toutes les news CINE : COMME TOUT LE MONDESommaireCINE : MES COPINES
CHANGEMENT D'ADRESSE : CRITIQUE ET INTERVIEW

    CHANGEMENT D'ADRESSE
Un film d'Emmanuel Mouret
Avec Emmanuel Mouret, Frédérique Bel, Fanny Valette, Dany Brillant, Ariane Ascaride...
Durée : 1h25
Sortie le 21 Juin 2006

changement d


Fraîchement installé à Paris, David, un musicien, timide et maladroit, tombe fou amoureux de sa jeune élève, Julia. Il tente tout pour la séduire. Sa colocataire, Anne, l'encourage, le conseille, et le console... passionnément !

Même si l'essentiel est résumé dans le synopsis, Emmanuel Mouret parvient ici à tenir le sourire de son spectateur grâce à la simplicité qui émane de son film pendant ses 85 minutes. Après des courts-métrages et deux longs, Laissons Lucie faire et Vénus et Fleur, l'auteur-réalisateur-acteur continue donc à nous prendre par la main pour nous emmener avec lui le temps d'une ballade à l'air pur dans son univers singulier.

changement d


Avec l'envie de faire participer du monde à son voyage, il se permet un casting éclectique et original, qui fonctionne parfaitement sur toute la durée du métrage. L'occasion de découvrir Frédérique Bel dans un rôle touchant, qui la change du registre blonde et lui offre pour une fois l'occasion de parler pendant plus d'une minute, mais aussi de redécouvrir Fanny Valette (La Petite Jérusalem) qui impose ici sa présence à l'écran tout en restant dans le créneau de la discrétion, voire d'une diction trop retenue à certains moments. L'interprétation de Dany Brillant, quant à elle, est aussi une des bonnes surprises du film et son jeu très naturel nous fait oublier le seul personnage qu'on connaît de lui. Enfin, Emmanuel Mouret, l'acteur cette fois, continue dans son registre d'amoureux maladroit et campe ici un musicien. Paris étant l'occasion pour lui d'essayer de vivre de son cor, le réalisateur en profite lui pour jouer avec le côté charnel du nom de cet instrument et le placer au milieu de certaines répliques. Mouret partage donc intelligemment ses scènes de jeu avec les autres comédiens, dont un jeu de séduction réparti de manière très juste et bien dosée, comme l'humour dans le film, entre les regards et les silences de Fanny Valette et de longs moments dialogués avec Frédérique Bel. Et au final, il n'y a pas de méchants dans le film mais malgré cette mauvaise habitude manichéiste imposée par l'industrie cinématographique, on survit à cette étrangeté. Plus que ça même, on vit.

changement d


Dans ce quotidien fantaisiste, des rues de Paris aux plages de Trouville, le cinéma de Mouret embellit les villes qu'il traverse et pourrait sonner comme du Rohmer si ce dernier n'avait eu d'yeux que pour Keaton et autres grands noms du burlesque. Mais, détaché de ses influences, le cinéaste se paye le luxe d'avoir un monde bien à lui, ancré dans des situations liées aux jeux de l'amour, un univers qui risque de s'approfondir au fil de sa filmographie. C'est donc avec plaisir que l'on retrouve une comédie française loin des grosses machines à rire (qui ne font pas rire) et des sempiternels films sur les trentenaires (qui eux, n'ont jamais fait rire). Il y a fort à parier que beaucoup d'acteurs et actrices, dans les années à venir, vont eux aussi vouloir se perdre dans les prochaines aventures touchantes de ce conteur dont la légèreté et la simplicité séduiront les uns et agaceront sûrement les autres. En attendant, tandis que certains films se crient, Changement d'adresse se fredonne et sa douce mélodie reste dans la tête.

Christophe Berthemin

Retrouvez l'interview d'Emmanuel Mouret à la page suivante...

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3] [p4]



Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami