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DOSSIER MIDNIGHT MOVIES

DOSSIER MIDNIGHT MOVIES

Isolément, les films cités valent mieux que le documentaire censé leur rendre hommage. Midnight Movies : from the margin to the mainstream s'avère sagement académique et reprend sans vergogne des archives déjà disponibles ailleurs, notamment sur des bonus de dvd. C'est pourquoi pour parler des Midnight Movies, il est préférable de revenir aux sources du phénomène en causant en profondeur des deux grands initiateurs de cette mouvance : John Waters et Alejandro Jodorowsky.

JOHN WATERS (PINK FLAMINGOS)

midnight movies


Il dit des Midnight Movies : « J'ai rendu le mauvais goût 1% plus respectable et c'était ma mission sur Terre. Je ne pense pas que j'ai changé. Je pense que mon humeur est identique. Je pense que c'est le public américain qui a changé. »

Né le 22 Avril 1946 à Baltimore, Maryland (Etats-Unis), John Waters est le cinéaste Américain le plus génialement fêlé encore en activité. Ils ont tous essayé de le copier, de l'imiter ; ils ne sont jamais arrivés à sa cheville. Dans la vie de tous les jours, Waters aime les tueurs en série (il voue un culte à Charles Manson, comme une certaine Serial Mum), la pornographie, la photographie (il a exposé à Paris il y a deux trois ans) et surtout des artistes aussi divers qu'Ed Wood, D. W. Griffith, Russ Meyer, R. W. Fassbinder ou encore Andy Warhol. Le film qu'il préfère au monde ? Faster Pussycat, Kill, kill, de Russ Meyer. Et par extension, tous les Russ Meyer. Et dieu sait comme il a raison (que celui qui ne craque pas devant La vallée des plaisirs quitte cet article sur le champ). Déjà très tôt, John est obsédé par la violence. Quand Waters réalise ses premières oeuvres muettes en 8 mm et 16 mm dans les années 60, il les propose dans des projections à l'arrache, organisée dans une confidentialité suprême, sur le campus de Baltimore. Il fait des distributions de tracts avec les horaires de projos, à grand coup de réclame comme ce que font aujourd'hui l'équipe Troma pendant le festival de Cannes (grosso modo, passer parmi les gens en string et foutre le bordel).

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A ce petit jeu, l'ami John ne se fait pas que des amis et suscite déjà l'agacement de puritains dérangés par ces atrocités filmiques. Et John rit et ne cessera guère d'en rire durant toute sa filmographie détonante. A ce titre, on peut arguer qu'à l'instar de toutes les oeuvres du maître qui zigouille le conformisme bien pensant et le puritanisme ricain, A dirty Shame, relecture hypersexuée de La nuit des morts vivants où les normaux tentent de ne pas céder à cette étrange contamination lubrique, donne un coup de cutter au portrait trop lisse de tonton Sam. Selon certains, son dernier film a été conçu en réponse à ceux qui trouvaient que le cinéma de John Waters s'affadissait, se vautrait dans le consensuel mou...
Or, ce ne sont que les apparences. Pecker, l'un de ses derniers films, l'un des moins aimés des fans, est pourtant un opus autobiographique, mature certes mais lové d'une certaine mélancolie dans lequel John laissait parler sa passion pour la photographie... Quelque chose comme l'autre facette d'un cinéaste passionné par la photographie. Dans Pecker, le protagoniste (Edward Furlong) prend la photo de la foufoune d'une strip-teaseuse lesbienne et un bar gay, pas loin, est réputé pour ses fameuses mouillettes : les stripteaseurs, en slip blanc, qui posent les testicules sur des visages d'hommes joviaux. Homosexualité, outrances stylistiques... Le cinéma de Waters a toujours été marqué par la marginalité, l'exubérance et la drôlerie. Son anticonformisme, en somme. Selon Waters, on peut rire de tout et surtout de ce qui n'est pas drôle.

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