
GUILLAUME NICLOUX REVIENT AU NOIR

Tout a commencé avec le remarquable Une Affaire privée, un polar d'exception qui impressionnait par son atmosphère bizarre, sa galerie de personnages déjantés, son introduction saisissante, son dénouement surprenant... Avec Cette femme-là, fausse suite dans laquelle la flic Balasko se noyait dans ses obsessions noires et confirmait un registre émotionnel trop souvent oublié depuis Trop belle pour toi, de Bertrand Blier, il a accentué ses marottes. Les films policiers made in Nicloux ne ressemblent pas aux autres calibres du genre. Dans ces enfers teintées de fantastique (réminiscences Polanskiennes pour Une affaire privée, réminiscences Lynchiennes pour Cette femme-là), le tragique et le grotesque, l'humour et l'angoisse, le drame et la poésie se côtoient pour provoquer des interactions stimulantes.

Dans Une Affaire privée, on suivait la ténébreuse enquête d'un détective privé (Thierry Lhermitte) à la recherche d'une disparue. Au bout du parcours, il finissait par se perdre et se faire avoir alors que l'évidence était sous ses yeux. Dans Cette Femme-là, Nicloux reprend le même schéma, la même tonalité absurde et angoissante, le même style d'enquête barrée et le même genre de protagoniste. Au détective je-m'en-foutiste qui alignait clopes sur clopes succédait une femme-flic, véritable paradoxe ambulant, à la fois forte et fragile, inflexible et sensible que l'on sentait au bord de la crise et de la dépression. Attristée depuis la mort de son fils, elle était engluée dans une mélancolie qui contaminait le film. Que ce soit dans Une affaire privée ou Cette femme-là, l'intrigue, fouillée et ambiguë, fonctionne en parfaite adéquation avec une atmosphère torve dans laquelle le personnage principal doit se repérer. Il fait la rencontre d'une multitude de personnages dont les buts sont indécis. Parfois, ils viennent éclaircir certains points et font avancer l'enquête ; d'autres fois, ils servent juste à brouiller les pistes et à semer de faux indices. Dans tous les cas, ce sont des suspects adéquats qui en savent toujours trop sur la question. Dans ces deux films, Nicloux révélait un goût pour les personnages secondaires (un nombre impressionnant d'acteurs venus faire une apparition aussi brève que marquante) et surtout la musique d'Eric Demarsan, d'une puissance horrifique insoupçonnée (la bande-son de L'armée des ombres reprise pour le générique des Dossiers de l'écran a marqué une génération pour l'angoisse qu'elle suscitait).
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MONICA BELLUCCI TRANSFORMEE : LE CONCILE DE PIERREAttention les yeux, le compte à rebours est lancé ! Comme chaque période transit... | ||
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MONICA BELLUCCI TRANSFORMEE : LE CONCILE DE PIERRE




























