidement vers le monde de Todd Solondz avec une bonne louche de méchanceté, d'anticonformisme et de misanthropie sans toutefois le vernis cruel et cynique du réalisateur de Happiness. Autant le confesser illico : Super Nacho joue dans un autre registre. Ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle.

Très vite, on réalise que ce film devient la confrontation de deux altérités : Jack Black est réputé pour ses gesticulations burlesques et Hess pour ses personnages statiques qui soliloquent sur un ton monocorde et désespéré. Les deux artistes essayent de se fondre dans l'univers de l'autre sans la réussite escomptée : Black surjoue et Hess fait ce qu'il peut pour le suivre sans trop le contenir. Le générique de début annonçait pourtant d'emblée les délires à venir avec un petit Jack Black turbulent plus préoccupé à semer le bordel qu'à démontrer qu'il a la foi. Au même titre que le catch mexicain, l'identité du personnage (Nacho qui tombe secrètement amoureux d'une soeur évoquant vaguement Penelope Cruz) est un enjeu dramatique aussi farfelu que délirant. Hess profite ainsi d'un paradoxe stimulant : sous la soutane pacifique, se cache un catcheur qui cherche à bien agir, ne comprend pas pourquoi il est rémunéré pour son incompétence, apprend à ses dépens les règles du bien et du mal et pourrait bien être le héros inattendu d'une comédie romantique.
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