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CINE : LE VOYAGE EN ARMENIE

CINE : LE VOYAGE EN ARMENIE

Après Le promeneur du Champs de Mars, Robert Guédiguian quitte les pas de François Mitterrand pour fouler sa terre d'origine, l'Arménie. Dans un film un peu prétexte à la redécouverte de ses racines, le réalisateur traite avec certaines longueurs et afféteries de l'identité et de la famille dans une ballade entre la France et l'Arménie. Malgré quelques bons passages, Le voyage en Arménie ne restera pas comme le meilleur Guédiguian.

LE VOYAGE EN ARMENIE
Un film de Robert Guédiguian
Avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Chorik Grigorian, Roman Avinian, Simon Abkarian, Jean-Pierre Daroussin, Jalil Lespert.
Durée : 2h05
Sortie : 28 juin 2006

le voyage en armenie


Anna, médecin, apprend à son père qu'il est gravement malade. Ce dernier décide alors de retourner sur la terre qui l'a vu naître, l'Arménie, sans prévenir sa fille. Ayant découvert sa destination, elle part à la recherche de son père dans une terre qui lui est inconnue et qu'elle va apprendre à connaître.

Les désirs de film naissent parfois de manière bien étrange. D'origine arménienne mais n'ayant pas manifesté jusque là un intérêt marqué pour la terre de ces ancêtres, Guédiguian fait un retour sur ses racines en s'interrogeant sur le sentiment d'appartenance à une identité, une famille, un pays. Si le film dresse des problématiques intéressantes, la narration un peu trop désinvolte et métaphorique nuit grandement à l'implication que le spectateur non arménien pourra mettre à suivre le récit. De découvertes en errements, Le voyage en Arménie emprunte alors trop fréquemment les chemins de traverse au risque de paraître comme un film un peu prétexte.

le voyage en armenie


On ne doute pas de l'amour que Guédiguian porte à l'Arménie ni de la sincérité avec laquelle il a tenu à faire connaître ce pays. Mais en dehors de la découverte du pays par Ariane Ascaride, les thématiques développées par le réalisateur peinent à s'incarner véritablement dans le récit. Ainsi, si le personnage d'Anna en vient progressivement à accepter ses racines et le choix de son père de rester au pays, la construction de cette identité arménienne ne passe malheureusement pas toujours par des étapes très lisibles ou des choix très judicieux. Le passage au salon de coiffure pour ressembler aux arméniennes en est un exemple trivial, tout comme le recours à des procédés mafieux qui semble illustrer l'intégration d'une certaine mentalité, et viennent gâter de bonnes idées comme la constitution d'une famille de substitution arménienne avec le vieil homme, la jeune fille du salon et l'exilé français. Distillés entre plusieurs considérations politiques, sociales ou économiques, ces indices d'une identité arménienne qui se révèle apparaissent alors trop métaphoriques et désordonnés pour donner à ressentir ce sentiment d'appartenance au pays.

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