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DOSSIER : LES FILMS DE SOUS-MARINS

DOSSIER : LES FILMS DE SOUS-MARINS

Question.
Quel sous-genre cinématographique regroupe à la fois les qualités du film de guerre, celles du huis clos et celles du thriller? Brisons ce suspense insoutenable, puisque la réponse est sous vos yeux. La particularité de films tels que Das Boot, A la poursuite d'Octobre Rouge ou Torpilles sous l'Atlantique est en effet de ne pas limiter leur point d'attraction à une boîte de conserve en fer blanc à l'intérieur de laquelle sont enfermés une poignée de matelots, mais bien de se nourrir de ce qui pourrait apparaître à première vue comme une contrainte (unité de lieu, décors exigus, langage militaire et enjeux parfois abscons, pas de confrontations face à face avec l'ennemi...) afin de la transformer en atout. Un atout qui permet, pour paradoxal que cela puisse paraître, de décrire l'absurdité et l'horreur de la guerre ainsi que de brosser le portrait de personnages plongés au coeur d'un conflit de façon bien plus humaniste et empathique que n'y parviennent bien des films de guerre plus "mainstream". Et de fait; les films de sous-marins comptent dans leurs rangs un nombre inhabituel de bons, voire de très bons films. Ils peuvent, par exemple, se targuer d'avoir donné au moins un chef-d'oeuvre à chacun des trois genres cités en introduction.
Les raisons de cette réussite? Les mêmes que celles qui conduisent à la mise au monde de tout bon film, serait-on tenté de dire: un bon réalisateur, un bon scénario et de bons interprètes. Les films "sous l'eau" ne dérogent certainement pas à la règle en ce domaine. Mais si l'on cherche à creuser plus avant, il apparaît que les lois tacites qui président à l'écriture desdits bons scénarios sont sans doute à chercher du côté des limitations évoquées plus haut. Des limitations qui acquièrent une nouvelle dimension, une fois appliquées à un contexte historique précis.
C'est là une autre des particularités du film de sous-marins: loin d'être un bête gimmick de film d'action, son attirail technologique sert l'histoire et le propos autant que l'image et le suspense. Rien n'est plus dissemblable, en effet, qu'un film de sous-marin prenant pour cadre la seconde guerre mondiale face à son homologue de l'ère nucléaire. Pourquoi? Début de réponse ci-dessous, agrémentée d'une liste (évidemment non exhaustive) des représentants d'un genre aussi exigeant que généreux. Parez à plonger.



La 2ème guerre mondiale

Fort logiquement, c'est durant le plus grand conflit du siècle passé que prennent place la majorité des films de sous-marins, de même qu'une large portion de leurs plus illustres représentants. La raison en est avant tout historique: les premiers films de sous-marins ont été produit durant les heures les plus chaudes de la 2ème guerre, et mettaient bien sûr en scène de valeureux équipages Alliés dont la mission consistait le plus souvent à couler un navire allemand. Des oeuvres essentiellement tournées vers l'effort de guerre, qui eurent pourtant le mérite de mettre à jour un potentiel filmique jusqu'alors insoupçonné.
Potentiel humain tout d'abord: les sous-marins diesels utilisés durant la Deuxième Guerre avaient parfois été construits dix ou vingt ans plus tôt, et étaient principalement des bâtiments de surface dont l'autonomie ne leur permettait que de plonger quelques heures d'affilées et par intermittence (ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le terme allemand de U-Boot est la contraction de Untersee Boot; "bateau sous-marin"). Soit de vraies boîtes de conserve, à l'intérieur de laquelle on peut vite se découvrir des penchants pour la claustrophobie (il est sans doute inutile de le rappeler, mais il n'y a pas de hublots à bord d'un sous-marin militaire hormis le périscope) et dont l'étanchéité est variable au-delà d'une certaine profondeur. Sans parler du caractère pour le moins exigu des coursives et autres quartiers communs. Bref; le parfait décor dans lequel implanter un microcosme de jeunes soldats dirigés par un capitaine qui évoquera systématiquement une figure paternelle, les y faire mijoter et observer ce qui se passe. Une chronique de frères d'armes qui va comme un gant aux War dramas que sont avant tout les films de sous-marins.
Potentiel technologique ensuite: le double contexte d'aventures marines et de batailles navales rangées permet de faire l'étalage d'un attirail militaire particulièrement cinégénique (plus cinégénique, en tout cas, qu'un "bête" char d'assaut). Les manoeuvres à la fois simples et alambiquées des sous-marins et des destroyers qui les chassent sont ainsi une manne pour le réalisateur en quête de scènes à fort potentiel de suspense. Il est aidé en cela par un éventail d'artifices mis généreusement à sa disposition, telles les bonnes vieilles torpilles (dont il faut calculer précisément la trajectoire car elles ne pouvaient à l'époque évidemment pas changer de course), le sacro-saint périscope (qui permet de voir que le navire ennemi vogue droit sur nous mais trahit la position de notre sous-marin par l'écume qu'il laisse dans son sillage), le cadran indiquant la profondeur (et peu importe que cette dernière soit graduée en mètres ou en pieds: on sait que la situation est grave quand l'aiguille atteint la zone rouge), et bien sûr les fameux grenadages. C'est d'ailleurs leur usage intensif par la marine américaine et anglaise qui permit aux alliés de remporter à la longue la bataille de l'Atlantique, au prix de la vie de centaine d'équipages d'U-Boote allemands. Le grenadage: sans doute la hantise des sous-mariniers de l'époque, et l'archétype de ce qui fait le sel (sans mauvais jeu de mots) des histoires de sous-marins au cinéma. Soit un groupe d'hommes piégés à des dizaines de mètres sous la surface dans une coquille de métal qui ne demande qu'à se briser, et qui serrent les dents alors que des bombes jetées du monde d'en dessus explosent tout autour. Pas étonnant, dès lors, qu'une scène de ce type se retrouve dans pratiquement tous les films de sous-marins se déroulant à cette époque.


Destination Tokyo



U-571


Potentiel en terme d'enjeux militaires enfin: les sous-marins se sont particulièrement illustrés durant la bataille de l'Atlantique (et, dans une moindre mesure, durant celle du Pacifique) car le Reich utilisait leur capacité à frapper en silence et à disparaître sans laisser de traces, entre autres; pour couler les bateaux de ravitaillement partis des Etats-Unis à destination de l'Angleterre, alors tête de pont des armées alliées. La protection de cette route maritime était donc vitale pour les Alliés, et de fait, les U-Boote allemands firent un vrai carnage durant les premiers mois de la guerre. Le constat était donc simple: couler un U-Boot permet de sauver des centaines de vies, voire de changer le cours de la guerre en Europe.
Il va sans dire que de leur côté, les submersibles anglais et américains ne se faisaient pas prier pour en faire autant avec les destroyers allemands. Difficile de trouver des exemples plus édifiants et fédérateurs de petite histoire (le stress de la vie à bord d'un sous-marin) rejoignant la grande (une torpille peut infléchir le cours de la guerre). Tous ces éléments se retrouvent dans les films de sous-marins prenant pour cadre la deuxième guerre mondiale, à des degrés plus ou moins importants.
Petit tour d'horizon des représentants les plus emblématiques.

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mingo dossier les films de sous-marins    13 juin
Dom13 site complémentaire    19 jan
Marko_Ramius Petites précisions techniques    12 juil
DjinnElGaHib Sinon, je confirme....    27 juin
DjinnElGaHib A sujet d'Octobre Rouge...    27 juin
Djib Pour Helljohn!    27 juin
djbruno Super !    27 juin
àpart WOAW !    27 juin
HellJohn J'adore ce genre !    26 juin
J-L C'était vraiment très intéressant.    26 juin
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